CE QUE CONTIENT UNE ÉCURIE
20 jiommes
JO chevaux
300 biscuits
50 rations d*eaa-de-vio
t moutons
300 rations d'avoine. . . .
300 rations do son
40 selles
40 brides
DIVISION D'tcomis
composée de 27 écuries.
8,100 1,350 8.100 8,100 l.OSO 1,080
FLOTTILLES
composAbs
de 4 divisions
oa 108 écuries.
GRANDES 6GURIR8.
On réunira à Dunkerque, Calais, Ostende, 108 gros bateaux, tirant plus de 14 pieds d*eau, si cela est nécessaire, capables de porter 3,000 chetaux d'officiers, de soldats, d'artillerie, etc.
On ne portera ce supplément de flottille que pour mémoire.
Arrêté par le Premier Consul, le 23 fructidor an xi.
Pour copie coofonne :
Degrés.
Signé : Bonaparte.
Notei écrites au crayon star le verso du tableau précédent :
BftUilloBs.
Infanterie. . Saint-Omer 36
Id. Bruges 28
Id. Montreuil 24
Réser?e (Illisible sur la minute). 6
Id. (Illisible) i2
Id. Italie 6
Dragons 10,000
Cayalerie 6,000
ArtUlerie 7,000
Génie 2,000
i i 0 A 750 h. = 82,000 hommes.
107,000 3,000 non-combattants.
il 0,000
(De la main de Bonaparte, sur la copie d'après la minute des Arcbiyes de l^Empire.)
Janvier 1861.
Degrés.
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(I) Ce nombn La copie des ,
Lô MInistrt de /a niArine et des ooloniea au Ministre de /a guerre (I).
Paris, le 27 (ractidor an xi (14 septembre 1803).
J*ai rhonneur de tous adresser, Citoyen Ministre, sept états arrêtés par le Premier Consul, qui comprennent l'organisation de la flottille nationale.
Je Tais TOUS en présenter le résumé.
La flottille se composera d'une flottille de guerre et d'une flottille de transport.
La flottille de guerre se compose de bateaux plats de l'^ espèce, bateaux plats de 2* espèce, bateaux plats de grande espèce, calques et corTettes de pèche armées en guerre.
11 est aflecté à chaque bateau de i'* et de 2* espèces, une péniche, et quand on parlera d'un des bateaux de ces espèces, on parlera en même temps de sa péniche.
Bateaux de i^ espèce.
Il y aura 324 bateaux de 1^ espèce.
L'armement de chacun de ces bateaux est désigné par l'état n* i. Ce qu'il doit porter est désigné par la !'« colonne de cet état; et une section de ces bateaux qui sera composée du nombre de 9 (2), se trouTera porter un bataillon entier, outre diTers objets et passagers, tant militaires que non-combattants.
Bateaux canonmers ou bateaux de 2** espèce.
L'armement de ces bateaux est déterminé par l'état n^ 2.
Il T aura 432 de ces bateaux.
Ce que portera chacun d'eux est déterminé par la 4'* colonne de l'état.
La 2* colonne fixe ce que porteront 9 bateaux.
Ils auront à bord un bataillon entier, outre, un nombre de passagers, militaires ou non-combattants et autres objets. (Voyez l'état n« 2).
Ces bateaux forment une section.
Trois sections forment une diTision.
Il y aura par conséquent 16 diTisions qui comprendront les 432 bateaux de 2* espèce.
Bateaux plats de grande espèce.
Il y aura 54 de ces bateaux. Ils se diTiseront en deux divisions de 27 chacune ; ce que doit porter chaque bateau de grande espèce est déterminé par la i*^ colonne de l'état n® 3.
Calques.
Il y aura i08 calques.
Elles se diviseront en quatre divisions de 27 caîques chacune.
Ce que doit porter chaque calque, est déterminé par la V^ colonne de l'état
(1) Archives nationales, AF", 1Î02.
(t) Ces 9 bateaax forment une section, 3 sections forment une division, et il y aura par conséquent 12 divisions qui comprendront les 324 bateaux de 1'* espèce.
Corvettes de pèche armées en guerre.
Il y aura 81 corvettes de pèche armées en guerre.
Elles se diviseront en sections, composées chacune de 9 corvettes.
Trois sections formeront une division.
n y aura donc trois divisions, qui comprendront les 81 corvettes de cette
espèce.
Ce que doit porter chaque corvette est déterminé par la !»• colonne de Tétat
Flottille de transporta
La flottille de transport se divisera en 4 parties. La l*^ partie est destinée pour le service des bataillons. La 2* partie, au service des officiers généraux, des commissaires ordonnateur des guerres et des différents agents des administrations. La 3* partie, est pour le service extraordinaire de Tartillerie. La 4* partie, enfin, pour le transport des chevaux.
i'* partie de la flottille des transports.
Cette première partie de la flottille de transport se composera de 3 bateaux attachés à chaque bataillon.
Ces bateaux seront choisis comme suit :
i^ Un bateau de petite pèche pour porter les bagages du bataillon, ainsi qu'il est indiqué à la !»• colonne, n*» i«', de l'état n* 6.
On entend par bateau de petite pèche, celui qui, quelque soit sa Toilure et son espèce, est capable de porter plus de 30 hommes;
2® Un bateau de moyenne pèche pour porter le supplément des livres du bataillon, outre ce qui est porté n® 2 de la 1'* colonne de Tétat n<* 6.
