SUPPLÉMENTS
Le Pégase
La Révolution.
Frbqatbs :
La Tortue. . . .
Vàibsbau rasé :
Le Scévola
Transports :
Le Nicodème ....
La Ville-de-Lo-
rient
La Justine
lASuffren
27« 1/2 brigade (du 1*^ bataillon). .
— (du f bataillon). . .
(du 2* bataUlon). .
24« 1/2 brig. d*inf. légère (du 3« bat.).
6» rég. de hussards (2« escadron) . . .
I Chasseurs de Lamoureux
10* rég. de hussards (!•' escadron).
12* régiment de hussards
24« 1/2 brig. d'inf. légère (du 3« bat ).
Id
RÉCAPITULATION
Avant-garde 3,739
Corps de bataille ', . ; 2,972
Arrière-garde 3,891
Suppléments 3,295
CeriiGé eonforme,
L'adjudant général.
Signé: Maybr.
Total géhrral 13,897 (l)
Signature illisible.
(1) Le Séduûant ajrant fait naufrage, il faut retrancher 633 honunes de «e total.
Enfin, Tordre du jour du 10 frimaire contient des instructions précises et qu'il suffisait d'appliquer en cas de séparation ou d'absence du commandant en chef pour que la descente fût exécutée dans d'excellentes conditions.
Copie de l'ordre du 10 frimaire an V.
L'armée expéditionnaire est forte de 13,400 hommes, elle est composée de >
La légion des Francs ; La 24* demi-brigade dUnfanterie légère ; La 94« demi-brigade d'infanterie légère ; Infanterie. . . ^ Les grenadiers et la 4* compagnie de la 27* demi-brigade d'infanterie légère; Les grenadiers de la 81* demi-brigade d'infanterie de ligne; Les cadres de quatre régiments étrangers.
2 escadrons du 6* régiment de hussards;
1 escadron du 10* régiment de hussards;
Cavalerie . . . ^ 2 escadrons du 12* régiment de hussards ;
1 escadron du 7* régiment de chasseurs à cheval ; 1 compagnie de 30 guides à cheval.
Artillerie. — Elle est composée d'une compagnie à cheval, de détachements des 3®, 5* et 8* régiments et d'une compagnie de Seine-et-Oise.
L'avant-garde sera commandée par le général Le Moine, qui aura sous ses erdres les généraux Gratien, commandant les grenadiers réunis, et Humbert, chargé de la légion des Francs ; l'escadron du 10* hussards et la compagnie d'artillerie à cheval compléteront ce corps auquel demeureront attachés les adjudants généraux Gastines et Régnier. Le chef d'escadron Corbineau, de la légion des Francs, commandera la cavalerie de l'avant-garde.
A la vue de terre, le général Le Moine qui, d'avance, aura donné ses instructions aux chefs sous ses ordres, fera faire les dispositions nécessaires pour le débarquement de l'infanterie seulement. Arrivé au rivage, il débarquera promptement à sa tête et se portera sur le point qu'il jugera le plus facile à défendre, afin d'éviter les longueurs qui résultent ordinairement de l'empressement qu'apporte chaque individu à déployer son zèle ; il ordonnera au commandant de l'artillerie de ne pas s'arrêter au calibre des pièces à feu et de la joindre avec celles qui pourront être mises le plus tôt à terre. U observera que la position à prendre doit être telle que l'artillerie des vaisseaux puisse protéger ses mouvements. Le général Le Moine, assuré d'une bonne position, enverra des patrouilles d'infanterie dans les villages -voisins. Les commandants de ces patrouilles seront porteurs de quelques lettres qui leur seront remises à l'avance par l'officier chargé de ce soin, et ils auront ordre de ramener au corps de l'avant-garde les chevaux de selle et de trait qu'ils trouveront et dans la plus grande quantité possible.
