ÉPILOGUE
des côtei sur le Rhin. Vou» deyei dire que j'ai détaché un corps de 30,000 hommes pour la sûreté de nos frontières meuAcées par les préparatifs de r Autriche.
Napoléon.
Ce n'est pas pour 30,000 hommes qu'on prépare 500,000 rations, ni qu'on annonce 5,600 chevaux d'artillerie, 9,000 de dragons, 8,000 à 9,000 de chasseurs et hussards, 4 à 5,000 de grosse cavalerie, 1,500 de la garde (1), ni que le commandant de la garde, Bessières, part dès le 28. Ce jour-là, l'Empereur peut écrire à Duroc : « l'armée est en plein mouvement. Les « grenadiers et les premières divisions de chaque corps d'arec mée sont partis. Demain partent les deuxièmes Lorsque
« l'armée apprit qu'elle allait sur le Rhin, la joie fut univer-
« selle » et dès le l®"" septembre à Cambacèrès : Je vous
écris en confidence qu'il n'y a plus un homme à Boulogne, excepté les hommes jugés nécessaires pour la défense de la place et du port.
Ofj c'est à ce moment seulement que VEmpereur est fixé sur les mouvements de F armée de Villeneuve, Jusque là il a dû à tout moment s^attendre à recevoir la nouvelle d'un combat décisif.
Au vice-amiral Decrès (2).
Camp de Boulogne, 11 fructidor an xui (29 août 1805).
Monsieur Decrès,
Voici ce que m'apprennent les nouvelles de Londres du 5 fructidor :
La frégate la Topate, accompagnée de deux bricks, a rencontré la frégate anglaise la Blanche, et s'en est emparée après. un combat très meurtrier. Une lettre du capitaine de la Blanche, en mer, est datée du ii juillet. U parait que le brick le Faune , qui avait assisté au combat de la Blanche , a été pris quelques jours après par le vaisseau le Goliath, par les 43*18' et 7** 36'. Le Faune avait 20 hommes d'équipage de la Blanche à bord. L'amiral NeUon était à Londres; $on escadre s'était réunie avec celle de C aider ^ et Comwallis avait fait l'insigne bêtise d'envoyer 20 vaisseaux sur le Ferrol pour y bloquer Vescadre française. Il parait, que le 15 thermidor (3 août, peut être 25 thermidor, 16 août), le brick VIris a reconnu notre escadre, forte de 28 vaisseaux, à Tembouchure du Ferrol; que, le M août, c'est-à-dire le 29 thennidor,
(1) Correspondance de Napoléon à D^ato, tS avril, 0150* (t) Correspondance de Napoléon, 9160,
trois jours après la sortie de nos escadres du Ferroly V amiral Calder est parti de Brest avec un vent de nord fait (i). Les Anglais conjecturent que le 19 août, c'est-à-dire le i*' fructidor y il doit y avoir un combat. L'escadre de Nelson fait partie de celle de Calder; mais Nelson et son vaisseau-amiral ny sont pas. Quelle chance a manqué là Villeneuve ! Il pouvait, en arrivant sur Brest par le large, jouer aux barres avec Vescadre de Calder et venir tomber sur Comwallis, ou, avec ses 30 vaisseaux, battre les 20 anglais et acquérir une prépondérance décidée. Voilà cependant ces Anglais, dont on Tante tant les manœuvres et les combinaisons! Quand la France aura deux ou trois amiraux qui veuillent mourir, ils deviendront bien petits.
Les Anglais trouvent notre relation officielle très modeste; ils conviennent aujourd'hui qu'ils ont été bien rossés devant le Ferrol; les uns l'attribuent à la faiblesse des équipages; d'autres à la mauvaise organisation du matériel. Les Espagnols disent qu'ils se sont battus toute la nuit, ne voulant pas se rendre à un ennemi qu'ils voyaient si maltraité; tandis qu^ils avaient tu, dans une éclaircie, notre escadre en si bon état ; mais qu'au point du jour, se trouvant très loin et affalés sous le vent, ils ont été forcés de se rendre. Les Anglais avouent eux-mêmes que ces deux vaisseaux ne sont tombés en leur pouvoir que par hasard.
Napoléon.
• Le 30, est signée la condamnation définitive de la flottille qui devait être entassée dans la haute Liane.
Décret
Camp de Boulogne, 12 fradidor an xin (30 août 1805) (2).
Art. i«". — Toute la flottille sera réunie à Boulogne. Les escadrilles qui sont à Étaples, à Wimereux et à Ambleteuse, s'y rendront le plus tôt possible. Ce qui est à Calais continuera à rester dans ce port. Il restera, cependant, à Wimereux et à Ambleteuse, une division de chaloupes canonnières et une section de pénicheSy lesquelles mettront à la mer et occuperont la rade toutes les fois que le temps le permettra.
Art. 2. — Il y aura dans le port de Boulogne 7i chaloupes canonnières et 6 prames armées et prêtes à sortir toutes les fois que le temps le permettra. Il y aura également 72 péniches.
Art. 3. — L'amiral Lacrosse saisira toutes les circonstances qui se présenteront, soit pour attaquer Tenemi, s'il devient trop audacieux, et le tenir en haleine et éloigné, soit pour exercer les officiers et les équipages à manœuvrer ensemble et à prendre leur ligne d'embossage et leur ligne de combat.
Art. 4. — Tout le reste de la flottille, soit française, soit batave, sera placé à flot au delà du barrage. Les prames seront placées dans le bassin circulaire.
(1) Contraire pour Villeneuve, par conséquent.
(2) Correspondance de Napoléon, 9164.