‹ 1793-1805 (volume 4)Chapitre 58 sur 65 · IV · texte numérisé non relu

IV

nation les colonies de Surinam, Berbice, Demerari, Essequibo, la Trinité, la Dominique et Sainte-Lucie, occupées par Tennemi, de mettre hors de toute atteinte nos tles de la Martinique et de la Guadeloupe, et de porter des renforts à Santo-Domingo, nous avons fait choix de tous pour, en qualité de commandant général de nos forces navales dans les mers d'Amérique, commander en chef celles que nous avons destinées à ces expéditions.

I..es forces dont nous tous remettons le commandement se composent de Tescadre réunie sous votre pavillon dans notre rade de Toulon, et de celle réunie dans nos rades de TUe d'Aix sous le paTillon du contre-amiral Missiessj, lequel en conservera le commandement en chef jusqu'à ce que, par la réunion des deux escadres, ou par les communications que tous aurez établies entre elles après votre arrivée dans les mers d'Amérique, vous lui ayez fait parvenir vos ordres ou instructions, en votre qualité de commandant général.

Nous avons chargé notre Ministre de la marine et des colonies de tous faire connaître, par un état particulier, le nom et la force des corps, le nombre et l'espèce de bouches à feu, armes et munitions dont nous avons ordonné l'embarquement extraordinaire sur Tune et l'autre escadre, ainsi que le nombre, les noms et la force des bâtiments dont elles doivent être composées, et la quantité de vivres dont ils doivent être pourvus. Notre aide de camp,* le général de brigade Lauriston, a été nommé par nous pour commander les forces expéditionnaires embarquées sur notre escadre de Toulon, et le général de division Lagrange, inspecteur général de notre gendarmerie, pour commander celles embarquées sur l'escadre de Uochefort.

Notre intention est que r escadre de Toulon profite de la première occasion favorable pour appareiller^ en trompant la surveillance des croisières de Vennemi.

L'escadre de Rochefort, sous le commandement du contre^miral Missiessy^ reçoit le même ordre. Elle se rendra directement à la Martinique»

Notre escadre de Toulon, sous Totre commandement, sortira du détroit le plus tôt possible, en faisant telle route que vous jugerez convenable pour éviter l'ennemi. Elle brûlera toutes les prises dont la marche ralentirait la sienne.

Elle évitera de chasser les bâtiments qui l'écarteraient de sa route.

Après être sorti du détroit, vous vous ferez rallier par notre vaisseau V Aigle et les deux corvettes françaises qui sont à Cadix, et qui ont ordre d'appareiller et de se réunir à voire pavillon dès que vous paraîtrez. Vous vous rendrez ensuite directement à Cayenne.

Arrivé au vent de cette île, vous en ferez approcher aussi près que possible une frégate et deux corvettes.

Vous aurez préalablement pourvu à ce que ces trois bàtitnents aient Tersé les troupes expéditionnaires qu'ils ont à bord sur ceux des autres bâtiments de l'escadre sur les(juels se trouvent les corps respectifs auxquels ils appartiennent» et à ce que chaque bâtiment leur ait envoyé en remplacement les hommes les moins bien portants et les moins propres A la guerre, au nombre total de 300, lesquels devront être débarqués à Cayenne et y tenir garnison.

Ce mouvement sera promptement opéré par le service des embarcations de toute l'escadre et conformément à l'état arrêté par le général Lauriston en ce qui concerne les hommes à débarquer.

Cet officier général débarquera à Cayenne pour se concerter sans délai avec

LE PLAN DU i2-23 DÉCEMBRK. 27S

notre commissaire Victor Hugues sur les moyens que celui-là pourra fournir pour l'expédition.

Vous y enyerrez Tous-méme un officier de confiance pour requérir le nombre de pilotes, de bâtiments légers et embarcations utiles au débarquement, et tous les moyens accessoires que la colonie pourra fournir.

L^officier que tous aurez expédié sera cbargé de l'embarquement et départ de Tartillerie et des hommes que Cayenne aura pu fournir. 11 fera embarquer ces hommes sur la frégate et les corvettes qui se seront avancées près de terre, si elles peuvent suffire, et, à défaut de ce, il y sera suppléé par tous les bâtiments, de quelque nation qu'ils soient, qui se trouvent disponibles.

Cayenne doit fournir un renfort d'au moins 800 hommes.

De Cayenne, vous enverrez un aviso à la Martinique avec un officier qui ne sera chargé d'aucun paquet, mais qui aura l'ordre d'informer verbalemant le capitaine Villaret et le contre-amiral Missiessy de votre arrivée, de votre mission et de l'état des choses.

Ces opérations ne devront pas retenir l'escadre devant Cayenne plus de vingt-quatre heures ; mais, si l'embarquement de l'artillerie et des munitions exigeait plus de temps, un officier y resterait pour le diriger, une frégate y serait laissée pour l'escorte, et l'escadre, ayant ses pilotes, se dirigerait sur Surinam.

Vous prendrez sur-le-champ des mesures nécessaires pour bloquer Demerari et Berbice, afin que les vaisseaux ne s'échappent point de ces rivières.

