ÉPILOGUE
Du reste, il ne sera, jusqu'à nouvel ordre, débarqué aucune pièce de canon, aucun équipage, et la flottille sera toujours tenue armée.
Art. 5. — Au i*' Tendémiaire, le ministre de la marine nous rendra compte de la partie du port de Boulogne qu'occupera chaque escadrille, et nous ferons connaître nos ordres ultérieurs.
Art. 6. — Tous les marins logeront à bord, mais ils seront diyisés en équipages.
Art. 7. — Il y aura autant d'équipages qu'il y a d'escadrilles, c'est-à-dire huit. Chaque équipage sera commandé par le contre-amiral ou capitaine de vaisseau commandant l'escadrille.
L'escadrille sera divisée en cinq divisions. Chaque division sera commandée par les officiers de marine les plus élevés en grade.
Art. 8. — Dans cette organisation, les équipages d'une même division de chaloupes canonnières, de bateaux canonniers et de bâtiments de transport qui y sont affectés, feront partie de la même division, de manière qu'ils soient toujours entre eux.
Art. 9. — Il y aura, à chaque division, des sergents et des instructeurs pour instruire les marins au maniement des armes et aux manœuvres, pour la défense.
Le maréchal de l'Empire qui commandera assignera les postes qu'occupera chaque équipage en cas d'attaque de l'ennemi.
La marine fournira tous les jours 4,000 hommes pour les travaux du génie ; ces hommes seront payés.
Art. 10. — Les Bataves formeront trois équipages, composés chacun des matelots d'une des parties de la flottille batave, qui portera le nombre total des équipages de la flottille à onze.
Art. H. — Toutes les fois qu'une portion de la flottille ira en rade, non pour de simples manœuvres, mais pour repousser une attaque imminente de l'ennemi, elle n'aura que des équipages renforcés, et aucune troupe de terre.
Art. 42. — Lorsque ces équipages seront formés et instruits, il leur sera donné, par nos ordres, une aigle pour leur signe de ralliement.
A l'exception de l'exercice qu'ils feront deux fois par jour, il ne sera rien changé à leur manière ordinaire de vivre sur leurs bâtiments.
Art. 13. — L'arsenal de terre leur fournira des fusils; celui de marine leur fournira des gibernes.
Art. 14. — Les ministres de la guerre et de la marine sont chargés de l'exécution du présent décret.
Napoléon.
La première trace de la nouvelle de Tentrée à Cadix de Tannée combinée paraît être une très remarquable lettre de Decrès en date du l®' septembre. Bien que ne contenant à peu près que des reproches à l'adresse de Villeneuve, le ton général, les encouragements donnés à la fin, surtout l'absence complète d'une phrase, d'un mot même, rejetant sur l'amiral la responsabilité définitive de l'échec de la grande entreprise contre l'Angleterre, permettent d'affirmer qu'on ne
pensait pas, à ce moment, imputer à Villeneuve Tavortement du plan d^invasioQ aux Iles Britanniques.
4 M. le viôe^amlrâl Villeneuve,
Boulogne, 14 fraetidor an xm (l*' septembre 1805) (1).
J'ai reçu, Monsieur rArainil, les diverses dépêches que tous m'Avez adressées de Vigo et de la Corogne, et notamment celle que tous m'avez écrite au moment de TOtre départ de ce troisième port.
Toutes ont été mises sous les yeux de Sa Majesté et fy comprend» vos deux dernières de Cadix. Quoique l'Empereur ait tu oelle-ci, je m'abstiendrai de TOUS faire connaître l'impression qu'elles ont laites sur lui, parce que je n'ai pas eu l'honneur d'approcher Sa Majesté depuis la communication qu'elle en a eue, et que, par conséquent, elle ne s'en est pas encore expliquée aTeo mot.
Je Tnis remplir un deToir pénible, c'est celui de vous transmettre ce que l'Empereur m'a prescrit de tous exprimer littéralement.
Sa Majesté a vu, avec un mécontentement très marqué, qu'après aTolr pris sur votre escadre les meilleures troupes de ses colonies de la Guadeloupe et de la Martinique, pour une expédition à laquelle tous tous êtes ensuite décidé à renoncer, vous ayes hasardé ces troupes, pour le retour dans ces Iles, par quatre frégates qui pouvaient tomber au pouvoir de l'ennemi.
