‹ 1793-1805 (volume 5)Chapitre 54 sur 61 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Dès la fin de décembre, les premiers mouvements des troupes appelées en France de Tarmée dltalie avaient commencé (1) ; la colonne Masséna devait partir le 27 décembre de Plaisance pour Versoix; la cavalerie légère, partant le même jour, devait passer par le mont Genèvre et Briançon ; les dragons se mettaient en mouvement le 31 décembre ; et le t®' janvier, c'était le tour de la division Brune. Quant aux autres troupes destinées àTarmée d'Angleterre, elles étaient encore en Vénétie.

La lettre par laquelle le Ministre de la^ guerre avisait Bonaparte de ces dispositions révèle le besoin de troupes qui se faisait sentir pour la sûreté des départements de Tintérieur :

Le Ministre de la guerre au général Bonaparte, commandant en chef de l'armée d'Angleterre, k Paris.

Paris, le 16 nivAse an vi (5 janvier 1798).

Je TOUS ai informé, citoyen Général, par les lettres que je tous ai adressées successivement le 30 frimaire et le 4 de ce mois, des dispositions que j'avais faites pour la marche ultérieure vers les côtes, des colonnes de troupes venant de ritalie et destinées à être employées à Tarmée d'Angleterre, afin de me mettre à portée de faire diriger sur ces divers points les troupes venant de

(1) Lettre de Berihier (Capitaine de la Jonquière, p. 75, p. 78).

ritalic, ainsi que celles qui seront tirées des armées du Rhin et de Mayence, et d'ordonner à l'aTance les préparatifs nécessaires pour assurer le service dans toutes ses parties.

Suivant une lettre que je viens de recevoir du général en chef Berthier, il parait que la division Masséna est en ce moment en marche pour se diriger sur Versoix, département de TAin, où elle doit arriver le 3 pluviôse pour y demeurer stationnée, tant dans cette place que dans les cantons environnants jusqu'à nouvel ordre, conformément aux intentions du Directoire exécutif.

Les autres colonnes ont dû se mettre successivement en marche, depuis le 7 de ce mois, pour se diriger par Chambéry et le mont Genèvre, sur Lyon.

Je viens de donner des ordres pour faire séjourner ces troupes deux jours pleins, soit à Chambéry, soit à Lyon ou à Bourg, et les faire filer ensuite, conformément aux intentions du Directoire, sur les côtes.

La tête de la colonne de cavalerie composée des 3*, 4*' et 10* régiments de chasseurs, doit arriver à Lyon du 30 de ce mois au 6 du mois prochain.

Comme le 12* régiment de dragons ainsi que le 2* régiment de carabiniers, qui se trouvent en ce moment stationnés sur les bords du Rhin, sont destinés à être employés à l'armée d'Angleterre, où ils doivent se rendre incessamment, je ne pense pas, citoyen Général, que votre intention fût de conserver ou de destiner également pour l'armée d'Angleterre tous les corps de troupes à cheval qui reviennent de l'aroiée d'Italie, parce que la cavalerie employée à cette armée se trouverait alors trop considérable en raison de l'infanterie.

Je me propose, en conséquence, de profiter de l'arrivée de ces divers corps de troupes à cheval, excepté cependant les régiments de dragons, pour retenir tous ceux qui ne seront pas de cette armée et les envoyer dans les divisions de l'intérieur où leur présence devient infiniment nécessaire, cependant à moins que vous ne me fassiez connaître que vous désirez conserver quelques-uns de ces corps.

J'ai appris, citoyen Général, que vous vous proposiez de présenter incessamment votre plan au Directoire exécutif.

Comme je dois concourir à l'exécution des dispositions qui seront arrêtées, je désirerais me trouver à cette conférence.

Veuillez, je vous prie, me faire connaître le jour que vous vous rendrez au Directoire pour cet objet.

Salut.

Effectivement, les archives de la Guerre contiennent un grand nombre de pièces montrant bien à quel point la situation dans rOuest était encore troublée : les assassinats, les arrestations de courriers sont journalières et les demandes de cavaliers pour escorter les diligences fréquemment pillées se renouvellent constamment.

Quant à Tancienne division Masséna, passée aux ordres du général Ménard, elle devait agir en Suisse et être perdue pour l'armée d'Angleterre.