A votre arrivée devant Surinam, notre commissaire Victor Hugues descendra avec les troupes de Cayenne sur la rive droite de Surinam, au lieu convenu avec le général Lauriston et vous, pour s'emparer de la batterie de Brams- Point, qui défend son entrée, et de toutes celles établies sur cette rive droite du fleuve.

Le général Lauriston fera soutenir par les troupes nécessaires la colonne des troupes de Cayenne.

Trois bataillons et l'artillerie nécessaire débarqueront sur la rive gauche de Surinam, et le général Lauriston marchera droit sur Paramaribo.

Le reste de l'escadre et de l'année formera le corps de réserve de l'une et l'autre aile, et vous veillerez à ce que tout soit prêt pour que des secours puissent être promptement débarqués K la rive droite ou d la rive gauche, selon les besoins.

Aussitôt que le fort Zélande (Surinam) sera pris, le général Lauriston jugera, selon les événements et la force de l'ennemi, si le reste des troupes lui est nécessaire.

S'il ne l'est pas, une division de votre escadre portera à Demerari trois bataillons de débarquement. A son passage devant Berbice, cette division sommera cette colonie de se rendre, et, au cas qu'elle y trouvât le commandant décidé, elle y mettra une garnison de 200 hommes.

Ainsi, le huitième jour au plus tard, après votre arrivée devant Cayenne, vous aurez partagé votre escadre en deux divisions, dont l'une employée â l'attaque de Surinam, et la seconde à celle de Demerari.

Berbice et Essequibo tomberont d'elles-mêmes après la conquête de Surinam et Demerari.

Vous aurez soin de composer ces divisions de manière qu'elles soient plus

fortes que les escadres ennemies dans ces mers, et, si tous aviez à craindre

l'attaque d'une escadre de plus de cinq Taisseaux, tous tous comporteriez en

conséquence.

Le fort d'Amsterdam est susceptible de plus ou moins de résistance ; tous

aiderez de tous tos moyens à la prise de ce fort, mais, cependant, tous nV

débarquerez pas tos équipages ni tos garnisons, notre intention étant que tous

soyez toujours disposé à combattre l'escadre ennemie qui se présenterait. Vous ferez dans ces colonies une IcTée de 20 matelots noirs ou blancs pour

chaque Taisseau de Totre escadre, et une IcTée aussi forte que tous le pourrez

à la Martinique et à la Guadeloupe.

Vous tous y approvisionnerez de la plus grande quantité de TiTres que tos

Taisseaux pourront contenir, et notamment de riz, à défaut d'autres TÎTres de

campagne.

Dans les Tingt-quatre heures après la prise du fort d'Amsterdam, tous tous rendrez devant Berbice et Demerari, ayant à bord de Totre escadre le général Reille aTec les 1500 ou 1800 hommes qui sont sous ses ordres, et qui prendront possession de Demerari. Ce débarquement fait et tos Taisseaux tous réunis, tous ferez Toile pour la Martinique, où tous trouverez Tescadre du contre-amiral Missiessy, qui a ordre de vous y attendre, même de se laisser bloquer dans la rade, si une escadre plus forte ne lui laissait pas d'autre parti. Vous insulterez, s'il y a lieu, la rade de Man-of-War-Bay. Vous aurez cependant laissé à la disposition du général Lauriston 2 bricks et i ou 2 frégates, s'il les désire.

Si, le vingt et unième jour après TOtre première communication aTecCayenne, le fort d'Amsterdam n'était pas en notre pouToir, vous feriez connaître au général Lauriston l'obligation où vous serez de quitter ces parages. Vous passerez devant Berbice et Demerari, et, y laissant les frégates et les bâtiments légers que vous jugerez nécessaires, vous cinglerez sur la Martinique, tous dirigeant de manière à insulter les rades foraines et les colonies anglaises qui se trouvent sur Totre route. Votre réunion faite à la Martinique aTec l'escadre du contre-amiral Missiessy, vous séjournerez quelque temps dans ces parages, croisant devant les îles anglaises, interceptant leur commerce et ravageant leurs rades. Vous vous réglerez, pour opérer votre retour, sur les nouvelles que vous aurez de la Martinique, de la Dominique, de la Guadeloupe, de Surinam, et, lorsque vous penserez que votre séjour dans ces mers ne peut plus être d'une grande utilité, vous vous dirigerez sur Santo-Domingo. Vous porterez à Santo-Domingo 600 ou 700 fusils et la poudre qui y sont destinés, ainsi que 600 ou 700 hommes qui auront été embarqués à Surinam, si la conquête a coûté assez peu pour permettre ce détachement.

11 est impossible de déterminer tout ce que vous devrez faire dans l'expédition qui vous est confiée, les dispositions même contenues dans ces instructions ne sont qu'indicatives de la manière dont nous envisageons les choses, et devront être modifiées par vous et le général Lauriston comme l'exigeront les circonstinces, la possibilité des événements et l'intérêt de notre service.

