IV
seront fournies par les vétérans de cette lie. Toutes les autres chaloupes canonnières seront à Brest. Il n'y en aura point, sous quelque prétexte que c« soit dans les petits ports ; elles doiyent toutes être à Lorient ou à Brest. Les garnisons de ces 38 bâtiments, composées du bataillon d'élite suisse et des 63* et 44* régiments de ligne, se rendront à Brest et feront partie du camp.
Les n^ 93, 281, 282, 69, 7i, 72, 83, 87, 88, 89, 196 continueront leur route pour Boulogne.
Vous retirerez également les équipages des 40 bateaux dont les numéros suivent, pour les employer à Tescadre de Brest, sayoir : les n^* 278, 279, 280, 28i, 282, 283, 284, 285, 289, 290, 291, 302, 303, 304, 277, 286, 287, 288, 308, 311, 321, 322, 305, 309, 310, 312, 315, 316, 294, 295, 296, 297, 298, 300, 301, 325, 326, 306, 307, 270.
Vous ferez la même chose pour les péniches n«" 386, 387, 395, 398, 345, en tout 20 péniches. Vous aurez soin que toutes les autres chaloupes, bateaux et péniches filent sur leur destination ; et réitérez Tordre pour accélérer autant que possible leur arrivée. Si Tidée d'en embarquer une sur chaque \aisseau de guerre peut se réaliser, j'autoriserai le désarmement d*un plus grand nombre, afin de favoriser d'autant le débarquement. Faites-vous rendre compte de la situation des chaloupes de l'Escaut qui sont venues par le Rhin et par la Meuse, afin que nous trouvions une compensation du sacrifice qu'éprouve la flottille par le désarmement que je viens d'ordonner. J'éprouve beaucoup de répugnance à ordonner le désarmement de 40 bateaux neufs, parce que mon projet était de désarmer les vieux qui sont à Boulogne au nombre d'une centaine et qui coûtent des réparations infinies. J'aurais voulu supprimer les corvettes de pêche, puisque ces bâtiments sont moins propres que ceux que nous avons. Voyez donc s'il est possible de laisser filer ces 40 bateaux canonniers.
Il faudra ordonner au Havre qu'à mesure que ces détachements, faisant garnison, du bataillon d'élite suisse ou des 63* et 44* régiments, arriveront, ils soient renvoyés à Brest. Les garnisons seront fournies par d'autres troupes, que désignera le Ministre de la guerre.
Napoléon.
Napoléon au ^ice^amiral Decrèa (1).
Mayenee, 7 vendémiaire an xni (19 septembre 1804).
Je ne puis entrer dans des détails. Je vous ai envoyé les ordres pour les expéditions. Faites ce que vous voudrez pour les détachements qui doivent être envoyés au couronnement. Qu'il y ait des individus de la marine, voilà le principal ; le plus ou moins grand nombre n'y fait rien.
J'ai lu avec attention votre lettre du 3 ; je ne pense pas vous avoir jamais écrit que l'administration du matériel de la flotille serait dans les mains de la
(1) Correspondance de Napoléon, 8065.
terre ; elle devrait être confiée aux officiers de marine qui commandent les divisions, et aux ingénieurs de la marine. Par ce moyen, on aurait peu de commissaires à Boulogne et Ton n'y dépenserait pas, pour Fadministration, autant qu*à Brest.
Quant aux vivres et aux hôpitaux, Je reste convaincu que de TEscaut à la Somme, la marine ne doit point avoir d'hôpitaux et que la terre doit avoir tous les hôpitaux et vivres de la flottille. La réduction de 252 agents à 1 18 est un commencement. 11 y a à Boulogne une nuée de commis qui n'aboutissent à rien qu'à voler. Sont-ils utiles à Toulon et à Brest? Mes idées ne sont pas assez fixées sur ces grands ports ; mais ils sont inutiles h Boulogne. La guerre serait chargée du service des vivres de campagne comme des vivres ^ journaliers. Ainsi organisée la flottille coûtera peu de chose; autrement, elle ruinera toujours le Trésor public. Le projet du décret économise quelque chose h la flottille, mais il est encore loin du but où je veux atteindre. Ainsi, comme 3 mois pourront se passer avant que ces changements puissent s'exécuter, envoyez-moi un projet définitif, pour qu'à dater du 1®' nivôse le service de la bureaucratie soit supprimé, et que les ingénieurs, les officiers de marine et un très petit nombre de commissaires soient chargés de service du matériel. Cet essai peut nous conduire à bien des améliorations pour Brest, Toulon, etc.