Bientôt aussi, l'assassinat du général Duphot à Rome obligeait à rappeler les 30®, 61®, 88® demi-brigades de ligne et la 21® légère déjà en marche pour rejoindre Tarmée et à maintenir en Piémont les 22® et 4® légères, ainsi que la 43® de ligne et le 14® dragons. Berthier, bien que nominalement nommé chef d'état-major de Tarmée d'Angleterre était maintenu en Italie avec mission de « pacifier » ce pays (1).

D'autre part, la situation fausse où se trouvait le ministre Schérer vis-à-vis de Bonaparte devait être une cause de gêne et de lenteurs pour toutes les mesures concernant la formation de l'armée. Le dualisme entre ces deux autorités, celle du général en chef qui ne se considère pas comme soumis au ministre, celle du ministre qui ne peut prendre une mesure définitive sans l'agrément du général en chef, amène un échange constant de lettres contradictoires, et, dans la désignation des régiments, un fouillis d'ordres et de contreordres dans lesquels il est peu aisé de se reconnaître.

Projet d'une lettre du Ministre de /a guerre au général Bonaparte (3).

Le 16 nivôse an vi (5 janvier 1798).

Lui rappeler celle qui lui a été écrite dernièrement concernant différents objets sur lesquels le Ministre a besoin de connaître ses dispositions, notamment sur le séjour à Lyon pendant quinze jours des troupes se rendant d'Italie à Tarmée d'Angleterre.

11 faut être prévenu h temps pour assurer la subsistance de ces troupes pendant ce séjour, sUl y a lieu ; la pénurie de nos moyens est telle, qu'on ne peut sans nécessité faire des magasins de réserve dans un lieu où ils pourraient devenir inutiles.

Lui faire part des propositions faites au Directoire et qui ont été adoptées, concernant la démarcation entre l'armée d'Angleterre et des troupes stationnées pour ce moment sur les côtes de la Manche, proposition qui tend à faire retirer à dix lieues en deçà des côtes ces troupes à mesure qu'elles pourront être remplacées par celles qui formeront l'armée d'Angleten-e, afin qu'il n'y ait que cette armée qui reçoive la solde et les vivres de campagne ; demander si cette disposition convient aux mesures et aux vues du général Bonaparte.

Lui demander quels sont les points sur lesquels il se propose d'établir les différentes divisions de cette armée, quels sont les corps qu'il veut tirer des

(1) Lettre de Bonaparte (22 nivôse). Capitaine de la Jonqoière, p. 90. (t) Arch, de la Guerre.

armées du Rhin et de Mayence pour entrer dans la composition de cette armée.

Son intention étant d'employer à l'expéditioa d'Angleterre les régiments de dragons qui sont dans ces deux armées, il sera néctMiire de les remplacer par la pallie de la cavalerie de Tarmée dltalie qu'il ne destinera pas à cette môme expédition, et même aussi d'en employer dans l'intérieur où Ton en a besoin.

Le Ministre ignore quels sont les corps de cette cayalerie qui rentreront en France, et désirerait avoir À cet égard des renseignements positifs.

Si la santé du général Bonaparte ne lui permet pas de s'occuper de cette réponse détaillée, le Ministre se transportera chex lui, s'il veut bien lui indiquer le moment où ils pourront conférer ensemble sur cet objet.

Le général Bonaparte au Ministre de la guerre.

Paris, 20 nivôse an vi (9 janvier 1798).

J'ai remis. Citoyen Ministre, différentes demandes au Directoire exécutif pour l'organisation de l'armée d'Angleterre. Dès l'instant que vous m'aurez fait parvenir une copie des arrêtés du gouvernement, je m'empresserai de vous faire passer la destination de chaque corps et de chaque officier général qui doivent composer ladite armée, afin que vous leur envoyiez des ordres pom* se rendre en droite ligne à leur destination.

Mais, comme l'organisation de l'artillerie est la plus urgente, parce que cette arme met toujours bien plus de temps pour se préparer, je crois tous faire part de suite du travail de cette arme pour l'organisation de l'armée d'Angleterre.