Mais nous jugeons à propos de vous faire observer qu'il est impossible que l'ennemi ait la moindre idée de cette double expédition, qu'il ne pourra vous opposer des forces t'galos .\ celles que nous vous confions, dans l'incertitude où il sera de leur destination; que, s'il est possible que le contre-amiral Missiessy

ne soit mattre de la mer que pendant un mois, il est probable que, réunis, TOUS le serez plus de deux, que ce temps doit être employé à mettre nos colonies à Tabri des éyéneroents, à soumettre au pouvoir de nos armes les quatre colonies hollandaises du continent dont les Anglais se sont emparés, ainsi que la Dominique, Sainte-Lucie, Antigoa, Saint-Christophe ou tout autre, s*il résulte des conférences avec le capitaine Villaret qu'on peut les enlever ou les mettre à contribution, et enfin à porter des secours à Saint-Domingue, après avoir fait au commerce des ennemis dans les Antilles tout le mal qui sera possible. Nous ajouterons que la plupart des lies anglaises ont des rades foraines susceptibles d'être insultées, et que nous nous confions à votre zèle pour notre service, à votre courage et à votre expérience de la guerre, en tout ce que pourront exiger les circonstances où vous vous trouverez, pour Thonneur et la gloire de nos armes et le succès de Texpédition.

Vous ne devez, dans aucun cas, prolonger votre séjour aux lies du Vent au delà de soixante jours, à compter du jour de votre arrivée devant Surinam, et notre pavillon impérial, ayant glorieusement parcouru les mers de TAmérique que nous vous avons indiquées, et ayant frappé ou menacé tous les établissements de Tennemi, noire escadre fera son retour en France, en laissant à la Martinique les frégates qu'aura demandées le capitaine général Villaret. Vous atterrirez sur le Ferrol, vous débloquerez la division aux ordres du capitaine Gourdon, qui, forte de 5 vaisseaux et de t frégates, sera prête à vous rejoindre, et vous rentrerez à Rochefort,

Le secret de cette double expédition est confié h. votre fidélité pour notre personne et pour TÉtat, et ne pourra, sous aucun prétexte, être communiqué à qui que ce puisse être.

Napoléon (î).

Le Ministre de la marine au vice^amiral Villeneuve (2).

Paris, le 21 frimaire an xm (12 décembre 1804).

Monsieur le Vice- Amiral,

Tai rhonneur de vous adresser les instructions définitives de Sa Majesté pour la mission importante qu'elle vous confie : ces instructions renferment la pensée de l'Empereur, et son intention n'est point que vous vous attachiez à la lettre de leur contenu, mais, bien seulement que vous en saisissiez l'esprit.

Des armes et munitions que vous avez à bord, vous réserverez autant que possible 700 à 800 fusils et 15,000 kilogrammes de poudre pour Santo- Domingo ; ces quantités pourront être augmentées si les circonstances le comportent. Le reste des armes sera réparti, selon le besoin, entre les colonies conquises, Cayenne et les Antilles ; si, ces points étant pourvus, vous en avez un excédent.

Le général Lauriston sera, au moment du départ, reconnu comme commandant en chef de l'expédition ; le Commissaire de Sa Majesté à la Guyane,

(1) Voir lettre da même jour à Laariston.

(2) Archives de la Marine, campagne 1804. BB>v, 207.

280 DEUXIÂMB PARTIE. — CHAPITRE lY.

Toilesi m&ts, rechanges, pourraient serrir au reste de Tescadre; et les 1400 hommes que chacun de ces vaisseaux pourrait porter seraient tous au profit de Tannée de débarquement.

U y a 2 Taisseaux de 80, portant 450 hommes chacun; il y en a 13 de 74, qui sont bons et qui porteraient chacun 4S5 hommes; enfin 3 iraisseaux de 74 qui ont plus de 40 ans, et qui pourraient, comme les deux -vieux vaisseaux à trois ponts, être désarmés dans un port des établissements français, et alon les 1150 hommes qu'ils pourraient porter seraient tous au profit de Tannée de

terre.

U y a à Brest 4 vaisseaux désarmés et marqués à refondre ou à démolir. Il faudra en démolir deux, et avec leurs débris en replâtrer deux assez pour les mettre en état de faire un voyage armés en flûte.

Arrivés aux colonies, au lieu d'être désarmés, ils seraient démolis et vendus là.

Chacun de ces vaisseaux pourrait porter 1250 hommes, étant armé en flûte.

23 vaisseaux de guerre de Tescadre de Brest porteraient donc 15,675 hommes.

Il y a à Brest 5 frégates qui portent 200 hommes chacune.

Il y en a une à Saint-Malo qui se rendrait à Brest le plus tût possible et qui porterait également 200 hommes.

Il y a deux frégates à refondre : la Pensée et la Romaine; on les relierait et on les mettrait assez en état pour pouvoir être armées en flûte. Elles porteraient chacune 800 hommes.

Les frégates porteraient donc 2,800 hommes.

. Les 6 flûtes qui sont prêtes à Brest pourraient porter des vivres pour toute Tescadre pendant trois mois.

Chacune porterait indépendamment 50 hommes de passage, qui, joints à 300 hommes que porteraient 6 bricks, feraient 600 hommes.

Total général de Tarmée que porterait Tescadre de Brest : 19,075 hommes.

Escadre de Lorient.

VAlgésiras, la Cérês^ la Didon, la Topaze , la flûte la Seine, et 2 ou 3 petits bricks, porteraient 1600 hommes.

Escadre de Rochefort.

V Achille j la ThétiSy 3 bricks et 1 ou 2 gabares, pourraient porter un millier d'hommes et des vivres.

Récapitulation.

Expédition de Brest 19,075 hommes.