Napoléon.
Ainsi qu'on va en voir la preuve, les trois premières lettres (1) et le tableau annexé à la première sont renfermés dans un paquet spécial avec les cartes d'Irlande que Decrès avait fournies antérieurement. Les deux dernières lettres parviennent à leur adresse dans les délais réguliers (2). Quant au « paquet aux cinq cachets » , voici ce qui va se passer :
Le 27 septembre, Decrès a écrit à l'Empereur (3) :
5 yendémiaire an xni (Î7 septembre 1804).
Je me permettrai de rappeler à Votre Majesté que Tamiral Villeneuve et TAmiral Missiessy sont encore à Paris. L'un et Tautre sont prêts à se rendre à leur destination si Votre Majesté n'a pas d'ordres à leur donner pour prolonger leur séjour ici. Je vous prie de vouloir bien me faire connaître votre détermination.
Le 3 octobre, le Ministre de la marine a dû écrire, pour annoncer que Daugier donnait sa démission, une lettre non retrouvée, mais dans laquelle il ne vise en rien la réception
(1) Portant les n*« 8060^8061» 8062, 8063.
(2) Voir d-dessas, lettre de Decrès da 3 octobre, à Oanteaame.
(3) Archives naiionales, AFi^, 1191.
du nouveau plan d'opérations, car le 6 octobre l'Empereur lui adresse deux lettres (1), pour lui reprocher d'avoir accepté cette démission et s'étonnant que, le 3 octobre, il n'eût pas encore reçu « les ordres pour les expéditions ». Le lendemain, 7 octobre, Napoléon écrit de nouveau, visant cette fois l'envoi du 29 septembre :
Trèveg, le 15 vendémiairo an xui (7 octobre 1804) (2).
Mon cousin, je yois avec étonnement au retour de mon courrier que son passeport ne porte le reçu que d'un de mes paquets, tandis qu'il y en avait deux. Mon intention est que tous receviez vous-même mes dépèches et que les courriers vous les remettent en mains propres. Sur ce
Au vice-amiral Decrès (3).
Trêves, le 15 vendémiaire an xiii (7 octobre 1S04).
Je ne puis concevoir comment, au 12 vendémiaire (4 octobre), vous n'aviez pas reçu mes ordres pour les expéditions. Mes dépêches étaient contenues dans un paquet de cartes que vous m'aviez fait passer antérieurement. Quant à l'amiral Villeneuve et au contre-amiral Missiessy, il est ridicule que vous me demandiez des ordres. Â quoi sert de laisser des amiraux à Paris.
Napoléon.
Et, le lendemain 8, cette lettre encore plus singulière, puisque, sans qu'aucune question soit encore élucidée, il est prévu que le plan est tombé au pouvoir de l'ennemi, et, chose plus singulière peut-être, il est ordonné de surseoir à l'embarquement de l'artillerie du corps d'Irlande.
(1) N«« 8091 et 8092 du 6 octobre.
Au vice-amiral Decrès.
Trêves, le 14 vendémiaire an xui (6 octobre 1804).
Je iuis étonné que, le II (3 octobre)» vous n'ayez pas reçu mes ordres pour les expéditions. Je sois fâché que vous ayex écrit à Oanteaame que vous me proposiez le désarmement des divisions arriérées de la flottille ; personne ne doit connaître ce qui se passe entre vous et moi.
Napolbom.
{Cotrespondance de Napoléon, 8092.)
(2) British Muséum {Correspondance de Napoléon inédite, 23004).
(3) Cotrespondance de Napoléon, 8105.
Au Wc6-a/n/ra/ Decrèa (1).
Trêves, le 16 vendémiaire aa xiii (8 octobre'1804).
Votre lettre du i4 m'instruit que vous n'avez donc pas reçu met dépêches, et si, après les recherches que je vous ai indiquées (sic), vous ne les avez pas retrouvées, il ne faut pas douter qu'elles ne soient tombées entre les mains des Anglais, Répondez-moi sur cette question : Avez-vous reçu les plans et cartes d* Irlande que vous m^aviez envoyés antérieurement ? Les dépêches étaient renfermées dans le même paquet, La perte de ces dépêches serait un petit mal, si elle ne me donnait lieu de croire qu'elles sont tombées dans les mains des ennemis. Il faut changer toutes les expéditions, car les expéditions d'Irlande, de Surinam et de la Dominique étaient tracées dans ces dépêches.
