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Le Général, commandant en chef l'armée d'Angleterre, au général de division Championnet, k Paria.
Aa quartier général, à Paris, le 14 Tentôse an ti de la Répabliqae française
(4 mars L798).
Je vous adresse ci-joint, Général, l'état des corps et des généraux de brigade, adjudants généraux et commissaires des guerres qui doivent composer la division à vos ordres.
Les corps sont dirigés sur Lille à des époques successives, comme vous le remarquerez sur cet état.
Je vous engagé à établir leurs cantonnements entre Dunkerque et Lille, les étendant, s'il est nécessaire, du côté de Nieuport, Ypres et Ostende.
Les troupes ne doivent pas être trop dispersées, mais au contraire réunies autant que les localités le permettront, sans néanmoins les gêner.
Vous n'étendrez point vos cantonnements dans le département du Pas-de- Calais, cette partie étant occupée par le général Grenier.
Sa division fournit des travailleurs pour accélérer les travaux militaires que le général de brigade du génie Dufalgua est chargé de diriger. Il pourrait se faire qu'on eût besoin d'une plus grande quantité d'hommes, soit pour activer, soit pour relever ; vous voudrez alors mettre à la disposition du général Grenier les deux bataillons de la 2h demi-brigade d'infanterie de bataille, qui sont à Lille et à Dunkerque, en les faisant relever de concert avec le général Bessières, qui commande les i'« et i6* divisions militaires. Ce général n'aura aucun ordre à donner aux troupes composant votre division ; de même, vous n'ordonnerez rien à celles qu'il commande pour la police et la sûreté de sa division. Si la tranquillité publique était troublée, vous concourriez à la rétablir en ce qui vous concerne.
Aussitôt que vous aurez établi vos cantonnements, vous voudrez bien m'en adresser l'état à Rouen où j'établis mon quartier général. C'est là que je vous invite à correspondre avec moi.
L'adjudant général Boulant, qui y est déjà rendu, remplira provisoirement les fonctions de chef d'état-major général. Veuillez correspondre avec lui pour ce qui est relatif à son service.
Vous recommanderez à l'adjudant général que vous désignez pour votre chef d'état-major, de lui envoyer régulièrement l'état de situation le 30 de chaque mois.
Le citoyen Dubreton, qui est commissaire ordonnateur en chef de l'armée, s'occupe d'assurer la solde et les subsistances ; il établit ses bureaux à Rouen.
L'armée d'Angleterre vivra sur le pied de paix.
Ci-joint les lettres de service des généraux de brigade Point et Legrand, je vous prie de les leur remettre à leur arrivée et de m'en accuser la réception.
J'y ajoute un ordre pour vous qui vous servira de passeport.
Salut et amitié.
Desaix.
Le Ministre de /a guerre au général Bonaparte, commandant en chef l'armée d'Angleterre.
Paris, le 16 Tentôse an vi (6 mars 1798).
Je vous ai fait connaître, Citoyen général, par les lettres que je tous ai adressées les 18 et 29 du mois dernier, la marché et l'époque de TarriTée à leur destination respective, des divers corps de troupes destinés à faire partie de Tarmée d'Angleterre, qui se trouvaient alors en mouvement pour se rendre sur les côtes.
II me reste à vous informer, Citoyen Général, du départ de la 1" demi-brigade d'infanterie légère et des 3' et 5* régiments de hussards, qui se trouvaient stationnés sur le territoire de la République batave, pour se rendre dans le département de la Somme.
Suivant le compte qui m'a été rendu par le général Joubert de la marche de ces troupes :
La première demi- brigade d'infanterie légère, composée d'environ 1800 hommes, sera rendue à Abbeville le 25 ventôse ;
Le 3* régiment de hussards, composé d'environ 900 hommes, et le 5* fort de 856 hommes, doivent arriver successivement à Amiens avec leurs dépôts, du 25 au 30 de ce mois.
Je vous préviens, au surplus, que j'ai donné des ordres pour faire mettre en marche le 10<' régiment de chasseurs que les circonstances avaient fait diriger sur Nîmes, pour se rendre à Rouen, où il arrivera le 17 du mois prochain.
Quant aux S* et 4* régiments de chasseurs qui viennent d'arriver dans les environs de Nantes et d'Angers, je me réserve de faire diriger le premier sur Rennes et le second sur Rouen, à moins que vous ne jugiez convenable de leur donner une autre destination.
Je joins ici, Citoyen Général, le tableau du mouvement des différents corps de l'artillerie et du génie, en ce moment en marche, qui sont destinés à ^tre employés dans l'armée d'Angleterre, afin de vous mettre à portée de connaître l'époque de leur arrivée, tant à Douai qu'à Rennes.
Par ce moyen, il ne reste plus à faire arriver sur les côtes, quant à présent, que la 2« demi-brigade d'infanterie légère, les 18«, 25% 32», 75» et 89« de ligne, ainsi que les 3* et 15" régiments de dragons, que les circonstances ont exigé de faire demeurer provisoirement sur les confins du canton de Berne, et la 9* d'infanterie légère qui se trouve à Paris et qui, par cette raison, est à portée de se rendre avec rapidité à sa destination.
J'ai pensé qu'il était convenable, sans contrarier vos dispositions, de suspendre le départ de cette demi-brigade jusqu'aux premiers jours de germinal.
Veuillez, je vous prie. Citoyen Général, me faire connaître les points sur lesquels vous désirez que je fasse diriger le 8* régiment de cavalerie et le 2* de hussards qui doivent s'arrêter provisoirement à Clermont et à Breteuil, département de l'Oise, pour y attendre de nouveaux ordres sur leur marche ultérieure.
Je me réserve^ au surplus, de faire diriger incessamment les corps ci-après désignés et qui se trouvent déjà rendus sur les côtes, Ters les points que vous m'avez indiqués, savoir :
Le 6* régiment de dragons, de Lille et environs sur Gaen ;
La 46* demi-brigade de Dunkerque et Ypres, sur Goutances ;
La 73^ demi-brigade, de Gaen à Lille ;
La 84* demi-brigade, de Port-Malo à Goutances ;
La lOO* demi-brigade, du Havre à Goutances.
Quant à la 94* demi-brigade, qui se trouve stationnée en ce moment dans les départements du Galvados et de la Manche, comme sa destination n'est point indiquée sur l'état de répartition que vous m'avez remis, je vous prie, Citoyen général, de vouloir bien me la faire connaître.
Peut-être jugerez-vous convenable, pour éviter le revirement qui résultera de la marche des 46* et 73' demi-brigades, de les conserver dans les divisions de l'armée d'Angleterre, où elles se trouvent déjà placées.
Je vous prie de me faire connaître vos vues à cet égard en m'accusant la réception de cette lettre.
Salut et fraternité.