‹ 1793-1805Chapitre 10 sur 112 · STATIONS · texte numérisé non relu

STATIONS

Lisbonne.

Id.

HelleToet-Slays.

Tezel.

BaUvia.

Id.

Id.

Con^ao.

BaiaTÎa.

Lisbonna.

Surinam.

Halle Toet.

Amsterdam.

Rotterdam.

Flerslngue,

Texal.

Lisbonne.

Sorinam.

Batavia.

Id.

Demerary.

Cap de Bonoe-Espè-

ranee.

Amsterdam.

Texel.

Id.

Id.

Batavia.

Fle#singae.

Texel.

Snrinam.

Texel.

Expédié pour les

grandes Indes.

Lisbonne.

Id.

Texel.

Expédié poor Snrinam.

Berbiee.

Flessingne.

Hellevoet-SluTs.

Flesjiingne.

OBSERVATIONS

Neof.

Hors de senrice.

Destiné anx exercices des

cadets.

Sar le chantier.

Id.

Id.

Non équipée.

Sur la ehaaiier.

Garde-côtes.

Très belle chaloupe canonnière prise sur les A nglaia.

Ces bâtiments sont bons pour le service des côte* ; la pins grande partie pourrait même, dans la belle saison, être employée dans une expédition.

L'Ambassadeur de la République française au citoyeà Talleyrand,

ministre des relations extérieures (1).

(lettre conpidbntiellb.)

La Haye, le 16 germinal de Tan xi (6 avril 1803).

Citoyen Ministre,

Permettez que je réclame un moment Totre attention pour vous entretenir de la position dans laquelle il me parait possible que la Hollande se trouve placée par Teffet d'une guerre prochaine.

Vous connaissez ce pays aussi bien que personne au monde et tous n'ignorez point quelles doivent être les intentions ultérieures du Premier Consul ; je n*ai rien su à cet égard depuis mon départ de Paris, mais j'ai peine à croire que les considérations politiques cessant de mettre des entraves à l'exercice de notre pouvoir absolu en Hollande, le Premier Consul n'en profite pas pour couvrir nos nouveaux départements par la ligne des places^fortes, en même temps qu'il mettra fin aux interminables difficultés qu'un gouvernement multiple oppose toujours à ses moindres désirs.

Je ne crains point de dire que, même avec la volonté du Premier Consul, le gouvernement, tel qu'il est composé, ne peut guère subsister longtemps avec une armée nombreuse sur son territoire. L'ancien Directoire batave ne nous a présenté que des résistances apportées par des hommes la plupart sans talent, sans appui dans le pays, sans existence de famille ; par des hommes enfin obligés de souscrire aveuglément à vos volontés ; une majorité de trois vous suffisait alors, et cependant deux pu trois fois on a eu pour l'obtenir recours à des révolutions violentes, toutes également sans utilité désirable pour l'influence française.

Aujourd'hui les choses sont changées à bien des égards ; parmi les douze membres, plusieurs hommes considérables se résoudront difficilement à n'être que l'instrument de vos volontés. Ils n'ont point assez de sagacité pour se soumettre sans réserves à l'empire des circonstances, consentir à n'être que des officiers municipaux et attendre du temps un sort plus prospère. Sans parler de défections coupables, quelques-uns iront jusqu'à ambitionner de bonne foi les honneurs de la persécution ; les partisans de l'Angleterre que je n'ai pas besoin de vous signaler les pousseront dans ce précipice ; ils les flatteront de mille événements funestes pour les succès de la France et de nature à rappeler au pouvoir les véritables défenseurs de la liberté batave. Aussi vous aurez des protestations, des démissions, etc. ; cet événement est infaillible et il ne le semble pas moins que, dans une semblable guerre, le Premier Consul, ne pouvant tolérer le moindre délai à l'exécution d'ordres d'où dépendra le salut de la France, prendra une résolution vigoureuse contre les gouvernants bataves en général et peut-être n'attendra pas l'effet de leur mauvaise volonté pour leur ôter les moyens de nous nuire.

(1) Hollande, 1803, ans xj et xn, le citoyen Semonviile, ambassadeor {Archives des affaires étrangères, 607).

LA SITUATION MARITUfB. 47

Cette hypothèse admiBe, quelle transition amènera la Hollande de Tétat d'un pays dépendant à un pays soumis et d'un pays soumis à une proyince réunie?

Si les administrations départementales et municipales qui jouissent de toute la confiance des proTinces cessent un seul instant les fonctions qu'elles remplissent aiec une sunreillance, un désintéressement, une persévérance dignes des plus grands éloges ; si elles sont remplacées par des agents français, quels qu'ils soient, tout croule, même les digues ; une inunense émigration aura lieu immédiatement, et le désordre porté au comble nous priTcra des dernières ressources que nous pouTons encore espérer.

Il faut donc organiser, pour ainsi dire, la ruine momentanée de ce pays, en retarder l'accomplissement le plus longtemps possible et conserver des germes d'une prospérité nouvelle.