Elle a observé avec amertume que si ce malheur fut arrivé, ces colonies se trouvaient privées de l'élite do leurs garnisons et eiposées à une attaque à laquelle elles n'eussent pu résister. Elle n'a pas cru que la nouvelle de l'arrivée d'une escadre ennemie aussi inférieure à celle réunie sous TOtre commandement vous ait déterminé à une retraite si subite, que tous n'ayez pas réfléchi au danger auquel tous exposiez ces mêmes colonies en n'y garantissant pas le retour de cette élite de leur garnison, par le concourt de toutes les forces que vous possédiez.
Elle a regretté la porte du riche convoi dont vous vous étiez emparé, qui n'a été brûlé par vos frégates que par l'insuffisance d'escorte et qui pouvait entrer dans ses ports sous la môme protection qu'elle vous reproche de n'avoir pas donnée aux troupes que vous renvoyiez sur les quatre frégates. Sa Majesté a tu aTec mécontentement que vous n'ayez pas fait débarquer les troupes qui arrivaient sur VAlgésiras et V Achille et qui avaient naturellement besoin d'un repos et de rafraîchissement, dont la privation leur a occasionné tant de maladies.
Elle regrette vivement que, lorsque vous avez tu des Taisseaux anglais démâtés dans l'affaire du 30 thermidor, tous n'ayez pas arrivé sur eux, ce qui eût sauvé les vaisseaux espagnols tombés au pouvoir do l'ennemi, et tous eût assuré une victoire que l'état où se trouTait l'escadre anglaise eût rendue incontestable et qui eût jeté un grand déchet sur leur armée.
L'Empereur a été très désagréablement affecté, qu'aussitAt arriTé h la
(1) Archives de la Marine, BBiv, S80*80.
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Corogne et que ^ous aTex été instruit de la destination du capitaine Allemand, TOUS n'ayei pas employé plus de moyens de le rallier, d'autant que le 27 il était à Vigo et n'en est parti que le 28.
Les lettres que tous m'ayez adressées au moment de Totre départ de la Corogne ont produit sur Sa Majesté la même impression. Elle a jugé que quelques fausses manœuvres au moment de Totre appareillage n'auraient pas dû TOUS inspirer la sorte de découragement que tous aTez manifesté dans tos dépêches et dont elle conçoit d'autant moins les motifs, qu'en quelle circonstance que ce soit, il n'est pas de sentiment plus étrange à sa grande âme, et nul qui l'affecte plus désagréablement dans les autres.
Ces dernières dépêches ont été de nature à le mécontenter encore en ce que TOUS n'y résumiez pas le parti auquel tous tous déterminiez, et que tous paraissiez ne tous décider que par un sentiment confus de découragement et d'abandon et dénué de calcul pour les chances que tous aTiez à courir.
Enfin, Monsieur l'Amiral, l'Empereur a été mécontent de l'extrême confusion de Totre correspondance dont l'objet lui faisait désirer les plus grands développements. Il a remarqué qu'elle ne contenait aucun détail sur Totre naTigation et m*a fait un reproche de ne pouToir lui présenter l'extrait du journal de Totre campagne, l'état de tos naTires, celui des équipages, des troupes, des malades laissés à Vigo et à la Corogne, les noms des hommes tués dans le combat, dont l'omission laisse toutes les familles dans une incertitude alarmante.
Je dois ajouter encore que celle où vous nCavet laissé à votre départ de la Corogne^ sur la route que vous alliez tenir, a nécessairement déversé sur toutes les opérations qui se liaient à la vôtre, depuis Brest jusqu^à Ostende, une fluctuation nuisible au service de Sa Majesté et qui, par conséquent y lui a été particulièrement désagréable.
Voilà, Monsieur l'Amiral, ce que Sa Majesté m'a textuellement prescrit de TOUS mander ; et ce dcToir, je le remplis aTec un sentiment que vous deTez bien apprécier par la nature de ceux que je tous ai Toués.
Maintenant, il ne reste rien des instructions sur l'escadre du capitaine Allemand, et dès que tous en aurez des nouTclles, tous deTez tous empresser de me les transmettre par courrier extraordinaire, ainsi que tout ce qui pourrait parTenir d'intéressant.
