ÉPILOGUE
équipages de cheyaux, d'artillerie, etc., et 15,000 à 20,000 Anglais à Malte, et 15,000 russes à Gorfou. Je me trouTerai alors dans une situation critique. Mon parti est pris.
Mon escadre est sortie le 26 thermidor du Ferrol, avec 34 vaisseaiuc {{) ; elle n'avait pas d^ennemis en Tue. Si elle mit ses instructions ^ se joint à V escadre de Brest et entre dans la Manche, il est encore temps, je suis le maître de V Angleterre. Si, au contraire y mes amiraux hésitent, manasuvrent mal et ne remplissent pas leur but, je n'ai d'autre ressource que d^ attendre l'hiver pour passer avec la flottille.
L'opération est hasardeuse (3); elle le serait davantage si, pressé par le temps, les événements politiques me mettaient dans Tobligation de passer d'ici au mois d'avril. Dans cet état de choses y je cours au plus pressé : je lève mes camps et je fais remplacer mes bataillons de guerre par mes troisièmes bataillonSy ce qui m'offre toujours ime année assez redoutable à Boulogne et, au !•' vendémiaire, je me trouve avec 200,000 hommes en Allemagne et 25,000 hommes dans le royaume de Naples, Je marche sur Vienne et ne pose les armes que je n'aie Naples et Venise, et augmenté tellement les états de l'Électeur de Bavière que je n'aie plus rien à craindre de l'Autriche.
L'Autriche sera pacifiée certainement de cette manière pendant l'hiver. Je ne reviens point à Paris que je n'ai touché barre.
Dans cette situation des choses, j'ai cru devoir vous en informer pour que vous me prépariez mon manifeste, qui consiste dans les pièces officielles sur les mouvements de l'Autriche, qui feront connaître l'impérieuse nécessité où je me suis trouvé d'agir, sous peine de commettre la plus grande faute militaire qu'on puisse commettre.
Mon intention est que votre langage avec les ambassadeurs roule toiyours dans ce sens, et que vous fassiez à mes difiiérents ministres une circulaire, rédigée dans le même esprit, dans laquelle vous imputerez à l'Autriche le commencement des hostilités. Vous prendrez pour texte l'embarquement de mon armée et de mes chevaux ; vous direz que c'est pendant ce temps que l'Autriche appelle des armées en Tyrol et en Italie.
Je vous mets au fait de mes projets, afin que vous puissiez donner à votre département cette direction ; non que vous deviez dire que je réponds à la guerre par la guerre, mais que la guerre est de fait déclarée; qu*actuellement, c'est un raccommodement qu'il faut ; que si l'Autriche ne me répond pas, non par des paroles, mais en renvoyant ses troupes dans leurs garnisons de Hongrie et de Bohème, il ne me reste plus qu'à repousser la force par la force.
Cependant, comme mon intention est de gagner quinze jours {sic), mettez M. Otto dans la confidence ; prévenez-le que j'enverrai, sous peu de jours, un de mes aides de camp voir Passau, avec une lettre pour l'Électeur, où je lui dirai que si l'Autriche n'évacue pas le Tyrol, je suis résolu à me mettre moimême à la tète de mes forces, et que l'Allemagne verra plus de soldats qu'elle n'en a jamais vu ; que, cependant, l'Électeur de Bavière reste tranquille.
Napoléon.
(1) 29 vaisseaux.
(2) On sait ce qn'il faat penser des chances que pouvait avoir nne semblable tentative.