CHAPITRE III
On se souvient qu'en octobre 1801 la flottille de la Manche formait dix divisions, soit un total de près de 250 bâtiments (1). La moitié de ceux-ci avaient été désarmés à Dunkerque;|le reste au Havre, à Anvers, Saint-Malo, etc., et même sur les côtes de l'Océan. C'était sur les ressources de Dunkerque que Bonaparte comptait le plus au début d'une guerre. Il aurait dû s'y trouver, en effet :
31 chaloupes canonnières, dont 7 à l'espagnole; 103 bateaux canonniers (2).
35 de ces derniers étaient signalés comme ayant besoin de réparations.
Avant même que la guerre fût déclarée, l'état d'abandon dans lequel avait été laissée la flottille se révéla de la façon la plus grave :
Rapport au Premier Consul (3).
12 ventôse an xi (3 mars 1803).
Il existe actuellement 28 chaloupes canonnières :
/ Growler en réparation.
^ . rx 1 [inabordable,.,
6 à Dunkerque.. .. I, ,
^ J Incommode... .
Écrit an préfet de Dunkerque, \ Énigme Uésarmées.
kl« ventôse. I Méchante .,. .
\ Insolente
(l) Voir ci-dessus.
{t) Archives Nationales, AF«^, 1 190. Rapport du Ministre de la marine au Premier Consul (17 juin 1803).
(3) Archives de la Mat^ine, BB*, 26. *
iEttno Brûlante Éclatante ,, Brutale /désarmées.
Tempête'. '.'.'.'.'.
Enflammée
2 à Cherbourg j ^ ^.. , | désarmées.
Hargneuse.. . .
Vendeuse
4 à Brest { Bombe >dé8années.
Mortier
Henriette désarmée.
Lise
Belisiois
7 à Lorient { Amie-des-Lois . \ employées au transport des
Bibi ( bois.
Rosette
Belette
/ Isle-Dieu )
3 à Rochefort (!)..< Subtile > désarmées.
( Dédaigneuse, . . )
Quatre canonnières sont ou vont être eniroyées au Sénégal, à la Louisiane et à Saint-Pierre et Miquelon ; elles ne sont pas comptées :
Ardente )o' a i
o \ Sénégal .
Surprue ) °
Protectrice ) Saint-Pierre et
Inquiète ) Miquelon.
Le nombre des bateaux canonniers est de :
125 à Dunkerque.
10 à Cherbourg.
58 à Saint-Malo.
Tous ces bateaux, à l'exception de 27, sont dans le plus mauvais état.
Depuis le retour de la paix les préfets maritimes m'ont plusieurs fois pressé d'en ordonner la vente; mais considérant que le produit en serait peu considérable, j'ai résisté à ces propositions.
Des 27 bateaux qui sont moins mauvais, 17 à poupe ronde sont au moment d'être réparés pour être envoyés à Cherbourg.
Les 10 autres sont en ce port et y servent au versement des pierres pour le rehaussement des digues.
Q (1) Écrit au préfet de Rochefort, le 14 germinal.
J*aTais donné l'ordre que le port de Dunkerque fournit encore 23 bateaux à Cherbourg et qu'il en fût enroyé tO de Saint-Malo.
11 ne m*a encore été rendu aucun compte de ce dernier port, mais Je présume qu'U me sera représenté, comme il Ta déjà été fait, que ces bateaux ne Talent pas les réparations qu'ils exigent.
Il serait possible de suspendre l'installa tion et l'envoi des 17 bateaux de Dunkerque ; ils doivent être appropriés à leur nouveau service ; mais le port de Cherbourg manque d'embarcations pour le versement des pierres : il ne peut que difficilement se procurer des bâtiments particuliers, et en le privant de cette nouvelle ressource les travaux de la digue seront nécessairement ralentis.