En attendant que toutes mes idées soient éclaircies sur cette fameuse dépêche, faites connaître à Ganteaume que je ne veux point encombrer les vaisseaux de guerre et qu^avant d'ordonner rembarquement de VartiUerie, j'en veux voir le plan, afin de l'approuver, et qu'il vous l'envoie pour l'artillerie et les munitions ; qu'il en mette sur ses transports. Surtout je désire que l'on ne ^tn^ en rien la marche de l'armée.
M. Aubéry, payeur de la marine à Boulogne, est peu sûr et est accusé
d'infidélité.
Napoléon.
On connaît, cette fois, la réponse de Decrès à la question précise posée par la lettre impériale du 8 octobre (2) ;
18 vendémiaire an xni (10 octobre 1804).
Votre Majesté m'ordonne de répondre précisément à cette question : Avezvous reçu les cartes d'Irlande que vous avez précédemment envoyées.
Réponse :
Je ne les ai pas reçues.
Non seulement je n'ai pas reçu les dépêches, mais elles n'ont pas été apportées chez moi.
Brière, homme froid comme le marbre, réfléchi, toujours à son bureau et de toute sûreté sous tous les rapports, affirme que le seul reçu qu'il a donné a été en ma présence, par mon ordre et pour une dépêche que j'ai ouverte moimême et qui n'était qu'un simple carré de demi-feuille.
On m'informe que le courrier qu'on soupçonne a été arrêté par ordre
de Votre Majesté c'est un nommé Blondin.
La réception, le lendemain H , du paquet apporté par la
(l) Correspondance de Napoléon, 8115.
(t) Archives nationales, KF^, 1191.
poste j tandis que les lettres de TEmpereur sont portées par des courriers spéciaux, sous une enveloppe avariée^ et, plus encore, venant de Boulogne, alors que Napoléon était à Mayence le 29 septembre, rend Tafifaire plus mystérieuse que jamais.
L'amiral Deorèa k FEmpôreur (1).
19 vendémiaire an xin (11 octobre 1804)«
Le paquet aux cinq cachets Tient de m^arrÎTer aujourd'hui par la poste
à 3 heures du soir. Il était maltraité dans son enyeloppe que je joins ici : elle est timbrée : Boulogne-sur-Mer.
11 n'y ayait pas de marque sensible que le paquet eût été décacheté. Cependant, il se présente cette réflexion que si, sans rien ajouter à la cire d'Espagne on a commencé par prendre l'empreinte du cachet, puis qu'on ait amolli cette cire sur elle-même sans ébullition, comme M. Fouché m'a dit qu'on savait le faire, il devient impossible d'y rien distinguer, parce qu'on aura cacheté avec la même cire et au chiffre prélevé d'avance du cachet de Votre Majesté,
Mes incertitudes à cet égard se fondent encore sur l'hypothèse que Blondin est celui qui a apporté le reçu de Brière, tandis qu'à ce qu'il m'assure, il n'a donné qu'un reçu et celui à qui il l'a donné n'est pas Blondtn,
Mais ce paquet qui m'est adressé à Paris, comment peut-il venir de Boulogne ? Aurait-il été par mégarde adressé par le cabinet de Votre Majesté au Maréchal Soult ou à l'Amiral ? Il est étonnant qu'ils n'aient pas ajouté une lettre en en faisant le renvoi.
Si je ne craignais d'anticiper sur les intentions de Votre Majesté, j'écrirais sur-le-champ au Maréchal et à l'Amiral.
Si ce n'est pas eux qui l'ont reçu, comment est-il arrifé à la poste de
Boulogne, tandis que l'adresse porte à Paris.
Le paquet contenait le renvoi des cinq cartes et 3 lettres avec un état
y joint.
La i'* concerne l'Amérique, l'Afrique, l'Asie.
La 2^ concerne nos voisins.
La 3^ concerne les généraux qui seront employés.
L'état présente le tableau des expéditions.
Il y a quelque chose d'extraordinaire dans la non-réception des ordres de Votre Majesté.
C'est dans la nuit du 10... (2 octobre) que je reçus une lettre de Votre Majesté commençant par ces mots : je vous ai envoyé les ordres pour les expéditions (2).
Le matin à 10 heures on m'annonça un courrier de Votre Majesté
c'était je crois la lettre relative aux bois du Rhin (3)
(1) Archives nationales, AF»^, 1191,
(2) C'est la lettre 8065, da 19 septembre.