Il faudrait :

Envoyer l'ordre au général Lespinassc, aux citoyens Songis et Faultrier, de quitter sur-le-champ l'armée d'Italie pour se rendre à l'armée d'Angleterre. L'artillerie pourrait être commandée, en Italie, par le général Sugny, et le parc dirigé par le chef de brigade Guériot;

Donner l'ordre à tous les différents détachements du !•» régiment d'artillerie à pied et du 2* régiment d'artillerie à cheval, de se rendre sur-le-champ à Douai;

Aux différents détachements du 4* régiment d'artillerie à pied et du 5* d'artillerie à cheval, de se rendre à Rennes ;

A deux compagnies de mineurs, de se rendre à Douai ;

A deux compagnies de mineurs, de se rendre à Rennes ;

A un demi-bataillon de pontonniei's, de se rendre à Douai;

A un demi-bataillon de pontonniers, de se rendre à Rennes ;

L'ordre au général Dulauloy, de se rendre à Douai pour former l'équipage d'artillerie qui doit s'y réunir.

L'ordre au général Dommartin, de se rendre à Rennes, pour remplir les fonctions de directeur du parc qui doit s'y réunir;

Au citoyen Faultrier, qui est à l'armée d'Italie, de se rendre à Douai pour remplir les fonctions de chef de l'étAt-major du directeur du parc qui doit s'y réunir ;

Au citoyen Sdngis, de se rendre à Douai, pour remplir les fonctions de chef de Tétat-major de l'équipage d'artillerie qui doit sV réunir;

Au citoyen Guériot-Saint-Martin, chef de brigade d'artillerie, de se rendre à Rennes, pour y remplir les fonctions de chef de Tétat-major de Tartillerie ;

Aux citoyens Saint-Laurent, Manscourt, Allix, SaKa, aux chefs de bataillon Délai tre, Bourgeat, Lamogère, Vauxmoret, de se rendre à Douai, pour faire partie de Tétat-major de Tartillerie, qui doit se réunir dans cette place ;

Au citoyen Gassendi, chef de brigade d'artillerie et directeur général du parc d'artillerie de l'armée d'Angleterre, de se rendre sur-le-champ à Paris, pom* se concerter avec moi.

L'équipage de i20 pièces d'artillerie que j'ai proposé au Directoire pour l'armée d'Angleterre, doit se diviser en deux parcs, dont un doit se réunir à Douai, l'autre à Rennes.

11 faudrait donner tous les ordres et pouvoirs nécessaires aux généraux Dulauloy et Dommartin, pour qu'ils organisent 'sur-le-champ, à Douai et à Rennes, un parc, composé chacun de i5 pièces de 12, 30 pièces de 8, 15 obusiers, 10 pièces anglaises et un équipage de 30 pontons.

Double approvisionnement de campagne, lequel doit être contenu dans des caisses portatives et qui doivent se placer sur des charrettes extrêmement légères et les moins embarrassantes pour l'embarquement.

Je désirerais également que les approvisionnements d'infanterie soient placés dans des caisses portatives, lesquelles se placeront également sur des charrettes.

Chacun de ces équipages aura besoin, pour son service, de 1200 chevaux d'artillerie. Il faudrait prendre des chevaux d'élite. Il en viendra à peu près 1200 de l'armée d'Italie, qui pourraient être destinés pour l'équipage de Rennes, et Ton pourrait choisir, dans les armées du Rhin, 1200 des meilleurs chevaux pour celui de Douai.

Il serait nécessaire que l'équipage de Douai, tel que je le demande, soit prêt à partir de cette place au !•* ventôse, pour se porter sur un des points quelconques de la côte et s'embarquer, et celui de Rennes au 25 du même mois.

Le citoyen Andi-éossy remplirait les fonctions de directeur de l'équipage des ponts de l'armée d'Angleterre.

Je désirerais que vous donnassiez l'ordre au citoyen Andréossy de partir, le 23 de ce mois, pour se rendre au Hàvre-de-Gràce avec le citoyen Forfait, et de là le long des côtes, pour remplir la mission sur laquelle je lui donnerai une instruction particulière.

Dès l'instant. Citoyen Ministre, que vous m'aurez fait passer les arrêtés du Gouvernement sur les différentes demandes que je lui ai faites, j'aurai l'honneur de vous faire passer la destination de chaque corps et de chaque officier, et dès lors j^aurai répondu aux dernières lettres que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire.

Je vous salue. Bonaparte.

C'est le 12 janvier seulement, qu'un arrêté rendu par le Directoire, sur la proposition du Ministre de la guerre, allait donner une organisation d'ensemble.

L'effectif de Tannée d'Angleterre devait être à peu près le double de ce qui avait été fixé le 9 novembre 1797 (1),

23 nivôse an ti (L2 janvier 1798).