Dans Vétat présent des affaires, V intention de Sa Majesté est que son armée navale, sous votre commandement, s'approvisionne de six mois de vivres dans le plus court délai possible et qu'elle se mette en état de prendre la mer,
L'Empereur calcule qu'il y a maintenant à Cadix 48 Taisseaux français, même en n'y comprenant pas la diTision du capitaine Allemand, dont je n'ai point de nouTelles et qui, j'espère, s'y rendra bientôt, et 48 Taisseaux espagnols armés.
ATec ces 36 Taisseaux, Sa Majesté Teut que son paTÎHon et celui de ses alliés dominent sur toutes les côtes de l'Andalousie et sur le détroit, parce qu'il regarde comme impossible que l'ennemi tous y oppose une force égale.
On dit que dans ce moment, l'Angleterre prépare un conToi et une sorte d'expédition qu'on présume être destinée pour la Méditerranée.
Sa Majesté Teut que vous preniez toutes les précautions conTcnables pour chercher à être prévenu de l'approche de cette expédition et la détruire.
Nos alliés ont 8 vaisseaux à Garthagène qui, plus d'une fois, ont mis sous voiles pour se rendre à Cadix et qui ont été empêchés ^ar des forces supérieures.
L Empereur veut que cette jonction se fasse et que vous vous concertiez avec M. Salcedo, qui commande Tescadre de Garthagène, pour que cette jonction s'opère par le concours de vos forces réunies.
Vous devez enfin faire connaître à M. l'amiral Gravina ces intentions de l'Empereur, pour qu'il y concoure avec tout son zèle, son courage et son activité si éprouvés, quels que soient les desseins ultérieurs de Sa Majesté.
Gomme il est important que j'aie sur les deux armées toutes les notions propres à remplir ces desseins, je vous prie de m'adresser, par le retour de mon courrier, avec les pièces dont je vous ai indiqué ci-dessus l'omission, des notes sur les qualités de chacun des vaisseaux qui composent les forces combinées, afin de distinguer ceux qui seraient les plus propres à telles ou telles croisières, s'il plaisait 5 Sa Majesté d'en ordonner.
Des notes de même nature sont nécessaires pour chacun des commandants des vaisseaux et des frégates, et cela dans le même objet. Envoyez-moi enfin chacun des officiers que vous jugez susceptibles d'avancement, mais joignez-y tous les développements qui peuvent me faire connaître leurs talents, leur caractère et leurs aptitudes.
L'intention de V Empereur est de chercher dans les rangs, quelques places qu'ils y occupent, les officiers les plus propres à des commandements supérieurs et ce qu'elle exige par-dessus tout, c'est une noble ambition des honneurs, V amour de la gloire, un caractère décidé et un courage sans bornes.
Sa Majesté veut atteindre cette circonspection qu'elle reproche à sa marine, ce système de défensive qui tue V escadre et qui double celle de V ennemi.
Cette audace, elle la veut dans tous ses amiraux, ses capitaines, officiers et marins, et, qu'elle qu'en soit Vissue, elle promet sa considération et ses grâces à ceux qui sauront la porter à Vexcés, et pas hésiter à attaquer des forces supérieures ou égales même et avoir avec elle des combats d'extermination. Voilà ce que veut Sa Majesté; elle compte pour rien la perte de ses vaisseaux, si elle les perd avec gloire, ne veut plus que ses escadres soient bloquées par un ennemi inférieur, et s'il se présente de cette manière devant Cadix, elle vous recommande et vous ordonne de ne pas hésiter à V attaquer,
L'Empereur vous prescrit de tout faire pour inspirer ces sentiments à tous ceux qui sont sous vos ordres par vos actions, vos discours, et par tout ce qui peut élever les cœurs.
Rien ne doit être négligé à cet égard : sorties fréquentes, encouragements de toute espèce, actions hasardeuses, ordres du jour qui portent à l'enthousiasme (et Sa Majesté veut qu'on les multiplie et que vous m'en fassiez Tenvoi régulier), tout doit être employé pour animer et exalter le courage des marins.
Sa Majesté veut leur ouvrir toutes les portes des honneurs et des gràe'es, et ils feront le prix de tout ce qui sera tenté d'éclatant.
Elle se plait à penser que vous serez le premier à le recueillir; et, quels que soient les reproches qu'elle m'a ordonné de vous faire, il m'est flatteur de pouvoir vous dire, en toute sincérité» que sa bienveillance particulière et ses grâces