Le général Grouchy commandera le corps de bataille, qui sera composé des
24* et 94® demi-brigades et des escadrons des 6" et 12*» régiments de hussards. Ce général, avec autant de vivacité que d*ordre cependant, se portera à la tôte de ses troupes, à la hauteur de Tavant-garde. Les circonstances et les localités peuvent seules déterminer ce qu*il sera préférable de faire et décider si le corps de bataille ne devra pas prendre position à une distance quelconque de Tavant-garde, afin de protéger d'une manière plus certaine et plus efficace le débarquement.
Les généraux Spital, Watrin et A. Mermet seront attachés au corps de bataille (ce dernier commande la cavalerie) ainsi que Tadjudant général Lecat. Bans le cas où le corps de bataille prendrait une seconde position, le général Grouchy observera qu'il doit envoyer à la découverte et ordonner aux commandants de ses patrouilles de lui ramener des chevaux. Le général Harty commande la brigade étrangère, le général Richard O'Shee demeurera provisoirement chargé des compagnies de grenadiers de la 27* demi-brigade.
Ces corps et l'escadron du ?• régiment de chasseurs à cheval formeront la réserve, qui sera commandée par le plus ancien des officiers généraux.
Le général en chef, en recommandant de les maintenir, établit en principes généraux :
1* Que l'infanterie doit se porter à terre aussi rapidement que possible ; 2* que l'artillerie doit s'efforcer de joindre à l'infanterie quelques pièces de bataille (le calibre de 4 est d'abord préférable) ; 3** que la cavalerie ne doit être débarquée que lorsque toute l'infanterie le sera ; 4° que les chevaux ramenés par les patrouilles ou offerts par les habitants n'appartiennent point aux individus, qu'ils doivent être donnés d'abord aux officiers généraux et d'état-major, puis à la cavalerie de l'avant-garde, en laissant toujours le choix aux officiers, et enfin, à la compagnie d'artillerie, aux corps de troupes à cheval, etc., etc. ; 5* que les déserteurs de l'ennemi ou les habitants qui viendront s'enrôler ou prendre des armes, ne doivent point être conservés à l'avant-garde, mais bien être envoyés au général Harty, qui les répartira également dans les quatre régiments d'infanterie qu'il a sous ses ordres, s'ils sont fantassins et les placera dans celui de Lamoureux, si ce sont des cavaliers.
Après le débarquement et dans les marches ordinaires, le parc sera entre les 24*» et 94» demi-brigades d'infanterie, les administrations et l'ambulance se tiendront entre le coi-ps de bataille et la réserve.
Il est une infinité de détails qui ne peuvent trouver place ici. Le général en chef se réserve ou de les donner de vive voix, ou de suppléer sur le terrain à ce qui aurait été omis. Il se borne donc à recommander aux officiers généraux de veiller à ce que l'ordre et la discipline soient sévèrement maintenus ; à ce que les personnes et les propriétés soient scrupuleusement respectées, nos succès dépendant de la conduite que nous tiendrons dans ce pays ami que nous allons habiter, et l'honneur nous faisant une loi sévère de ménager toujours le paisible habitant des campagnes auquel les querelles ou les formes de gouvernement sont assez souvent étrangères ou indifférentes.
Le général Hoche compte sur le zèle et l'attachement de ses camarades, qui sont ses amis et leur renouvelle ici l'assurance qu'ils peuvent compter sur la durée des sentiments qu'il leur a voués.
Les officiers généraux commandant l'avant-garde, le corps de bataille et la réserve nommeront à l'avance un conseil de guerre conformément à la loi.
Avant de débarquer, les troupes recevront les vivres pour quatre jours. Les officiers généraux voudront bien, pour éviter les retards, les faire préparer à Tavance.
Signé : HoGHE.
Le 11 décembre, Hoche montait à bord de la Fraternité d'où il écrivait au Directoire ;
A bord de là « Fraternité », en rade de Brest (1).
11 décembre*
« Vous aurez sans doute jugé, Citoyens Directeurs, que mes précédentes ont été écrites dans Tamertume de Tindignation. Je vous disais la vérité. Vous pardonnerez à la chaleur des expressions en songeant qu'il devait être cruel pour moi de voir tant de sacrifices perdus pour l'Etat, de perdre moi-même six mois de travaux, d'inquiétudes et de désagréments. Je serai trop récompensé si Texpédition réussit, puisqu'elle aura procuré la paix à mon pays.