Le Directoire exécutif, considérant qu'il est instant de réunir sur les côtes, toutes les forces qui doivent être employées à Farmée d'Angleterre.

Arrête ce qui suit :

Art. i«'.

Les divers corps de troupes ci-après désignés seront mis en mouvement pour se rendre sans délai sur les côtes qui bordent la Manche, ou autres lieux de rassemblement désignés par le Ministre de la guerre.

Savoir :

Infanterie de ligm

», demi-brigades ;

4« (Italie),

38« (Italie),

40« (Mayence),

61« (Italie),

i6«» (Mayence),

iT (Ehin),

69» (Italie),

18* (division Masséna],

73» (côtes).

21* (Italie),

75* (division Masséna),

22« (Italie),

25» (division Masséna),

30« (Italie),

81« (côtes),

32* (division Masséna),

85« (Italie),

88« (Italie),

40* (Italie),

89* (Rhin),

i3« (Italie),

94« (Calvados),

46« (côtes),

96» (Maytnce),

5f (Italie),

U>0« (côtes).

57» (Italie),

iOo\

Infanterie légère.

demi-brigades :

V^(HoUande),

iO« (Mayence),

2« (division Masséna),

18* (Italie),

3« (Rhin),

4» (Italie),

5« (Italie),

9« (i7« division).

(L) Capitaine de la Jonquière, p. 76.

Troupes à cheval

2 régiments de carabiniers,

Dragons (suite) :

i«'et 8* régiments de cuiras-

siers (Mayence).

47« (Hliin), 49*.

Dragons :

Chasseurs :

{•'(Mayence)y

2» {Mayence)y

i*'(i/ayencO,

3* (Italie),

2» (Mayence),

4» {Rhin),

3» (Jte/w?),

5* {Italie),

4« (/te/w),

6« [m* division).

6« (côtes, 24«» division),

T (Mayence),

40« (24« division),

9« (Italie),

18« (/te/ïe).

10* (Mayence),

!!• (Mayence),

Hussards :

12» (Afayence), i3« («Am), 14* (ite/ie), 15» (/to/te),

2» (IfayewO,

3» \Hollandei, 5« [Hollande^,

i6« (c<J/M, 24« division).

Artillerie et génie.

1er et 4« régiments à pied,

4 compagnies de mineurs.

2« et 5« à cheval.

2 bataillons de sapeurs,

4 compagnies d'ouvriers,

et 2 corps de pontonniers.

Art. 2.

Il sera, de plus, attaché à cette armée, le nombre des pièces d'artillerie, de toutes espèces, qui sera jugé nécessaire aux opérations.

Art. 3.

L'arrondissement de Tarmée d'Angleterre comprendra provisoirement les 13«, 14% 15% i6«, i" et 24« divisions militaires.

Art. 4.

U sera pris sur-le-champ toutes les mesures nécessaires pour assurer les différents services à la suite de cette armée.

Art. 5.

Le Ministre de la guerre est chargé de l'exécutioii du présent arrêté, qui ne sera point imprimé.

Pour expédition conforme.

Le Président du Directoire exécutifs

Signé : P. Barras.

Par le Directoire exécutif.

Poiu* copie conforme,

Le Secrétaire général.

« L'arrondissement » de Farinée d'Angleterre ne comprenait plus cette fois que les 13% 14% 15% 16% l'« et 24« divisions militaires. C'est-à-dire les côtes de la mer du Nord, de la Manche et de TOcéan. La 12® division (Loire-Inférieure,

Vendée, etc.) et la 22® (Mayenne, Sarthe, etc ) étaient en

dehors de Tarmée.

L'imbroglio causé par les désignations faites sans en référer au ministre n'était pas près se dissiper.

Certains corps non désignés par Bonaparte se sont mis en marche et le ministre ne sait plus où les envoyer.

Le Ministre de la guerre au général Bonaparte, commandant en chef l'armée d'Angleterre.

Paris, le l" pluviôse an vi (tO janvier 1708).

Vous avez pensé, Citoyen Général, dans la conférence que nous avons eue ensemble le 27 du mois dernier (16 janvier), qu'il suffisait de retirer seulement, quant à présent, il demi-brigades de Farmée d'Italie, pour être employées à Tarmée d'Angleterre, indépendamment des régiments de troupes à cheval qui sont en ce moment en marche pour se rendre à cette destination, afin de conserver, par ce moyen, 27 demi-brigades en Italie, non comprises les 2 demi-brigades stationnées à Gorfou, ni celles qui se trouvent employées en Gorse.