Un premier ordre en date du 7 mars avait prescrit de faire réparer 6 canonnières à Dunkerque et 4 à Brest. Deux autres, du 31 mars et du 4 avril, avaient ordonné l'armement de 6 canonnières à Lorient, 3 à Rochefort et 5 au Havre, et renvoi à Boulogne de celles de Dunkerque et du Havre (1).
En réalité, au 28 avril il n'y avait à Boulogne que les quatre canonnières Surprise, Énigme, Insolente et Méchante, venant de Dunkerque. Quatre autres, armées au Havre, n'avaient pas encore rejoint, et les deux dernières de ce port y paraissaient nécessaires pour en assurer la défense. Cependant, l'intention du Premier Consul était d'effectuer le plus tôt possible le rassemblement à Boulogne de toutes ses forces disponibles (2).
Le Ministre de la marine au Préfet maritime du 2« arrondissement,
au Havre.
Paris, le 19 germinal an xi (9 avril 1803).
Je TOUS confirme. Citoyen Préfet, les dispositions de mes lettres des 9 et 14 de ce mois, relatives k l'armement des H chaloupes canonnières et des 7 chaloupes à l'espagnole existant au Havre. Je vous recommande de nouveau la plus grande célérité dans ces armements, et à mesure qu'ils seront terminés, vous voudrez bien expédier successivement à Boulogne les 7 chaloupes espagnoles et 4 chaloupes canonnières ; vous en retiendrez t pour le service et la défense du port. En conséquence. Tordre que je vous avais donné le 9 pour l'envoi à Dunkerque des 7 chaloupes à l'espagnole se trouve révoqué et j'en préviens le Préfet maritime du i«' arrondissement.
(1) Rapports da 23 mars et da 13 mai. Decrès, BB', 26. Correspondance de Napoléon, 31 mars, 6661.
(2) Archives de la Marine, BB*, 84.
PREBtIÈRE PARTIE. — CHAPITRE 111.
Au Préfet maritime du 3* arrondissement, à Brest {{).
Paris, le 28 ûoréal an xi (18 mai 1803).
Liniention du gouvemementy Citoyen Préfet, étant de réunir à Boulogne toutes les canonnières existantes dans les ports, je tous renouvelle la recommandation de presser les opérations des canonnières :
La Hargneuse \
Le Venteux f dont j'ai ordonné le radoub par une dépêche
Le Mortier i du 16 ventôse (7 mars.)
La Bombe )
La Protectrice et VInquiète, qui étaient destinées pour Saint-Pierre et Miquclon, ne suivront point cette destination ; tous voudrez bien, en conséquence, en faire retirer les objets qui y avaient été chargés pour cette colonie.
Gomme je ne prévois pas qu'il soit nécessaire de réserver à Brest aucune de ces six canonnières pour le service de la rade, elles devront être envoyées à Boulogne, et je vous prie de donner sur-le-champ des ordres qu'elles y soient expédiées, munies de leur artillerie, le plus promptement possible.
Je vous invite à me faire connaître les mesures que vous aurez prescrites à cet effet.
Questionnaire du 9 l^oréal (2).
29 avril 1803.
QUESTIONS
1** Le nombre des bâtiments préparés pour rembarquement du dépôt colonial et si Ton a espérance de s'en procurer d'autres.
2<^ Le nombre de chaloupes canonnières, bateaux canonniers et chaloupes à l'espagnole qui sont dans le bassin.
RÉPONSES
Les navires le Sully et la Jeannette sont prêts à partir pour Saint-Domingue avec 450 hommes de troupe.
La Mary, navire américain affrété, devait en transporter 140 autres — mais les répartitions reconnues indispensables vont retarder son départ.
Les affréteurs deviennent chaque jour plus difûcilcs. On est en pourparlers relativement au navire le Calixte- Thérèse, susceptible de recevoir de 200 à 250 hommes, et au Républicain, de même capacité.
II existe 6 chaloupes canonnières et 7 autres dites à l'espagnole ou calques. Les dernières, qui avaient fait le 7 une sortie, ont été forcées par le
(1) Archives de la Marine, Ports. Six derniers mois an xi, Tolome BB', 84.