Expédition de Lorient 1 ,600 —

Expédition de Rochefort. . . . • 4 ,000 —

Total 21 ,675 hommes.

Cette expédition remplirait le but qu'on peut se proposer; alors Vescadre de 12 vaisseaux que V Espagne pourrait avoir à Cadix et Vescadre combinée française et espagnole rfe 15 vaisseaux du Ferrol, seraient calculées pour le retour

LE PLAN DU 12-23 DÉCEMBRE. 28i

de V amiral Villeneuve, afin de réunir les trois escadres dans un port de France.

Le résultat de ce projet est d'épargner un long voyage à Tescadre française et espagnole du Ferrol.

Nous y gagnerons donc un surcroît de moyens militaires, une économie de fonds. Cette dernière considération nous dédommagera de la perte des yaisseaux, quoique on pense qu'à la paix ils pourront faire leur retour en marchandises, dont le bénéfice payera bien ce qu'ils Talent; car, d'après l'idée que j'ai de ces yaisseaux, le Républicain, V Indivisible, V Ulysse et les deux autres Taisseaux espagnols, après une campagne aussi considérable, je ne pense pas qu'ils puissent être bons à autre chose qu'à être démolis. Il y a donc économie sous tous les points de Tue.

Napoléon.

Enfin, le 23 décembre sont expédiées pour Tescadre de Rochefort les différentes instructions qui sont la suite de Tordre adressé le 12 à Tamiral Villeneuve (1).

Instnii^iona pour le contre-a/n/ra/ Missieaay, commandant /'escadre

en rade de nie d'Aix (V-

Palais des Tuileries, le 2 nivône an xiu (23 décembre 1804).

Monsieur le Contre- Amiral,

Nous TOUS faisons savoir qu'ayant jugé à propos de soumettre à notre obéissance quelques-unes des lies anglaises des Antilles, et particulièrement celles de la Dominique et de Sainte-Lucie, et de mettre hors de toute atteinte nos colonies de la Martinique et de la Guadeloupe, nous avons résolu de nous emparer en même temps des colonies bataves du continent de TAmérique^ dont Tennemi s'est rendu maître.

L'exécution de cette dernière partie de nos desseins est particulièrement confiée au vice-amiral Villeneuve, qui, à son arrivée dans les mers d'Amérique, devra prendre le titre de commandant en chef de nos forces navales dans ces parages, et nous avons fait choix de vous pour commander celles que nous avons destinées à la conquête de la Dominique et de Sainte-Lucie.

Nous avons chargé notre Ministre de la marine et des colonies de vous faire connaître, par un état particulier, le nom et la force des corps, le nombre et Tespèce des bouches à feu, armes et munitions dont nous avons ordonné rembarquement extraordinaire sur Tescadre que vous commandez, ainsi que le

(1) Au vice-^tmiral Decrès,

Paris, le 2 nivôse an xm (23 décembre 1804).

Je voos envoie des fnstractions pour l'expédition ; fàites-les partir le pins tôt possible. La saison est déjà avancée, et tonte henre perdue est irréparable.

Napoléon.

(2) Correspondance de Napoléon» 8231.

nombre, leg noms et la force des bâtiments dont elle se composera, et la quantité de TJTres dont ils doivent être pourms.

Le général de division Lagrange, inspecteur général de notre gendarmerie, a été nommé par nous pour commander les forces expéditionnaires embarquées sur Fescadre de Rochefort.

Il doTra s*embarquer sur le yaisseau amiral, ainsi que son état-major, et il a ordre de se concerter avec tous pour tout ce qui exigera Totre concours dans cette expédition, jusqu'à ce que, par Totre jonction aTCC le Tice-amiral Ville-. neuTe, ou par les instructions que ce Tice-amii*al tous adressera à son anÎTée dans les mers d'Amérique, tous soyez réunis à son paTillon.

Notre intention est que les deux escadre» de Toulon et de Rochefort profitent de la première occasion faTorable pour appareiller, en trompant la sur- Teillance de Tennemi.

L'escadre de Toulon, sous le commandement du Tice-amlral VilleneuTe, se rendra à Gayenne, et de là, dcTant Surinam, Berbice et Demerari, pour s'en emparer.

A son arriTée, il tous sera expédié un officier à la Martinique pour tous en donner aTis.

L'escadre de Rochefort, sous Totre commandement, dirigera sa route entre les Açores et les Canaries, de manière à éTiter la croisière du Ferrol et les bâtiments en obserTation sur le cap Finistère.

Elle brûlera toutes les prises dont la marche ralentirait la sienne.

Elle éTitera de chasser les bâtiments qui l'écarteraient trop de sa route. Elle se rendra aTec toute célérité possible à la Martinique, où le général Lagrange et TOUS TOUS concerterez aTec le capitaine général Villaret sur l'attaque qui deTra être faite immédiatement des îles de la Dominique et de Sainte*Lucie. Si, par une circonstance quelconque, c'était à la Guadeloupe d'abord que l'escadre eût abordé, ce serait avec le capitaine général Emouf que tous tous concerteriez, et tous pourriez commencer tos opérations aTant même d'aToir touché à la Martinique.

La prise de la Dominique est surtout la plus importante, à cause de sa situation intermédiaire entre nos deux colonies principales ; et son attaque dcTra être préférée à toute autre.