Vous avez désigné à cet effet les 4% 18% 25«, 32% 40», 51% 57% 58% 69^, 75* et 85* demi-brigades de ligne.

Tous ces corps sont en ce moment en marche, dans Tordre indiqué par le tableau ci-joint.

Je vous prie de remarquer, Citoyen Général, qu^indépendamment dé la 43^' demi-brigade de ligne que tous n'avez pas désignée ainsi que de la 2* d'in-

taaterie légère qui arrive en ce moment à Vewoix, les 4«, 5», d8*, 2i« et 22« demi-brigades d'infanterie légère sont également en marche et doivent arriver dans les environs de Lyon vers le 20 de ce mois.

Il ne reste par ce moyen à l'armée d'Italie que 20 demi-brigades au lieu de 27, saToir ; 15 d'infanterie de ligne et 5 d'infanterie légère, à moins que tous ne vous soyez entendu avec le général Berthier pour suspendre la marche des demi-brigades excédentes.

Je vous prie de vouloir bien m'informer de ce que vous aurez fait à ce sujet.

Gomme la 43* demi-brigade de ligne qui fait partie de la division Brune doit arriver à Lyon du 7 au 10 de ce mois, peut-être jugeriez-vous conyenable, Citoyen Général, de conserver ce corps ainsi que la 2? d'infanterie légère qui arrive en ce moment à Versoix et de faire rester en Italfe les 4*, 5«, 18*, 21* et 22^ demi-brigades d'infanterie légère ; alors il resterait encore 26 demi-brigades à l'armée d'Italie.

Veuillez, je vous prie, Gitoyen Général, me faire connaître vos "vues afin que je puisse donner de suite les ordres nécessaires, pour faire rétrograder ces corps dans le cas où vous n'auriez pas chargé le général Berthier de les retenir en Italie.

Salut et fraternité.

Le corps d'armée fourni par rarméedltalie comprenait (1): « 5 divisions d'infanterie, une division de dragons, une bri- « gade de chasseurs à cheval, les chevaux et attelages néces- « saires à 6 pièces d'artillerie légère et 6 pièces d'artillerie à « pied pour les divisions d'infanterie et pour 6 pièces d'artil- « lerie à cheval pour la division de dragons... ». Les pièces, caissons et gros bagages restaient en Italie ; l'infanterie passa par le mont Cenis ainsi que les guides à cheval (338 cavaliers qui arrivèrent à Fontainebleau le 9 février), l'artillerie et la cavalerie passèrent par le mont Genèvre suivies par les gros bagages.

D'après un tableau (2) joint au rapport daté du 16 janvier de Milan, les troupes tirées de l'armée d'Italie devaient arriver à leurs destinations aux dates ci-dessous.

Brigade de chasseurs à cheval (Leclerc), 3% 4*, <8«, Nantes, du 13 au 16 février;

Division de dragons (Dumas), 3«, »•, 8% 9«, 14% 15«, Nantes, du 28 février au 6 mars;

2« division (Brune), 4», 40«, 43«, 51« de ligne. Rennes, du i«' au 7 mars;

(1) Rapport de l'adjudant général Rivaad. Milan 16 janvier (Capitaine de la Jonqoière, p. ©7.) (î) Capitaine de la Jonqoière, p. 98.

3« division (Bernadotte), 30«, 61 •, 88« de ligne, Avranches, du 19 au 21 mors;

4« division (Victor), 5« légère, i8« légère, 57«, 58« de ligne, Avranches, du 11 au 15 mars;

5« division (Joubert, puis Belliard), 4«» légère, 21% 22% 69«, 85« de ligne, Rennes, du 17 au 20 mars.

Tout le mouvement devait être terminé le 22 mars.

Les forces fournies par Tarmée dltalie à l'armée d'Angleterre s'élevaient à 35,059 hommes dont 4,587 cavaliers (1).

L'armée du Rhin (2) allait aussi fournir un appoint considérable.

Le Ministre de la guerre au général Bonaparte, commandant en chef l'armée d'Angleterre.

Paris, le 18 pluviôse an vi (6 février 1798).