« Je ne dois plus vous écrire que lorsque nous serons dehors. Veuillez donc donner des ordres pour que la seconde expédition ait lieu. J'ai laissé, pour cet objet, des instructions très détaillées aux généraux Hédouville et Meunier. Mais il faut un peu d'argent à la marine. Je n'en ai presque plus, mais je ne suis pas inquiet, si je mets pied à terre. L'armée, forte mamtenant de 15,000 hommes, est dans les meilleures dispositions. Nos troupes, quoique ayant éprouvé bien des privations et de la misère, n'ont pas perdu leur galté, ce qui est d'un parfait augure.
« J'ai su que vous aviez contremandé l'expédition de Saint-Quantin, j'en ai été affecté. Je comptais beaucoup sur cette diversion. Elle eût eu lieu, sans des indiscrétions d'officiers particuliers. J'espérais faire grand ravage dans le pays ennemi, au moyen d'une troisième entreprise dont je vais avoir l'honneur de vous entretenir
« Qu'il me soit permis maintenant, Citoyens Directeurs, de vous prier de vous rappeler de moi, quel que soit le sort qui m'attende. Jamais, non jamais la patrie n'aura de soldat plus dévoué, ni le gouvernement d'ami plus fidèle. Si j'ai commis quelques erreurs, n'en voulez qu'à mon inexpérience; mon cœur n'y a aucune part.
« Signé : Hoche (2) ».
Deux jours après, le 13 décembre, il faisait au ministre de la guerre, Petiet, ses adieux sous la jolie forme que voici :
(1) GuilloD, p. Ut,
(î) Archives nationales. Mess. D. 800.
Lorsque tous receTrez ma lettre, Citoyen Ministre, nous serons en pleine mer. Demain nous appareillons et nous partons après des contrariétés de tout genre. J'emmène 14,750 hommes. Fasse le ciel que nous puissions contribuer à ramçner la paix au sein de la République.
J'aspirais depuis longtemps à ce moment. Souyent, aujourd'hui encore, j'en désespérais. HédouTille, qui ne m'a pas quitté depuis un mois, tous donnera sans doute des détails qu'il ne m'appartient pas de tous mettre sous les yeux, ayant été obligé de lutter seul contre tous.
Je TOUS demande de me consenrer une place dans Totre souTenir. Quels que soient les événements, je tous prie de croire à la sincérité des sentiments que je TOUS ai Toués.
Son départ devait avoir lieu le 15 seulement. Le 17, il était à 40 lieues au large, quand le Directoire lui écrivit pour lui annoncer qu'il renonçait à l'expédition d'Irlande, et l'inviter à se rendre à Paris où une nouvelle destination l'attendait (1).
Le gouvernement qui, malgré les négociations entamées à Paris avec lord Malmesbury, depuis le 4 octobre, avait poursuivi ses préparatifs contre l'Irlande, choisissait justement, pour renoncer à l'entreprise, le moment où, presque brutalement, il renvoyait Tambassadeur anglais.
S'il avait voulu par des préparatifs, n'étant dans sa pensée intime qu'une simple démonstration, inquiéter l'Angleterre et l'amener à entamer des négociations, on pourrait dire qu'il y réussit parfaitement. En effet, le trouble d'esprit des Anglais est attesté par des émeutes en faveur de la paix, des préparatifs, la création, en octobre, de nombreux corps de miliciens irlandais et surtout par l'envoi de lord Malmesbury. Mais ce serait alors que le Directoire aurait désiré voir les conférences aboutir, et l'excessive raideur qu'il y déploya permet d'en douter.
Il est très difficile de donner à cette singulière reculade une explication plausible.
(1) Archives de la guetTe. Reg. n* 13, fol. 119, n» 285. Année des côtes de l'Océan.