(2) Archives de la Marine, Service gcînéral, Correspondance, 1803, le Havre, Dieppe, Fécamp, BB', 208.
QUESTIONS
3* Le nombre de bâtiments de guerre ou de commerce en construction.
4» Le nombre de bâtiments de guerre désarmés.
5* La quantité de bois et de chanvre existant dans les magasins : ce quUl en faudrait.
RÉPONSES
mauvais temps de rentrer dans le port et reprendront la mer incessamment.
Les chaloupes canonnières avaient besoin de réparations considérables av€mt leur réarmement : on y tra raille avec activité ; 4 ont la même destination que les calques. L'une d'elles sera prête dans un bref délai, et pourra se rendre au port indiqué ; elle sera suivie presque immédiatement d une seconde, que deux autres rejoindront ensuite.
Les deux dernières sont destinées à la défense du Havre. Quant aux bateaux canonnière qui composaient en Tan ix la flottille de Boulogne, ils ont été répartis, à la paix, entre les ports de Dunkerque, Cherbourg et Saint-Malo où ils ont effectué leur désarmement ; ceux qui se trouvaient en ce dernier port, ont été destinés au transport des pierres sur la digue de Cherbourg.
Deux flûtes {VEscaut et le Bhône) sont maintenant en construction. L'une (VEscaut) sera mise h Teau dans les première joure de prairial. Elles doivent être remplacées sur les chantiere par 2 frégates portant du 18; on ne compté que 3 ou 4 bâtiments de commerce en construction.
La corvette le Vésuve^ presque entièrement refondue, va être réarmée.
Il n'y a d'autre bâtiment de guerre désarmé dans le port que la corvette la Rondinella y arrivée de Saint-Domingue au Havre au commencement de Tannée courante. Ce bâtiment étant vieux et bore d'état de reprendre la mer a été destiné à servir de vaisseauamiral pour recevoir les hommes du dépôt colonial dont on aiu*ait â craindre l'évasion.
Le port est dépourvu des courbes, varangues et planches de sapin nécessaires â la construction des frégates.
Au moyen du marché soumis, en
QUESTIONS
6® Le nombre des bâtiments destinés pour la pêche; leur capacité; combien d'hommes et de vivres ils peuvent contenir.
70 Le nombre de matelots de Tarrondissement absents pour le service de la marine et du commerce ; ceux actuellement dans le port ou Tairondissement, qui ne sont pas employés.
8® L'état des vivres de la marine.
RÉPONSES
ce moment, au Ministre, pour une fourniture de 130 millions de chanvres, nos besoins actuels pour ce végétal se trouveront remplis ; mais il restera ensuite à pourvoir à rapprovisionnement qu'exigera le gréement des deux frégates.
On peut évaluer à environ 650 le nombre des bateaux de pêche de 1 à 80 tonneaux existant dans l'arrondissement.
Le Havre, en particulier, n'en compte que fort peu : c'est principalement des quartiers de Dieppe, Fécamp et Honfleur que se composent les ressources.
La quantité d'hommes ou de vivres qu'ils seraient susceptibles de porter est entièrement subordonnée à leur tonnage, mais on calcule approximativement sur 4 0U.5 hommes par tonneau, avec 4 Jours de vivres.
L'existant effectif des marins (officiers mariniers, matelots et novices) dans l'arrondissement parait être de 12,000 et plus, dont 7,000 au senice, 1800 au commerce et 3,000 présents dans leurs quartiers, y compris les invalides et les infirmes.
On s'approvisionne à mesure des besoins.
Note 8ur les chaloupes canonnières et bateaux canonniers (1).
tZ ûoréal an xi (13 mai 1803).
Chaloupes CANONifiÈRES.
Il existait au 11 vendémiaire an.x (3 octobre 1801), 35 chaloupes canonnières :
2 ont été vendues, étant hors de service. 1 est au Sénégal (Ardente),
(1) Archives de la Marine, BB*, 26.