Je vous adresse. Citoyen Général, l'état des différents corps de troupes qui sont en ce moment en marche pour se rendre à Farmée d'Angleterre, afin de vous mettre à portée de connaître l'époque de Icm* arrivée sur les divers points des départements maritimes que vous avez indiqués, et de déterminer les dispositions ultérieures que vous jugerez convenables pour leur répartition et leur établissement sur les côtes.

Vous verrez, Citoyen Général, par ce tableau, que toutes les troupes qui sont tirées, quant à présent, de Tarmée d'Italie, forment ensemble 14 demi-brigades, 6 régiments de dragons et 3 régiments de chasseurs, qui doivent arriver successivement, et seront rendus dans le courant du mois prochain à leiu* destination respective, à Texception cependant de la 2" demi-brigade d'infanterie légère, des 18«, 25«, 32* et 75« de ligne, et des 3« et 45® régiments de dragons qui ont été détournés à leur passage dans les environs de Cbambéry, et envoyés provisoirement sur les confins du pays de Vaud, jusqu'à nouvel ordre.

Indépendamment de ces 5 demi-brigades et des 2 régiments de dragons dont la marche se trouve suspendue, il existe encore le 10« i-égiment de chasseurs qui a été détourné à son arrivée à Grenoble pour se porter dans le département de l'Hérault. J'aïu'ai soin. Citoyen, de le faire diriger par Rouen, ainsi que vous le désirez. Quant aux troupes qui sont tirées des bords du Rhin et des autres points pour porter provisoirement l'armée d'Angleterre jusqu'à concurrence de 28 demi -brigades et de 28 régiments de troupes à cheval, vous verrez également. Citoyen Général, qu'indépendamment des i6«, 73«, 81«, 94«

(1) La !'• division, forte de 11,361 hommes, allait à Versoix («• légère, 18«, t6«, 31\ 75« de ligne).

(t) Cette armée devait être supprimée le 29 Janvier, et son chef, Aagereau, appelé à Perpignan.

et iOO* demi-brigades, du 6* régiment de dragons et du i2« de chasseurs qui se trouTent déjà rendus sur les côtes et que je me propose de répartir sur les points que tous m'ayez indiqués, toutes les dispositions sont faites pour faire arriver pareillement à proximité des côtes les 3* et iO* demi-brigades d'infanterie légère, les 10®, 16*, !?• et 90* de ligne, les 2 régiments de carabiniers et le 8« régiment de cayalerie, les i«, 2% 4«, 7% 10», 11% 12«, i3« et 47« de dragons, le !•' régiment de chasseurs et le 2* de hussards.

Cependant, k Texception des 3? et 17* demi-brigades et des 4*, 13* et \T régiments de dragons qui sont tirés de la ci-devant armée du Rhin et qui se rendent directement à leur destination, je ne puis, quant à présent. Citoyen Général, vous indiquer Tépoque précise de l'arrivée des autres corps qui sont tirés de l'armée de Mayence et qui doivent être dirigés successivement sur Metz et Luxembourg, où ils recevront de nouveaux ordres pour leur marche ultérieure.

Quoi qu'il en soit, j'aurai soin. Citoyen Général, de vous tenir exactement informé à Tavance de leur arrivée à la destination qui leur est prescrite, aussitôt que j'aurai connaissance de leur départ de Metz et de Luxembourg.

Il me reste encore à faire mettre en mouvement, quant à présent, indépendamment des 8 demi-brigades, des 2 régiments de dragons et des 3 régiments de chasseurs et d'un régiment de hussards destinés également pour l'armée d'Angleterre et qui doivent rester provisoirement sur le Rhin, les l'^et9* demi-brigades d'infanterie légère, stationnées l'une en Hollande et l'autre dans la i7« division maritime ;

La 89*, qui se trouve partagée entre les 5* et 6* divisions maritimes, ainsi que les 3« et 5* régiments de hussards, qui sont employés en Hollande.

Je me réserve. Citoyen Général, de faire mettre incessamment en marche ces différents corps de troupes et de vous donner également connaissance de l'époque de leur arrivée à destination.

Au moyen de ces dispositions, l'armée d'Angleterre se trouvera composée provisoirement de 28 demi-brigades et de 28 régiments de troupes à cheval, compris le i*' régiment de cavalerie, qui doit être tiré de l'armée d'Italie et dont je n'ai cependant encore reçu jusqu'à ce moment aucun avis de sa marche ni de son arrivée dans les environs de Lyon.