(3) C'est la lettre 8064, relative au désarmement de la flottille de l'Océan.
n y a ceci de particulier que le courrier auquel Brière a donné le reçn m'a remis la dépêche à moi-même, que la dépèche pour laquelle il a donné reçu n'était point portée sur la feuille sur laquelle le reçu est écrit ; c'est ce qu'on peut Térifier; que Brière en fit TobserTation qu'après un moment d'hésitation je dis à Brière : donnex-lui le reçu puisqu'il me la remet chargée ou
non J'ai fait chercher partout; j'ai tu M. Devienne, chef du bureau de la
Secrétairerie d'État et j'aperçois quelque chose d'étrange à tout cela.
C'est étrange, en effet, et ce qui l'est plus encore, c'est que l'Empereur étant revenu à Saint-Gloud le 13, il n'y a plus trace, ni dans sa correspondance ni dans ce qui a été retrouvé de celle de Decrès qui vise en quoi que ce soit cette singulière aventure.
Le fond n'en a pas été éclairci et ce serait sans doute difCcile ; aussi est-on réduit aux suppositions.
On doit retenir tout d'abord que trois fois Napoléon a ostensiblement donné l'ordre de préparer une expédition en Irlande : la première fois, il en a fait passer le plan à l'ennemi par Tentremise de Méhée; la seconde fois, les Anglais ont tout su à Morlaix; la troisième fois, les ordres d'exécution ont été perdus pendant dix jours et sont arrivés sous une forme et par un itinéraire des plus suspects.
Que ce soit par cette voie ou par toute autre, on va voir que les Anglais furent prévenus.
Leur service des renseignements était admirablement informé, en particulier par leur agent à Altona, le colonel Sontag, au point de vue de la préparation effective de la France : nombres de navires, de canons, de soldats, tout était jour par jour, pour ainsi dire, transmis à Londres (1). Mais on devait faire mieux encore et dévoiler, non seulement les résultats acquis, mais encore les projets à peine formés. C'est ainsi que, le 11 août, « le Révérend Cadman Etches », demeurant à Londres, transmit au ministère britannique l'étonnant rapport que voici (2) :
Ne croyez pas que le projet de Bonaparte soit de risquer de faire détruire sa
flottille par nos croiseurs Un pareil génie seul pouvait combiner tout un
système s'étendant de Brest jusqu'au Texel ayec des rouages nombreux se reliant les uns aux autres et machinés par le télégraphe manœuvré de Paris.
(1) Voir aa Reeord Office de Londres le Yolame Intelligence , 1804.
(2) Record Office de Londres, yolnmé Intelligence, 1804.
Boulogne est sans doute son point d'embarquement principal. Mais tout
n'est pas ià La flotte de Brest transportera de 30 à 40,000 hommes;
rirlande est le but avoué. Mais le but réel est d'échapper à la flotte de blocus^ de l'attirer dans COuesty tandis que le gros de l'escadre entrera dans la Manche que TEmpereur compte trouver libre, certain qu'il est qu'on ne peut suspecter ce dessein.
Dès qu'on saura la flotte de Brest en mer, celle du Texel sortira à tous risques et ira en Ecosse. Le nombre de troupes qu'elle emportera dépendra de la force de son convoi, mais son but réel est d'attirer à sa poursuite, dans le nord, la flotte de la mer du Nord, ce qui donnera à la flotte de Brest une supériorité telle sur nos croiseurs du Pas-de-Calais, que le passage sera assuré pour une expédition irrésistible.
Dès que la flotte de Brest aura échappé au blocus, que celle du Texel sera en mer, Bonaparte reparaîtra à Boulogne, prendra le commandement, et
s'embarquera ayec son armée
Signé : R. Cadman Etches.
Malgré certaines erreurs, ce que ce rapport a de tout à fait remarquable, c'est qu'il dévoila dès cette époque aux Anglais l'essence et le but commun de toutes les combinaisons que Napoléon put inventer par la suite, c'est-à-dire qu'il montra nettement que le vrai danger serait l'entrée dans la Manche d'une escadre française capable d'en garder la possession au moins pendant un temps limité. On verra qu'à partir de ce moment, ce point de vue essentiel ne fut plus jamais perdu de vue par l'Amirauté anglaise, que l'ordre permanent fut pour tous les amiraux, en cas de danger ou d'incertitude sur les mouvements de l'ennemi, de se rallier à la « Channel Fleet », et Ton verra aussi que, malgré des opérations qui semblent au premier abord très divergentes, jamais ce mot d'ordre ne fut plus perdu de vue.
