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D'ailleurs, la marine anglaise ne perdra pas de temps pour affirmer son rôle offensif.
Dès le 18 mai 1803, le jour même de la déclaration de guerre, la frégate Doris^ de 36 canons, enlève sous Ouessant le lougre Aff routeur^ de 14 canons. Le lendemain, deux navires marchands sont capturés dans la baie d'Audierne (1).
Le 17 mai, le jour même où les ambassadeurs se rencontrent, à Douvres, Comwallis nommé au commandement de Tescadre de la Manche (Charmel fleet) arbore son pavillon sur le Dreadnought et part de la baie de Gadzand avec 10 vaisseaux. Il laisse dans le port 21 vaisseaux et va bloquer Brest.
« Dans Tétat de la marine française, ajoute justement W. James, 10 vaisseaux suffisaient largement à leur mission.
*< 3 vaisseaux suffisaient pour tenir en respect la marine hollandaise. 4 ou 5 étaient dans le canal de Bristol, autant au sud de Brest. Les 20 vaisseaux restant à Plymouth et Portsmoutb s'équipaient aussi vite que le manque d'équipages et malheureusement d'approvisionnements le permettait. »
(1) w. James.
« Le 18 aussi, dit Allardyce (1), lord Keith nommé com- « mandant en chef dans la mer du Nord arbora son pavillon o à bord du Zealand à Sheerness »
« La situation était sérieuse, par suite des réductions dans
« la marine dues à lord Saint- Vincent Les instructions
« de lord Keith furent d'intercepter tous les navires français <c ou bateaux le long des côtes, de protéger le commerce et la « pêche britanniques et, d'accord avec les autorités militaires, « d'assurer la défense, particulièrement aux embouchures de « la Tamise et de la Medvvay. Il lui fut adjoint d'abord le « contre-amiral Thornborough, le commodore L. Sydney « Smith, puis le contre-amiral Montagu qui s'établit aux « Dunes.
« La panique fut d'abord extrême, les caboteurs ne vou-
« laient pas passer de Yarmouth à la Tyne sans une escorte
« Lord Keith se mit à la tâche la presse lui procura les
« matelots nécessaires. »
Dès le mois de mars, on l'a \ai, les croiseurs de sir Sydney Smith avaient paru sur les côtes de Hollande et pris une attitude menaçante.
Dans la Méditerranée, il y avait depuis longtemps 10 vaisseaux de ligne sous les ordres de Bickerton.
Le 18 mai, Nelson nommé commandant en chef partit de Portsmouth avec le vaisseau le Victory et la frégate Amphion. N'ayant pas trouvé vers Ouessant Tescadre de Cornwallis avec qui il avait ordre de s'aboucher, il passa sur V Amphion et rejoignit son poste. Le Victory laissé en arrière en profite pour enlever le 23 la frégate française Embuscade qui n'avait que 187 hommes à bord et dont l'artillerie était en partie démontée (2). Lorsque le 8 juillet le Victory a rejoint Nelson celui-ci se trouve avoir sous ses ordres les vaisseaux : Gibraltar de 80, Donegal^ Siiperb, Belleisle^ Renown^ de 74, Moumoiith et Agencoiirt^ de 64, le Victory et les frégates : Active^ Phœbé et Amphion^ avec lesquels il va bloquer Toulon.
(1) Life of Keith,
(2) W. James.
Les succès signalés à Saint-Domingue achèvent de montrer la supériorité écrasante que la marine anglaise a su s'assurer dès le ^éhui des hostilités.
Jamais donc l'Angleterre ne s'est trouvée aussi forte sur terre et sur mer. Jamais la France n'a été si peu préparée à entrer en lutte avec sa rivale. N'y a-t-il point là le plus sur symptôme auquel on puisse reconnaître le véritable agresseur ?