11 serait à désirer qu'elle eût lieu dans les quarante-huit heures de Totre anÎTée. Vous débarquerez à la Martinique 2,000 fusils et 50,000 llTres de poudre que tous aTez à bord.

Le plan d'opération étant arrêté entre tous et le général Lagrange, sur les documents que tous aura procurés le capitaine général Villaret, tous transporterez les troupes et opérerez leur débarquement comme il sera conTenu, et, en même temps, tous enverrez au capitaine général Emouf, à la Guadeloupe, un aviso, pour l'informer de Totre arriTée et de tos opérations.

Vous concourrez de tous tos moyens à leurs succès ; mais tous ne débarquerez point tos garnisons et surtout les marins de tos équipages, parce que TOUS devez vous tenir toujours prêt à combattre l'ennemi.

Vous tous occuperez de faire tout le mal possible à l'ennemi.

Vous mettrez à contribution toutes les colonies de Saint-Christophe, Saint- Vincent et autres. Vous établirez des croisières, Tisiterez toutes les rades, et même ferez quelques débarquements ayant pour but de leTer des contributions

d^argent et de faire des levées de noirs que tous enverrex h la Martinique et à la Guadeloupe.

Vous laisserez à la Guadeloupe, ^0 milliers de poudre, 2,000 fusils, et la portion de troupes que le général Lagrange jugera à propos de céder.

Le Tice-amiral VilleneuTe, après aToir réduit les colonies du continent, se portera à la Martinique pour se réunir à tous, et tous tous rangerez sous son paTillon.

Si cependant, aTant cette réunion, il tous faisait parvenir des ordres ou instructions sur les mouToments de Tescadre qui tous est confiée, tous tous y conformeriez.

Il est présumable que tous serez maître *de la mer, aux Antilles, pendant un mois au moins.

Si une escadre ennemie, supérieure à celle que tous commandez, tous empêchait de tenir la mer, tous resteriez au Fort-de-France, pour y attendre Tescadre du Tice-amiral VilleneuTe, et tous tous Joindriez à elle dès qu'elle paraîtrait.

Mais cependant s'il s'écoulait depuis Totre anÎTée aux Antilles, sans que TOUS reçussiez des nouTelles de l'apparition du Tice-amiral VilleneuTe dcTant Surinam, un laps de temps tel que tous dussiez penser que Totre réunion avec lui n'est plus probable, tel que six semaines depuis TOtre arriTée à la Martinique, TOUS TOUS rendriez deTant Santo-Domingo, et dans ce cas, qu'on ne doit pas présumer, tous débarquerez à la Martinique 600 fusils, une centaine d'hommes et quelques milliers de poudre, que tous Terserez dans cette colonie ; et TOUS ferez connaître au général Ferrand, qui y commande, que d'autres secours lui sont destinés et que leur euToi n'est que différé. De là, tous tous rendrez en Europe par telle route où tous croirez pouToir nuire daTantage à l'ennemi.

Mais si, par suite des conférences qui auront lieu à votre arrivée à la Martinique aTec l'amiral Villaret et le général Lagrange, il arriTait que cet officier général ne jugeât pas dcToir se décider à l'attaque d'une colonie (ce qui dcTra être décidé dans les quarante-huit heiu*es), tous utiliserez les 3,000 hommes que TOUS aTez à bord de tos Taisseaux, en donnant la plus grande étendue à la guerre d'incursion dans les lies 4u Vent. Vous les parcourrez toutes, y opérerez des débarquements, y lèTcrez des contributions d'argent, des noirs, et ferez à l'ennemi et à son commerce tout le mal possible. Ayant ainsi employé un mois ou six semaines, tous débarquerez tos troupes et tos munitions à la Martinique et à la Guadeloupe, résenrant 500 hommes pour débarquer à Santo- Domingo.

Il nous est impossible d'entrer dans tous les détails de ce que tous dcTrez faire dans la mission dont nous tous chargeons; les dispositions mêmes contenues dans ces instructions ne sont qu'indicatives de la manière dont nous enTisageons les choses, et devront être modifiées comme l'exigeront les circonstances, les éTénements et l'intérêt de notre serTice.

Nous nous confions à Totre zèle, Totre courage et Totre expérience de la guerre, sur tout ce que pourront exiger les circonstances qui se présenteront, et, comme il a été observé que vous serez probablement maître de la mer aux Antilles pendant trente jours, nous présumons que vous pourrez, dans cet espace de temps, dont pas un seul instant ne devra être négligé, surprendre

et réduire plusieurs colonies de rennemi, insulter celles de ses rades qui sont

susceptibles de Tétre, telles qu*Antigoa, Montserrat, Saint-Christophe, etc., et

faire un très grand ravage dans son commerce.

Le secret de cette double expédition est conÛé à Totre fidélité pour notre

personne et pour TÉtat, et ne deTra, sous aucun prétexte, être confié à qui que

ce puisse être.

Napoléon.

Le Ministre de la marine au contre^amiral Miseieaey (i).

Paris, le 3 nirôte an xux (24 décembre 1804).

Monsieur le Contre-Amiral,

Je m'empresse de tous adresser les instructions déBnitÎTes de Sa Majesté sur la mission importante qu'elle vous confie.