1 a fait naufrage sur la c6te d'Angleterre (Vokan). 31 restent disponibles, savoir :
A Dwikerque.
Le Growler^ Vlncommode, V Inabordable,
A Boulogne,
I ,|i . " • j Ces quatre canonnières ont été armées à Dun-
I , . i^nt, [ kerque, elles sont arri^Fées à Boulogne le 8 ilo-
Au Havre,
VElna \
LsL Prudente iD^après un ordre du 14 germinal (i aTrib,
La Brutale f quatre de ces canonnières doivent être en-
L^Éclatante } voyées à Boulogne, les deux autres resteront
UBnflammée I au Havre pour la défense du port.
La TuÊ^te 1
A Cherbourg.
La Terrible, La Chiffonne.
A Brest,
La Hargneuse \
Le Venteux. ..,, r Des ordres ont été donnés le 16 ventôse pour
Le Mortier i réparer ces quatre canonnières.
La Bombe y
La Protectrice,
XJlnqmète,
A Lorient.
. p.. .* j Employées au cabotage.
La BelettCy La Rosette, .
. ^ f ^ r Vieilles, déjà mises en vente sans qu'il se prêtée Yoican. ..•..•••.••> j«j»j' A* U Fourmi j »ente d adjudicataire.
A Roehefort.
La Subtil ( ^ préfet a marqué le 3 floréal qu'elles n'avaient
U Dédaignée '.'.'.'.'.'.'.) **'*''" '^'^ *** **" "** réparations.
BaTBAUX CANONRIBIS.
A Dunkerque iOO bateaux canonniers.
A Cherbourg 7 —
A Saint-Malo 29 —
Total i36 bateaux canon aiers.
Degrés.
L'état de la marine de haut bord était pire, s'il est possible, que celui de la flottille. Non seulement, en e£fet, le total des forces armées était le plus faible qu'on ait encore eu en France, mais une fraction considérable des navires était au loin, en particulier à Saint-Domingue, et exposée aux plus graves dangers en cas de rupture.
Rapport au Gouvernement de la République (1).
Paris, le 4 germioal ao m de la République française.
Nous ayons d'armés, ou prêts à Tétre dans ce moment : 23 Taisseaux de guerre, 25 frégates et i07 corvettes, bricks, ayisos ou flûtes courant les mers. Ces bâtiments sont répartis comme suit :
A Saint-Domingue.
Indomptable 80
Duguay-Trouin 74
Annibal 74
Intrépide 74
Poursuivante 36
Clorinde 40
Franchise 36
Bayonnaise 20
Mignonne 20
Sagesse 20
Diligente tO
Vautour (lougre) 16
Sandwich 10
Duquesne 74
Mont-Blanc.
Atlas
Aigle ,
Embuscade. , Guerrière, . .
Créole 40
Mutine 20
Serpente 20
Vigilante 46
Argus 16
Terreur (cutter) 10
Éole 16
Fougueux 74
Argonaute 74
Héros 74
Redoutable 74
Vertu 40
Sibylle 40
Goéland (brick) 16
Observateur, .'. 16
Papillon 12
Lody 14
Aiguille (cutter) 10
(l) Archives de la Marine, BB', Î6.
Report de Tautre part, 48 bateaux à Saint-Domingue, dont :
12 Taisseaux; 8 frégates; 17 conrettes, bricks; En outre : 1 1 flûtes ou ayisos.
A la Martinique.
Jemmapei 74
Jneorruptible 40
Dkion 40
Consolante 40
Badine 30
Êpervier 16
Curieux 16
Cerf 14
Écureuil 10
Souffleur 10
Pélagie 8
7 avisos ou flûtes.
Dans les mers de tlnde.
Marengo 74
Atalante 40
Belk-Poule 40
Sémillante 32
Bélier 16
Diligent 16
Betsy (aTÎso)..
Musette (ayiso).