L'unique moyen n*est-il pas alors. Citoyen Ministre, d'employer tous nos efforts pour conserver dans les places d'administrations les propriétaires qui y sont entrés depuis deux ans ? Us ont aussi une guerre à soutenir, ils ont à se défendre personnellement contre les prolétaires dont ils redoutent les principes et Taudace, et plus la misère publique sera grande, plus les propriétaires administrateurs craindront d'abandonner les affaires.

N'étant responsables que de l'exécution d'ordres supérieurs, la plupart d'entre eux ne sera point retenue par la crainte de se voir imputer des désordres dont, au contraire, ils adouciront les effets.

Vous pouvez donc compter sur leur secours, même sans leur coopération secondaire, et ce sera une chose digne de remarque que de voir les propriétaires dont un grand nombre était rangé dans la classe des orangistes, accepter le pouvoir sans la France pour en priver ceux parmi lesquels, sous le gouvernement directorial, étaient presque tous nos partisans.

Les patriotes de 1787 qui forment ici l'analogue des hommes de 4789 en France resteront fidèles à des principes libéraux.

Les anarchistes, après s'être un moment réunis à eux lors de notre conquête, nous abhorrent depuis que nous ne portons plus leur livrée.

L^armée ne vous présentera point d'obstacles ; elle s'honorera presque tout entière d'être française; Daendels a encore un parti dans son sein, il s'est battu pour votre cause, et vous pourrez difficilement lui refuser son grade de général ; et cet homme, si important à diverses reprises en Hollande, ne sera pas déplacé dans une division française.

J'ai moins de motifs de compter sur la marine, mais je crois qu'une partie des officiers adopte les sentiments que je connais à l'armée.

Les catholiques sont à vous exclusivement ; ils forment un quart de la population en général et les deux tiers de celle qui vous a voisine.

Nombre de gens, méditant sur la course rapide des événements, ne se cachent plus de dire qu'ils seront français à une époque prochaine et heureux de le devenir si la puissance du Premier Consul met fin à la guerre des partis et si ses soins protecteurs apportent dans les finances bataves seulement une faible portion de l'amélioration magique qui existe en France.

H n'est pas un Batave, Citoyen Ministre, qui n'embrassât avec ardeur l'uniforme (rançais si, par l'aggrégation à la grande nation, il avait l'espérance de se soustraire à des impôts excessifs et de voir se consolider cette dette énorme

de 33 millions de florins qui menace annuellement d'entraîner dans sa chute toutes les fortunes particulières.

Tel est, Citoyen Ministre, Tétat de situation de la Hollande ; j'ai dû tous le peindre airec un entier abandon, lorsque je m*aperçois que le Premier Consul ne peut manquer de concevoir de vastes desseins dont j'ignore la nature.

J'ai dû TOUS dire : la guerre du genre de celle qui nous menace ne peut se faire avec le gouvernement batave tel qu'il est.

Le pays cependant ne peut subsister sans administrations bataves secondaires.

Vous avez pour les maintenir la crainte des anarchistes, l'ambition et l'intérêt des propriétaires, l'habitude des autorités locales dans les anciennes provinces.

Il vous faudrait une commission batave dirigeant sous vos ordres les finances, l'armée, la marine. Je crois que les mêmes causes qui agiraient pour les administrations départementales détermineraient également trois ou quatre hommes considérables à accepter, mais je n'ai pu me permettre de m'en assurer.

Enfin j'ai dû vous dire et vous répéter que quelques jours de désordre, de réquisitions, de suspension des mesures conservatrices ou de l'emploi des fonds destinés à prolonger, en dépit des flots, l'existence de ce pays factice, le rendront promptement aussi funeste pour la France qu'il peut encore lui être utile, et, en réduisant ce peuple au désespoir, porteront les dernières classes de la société à des excès qui n'auront de comparable que la longue patience avec laquelle elles ont, depuis dix ans, supporté leurs malheurs.

Ces détails ne pouvaient faire partie de ma correspondance officielle ; la confiance dont vous m'honorez peut seule. Citoyen Ministre, m'autoriser à vous les transmettre pour en faire l'usage que vous dictera votre prudence dans des circonstances qui me sont inconnues.

Salut et respect,

Semoville.

Quant au concours des flottes espagnoles, on verra plus loin qu'il était rien moins qu'assuré au moment de la déclaration de guerre.

Il paraît donc démontré qu'à cette époque la situation de la France vis-à-vis de la Grande-Bretagne était mauvaise, pire certainement qu'à aucun moment des six années de la lutte précédente.

Rien ne vaut, pour apprécier les intentions réelles des gouvernements opposés, la constatation de l'état des ressources disponibles au moment de la rupture et des préparatifs réalisés pendant la paix. Or, le contraste est frappant entre la faiblesse offensive de la France en 1803 et la force extrême de l'armée et de la marine britanniques au même moment.

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