‹ 1793-1805 (volume 4)Chapitre 62 sur 65 · Acte on · texte numérisé non relu

Acte on

Lion y 74

3,429 soldats embarqués.

Le lendemain, rennemi n'étant pas signalé et le vent étant favorable, Missiessy donna Tordre d'appareiller.

Le contre^amlral Misaiessy, commandant en chef Peecadre impérîaley à Son Excellence le vlce^amiral Decrès, ministre de /a marine et des colonies, à Paris (2).

A bord da vaisseau le Majestueux, en rade de llle d'Aix, le tl nivôse in xui (1 1 Janvier 1805).

Monseigneur,

Le vent est à l'est, joli frais, et Tennerai n'est pas signalé ; je mets sous voiles à deux heures de Vaprès-midi et je compte régler ma route de manière à me trouver à la fin du jour par le travers des Antioches. J'ai le projet de gouverner ensuite au sud-ouest pour traverser pendant la nuit la ligne des croiseurs qui, d'après les avis qui me sont parvenus, s'étend depuis la latitude de la Tour de Cordouan jusqu'à l'ile d'Yeu, à 8 ou 10 lieues au large.

J'espère que si le vent ne mollit pas et que je passe la nuit sans être aperçu, je serai demain au jour, hors de leurs parages.

Je prie Votre Excellence d'agréer l'assurance de mon respect.

Missiessy.

(1) BB'v, 2t9.

(I ) Archives de la Marine, BB", ttl.

LA CAMPAQNE DE MISSIESST (11 JANYIBR AU 20 MAl). 307

Parti isolément, Missiessy allait donc se trouver isolé aux Antilles.

Devenue complètement indépendante de Fensemble des événements, la campagne de Fescadre de Rochefort peut être exposée dès maintenant dans son entier.

Précis de /a owmpagne de reeoadre aux ordres du contre-Amiral Missiessy (1).

8 janvier 1805.

Le 18 nÎTÔse, an xiii (8 janyier 1805), pendant que Tescadre embarquait les TÎTres, rartillerie et autres objets relatifs à Texpédition, une frégate anglaise Tint observer ses mouvements ; elle s^approcha à une lieue et retourna très promptement comme pour aller annoncer les dispositions de départ de Tescadre, qu*elle avait sans doute remarquées, car la plupart des vaisseaux avaient alors des roues d'affûts de campagne dans les porte-haubans.

Le 19 et le 20 on embarqua toutes les troupes; le général Lagrange avec son état-major arriva dans Tescadre à une heure après midi.

Le 21 (il janvier), le temps était très sombre et à la neige, je fis de très bonne heure désaffourcher ; ensuite on embarqua les chaloupes et canots ; à une heure de l'après-midi, la marée étant favorable, le Majestueux mit à la voile, toute Tescadre imita sa manœuvre à l'exception du Magnanime qui ne pouvait lever son ancre ; je fus obligé de l'attendre pendant une heure et demie. Ne voulant pas retarder la marche de l'escadre, je lui ordonnai de couper son cAble. Dans ce moment son ancre dérâpa; il força de voiles, et à 4 heures il m'avait joint. Alors je fis former l'escadre sur deux colonnes pour être plus en mesure de passer à l'ordre de bataille si cela eut été nécessaire. L'escadre gouverna à rO. 1/4 S.-O., qui était la route qui lui faisait traverser le plus rapidement la croisière de l'escadre ennemie. Avant cinq heures du soir, on aperçut dans l'ouest un bâtiment à trois mâts ; il tenait le plus près du vent de bâbord ; on le jugea d'abord une frégate. Le commandant du vaisseau en me rendant compte, demanda si Ton continuerait la même route; je lui dis que oui et je n'en aurais changé, qu'autant qu'il eût fait des signaux qui m'auraient annoncé que l'ennemi était très près. Vers 6 heures on la vit (la frégate) entre l'escadre et la Tour de Ghassiron. Je ne doutai plus alors que ce ne fût un bâtiment neutre qui entrait dans le Perthuis. La imit fut sombre, quoique la lune fût levée ; je trouvai dehors une grosse houle qui venait du vent d'ouest ; le vent faiblissait à mesure que j'allais au large, et de cinq nœuàs que l'escadre filait d'abord, elle en faisait à peine trois à minuit. Vers quatre heures le vent d'est céda à une petite brise du sud et bientôt passa à l'ouest-sud-ouest et ensuite à l'ouest en augmentant de forces ; je n'étais encore qu'à 16 milles dans le S.-O. 1/4 0. de la Tour de Ghassiron ; je fis tenir les vents bâbord amures. Vers onze heures du matin, les vents ayant passé à l'ouest-nord-ouest.