A Cayenne,
À I Victoire (atiso), 6 I
Au Sénégal,
Impatient 16
Légère (goélette) »
Ardente (canonnière)
Dans la Méditerranée.
ScipUm 74
Sirèw 40
Tactique '18
Abeille (brick), à la mer "16
Furety & la mer 16
A Toulon ou en route pour s'y rendre.
Formidable 80
Berwick 74
Swiftswre .... 7 i
Fauvette 20
Comélie 40
Bhin 40
Uranie 40
Naïade 16
Thémis 40
Bevanche 40
Muiron 40
Alcyon (brick) 1d
Éole
Infatigable, pouvant prendre la
A Brest.
nier dans six semaines,
SocUté 20
Ulysse 74
Foudroyant 80
A Rochefort.
Majestueux, peut prendre la mer dans six semaines liO
ThétiSf peut prendre la mer dans six semaines 40
Surveillante,, prêt à prendre la mer 40
A Loiient.
Impétueux 74 prêt à prendre la mer dans un mois.
En Hollande,
Libre 40 | \J Aventurière (goélette) .
La Furieuse 40 I
Il y a, de plus, une quarantaine de transports disséminés sur la côte. De cet état et des ordres donnés, il résulte :
1® Que iO Taisseaux de guerre et i frégate, dont on ne peut dire les noms, attendu qu'ils seront expédiés de Saint-Domingue, doivent, d'ici à trois mois, être réunis à Toulon ;
S^ Que ce nombre de 40 vaisseaux est indépendant du nombre de bâtiments qui sont à présent réunis à Toulon ;
3^ Que dans le moment actuel, le Premier Consul n'a de disponibles et prêts à prendre la mer, d'ici à un mois, que les bâtiments qui suivent, savoir :
A Brest,
VÉole,
74 I VInfatigable 40
VUlysse 74
A Lorient.
]J Impétueux 74
A Toulon.
Le Formidable 80
Le Berwick 74
La Comélie,,,, 40
La Muiron 40
Le Bhin 40
La Bevanche 40
VUranie 40
La Thémù 40
J'y attends tous les jours le vaisseau le Scipion et deux corvettes.
A Bochefort,
La Surveillante 40 elle doit porter le général Bcrnadotte.
La Furieuse.
En Hollande.
40 I LnUbre 40
ire époque. Total des bâtiments de guerre disponibles d'ici à un mois : 5 Taisseaux de ligne et iO frégates.
2* époque. Dans deux mois on pourra ajouter à ce nombre 4 Taisseaux de ligne et 3 firégates, saToir :
Le SwifUttre 74
Le Sdpùm 74
Le Majestueux i 10
La Cybéle 40
Le Foudroyant 80
La FéUeité 40
UIndienne 40
3* époque. Dans sLx mois on peut compter sur quatre Taisseaux de plus qui ont besoin d'entrer dans les bassins, et qui ont reçu Tordre d'y remplacer immédiatement les frégates qui s'y trouTent. Ces Taisseaux seront :
VAlexandre 80
Le Conquérant 74
Le Jean-Bart 74
Le Diomède 74
A ce nombre on doit ajouter les constructions qui seront terminées :
A Brest,
Le Cassart 74 | Le Zéphir,
Le Yétiran 74 I
A LorienL VAlgésiras 74 | Le Suffren.
A Nantes.
La Minerve.
40 I La Gloire 40
A Rochefort.
Le Lion 74 1 LArmide.
Le Magnanime 74 | La Thétis.
A Toulon.
Le Neptune 80
Le Bucentaure 80
VHortense 40
RfiSUHÉ*
Bâtiments disponibles dans un mois 4" époque. — 5 Taisseaux et iO frégates.
Bâtiments disponibles dans deux mois :
2« époque, — 9 vaisseaux et 13 frégates.
B&timents disponibles dans trois mois et demi à quatre mois :
2® époque bi$, — 10 vaisseaux et 1 frégate de retour de Saint-Domingue et i vaisseau et 2 frégates de retour de la Martinique.