Napoléon ne put jamais empêcher la trahison, mais de nombreux indices montrent qu'il sut très souvent et parfois très vite qu'une trahison avait eu lieu. Voulut-il, en faisant tomber aux mains des Anglais le projet bruyamment annoncé d'expédition en Irlande, donner une fois de plus le change sur ses vraies intentions, une telle hypothèse paraît au premier abord admissible.
Mais ce qui est assez caractéristique, c'est la hâte manifestée par l'Empereur (1), de faire partir les amiraux Villeneuve et
(1) Lettres da 2 et dn 6 octobre.
LE PLAN DU 29 SEPTEMBRE 1804. 20i
Missiessy pour leurs postes ; c*est aussi le fait que personne des escadres de Toulon et de Rochefort n'est invité aux fêtes du couronnement (1). Au contraire, celui qui doit conduire l'expédition dlriande et la moitié des officiers supérieurs de son armée, sont appelés à Paris (2). Aucun ordre de détail n'est envoyé à Brest au sujet de l'organisation de l'armée expéditionnaire, tandis qu'au contraire, à partir du 26 octobre, les mesures les plus précises sont prises pour les corps qui doivent s'embarquer à Toulon et à Rochefort, sans toutefois que le but des expéditions soit indiqué aux amiraux.
Le Ministre de la marine au Préfet maritime du 5* arrondieeement (3).
Paris, le 4 brumaire an xm (26 oetobre 1804).
L'Escadre commandée par le contre-amiral Missiessy, Monsieur, partira incessamment pour une destination que Sa Majesté lui donnera et il importe
~ (1) Le 1*' septembre, l'amiral Decrès «▼ût propose {Archives nationales, ÂF^^, U91) d'inviter, aux fêtes du couronnement, la moitié des capitaines et la moitié des seconds dea vaisseaux suivants :
De Brest tl vaisseaux.
Rochefort 5 —
Lorient 1 —
Toulon 11 —
Total 38 vaisseaux.
En outre, les capitaines de vaisseaux commandant les trois divisions de la flottille, et les colonels des quatre régiments d'artillerie de marine.
Finalement, la liste de ceux des marins qui assistèrent réellement à la cérémonie fut la suivante :
Liste des officiers généraux de la marine appelés par lettres closes à la fête du couronnement et des capitaines de vaisseau en activité de sef*vice qui ont eu thonneur d'assister à cette solennité.
Amiraux : MM. Bruix et Qanteaume.
Vice-amiraux : MM. Thévenard, préfet du 4* arrondissement ; Martin, préfet du 5* arrondissement; Rosily, directeur général du dép6t des cartes et plans de la marine.
Capitaines de vaisseau : MM. Bonnefoux, préfet du {•* arrondissement; Bausauveur, sous-chef des mouvements du port de Brest ; Moreau, Robin, Polony, flottille ; L'Hermite, commandant le Vengeur; Qarreau, commandant le Foudroyant; Le Bigot, commandant le Républicain; L'Héritier, commandant 17nvtnei6/e; Segond, commandant l'y! /earanc^re; Condé, commandant le Brave; Faure, commandant le Cassart; Legourdun, commandant le Jean-Bart; Martin, commandant le Conquérant; Khrom, commandant le Patriote.
(Archives nationales, AF^, 1191.)
Tout vient donc de Brest ou de la flottille. Personne de Rochefort ni de Toulon.
(2) Décret du 26 octobre.
(3) Archives de la Marine, an xni.
essentiellement que TapproTisionnement de cette escadre soit porté s'il est possible à 7 mois de Tiyres, supposé toutefois quelle puisse embarquer cette quantité ayec les autres objets qu'elle doit recoToir à bord.
Cette escadre sera composée des Syaisseaux, des 4 frégates, qui sont en rade, des 2 bricks, le Linx et V Action.
Le brick le César sera détaché de Tescadre pour telle autre destination que TOUS jugerez conTenable; et tous ne deTez pas moins presser Tarmement des cor?ettes la Malicieuse et le Départemeni-des-Landes^ quoiqu'elles ne doivent plus être réunies au paTillon du contre-amiral Missiessy.
Le général de division Lagrange doit s'embarquer sur Tescadre pour commander les troupes qu'elle Ta recevoir ; et ces troupes seront composées des corps ci-après dont le général Missiessy réglera la répartition de concert avec le général Lagrange :
1600 hommes du 26* régiment de ligne.