Quant aux troupes de l'artillerie et du génie, j'ai donné des ordres pour faire réunir à Douai les corps ci-après désignés :

Le I*' régiment d'artillerie à pied;

Le 2* régiment d'artillerie à cheval ;

2 compagnies d'ouvriers;

Les i '* et 2* compagnies de mineurs ;

Le 8« bataillon de sapeurs ;

Un demi-bataillon de pontonniers.

Et à Rennes :

Le 4* régiment d'artillerie à pied ;

Le y régiment d'artillerie à cheval ;

2 compagnies d'ouvriers ;

Le 1i* bataillon de sapeurs;

Un demi-bataillon de pontonniers.

Tel est, Citoyen Général, le résultat des ordres que j'ai donnés pour Telcécu^ tion de ce mouvement.

Veuillez, je tous prie, me faire connaître les dispositions préparatoires que TOUS aurez faites de votre cAté pour la répartition de ces troupes et leur établissement sur les autres points de la côte, en m'accusant la réception de cette

lettre.

Salut.

Le Ministre de la guerre au général commandant, k Luxembourg.

Paris, le 19 pluviôse ao vi (7 février 1798).

Je vous préviens. Commandant Général, qu'en exécution des ordres que j'ai adressés au général en chef de Tarmée de Mayence, la 10* brigade d'infanterie légère et les 10*, 16* et 96* de ligne doivent se mettre incessamment en mouvement pour se diriger par Luxembourg et se rendre de là à l'armée d'Angleterre.

Je vous charge, en conséquence, de faire mettre en marche ces 4 demibrigades, au fur et à mesure de leur arrivée à Luxembourg, où elles séjourneront un jour franc seulement, pour se diriger conformément aux ordres de route ci-inclus, savoir :

La 10* d'infanterie légère et la 10* de ligne, sur Cherbourg;

La 16*, sur Lille ;

Et la 96*, sur Abbeville, département de la Somme.

Je compte sor vos soins pour la ponctuelle exécution de ce mouvement, ainsi que sur les mesures que vous prendrez pour assurer le logement à ces troupes au moment de leur passage à Luxembourg.

Je charge le commissaire des guerres qui réside dans cette place de se concerter avec vous pour l'exécution de ce mouvement, et de prendre de son côté les mesures nécessaires qui le concernent pour assiu*er leiu* subsistance et pourvoir aux différents services à leur arrivée et pendant leur marche ultérieure.

Vous aurez soin de régler le départ de ces corps de manière à éviter toute espèce d'encombrement dans la place de Luxembourg, ainsi que dans les lieux désignés par leur logement en route.

Je me repose sur vos soins à cet égard et je vous invite à me rendre compte des dispositions préparatoires que vous aurez faites en m'accusant la réception de ces ordres.

Salut.

Au Commissaire des guerres, k Luxembourg.

Je vous préviens. Commissaire, qu'en exécution des ordres que j'ai donnés, la 10* demi-brigade d'infanterie légère et les 10*, 16* et 96* de ligne, doivent arriver incessamment à Luxembourg, venant de l'armée de Mayence, et y séjourneront un jour fi^inc seulement pour se rendre de là à l'armée d'Angleterre.

Je viens d'adresser au général qui commande dans cette place des ordres de route pour la marche ultérieure de ces troupes. En conséquence, la 10* d'in- £anterie légère et la 10* de ligne seront dirigées sur Cherbourg;

La 16* de ligne sur Lille, et la 96* sur Abbeville, département de la Somme.

Je TOUS invite à vous concerter avec cet officier général pour Texécution de ce mouvement et à prendre, d^ailleurs, les mesures nécessaires qui tous concerneront pour assurer les différents services au moment du passage de ces troupes dans votre arrondissement.

Vous aurez soin de prévenir à Tavance le commissaire de la 2* division maritime, qui réside à Mézières, ainsi que les commissaires des guerres employés dans les départements que ces troupes doivent traverser à leur départ de Luxembourg, de l'époque de leur passage dans leur arrondissement, afin de les mettre à portée de veiller à ce que le service des étapes et des convois militaires soient assurés dans tous les lieux de logement militaire que ces troupes doivent traverser pour se rendre à leur destination.

Je compte à cet égard sur vos soins et je vous recommande de me tenir exactement informé de l'arrivée et du départ successif de ces troupes et des mesures que vous aurez prises pour assurer le service dans toutes ses parties.