Ces instructions renferment la pensée de VEmpereur et son intention n'est point que vous vous attachiez précisément à la lettre mais que vous vous en pénétriez bien Vexplication dans votre esprit.

Sa Majesté attache la plus grande importance à ce que tous appareilliez le plus promptement possible en prenant les plus grandes précautions. J'adresse par un courrier au général Lagrange les instructions de Sa Biajesté. Je crois inutile de tous recommander un concert parfait aTec le général Villaret.

ReceTez aTec tous mes tobux, l'assurance de ma considération distinguée.

Inatructiona pour le général Lagrange (S).

Palais deg Tuileries, le 2 nivôse an znx (23 décembre 1804).

Monsieur le Général Lagrange, Inspecteur générai de notre gendarmerie, nous TOUS faisons saToir qu'ayant jugé à propos de mettre à l'abri de toute atteinte nos colonies de la Martinique et de la Guadeloupe, et en même temps de soumettre à notre obéissance les lies de la Dominique et de Sainte-Lucie, nous aTons fait choix de tous pour commander en chef les troupes que nous aTons destinées à cette expédition, et qui sont embarquées sur notre escadre de Rochefort commandée par le contre-amiral Missiessy, à qui nous «aTons donné nos ordres en conséquence. Nous avons chargé notre Ministre de la marine et des colonies de tous faire connaître par un état particulier, le nom et la force des corps, le nombre d'armes, bouches à feu et munitions dont nous aTons ordonné l'embarquement extraordinaire, et qui deTront être mis à Totre disposition.

Vous TOUS embarquerez aTec Totre état-major sur notre Taisseau-amiral le Majestueux y et tous tous concerterez aTec le contre-amiral Missiessy, sur tout ce qui demandera son concours dans l'expédition qui tous est confiée. Notre

(1) Archives de la Marine, BBt^, 227.

(2) Correspondance de Napoléon, 8232.

LE PLAN DU i%-23 DÉCEMBRE. 285

escadre se rendra directement à la Martinique, ayec toute la célérité possible, et, aussitôt arrivé tous prendrez près du capitaine général Villaret tous les documents propres à tous éclairer sur Tétat des colonies anglaises et à fixer Totre détermination sur tos opérations ultérieures.

Vous TOUS concerterez aTec le contre-amiral Missiessy sur Tattaque qui doTra être immédiatement faite des tles de la Dominique et de Sainte-Lucie.

Si Tattaque des deux îles ne pouvait avoir lieu, tous préférerez celle de la Dominique, dont la position intermédiaire, entre nos deux possessions principales des Antilles, nous rend la possession la plus importante.

Il serait à désirer que cette attaque eut lieu dans les quarante-huit heiu*es de Totre arriTée, parce que Tennemi en sera bientôt informé, qu*il préjugera TOS projets, et rendra, par ses préparatifs, tos succès d'autant moins faciles.

Vous ne devez donc pas perdre un instant pour concerter Totre entreprise et en arrêter le plan, sur les renseignements que tous aura donnés Tamiral Villaret. Le plan des opérations étant arrêté et les points de débarquement couTenus entre tous et le contre-amiral Missiessy, Tescadre appareillera sans délai et débarquera les troupes sous Totre commandement. Il sera enToyé à la Guadeloupe un aTiso au capitaine général Ernouf pour le prévenir de vos opérations.

Le contre-amiral Missiessy a ordre de concourir de tous ses moyens à leur succès ; mais il ne doTra pas cependant débarquer ses équipages, parce qu'il faut qu'il soit toujours en état de combattre Tennemi qui Toudrait secourir par mer les points attaqués. Il est probable qu'il sera maître de la mer dans les petites Antilles pendant trente jours et tous devez calculer Totre entreprise sur cette probabilité. Dès qu'il ne sera plus nécessaire à tos opérations, il se portera sur tous les points oà il pourra ravager le commerce de l'ennemi.

Les tles de la Dominique et de Sainte-Lucie réduites en notre pouvoir, tous TOUS concerterez avec le* contre-amiral Missiessy pour mettre à contribution et même dévaster les lies de Saint-Christophe, Saint- Vincent ou toute autre ; et enfin vous concentrerez toutes vos forces à la Dominique et vous enverrez à la Martinique et à la Guadeloupe le reste de vos troupes. Sainte-Lucie passera sous les ordres du capitaine général Villaret, qui y placera peu de troupes.

Vous consoliderez la conquête de la Dominique en en conservant le commandement en chef avec le titre de capitaine général. Nous ne pouvons trop vous prescrire de ne pas perdre un seul instant à la Martinique à votre arrivée et de procéder sans délai à l'attaque des points sur lesquels tous aurez fixé Totre détermination, le succès dépendant particulièrement de l'activité que vous porterez dans l'exécution.

Notre intention est que, s'il arrivait qu'une des deux capitaineries générales de la Guadeloupe ou de la Martinique Tint à Taquer, tous réunissiez à Totre commandement de la Dominique celui de ces lies.

Nous ne pouvons déterminer tout ce que vous devrez faire dans la mission importante dont nous vous chargeons. Les dispositions mêmes contenues dans ces instructions ne sont qu'indicatives de la nature de l'expédition, et vous êtes autorisé à y porter, dans l'intérêt de notre service, telle extension ou modification dont l'avantage ou le besoin résulteront des documents que vous acquerrez sur la situation et la force des colonies de l'ennemi, des événements qui pourront survenir et des circonstances où vous vous trouverez.