1200 hommes formant 2 bataillons piémontais.
400 hommes formant le 3* bataillon colonial.
60 hommes du 4* régiment de chasseurs.
160 hommes du 3* régiment d'artillerie.
50 hommes formant une escouade de la 2* compagnie d'ouvriers. 50 hommes formant une demi-compagnie du 7* bataillon du train.
Il sera de plus embarqué 50 ouvriers conscrits de marine lesquels sont destinés à augmenter la 2* compagnie d'ouvriers précités ; vous devrez les choisir soit parmi ceux qui étant de bonne volonté montrent cependant le moins d'aptitude pour les travaux du port, et vous voudrez bien m'en adresser la liste nominative, sous le timbre Première Division, Je vous observe à ce sujet que l'Empereur n'a pris en aucune considération tos représentations sur les ouvriers conscrits que j'ai mis sous ses yeux.
L'état-major général de ces troupes sera composé :
Du général commandant en chef.
D'un général le brigade.
D'un adjudant commandant.
De deux capitaines.
Et voici quelles sont les bouches à feu et munitions qui seront réparties sur l'escadre :
4 pièces de 42.
2 pièces de 8.
6 pièces de 4.
4 obusiers de 6 pouces.
5,600 fusils.
300 coups à tirer par bouche à feu.
Tous ces objets doivent être fournis par le département de la guerre.
Enfin cent milliers de poudre seront tirés des magasins de la marine et répartis proportionnellement sur tous les bâtiments de l'escadre en excédent au complet ordinaire de l'armement.
Les troupes, armes et munitions, doi?ent être embarquées sans d'élai ; ainsi je ^ous prie de ne rien négliger pour accélérer leur transport à l'isle d'Aix.
J'espère que la fourniture des hamacs, sarraux et pantalons à délivrer aux troupes embarquées pourra s'effectuer sans difficultés, et je tous recommande de faire tout ce qui dépendra de vous pour qu'elle n'éprouve point de retard.
Je TOUS prie de tous concerter sur ces diTerses dispositions aTec le général Missiessy ; tous me rendrez compte de leur exécution successiTe ; et comme ce contre-amiral doit m'expédier un courrier extraordinaire, lorsque toutes les opérations seront terminées, tous en proûterex pour me transmettre les détails dont TOUS aurex à m'informer.
Si rembarquement comportait des délais ou des difficultés, tous m'en instruiriez au plus tùU
RecoTez Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
P.S, — Il est nécessaire que tous tous concertiez aTec le général Missiessy et le général Lagrange afin qu'aussitôt que l'escadre aura mis à la Toile, tous puissiez m 'adresser le contrôle exact de toutes les troupes embarquées.
Le Ministre de la marine au Préfet maritime du 6^ arrondissement (i).
Paris, le 4 bramaire an xiu (t6 octobre 1804).
L'intention de Sa Majesté, Monsieur, est que Veseadre aux ordtes du viceamiral Villeneuve, soit incessatnment disposée à prendre la mer.
Cet officier général reçoit en conséquence par ce courrier l'ordre de reccToir «\ bord les troupes, armes et munitions qui doÎTent être embarquées sur les bâtiments de son escadre.
Cette escadre se compose des dix vaisseaux et sept frégates qui sont en rade, du Berwick, si, comme je l'espère, il est prêt en temps opportun, du brick le Furet et de la corTette la Nayade que je crois en état de faire une campagne de long cours et qui dcTra être attachée à l'escadre.
Les troupes à embarquer sont :
Le 16* régiment de ligne 1,600 hommes.
Le 67» régiment de ligne 1,600 —
Le 23* régiment de ligne 1,600
Le ^ régiment de ligne 1 ,600 —
100 hommes d'artillerie 100 —
Trois compagnies du 4« régiment d'artillerie. . . 240 —
Une demi-compagnie d'ouTriers 50 —
Une compagnie du 4^ bataillon du train SO —
Sapeurs 100 —
Ces troupes doiTent être réunies à Toulon d'après les ordres antérieurs qu'a donnés le Ministre de la guerre, tous y ajouterez cinquante conscrits ouTriers
(1) Archives de la MatHne, an xm.
qui seront destinés à compléter la compagnie d'ouTriers du département de la guerre.
L'état-major de ces troupes sera composé r
D'un général commandant en chef.
Trois généraux de brigade.
Deux adjudants commandants.
Un colonel d'artillerie.
Un chef de bataillon d'artillerie.
Deux directeurs de parc.