Bâtiments disponibles dans six mois :
3* époque. — H vaisseaux et 19 frégates.
Il restera 17 vaisseaux à réparer à Brest; de ce nombre 12 au plus méritent des réparations. Le temps de ces réparations égalera à peu prés le tetnps qu'il faut pour autant de constructions nouvelles. Il en est de même des 5 *frégates qui ont besoin d'être refondues.
11 serait prématuré de préciser ici quels sont les bâtiments qu'on fera les premiers entrer dans les bassins, dans six mois ; la question se résoudra par le besoin qu'on aura d'avoir plus promptement des vaisseaux ou des frégates.
Ce serait une erreur de penser que des frégates dont les fonds ont besoin d'être refondus doivent l'être ailleurs que dans des bassins.
Pour faire cette opération différemment, il faut abattre à grands frais le bâtiment, d'une manière qui le fatigue beaucoup; il faut presque tous les soirs le relever pour la nuit seulement, de manière à éviter les dangers et la variabilité du temps, pendant la nuit, pour le réabattre le lendemain.
Ce n'est point un temps perdu pour l'usage du bassin que le temps que les frégates y passent, attendu qu'il n'est pas moitié de celui qae consommerait un vaisseau de ligne pour les mêmes réparations.
Le Premier Consul regrette que nous n'ayons pas des vaisseaux à mettre dans les bassins de Rochefort.
Je regrette dans le fait que nous n'y ayons pas un vaisseau pour remplacer la CybèUf qui en est sortie; je voudrais aussi y avoir une frégate; il n'en faudrait pas davantage pour occuper tous les bassins, qui sont au nombre de trois, dont un n'est propre qu'aux frégates.
Au reste^ n'eût-on pas ces moyens de les employer, on devrait avoir peu de regrets à cet égard, attendu que ce n'est point le travail qui manque â Rochefort puisqu'on y construit des vaisseaux et une frégate, mais bien le nombre des ouvriers nécessaires.
Et à ce sujet je dois tout dire : 11 vaudrait mieux, dans un arsenal, porter tous les moyens convenables à un ouvrage bien dirigé et pressé par la surveillance que de les disséminer en quantité insufûsante sur divers travaux qui se trouvent toujours, en raison de leur multiplicité, médiocrement dirigés (1).
Decrks.
(l) Les conclasions d'an rapport fourni au Premier Consul par le Ministre de la marine, quelques jours plus tard, sont un peu plus favorables :
Le rapport de Lauriston, envoyé à Brest avant la déclaration de guerre, donne aussi des renseignements lamentables :
Rapport au Premier Consul sur la marine de Brest
(Fragment sans date.) (l)
11 y a dans ce moment dans la rade de Brest 3 vaisseaux de 74 : Vlmpétueuxj VEole et V Ulysse; 4 correttes : la Société , le Festin^ la Diligente et le Vuleain,
Le Foudroyant^ de 80 canons, est en armement; il ira en rade ifers le 10 prairial (30 mai).
La Valeureuse, frégate de 44 canons, y sera le 1*' prairial (21 mai) ; F/yidienne, frégate de 44 actuellement en radoub, sera armée en prairial.
La Comète, de 44, et la Félicité, de 36 sont en radoub extraordinaire.
La Romaine, frégate de 41, est en réparation.
Les 9 bateaux canonniers seront bientôt réparés.
Le Vétéran, Taisseau de 74 sur le chantier, sera lancé ^ers la fin de messidor (19 juillet).
Le C assort (illisible), yaisseau de 74 sur le chantier, pourra Tétre vers fructidor (19 août).
Quant aux Vengeur, Tonnerre, Pacificateur et la frégate le Zéphyr, le défaut de courbe, bois-tort, empêchent que Ton ne pousse leur construction.