Nous nous confions à votre zèle pour notre senriee, votre courage, votre

expérience de la guerre et votre attachement à notre personne, pour tout ce

que pourront eiiger l'honneur et la gloire de nos armes et le succès de

Texpédition.

Napoléon.

Nous croyons devoir ajouter que, si la garnison de la Dominique se trouvait tellement forte que le capitaine général Villaret et vous ne jugeassiez pas à propos de Fattaquer, il faudrait alors profiter du mois ou des cinq semaines pendant lesquelles vous serez maître de la mer pour étendre vos incursions dans les différentes lies anglaises du Vent, fure des débarquements dans toutes, y lever des contributions d'argent, des noirs, prendre tous les bâtiments de commerce, même ceux qui sont dans les rades et faire enfin à Tennemi tout le mal possible. Ces expéditions finies, vous débarquerez votre monde et vos munitions, moitié à la Guadeloupe, moitié à la Martinique, hormis 500 hommes que vous réserverez pour Santo-Domingo.

Au \fice^amirAl VillAret-JoyeuBe, capitaine général à la Martinique (i) ou au général de divieion Ernouf, capitaine général à la Guadelcupe.

Paris, le 5 nivôse an xni(t6 décembre 1804).

Monsieur le Capitaine général,

Deux escadres vont être expédiées pour TAmérique, une sortira de Toulon sous le commandement du vice-amiral Villeneuve, sera composée de il vaisseaux, 7 frégates et 1 brick.

Cette escadre en sortant du détroit ralliera probablement le vaisseau V Aigle, la corvette la Torche et le brick V Argus qui sont à Cadix.

Environ 6,000 hommes sont répartis sur ces bâtiments; ils seront commandés en chef par le général de brigade Lauriston, aide de camp de Sa Majesté l'Empereur.

La seconde escadre qui est expédiée de Rochefort sous les ordres du contreamiral Missiessy est composée de 5 vaisseaux^ 4 frégates et 2 bricks.

Environ 3,000 hommes sont embarqués sur ces bâtiments et ils seront commandés en chef par le général de division Lagrange» Inspecteur général de la gendarmerie.

L'escadre de Toulon se dirigera d'abord sur Cayenne où le général Lauriston doit conférer avec M. Victor Hugues adjudant-commandant et commissaire de Sa Majesté Impériale à la Guyane; elle se portera ensuite sur Surinam, Demerari, Berbice et Essequibo; l'attaque de ces deux premiers établissements doit être presque simultanée.

En arrivant â Cayenne le vice-amiral doit vous envoyer par un aviso un officier pour vous informer verbalement de l'état des choses ainsi que le général Missiessy qui doit attendre à la Martinique le général Villeneuve, lequel à son arrivée dans cette colonie, prendra le commandement général des forcés navales de Sa Majesté Imp(^riale.

(1) Archives de la Marine, campagne 1805. BB»», 233.

LE PLAN DU 12-23 DÉGEBiBRE. 287

Le général VilleneuTe a Tordre de ne stationner que 21 jours dans les parages de la Guyane, et de cingler ensuite Ters la Martinique, en insultant s'il est possible les rades foraines et les colonies anglaises qui se trouveront sur sa route.

n est probable que Tescadre de Rochefort aura précédé celle de Toulon, et soit qu'elle atterre à la Martinique ou à la Guadeloupe, le contre-amiral Missiessy et le général Lagrange doivent se concerter avec tous ou avec le capitaine général Emouf, sur les moyens d'attaquer immédiatement la Dominique et Sainte-Lucie.

La prise de la Dominique est surtout vivement désirée par l'Empereur, à cause de sa situation intermédiaire entre la Martinique et la Guadeloupe.

Le plan de cette double entreprise doit, M. le Capitaine général, être arrêté dans les quarante-huit heures qui suivront l'arrivée de l'escadre de Rochefort ; si la supériorité des forces navales anglaises, l'état des garnisons tenues dans les colonies ennemies, ou la situation même de la Martinique et de la Guadeloupe déterminaient à renoncer au projet d'enlever la Dominique et Sainte-Lucie, l'expédition doit se changer aussitôt en guerre d'incursion ; il faudra que le contre-amiral Missiessy et le général Lagrange parcourent toutes les îles du Vent et y fassent autant que possible des débarquements pour y lever des contributions de toute nature et faire à l'ennemi ainsi qu'à son commerce tout le mal possible.

Quel que soit, au surplus, l'emploi des forces navales et des troupes expéditionnaires dirigées de Rochefort sur la Martinique ou la Guadeloupe, l'escadre du contre-amiral Missiessy débarquera, dans l'une et l'autre de ces colonies, 50 milliers de poudre et 2,000 fusils.

En admettant aussi que l'attaque de la Dominique et de Sainte-Lucie n'aient pas lieu, l'escadre de Rochefort se bornera à dévaster les établissements et le commerce des Anglais aux tles du Vent; les troupes expéditionnaires et les munitions seront réparties entre la Martinique et la Guadeloupe, après que ces incursions seront terminées.