Deux capitaines d'artillerie.
Deux chefs de bataillon du génie.
Trois capitaines et un lieutenant du génie.
Le Ministre de /a marine au contre^amiral Missiessy, commandant
l'escadre en rade de l'tle d'Aix (i).
Paris, le 4 brumaire an xiii (26 octobre 1804).
Je TOUS préviens, Généra], que Sa Majesté l'Empereur, destinant la division navale sous votre commandement à une mission prochaine, tous devez vous tenir prêt à mettre sous voiles au premier ordre que vous recevrez.
L'intention de- Sa Majesté est que votre approvisionnement de vivres qui doit se trouver pourvu à 6 mois, soit augmenté d'un mois si les capacités des bâtiments comportent cet accroissement avec l'embarquement des objets que je mentionnerai ci-après.
Votre division sera composée des 5 vaisseaux et i frégates dont elle se forme aujourd'hui et les deux bricks V Action et le Lytix en feront partie.
Le général de division Lagrange devra, d'après les ordres de Sa Majesté qui lui ont été transmis par le Ministre de la guerre, s'embarquer sur l'escadre comme commandant les troupes de débarquement.
Ces troupes devront être embarquées sans délai et réparties sur les bâtiments de la division selon qu'il sera réglé entre vous et le général Lagrange.
Elles consistent en :
1,600 hommes du 26^ régiment de ligne.
1,200 hommes formant 2 bataillons piémontais. 400 hommes formant le 3^ bataillon colonial.
60 hommes du V régiment de chasseurs.
160 hommes du 3* régiment d'artillerie.
50 hommes formant une escouade de la 2® compagnie d'ouvriers. 50 hommes formant une demi-compagnie du 7® bataillon du train.
Il sera de plus embarqué 50 ouvriers de marine choisis autant que possible
(1) Archives de la Marine, an xm.
dans les hommes de bonne Tolonté et qui sont destinés à ser?ir dans la compagnie d'ouvriers.
Il sera de plus embarqué :
4 pièces de 12.
2 pièces de 8.
6 pièces de 4.
4 obusiers de 6 pouces.
5,600 fusils.
300 coups à tirer par bouche à feu.
Vous embarquerez en6n cent milliers de poudre excédant le complet de l'armement ordinaire de Tescadre.
La Tolonté de Sa. Majesté étant que les troupes soient embarquées sans délai, ainsi que les armes et munitions, tous m'informerez par un courrier extraordinaire du moment où cette opération sera terminée, et tous me ferez Tos obsenrations sur le plus ou moins d'encombrement qui en résultera dans Tescadre, partant de ce principe essentiel qu'il est surtout important qu'elle soit toujours en bon état de combat, tous devrez m'envoyer Tétat des hommes et effets embarqués sur chaque bâtiment.
Vos instructions et celles du général Lagrange tous arriTeront incessamment, et je vous prie de communiquer ces dispositions à cet officier général.
L'état-major du général commandant en chef des troupes se composera :
D'un général de brigade.
D'un adjudant commandant.
De deux capitaines.
La proximité de cette expédition annule les dispositions projetées du départ des capitaines de l'escadre pour la solennité du sacre. ReceTez l'expression de ma parfaite considération.
Le Ministre de la marine au vice-amiral Villeneuve, commandant
l'escadre à Tou/on (1).
Paris, le 4 bramaire an xui (t6 octobre 1804).
L'intention de Sa Majesté, Monsieur, est que l'escadre sous Totre commandement se dispose en toute célérité à une expédition pour laquelle je tous adresserai incessamment vos instructions par un courrier extraordinaire.
Votre escadre se compose des dix vaisseaux qui sont maintenant en rade, des sept fk^gates qui s'y trouvent aussi, du brick le Furei, et vous y adjoindrez la corvette la Nayade que je crois en bon état.
Il est à désirer que l'armement du Berwick Soit assez accéléré pour qu'il puisse faire partie de l'expédition ; quelque important que cela soit, l'intention de Sa Majesté n'est pas que vous l'attendiez, s'il doit occasionner le moindre retard.
(1) Archivez de la Marine, campagne 1804. BBi\ 207.
L'escadre sous TOtre commandement se dÎTisera en deux parties, Tune composée de huit Taisseaux, ou neuf, si le Berwiek est armé assez tôt, de trois frégates, d'un brick et d'une corrette.
Il importe que la seconde partie soit composée des deux meilleurs \aisseaux de 74 et de quatre bonnes frégates. Je crois que ces deux vaisseaux deyront être le Scipion et le Mont-Blanc.