Vous voudrez bien m*adresser Tétat exact de la revue que vous aurez faite de ces différents corps de troupes au moment de leur passage, et me rendre compte des dispositions préparatoires que vous aurez faites pour Texécution de ce mouvement en m'accusant la réception de cette lettre.

Salut.

Le Ministre de /a guerre Schérer, au générai Bonaparte, commandant en chef i'armée d'Angieterre.

Paris, le 29 pluviôse an ti de U République (7 février 1798).

Je vous ai marqué. Citoyen Général, par la lettre que je vous ai adressée le 18 de ce mois, que je me réservais de vous informer de Tépoque de Tarrivée sur les côtes des différents corps de troupes venant de Tarmée de Mayence, aussitôt que j'aurais connaissance de leur passage à Metz et à Luxembourg.

Je viens de recevoir une lettre du général en chef de Tarmée de Mayence, par laquelle il m'annonce que la 10* demi-brigade d'infanterie légère et les 10*, 16* et 96* de ligne, doivent arriver successivement à Luxembourg du 2 au 10 du mois prochain ;

Et que le 8* régiment de cavalerie, ainsi que les 1*', 2*, 7*, 10*, 11* et 12* régiments de dragons, le 2* de chasseurs et le 2* de hussards, arriveront successivement à Metz du 4 au 18 du même mois.

J'ai de suite donné des ordres pour la marche ultérietire de ces troupes vers les points que vous m'avez indiqués pour leur destination provisoire.

En conséquence, la 10* demi-brigade d'infanterie légère et la 10* de ligne partiront de Luxembourg du 4 au 6 ventôse, pour se diriger sur Cherboiu*g, où elles seront rendues du 1*' au 3 germinal, ainsi que vous le verrez par le tableau ci-joint.

La 96* partira le 6 pour se rendre à AbbeviUe, où elle arrivera le 22 ■ventôse.

La 16* de ligne partira le 12 pour se diriger sur Lille où elle sera rendue le 24 du même mois.

Quant aux autres corps de troupes à cheyal, vous verrez, Citoyen Général, par le tableau que je joins ici, que les 6 régiments de dragons partiront successivement de Metz, du 7 au 20 ventôse, pour se diriger sur Caen, où ils seront rendus, savoir :

Le 10* régiment de dragons, le 29 ventôse;

2* — S germinal ;

H« — 6 germinal ;

7* — 8 germinal ;

!•' — 9 germinal;

42* — 12 germinal.

Le 2« régiment de chasseurs arrivera à Falaise le 30 ventôse.

Gomme vous ne m'avez point fait connaître les points sur lesquels vous désirez que je fasse porter le 8® régiment de cavalerie et le 2® de hussards, je les fais diriger provisoirement sur Clermont et sur Breleuil, département de rOise, pour y attendre de nouveaux ordres sur leur marche ultérieure.

Le 8* régiment de cavalerie partira de Metz le 20 ventôse et sera rendu à Clermont le !«' germinal.

Le 2» de hussards se mettra en marche le 9 ventôse, pour arriver à Breteuil le 21 du môme mois.

Je vous prie, Citoyen Général, de me faire connaître les points sur lesquels vous désirez que je fasse diriger ces deux régiments à leur arrivée dans le département de l'Oise.

Le 8' bataillon de sapeurs, 5 compagnies de pontonniers, et le détachement du 1" régiment d'artillerie à pied qui se trouvaient à l'armée de Mayence, sont en ce moment en marche pour se diriger sur Douai, où ils arriveront le 12 du mois prochain.

Une portion de pontonniers étant destinée à se rendre à Rennes, je me réserve de donner des ordres pour l'exécution de cette mesure.

Je vous préviens, au surplus. Citoyen Général, que j'ai donné l'ordre au général Joubert, commandant les troupes françaises à la solde de la Hollande, de faire diriger sur Bruxelles la 1 " demi-brigade d'infanterie légère, ainsi que les 3® et 5* régiments de hussards, pour se rendre de là à AbbeviUe et à Amiens, département de la Somme.

J'aurai soin. Citoyen général, de vous tenir exactement informé de l'arrivée des autres corps de troupes qui sont également destinés à se rendre à l'armée d'Angleterre au fur et à mesure que j'aurai connaissance de leur départ.

Veuillez, je vous prie, m'accuser la réception de cette lettre.

Salut et fraternité.

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