SOO hommes facilement seront prélevés sur cette masse de troupes et portés avec plusieurs milliers de poudre et 600 fusils à Santo-Domingo par Tescadre de Rochefort.

L'expédition isolée de cette escadre pour Santo-Domingo est subordonnée aux avis et ordres que le contre -amiral Missiessy pourra recevoir du vice-amiral Villeneuve ; cependant. Sa Majesté Impériale a fixé à six semaines la durée du séjour que le général Missiessy pourra faire aux lies du Vent. On ne peut pas compter que le général Missiessy soit maître de la mer aux Antilles plus d'un mois, et c'est dans cet espace de temps que l'expédition sur la Dominique et Sainte-Lucie doit être terminée. Le reste du temps dont il pourra disposer sera employé de la manière qui sera jugée la plus utile au service de Sa Majesté et la plus nuisible à l'eflnemi; mais si ces six semaines étant écoulées, l'escadre de Toulon n'est pas arrivée à la Martinique, ou si le contre-amiral Missiessy n'a reçu aucune instruction du vice-amiral Villeneuve, ou enfin dès qu'il aurait lieu de penser que la réunion des deux escadres ne s'opérera pas, il se dirigera par Santo-Domingo, pour effectuer ensuite son retour en Europe.

Dans le cas où, comme je l'espère, l'escadre de Toulon ferait promptement sa jonction avec celle de Rochefort, elles devront se réunir pour porter des

coups plus terribles au commerce de Tennemi et pour consolider ainsi, non seulement la situation des lies françaises, mais encore celle des possessions qui auront pu être conquises.

Je TOUS préviens que, si les expéditions projetées réussissent, le général Lauriston prendra le titre de capitaine général commandant en chef les colonies de Surinam, D«merari, Berbice et Essequibo; que le général Lagrange commandera à la Dominique avec le titre de capitaine général, et que File de Sainte-Lucie rentrera sous Totre commandement, comme elle y était avant qu'elle iiût tombée au pouToir de Tennemi.

Sa Majesté Impériale m'a autorisé. Monsieur le capitaine général, à tous conÛer le but des deux expéditions ordonnées à Toulon et à Rochefort; elles ont essentiellement pour objet de mettre sous sadomination la Gnyane, ci-devant hollandaise, de ravager les colonies anglaises, de désoler le commerce ennemi, de conquérir la Dominique et Sainte-Lucie, et de subordonner le projet de ces deux dernières conquêtes, et toutes autres opérations de Tescadre du contreamiral Missiessy, aux moyens qui doivent, avant tout, être réservés pour affermir la situation de la Martinique et de la Guadeloupe, et les mettre, pendant la durée de la guerre, à Tabri de toute attaque de la part de Tennemi. Sous ce dernier rapport vous êtes appelé, ainsi que le capitaine général Ernouf, à éclairer de vos avis les généraux Missiessy et Lagrange, et à concerter a-vec eux les opérations qui peuvent procurer à leur mission le résultat le plus honorable et le plus utile : en concourant à une aussi grande entreprise, vous partagerez la gloire que le succès doit répandre sur les officiers qui sont destinés à faire triompher les armées de Sa Majesté Impériale, et tous devez être bien persuadé qu'il me sera fort agréable de faire valoir les nouveaux services que TOUS aurez rendus dans cette circonstance.

En vous observant que les lumières de votre expérience doivent être d*un secours fort précieux pour les généraux commandant les forces navales et les troupes de Sa Majesté Impériale, j'insiste particulièrement pour que vous leur fassiez connaître Totre opinion sur la conduite qu'ils auront à tenir dans les incursions qu'ils pourront faire. Il importe beaucoup que, guidés par tos connaissances sur tout ce qui peut seconder ou contrarier la prospérité et les intérêts des colonies françaises, ils sachent jusqu'à quel point et sur quels objets ils devront porter les contributions qu'ils lèveront, et les importations qu'ils feront dans les établissements français.

Recevez, Monsieur le Capitaine général, l'assurance de ma considération très distinguée.

Post'Scriptum de la main du Ministre, — L'intérêt qu'il y a pour l'expédition, qu'elle soit ignorée, m'empêche de tous écrire par cette occasion sur d'autres sujets dans ce moment. Sa Majesté voit toujours avec satisfaction le bon esprit que tous entretenez dans tout ce qui doit concourir à la défense de la Martinique ; elle désire, toutefois, que tous dissipiez les nuages qui, par les dernières correspondances, ont paru s'élever dans tos rapports aTec M. Laussat» préfet colonial dont elle considère particulièrement le mérite et la sagesse de Tues. Votre situation est trop éminente pour qu'il ne dépende pas de tous d'en allier la dignité avec celle du préfet colonial; et tous conccTez que l'intérêt du service de l'Empereur et votre propre gloire se réunissent pour que vous deviez atteindre ce but.

Ainsi il n'est plus absolument question d'entrer dans la Manche et d'en assurer le passage à la flottille. Après leur jonction au Ferrol, Villeneuve, Missiessy et Gourdon iront à Rochefort, disent les ordres du 12, « dans un port de France », dit la lettre du 14. Rien ne rattache les opérations nombreuses et compliquées, qui doivent être exécutées en Amérique, à la guerre d'Europe.

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