Les frégates de cette seconde partie seront le Rhin^ VEortense, la Comélie et la Thémis.
Vous devrez aussitôt cette lettre reçue faire embarquer sur la première partie de Tescadre, ainsi que Tordre en a dû être donné par le Ministre de la guerre :
Le 16* régiment de ligne montant à 1,600 hommes.
Le 67« régiment de ligne 1,600 —
Le 23* régiment de ligne 1,600 —
Deux compagnies du 4* régiment d'artillerie . . 160 —
Une demi-K^ompagnie d'ouvriers 50 —
Une compagnie du 4* bataillon du train 50 —
Sapeurs 80 —
50 ouvriers conscrits destinés à servir dans la compagnie d'ouvriers, lesquels conscrits vous seront donnés par le préfet maritime. Total 5,190 hommes.
Sur cette première partie de l'escadre, vous embarquerez vingt-cinq milliers de poudre de supplément.
4 pièces de 12.
4 pièces de 8.
6 pièces de 4.
4 obusiers de 6 pouces.
2 mortiers de 12 pouces.
2 mortiers de 8 pouces.
4,000 fusils.
800,000 caHouches.
300 coups à tirer par bouche à feu.
L'état-major des troupes de débarquement de cette première partie, se composera :
D'un général commandant en chef.
De deux généraux de brigade.
D'un adjudant commandant.
D'un colonel d'artillerie.
D'un chef de bataillon du génie.
De deux capitaines du génie.
Ces officiers ont reçu l'avis de leur destination du Ministre de la guerre et doivent être prêts à s'embarquer, ainsi que ceux dont il va être parlé pour la seconde partiCi
Sur la seconde partie de Tescadre tous ferez embarquer :
Le 2* régiment de ligne i ,600 hommes.
<00 hommes d'artillerie 100 —
Une compagnie du 4^ régiment d'artillerie 80 —
Sapeurs 20 —
2 pièces de 12.
4 pièces de 4.
2 obusiers de 6 pouces.
1,000 fusils.
300 coups à tirer par bouche à feu.
L'état -major de cette partie de l'expédition se composera :
Du général de brigade ReiUe, commandant.
D'un adjudant commandant.
D'un chef de bataillon d'artillerie.
D'un capitaine ou second directeur de parc.
D'un chef de bataillon du génie.
D'un capitaine du génie.
D'un lieutenant du génie.
Le général commandant en chef les troupes de l'expédition part pour se rendre à Toulon, et il se fera connaître à tous seul.
L'intention de l'Empereur est que tous ne l'attendiez point pour faire embarquer les troupes, armes et munitions. Cet embarquement doit se faire sans délai, et, dès qu'il sera terminé, tous me rendrez compte de son résultat par un courrier extraordinaire. Vous m'adresserez alors l'état des hommes et effets embarqués sur chaque bâtiment. Vous me ferez tos obserrations sur le plus ou moins d'encombrement des bateaux, en partant de ce principe qu'ils doivent être toujours dans le meilleur état de combat.
Je TOUS préTiens, au surplus, que cette importante diTision de Totre escadre en deux parties n'est connue que de tous seul et que tous dcTez ^nire la répartition des hommes et effets à embarquer ainsi que je l'ai dit ci-dessus, sans que dans l'escadre on puisse préjuger la distinction des deux diTÎsions.
Le préfet lui-même ne reçoit qu'en masse TaTis des hommes, armes et munitions à embarquer, aTec l'ordre de les Terser sur chaque bâtiment, conformément à ce que tous aurez arrêté.
Vous lui ferez* donc connaître la répartition que tous aurez faite Tous-même sur chaque Taisseau, et cette répartition tous la ferez pour les deux diTisions de l'escadre, ainsi que je tous l'ai indiqué ci-dessus.
Vous obserTerez qu'excepté les Tingt-cinq milliers de poudre excédant Totre armement, tout le reste sera fourni par la guerre, et le Ministre de ce département doit aToir depuis longtemps donné des ordres en conséquence.
Si l'embarquement de tout ce qui est désigné ci-dessus éprouTait des contrariétés ou des délais, tous m'en informeriez aussitôt.
Vous Toudrez bien faire dresser des contrôles exacts des troupes embarquées et tous les remettrez au préfet, qui me les adressera aussitôt après le départ de l'escadre.
Récapitulation des corps embarqués sur les vaisseaux
à. Toulon (4).