‹ 1793-1805 (volume 5)Chapitre 24 sur 61 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La préparation purement militaire ou maritime de l'expédition devait forcément se ressentir des nombreuses variations que subirent les projets.

Lorsque, le 30 juin 1796, Hoche écrivait au Directoire : « la guerre (de Vendée) est finie, j'ose le dire » (1), et que, mandé à Paris, il allait y prendre connaissance du projet d'ensemble du 19 juin, il laissait derrière lui une armée de 117,146 hommes aguerris et en général disciplinés.

Les éléments douteux devaient servir au coup de main ordonné le 14 mai et dont la conduite devait être confiée au général Humbert. Ce dernier avait reçu, dès le 15 mai, le capitaine O'Brien avec une quinzaine d'autres Irlandais dont on devait faire de précieux guides. 40 officiers aventureux avaient été désignés en grand mystère (2), les forçats qui devaient être mis aux ordres de Mascherel étaient prêts et, le 19 juin, le Directoire (3) autorisait ce général à en réunir 1000 à 1200 autres, auxquels, le 17 du même mois, il avait envoyé 2,000 fusils étrangers. Le projet était si près de se réaliser que, le 19 juin, le Directoire (4) recommandait à Hoche de faire délivrer par le petit corps expéditionnaire un

(1) Cbaisin, Pacification de la Vendée, tome II, p. 561.

(2) Chassin, loc. ciL, p. &63.

(3) Lettres du Directoire (Archives de la guerre). — Accusé de réception du général HédoQTilIe (Archives de la guerre).

(4) Lettre du Directoire (Archives de la guerre).

certain nombre de Français détenus à Falmouth et qui se joindraient à lui.

La veille, Hoche avait écrit (1) :

Lettre de Hoche au Directoire,

Le corps s'organise ; en général, les officiers en sont très bons, les soldats intrépides

j*ai cru devoir donner à la troupe destinée à l'expédition le nom de Légion

des Francs, Elle est divisée en 3 bataillons d'infanterie Il y a, en outre,

une compagnie de 70 hussards et une de 36 artilleurs

Quant au mal à faire au gouvernement anglais, on peut s'en rapporter à eux ; chacun sait ce qu'ont produit dans notre propre pays les viols, les pillages et les assassinats. Que sera-ce en terre étrangère.

je pars après demain pour Brest, où j'espère lever un nouveau corps parmi les forçats. Il sera jeté, s'il est possible, sur les c6tes du pays de Galles.

Malgré cette appréciation défavorable, il ne faut pas confondre la Légion des Francs qui se formait à Château-Neuf parj la réunion, sous un commandement spécial, des soldats mauvaises têtes ^ avec la Légion noire recrutée parmi les criminels de droit commun.

Le premier de ces corps remis en main (2) et bien commandé prit part à l'expédition dlrlande et donna, pendant le combat soutenu par le vaisseau Les-Droits-de-t Homme ^ des preuves de courage et de discipline. Le second, resté au bagne (3) jusqu'en janvier 1797, fit sous les ordres d'un étranger, le colonel Tate, une entreprise isolée et absolument infructueuse (4).

En même temps que s'exécutaient ces préparatifs, les 42,000 hommes envoyés à l'armée d'Italie étaient peu à peu mis en route et les troupes qui devaient faire partie de l'expédition étaient désignées.

Les choses en étaient là lorsque Hoche, en exécution du

(1) Mttre de Hocbe en date da 18 juin {Archives de la guerre).

(t) A la suite de désordres, 64 hommes de la légion Humbert passaient derant une commission militaire. « Qae la totalité n'est-olle au diable », écrivait Hoche, le 3 octobre, au général Clarcke (Quillon, p. 214).

(3) Par lettre du 23 Juin, le Directoire désigna comme officier dans la légion Noire un certain Berard, chasseur de Canel, condamné à 6 ans de fer (Archives de la guerre).

(4) Voir ci-dessous.

plan du 19 juin, donna ses premiers ordres pour la réunion autour de Brest des troupes destinées au corps expéditionnaire (1).

(1) Le tableau d-dessons donne par corps le résultat des mouTements effectués quelques Jours plus tard.

ARMÉB OIS

Page 1