(1) Archivée de la Marine, BBi^, SS7.

308 DEUXIÀME PARTIE. — CHAPITRE YI.

j'en changeai de manière à profiter des variations du temps et à éviter d'être aperçu des escadres ennemies du Ferrol et de Kochefort.

J'ordonnai de régler Teau de manière que chaque bâtiment n'en consommât pas plus d'une barrique pour cent hommes par jour. Le soir, le temps dcTint mauvais ; dans la nuit on aperçut un bâtiment à Touest, qu'on jugea être de guerre, il faisait route au sud, il prit ensuite la bordée du nord et disparut ; à 9 heures i/2, le Suffren me fit prévenir que son petit mÀt d'hune était cassé ; j'ordonnai de diminuer de Toiles; à 11 heures il tomba à la mer et lui fit perdre deux hommes ; le Majettutux déchira son grand hunier.

Le 23, le temps devint encore plus mauvais, l'horizon très borné et le vent par rafales ; je fis signal de régler la voilure de l'escadre sur celle du vaisseau avarié. A 8 heures du matin on vit dans le nord un b&timent qui courait au sud ; il parut être vaisseau de guerre et avait beaucoup de voiles. A midi, le Suffren m'ayant signalé des avaries dans son grand mAt d'hune, je fis mettre à la cape et caler les mÀts de perroquet.

L'escadre était bien ralliée ; néanmoins tous les bâtiments ne se voyaient pas; je brûlais fréquemment des amorces, pour marquer ma position, et la nuit j'allumai des feux de poupe, parce que j'envisageai moins d'inconvénient de m'exposer à être vu par l'ennemi, qui ne pouvait pas être à plus de dix lieues sous le vent. Le 24, le vent fut moins fort, mais la mer devint grosse; le Suffren ne put pas rétablir son m&t d'hune ; l'escadre faisait peu de voiles pour le conserver. Dans la matinée on aperçut une galiote et un lougre au nord-est. Dans l'après-midi, le temps fut par grains ; la Gloire cassa sa grande vergue et s'occupa de suite à la réparer. La nuit, le vent fut très violent et la mer excessivement grosse.

Le 25, le vent calma au point de ne pas laisser gouverner; les vaisseaux roulaient beaucoup; nous eûmes fréquemment des grains de pluie sans vent et de très petites brises de diverses parties de l'horizon.

Le 26 dans la matinée, le Suffren cassa son nouveau m&t d'hune, le vent souffla du sud-ouest sans être bien fort; mais la mer était toujours très grosse.

Le 27, le temps devint beau, le vent toujours du sud-ouest au nord-ouest; je fis guinder les mâts de perroquet; le Suffren fit servir son petit hunier; le soir j'eus encore de grands vents d'ouest et de la pluie, la nuit je fis brûler des amorces.

Le 28, le vent fut moins fort, mais la mer étant toujours très grosse, m'empêcha de faire beaucoup de voiles ; le 29 toujours mauvais temps, les vents de la partie de l'ouest ; le Jenwiapes cassa sa grande vergue et VActéon plusieurs chaînes d'haubans.

Le 30, le temps fut par grains et la mer très grosse ; le !•» pluviôse modéré et à grains ; le 2, le vent fut très fort par grains, je fis mettre à la cape et caler les mats de perroquet.

Le 3, toujours même temps.

Le 4, le vent faible et très irrégulier passa à l'est-nord-est, et j'en profitai ; la mer, très grosse, m'empêcha de faire beaucoup de voiles, et je fis guinder les mîits de perroquet ; le 5, grand vent d'est, je dirigeai ma route pour passer à 80 lieues dans le nord-ouest du cap Finistère; ensuite, entre les Açores et les Canaries. On vit dans l'ouest un petit brick qui courait vers le sud, il parut

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