‹ 1793-1805 (volume 4)Chapitre 41 sur 65 · AS · texte numérisé non relu

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barques à bord des escadres qui partiront des deux ports. Ces détachements compléteront les compagnies des ouvriers de terre où ils seront incorporés. Vous verrez, par le tableau ci-joint, Tensemble des trois expéditions.

Napoléoîï.

Napoléon au viœ^amiral Decrèa (1).

Mayence, 7 yendémiaire an xiii(29 septembre 1804).

Monsieur le Ministre de la marine Decrès, le général Lauciston commandera l'expédition de Surinam ; le général de brigade Reille commandera celle de Sainte-Hélène ; le général de division Lagrange commandera celle de la Martinique. Mon intention est que la mission du général Lauriston reste ignorée. Vous lui donnerez tous les documents qui lui seront nécessaires, et il se rendra à Toulon comnie pour y remplir une mission ordinaire. Il se rend à Paris auprès de vous.

Au vioe-amiral Deorès (2).

29 septembre 1804.

Monsieur le Ministre de la marine Decrès, je vous ai fait connaître mes intentions sur la manière dont j'envisage mes trois expéditions : Surinam, Demerari, Essequibo, Sainte-Hélène et ta Dominique.

Dans cette dépêche, je vous fais connaître mes vues sur V Irlande, Il faudrait supprimer un des six transports, et le remplacer par la Pensée ou par la Romaine armée en flûte : achever VOcéan, et pour cela, travailler, s'il est nécessaire, aux flambeaux. Je pense que c'est le seid moyen de pouvoir porter 1K,000 hommes, dont 3,000 de cavalerie, artillerie, génie et non combattants, et 15,000 hommes d'infanterie ; 500 chevaux, dont 200 de cavalerie, 200 d'artillerie et 100 d'état-raajor ; moins que cela ne ferait pas un corps d'armée. Le point de débarquement que vous me désignez me parait le plus convenable. Le Nord et la baie Lough Swilly est, à mon sens, le point le plus avantageux. On doit sortir de Brest, doubler l'Irlande hors de vue de toute côte, et l'aborder comme l'aborderait un vaisseau venant de Terre-Neuve. En parlant ainsi, je ne •parle que politiquement et point nautiquement, car les courants doivent décider du point oî!i l'on doit attaquer la terre. Politiquement, il vaudrait mieux s'exposer à attaquer l'Ecosse qu'à attaquer plus bas. Cette manœuvre déconcertera l'ennemi. Trente-six heures après avoir mouillé, on doit reprendre le large, laissant les bricks et tous les transports. La Volontaire aura ses carons à fond de cale, dont l'armée se servira, soit pour batterie de côte, soit pour tout autre événement imprévu. Sur tout ceci, je suis d'accord avec vous. Mais le débar^ quement en Irlande ne peut être qu*un premier acte ; si, seul, il devait former une opération, nous courrions de grandes chances, Lcscadre doit donc, après

(1) Correspondance de Napoléon, 806î.

(2) Correspondance de Napoléon, 8063.

LE PLAN DU i9 SEPTEMBRE 1804. 193

s*élre renforcée de tous les bons matelots des six transports, entrer dans la Manche f se porter sur Cherbourg, recevoir là des nouvelles de la situation de r armée devant Boulogne, et favoriser le passage de la flottille. Si, arrivée devant Boulogne, les vents étaient plusieurs jours contraires et Tobligeaient à passer le détroit, elle devrait se porter au Texel ; elle y trouverait 7 vaisseaux hollandais et 25,000 hommes embarqués, les prendrait sous son escorte et les conduirait en Irlande.

Une des deux opérations doit réussir ; et alors, soit que faie 30,000 ou 40,000 hommes en Irlande, soit que je sois en Angleterre et en Irlande : le gain de la guerre est à nous.

Lorsque Tescadre sera sortie de Brest,, lord Gomwallis ira l'attendre en Irlande. Lorsqu'il saura qu'elle est débarquée dans le nord, il reviendra l'attendre à Brest ; il ne faut donc pas y retourner. Si même, en partant d'Irlande, notre escadre trouvait les vents favorables, elle pourrait doubler rÉcosse et se présenter au Texel. Lorsqu'elle partira de Brest, les 120,000 hommes seront embarqués à Boulogne et les 25,000 au Texel. Ils doivent rester embarqués tout le temps que durera l'expédition d'Irlande.

C'est ainsi que je conçois l'expédition d'Irlande. Ainsi, toute la première partie du projet, jusqu'au débarquement en Irlande, je l'approuve. J'attendrai le rapport que je vous ai demandé pour statuer sur le désarmement des divisions armées de la flottille.

La seconde partie du projet doit être l'objet de vos méditations et de celles de l'amiral.

Je pense que le départ de l'expédition de Toulon et de l'expédition de Rochefort doit précéder celle de l'Irlande, car la sortie de ces 30 vaisseaux les obligera à en expédier plus de 30. Le départ des 10,000 ou 42,000 hommes qu'ils sauront très bien être partis, les obligera à faire partir des troupes pour les points les plus importants. Si les choses pouvaient se faire à souhait, je désirerais que l'escadre de Toulon pût partir le 20 vendémiaire, celle de Rochefort avant le 10 brumaire, et celle de Brest avant le 1^' frimaire.

Napoléon.

Napoléon au Woe-am/ra/ Decrès (1).

Mayence, 7 Tondémiaire an xm (29 septembre 1804).

Monsieur le Ministre de la Marine Decrès,

J'approuve que les chaloupes canonnières 171, 173, 177, 169, 174, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 175, 176, 91, 92, 165, 166, 167, 168, 170, 172, 178, 181, en tout 29, soient désarmées de leiu^ équipages, qui seront employés sur l'escadre de Brest. Les chaloupes canonnières qui se trouvent à Lorient y seront placées dans l'endroit le plus sain et le plus à l'abri du port, et s'il se peut sous des hangars ; on pourra en destiner 3 ou 4 pour les communications avec Belle-Ile ; les garnisons en

(1) Correspondance de Napoléon, 8064.

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