Les vaisseaux désarmés qui se trouvent dans le port sont au nombre de :
4 Taisseaux à trois-ponts, 16 Taisseaux de 74 susceptibles de réparations, 4 Taisseaux de 74 à démolir, 4 frégates à réparer.
Al. Lairisto.n.
On ne peut compter que sar 32 vaisseaux pour la fin de Tan xi, savoir :
II construits.
5 réparés,
16 armés et en état.
Pour la fin de Tan xii, 56 vaisseaux :
Les 32 de l'an xi,
14 construits;
4 réparés,
6 actuellement à la mer et qui auront besoin d'être reparés.
Archives Nationales, AP«^, 1190, î avrU 1803.
(1) Cartoa AF»^, 1600, Guerre, Armées contre l'Angleterre, ans viii et xii.
•En réalité, la situation des escadres est la pire que la France ait eue depuis 1793.
Au mois de juin 1803, les choses ne sont pas mieux : il n'y a en rade de Brest, sous les ordres du contre-amiral Dordelin, que les mêmes trois vaisseaux : V Impétueux ^ VÉole et V Ulysse^ ce dernier « marchant si mal qu'il compromettrait la sûreté de la division (1) ». Il manque à chaque vaisseau 100 matelots. La seule frégate en rade, la Valeureuse^ ne peut mettre à la voile, par défaut d'équipage. Le vaisseau le Foudroyant reste dans le port pour la même raison. Bonaparte connaît-il cette situation? Si Ton ne le savait pas par les pièces citées ci-dessus, on pourrait en douter quand on le voit prescrire à Dordelin une attitude absolument incompatible avec les moyens dont il dispose.
Le Ministre au Préfet maritime à Brest (S).
Paris, 9 prairial an xi (29 mai 1803).
L'intention du Premier Consul, citoyen Préfet, est que le port de Brest ne soit pas bloqué par des forces inférieures à celles de la Bipublique qui se trouvent dans ce port. En conséquence, les b&timents aux ordres du contre-amiral Dordelin devront appareiller souvent et toutes les fois qu*il sera nécessaire pour purger l'entrée du port de forces inférieures à la division qu*il commande, qui généraient le cabotage.
Quand même l'ennemi ne paraîtrait pas, la division devra faire de fréquents appareillages, ne fut-ce que pour exercer ses équipages, et, dans tous les cas, elle doit maintenir son organisation de manière à pouvoir constamment mettre sous voile au moment même de l'apparition d'un bâtiment ennemi ou de l'approche de quelque caboteur qui aurait besoin de protection.
Le contre-amiral Dordelin devra, dans toutes ses manœuvres, éviter avec f ennemi tout engagement qui présenterait des dangers qui pussent compromettre le sort des bâtiments à ses ordres, U aura besoin de toute son intelligence et de tout son zèle pour diriger ses manœuvres avec la circonspection et l'activité qui entrent dans les vues du Premier Consul.
L'exécution de ces dispositions exigeant qu'il soit donné au contre-amiral Dordelin une grande latitude d'autorité, tant pour la fréquence de ses appareillages que pour l'habileté à en saisir les occasions, vous devrez lui transmettre ces ordres d'une manière générale ; sauf à vous à lui transmettre, s'il y a lieu, tout ce qui, d'après les circonstances, pourrait exiger des modifications dans leur exécution : ci-joint vous trouverez copie des ordres que je lui adresse à ce sujet.
(1) Lettre du contre-amiral Dordelin, 6 juin, Archives de la Marine, BB^^, 180.
(2) Archives de la Marine, Ports, 6 derniers mois, an m, volume BB', 84.
L'amiral a beau jeu pour répondre que les forces enuemies vues ou non vues seront forcément supérieures et que, pour ce qui est des appareillages, la rade est beaucoup trop dangereuse pour des exercices.
A Toulon, il n'y a aussi que 3 vaisseaux en rade sous les ordres des contre-amiraux Lessègues et Dumanoir : Scipion^ Formidable^ Mont-Blanc et 4 frégates. Mais la plupart de ces navires, revenant de Gonstantinople et de Malte au moment de la déclaration de guerre, ont leurs équipages au complet et entraînés. Aussi, dès le 5 juin, le vaisseau le Formidable et la frégate Corné lie sortiront de la rade pour pousser jusqu'à Marseille. Le 12 juin, c'est toute la division qui franchit les passes et reste six jours à la mer, mais tout près du port (i). A l'annonce de l'approche de seize voiles ennemies, elle y rentre précipitamment et le blocus commence.
Que reste-t-il à ajouter aux forces dérisoires des deux plus grands ports?
Le vaisseau le Jemmapes qui, venant d'Amérique, échappe à une escadre anglaise dans l'Iroise et se réfugie le 29 mai à Lorient avec la frégate V Infatigable (2). Le Majestueux et la frégate la Cybèle que Villeneuve trouvera encore en octobre à l'ancre près de l'île d'Aix (3). La station de Saint-Domingue, sous les ordres de Latouche-Tré ville, compte bien 3 vaisseaux, 5 frégates, 4 corvettes, 13 bricks et 20 goélettes (4), mais le vaisseau le Duquesne est pris, Rochambeau capitule le 30 novembre ; l'amiral, presque mourant, est rapatrié par un parlementaire. César Berthier capitule aussi à Tabago le 30 juin, et des navires surpris au loin par la déclaration de guerre il ne pourra se réfugier dans les ports espagnols que la frégate la Didon à Passages, les vaisseaux Argonaute , Duguay-Trouin, Fougueux, Héros et la frégate la Vestale au Ferrol, enfin le vaisseau V Aigle à Cadix.
La France aura donc, dans les premiers mois des hostilités, 13 vaisseaux, dont plusieurs ont besoin de graves répara-
(1) CorrespoDdance de Lessègues, Archives de la Marine, BBiv, 180.
(2) Ce ne sera que le 23 décembre que le vaisseau le Suffren pourra être mis en rade. Correspondance du contre-amiral Emeriau, 17 décembre 1803, Archives de la Marine , BB^r, 170.
(3) Lettre de VOleneuve, 9 octobre. Archives de la Marine, BB>v, 180.
(4) Situation du 21 avril. Archives de la Marine, BBiv, 181.
tions (1), dispersés de Brest à Toulon en passant par le Ferrol et Cadix.
C'est rimpuissance maritime absolue.
Pourra-t-on compter sur Tappui de la marine batave? Voici ce qu'en dit Tambassadeur Semonville (2) :
3 pndrUI an xi (t3 mai 1803).
Il résulte de Tétat ci-joiat que sur 15 Toisseaux de ligne, cinq seulement sont neufs et pourraient être prochainement employés si les magasins n'étaient pas presque entièrement dépourvus des objets nécessaires h leur équipement.
Six sont en commission dans Tlnde ou en route pour s'y rendre, et quatre exigent des réparations plus ou moins considérables.
Sur douze frégates, deux seulement peuvent être armées sur-le-champ ; trois sont en construction, les 7 autres sont dispersées dans les différentes possessions de la République.
Même observation à faire relativement aux corvettes.
Les autres bâtiments légers présents dans les ports sont au nombre de 8, non compris trente-six chaloupes canonnières, ^0 galères. Toutes celles préparées à la G n de la dernière guerre ont été dénaturées.
Sur celles existantes, douze ou environ vont être placées à Flessingue pour servir à la défense de THe de Walcheren.
Le conseil de marine se propose aussi d'y envoyer I corvette et 2 avisos (3).
(1) Faites doubler en cuivre V Argonaute, et réparer loi 2 autres vaisseaux, Correspondance de Napoléon à Decrès (?8 juillet).
(t) Hollande, 1803, ans xi et xix, le citoyen Semonville, ambassadeur {Archives des affaires étrangères^ 607).
(3) État de la marine batave au mois de floréal an xi (avril-mai 1803).
NOMS des