On entend par bateau de moyenne pèche, celui qui, quelque soit sa Toilure et son espèce, peut porter plus de 60 hommes;
3<* Un bateau de grande pèche destiné à porter un supplément de munitions d'infanterie comme il est indiqué au n« 3 de la !'• colonne de l'état n* 6,
On entend par bateau de grande pèche, celui qui, quelque soit sa Toilure et son espèce, peut porter plus de 100 hommes.
En admettant donc qu'il y aura 88 bataillons d'embarqués, ce sera 264 bâtiments de transport qui leur seront affectés ; savoir : 88 de petite pèche, 88 de moyenne et 88 de grande pèche.
2* partie de la flottille des transports.
L'intention du Premier Consul est qu'il soit affecté à chaque officier général ou adjudant-commandant un bateau de moyenne pèche, qui portera ce qui est indiqué à la 3* colonne de l'état n® 6, n« i*'.
En admettant qu'il y aura dans l'expédition 40 offfciers généraux ou adjudants-commandants, ce sont 40 bateaux de moyenne espèce qui leur seront affectés.
L'intention du Premier Consul est aussi qu'il y ait un bateau de petite pèche affecté à chaque commissaire ordonnateur des guerres et chaque agent en chef du service.
En admettant qu'il y aura 60 chefs de cette nature ou commissaires ordonnateurs, ce seront 60 bateaux de petite pèche qui leur seront affectés, chacun de ces bateaux portera ce qui est indiqué au n* 2 de la 3^ colonne de Tétat n*6.
3^ partie de la flottille des transports.
Cette partie de la flottille se divisera en diTisions de 27 transports (bateaux de grande pêche), elle est destinée au servive de l'artillerie, chaque bateau portera ce qui est indiqué à la 5* colonne de l'état n* 6.
On présume que le nombre de ces transports derra s'élever de 100 à 150.
La diversité des bâtiments de cette espèce qui seront employés à ce service et l'incertitude de leur jaugeage, ne permettent pas de préciser le nombre qui en sera nécessaire. On le peut d'autant moins qu'on n'a pas de données fixes sur l'encombrement qu'occasionneront les harnais et les divers objets d'artiltillerie tels qu'affûts, caissons, trains, charrettes, etc.
Le directeur du parc pourra seul décider ce qui devra être embarqué sur chaque bateau et il devra s^occuper de le faire connaître à mesure qu'ils se réuniront.
En attendant, des ordres sont données pour la réunion de i35 bâtiments de cette espèce.
4" partie de la flottille des transports.
Cette partie de la flotille est destinée au portage de la cavalerie.
Elle sera composée de 4 divisions, composées chacune de 27 bateaux de grande pèche, qui porteront le nom d'écuries.
Elles seront donc au nombre de 108. Voyez pour ce que chacune d'elles devra porter l'état n» 7 (1).
Il y aura de plus 3,000 chevaux embarqués sur d'autres bâtiments d'un plus grand tirant d'eau désignés sous le nom de grandes écuries, au même état n*7.
J'ai l'honneur de vous saluer.
Signé : Degrés.
Cette fois, tout le personnel combattant, infanterie au moins, doit donc prendre place sur de vrais bâtiments de guerre armés de canons et paraissant destinés à combattre. Le commerce ne sert plus qu'au transport des impedimenta. Il est nécessaire de préciser cette constitution de la flottille de 1803 dont le caractère, pour la première fois nettement militaire, contrastera d'une façon si singulière avec son attitude et son mode d'emploi.
Le 4 octobre, nouvel et dernier ordre de mise en construction.
(1) Voir ci- dessous : Flottille de transport.
no PREMIERE PARTIE. — CHAPITRE VI.
Au contrt-amiral Decrès, Ministrt de /a marine et de$ oo/o/i/es (1).
Stint-Cloud, 11 Tendémiaire an xii (4 octobre 1803).
Par IV^a^ de la situation de notre flottille, il résulte que novs avons ^prameSf 300 chaloupes canonnières, 475 bateaux canonniers, 536 péniches et 27 catques : dans ce nombre sont compris les 185 bateaux de V ancienne flottille, 11 n'y a pas assez de prames en construction, et surtout point assez de péniches : dans les 536 sont comprises les 100 qui se construisent à Lille, qui ne se commencent pas. Il serait de la plus grande nécessité de faire activer c«s péniches. Faites-moi connaître si ces résultats sont conformes aux vôtres, et les mesures que Ton pourrait prendre pour faire mettre promptement en construction les prames, péniches et calques qui nous manquent.
Il s'en faut que ces ordres aient compris le programme intégral du 22 août. Il s*en faudra bien davantage quand on aura à comparer le programme avec Feflfectif des constructions réelles.
Quelques jours plus tard, le 11 octobre, se clôt la période des ordres de mise en chantier.
Au contre-amiral Decrès,
Saint-Cloud, 18 Tendémiairo an xii (11 octobre 1803).
Nos constructions me paraissent tellement bien aller dans les ports, que je pense quUl est inutile d'en continuer de nouvelles dans Tintérieur. Faites-moi un rapport, vendredi, sur toutes les constructions qu'ont proposé de faire les différentes communes et associations de citoyens, a6n de désigner, par un arrêté général, le lieu oî!i ils doivent verser les sommes qui y étaient destinées, étant tout à fait inutile de permettre qu*on commence des constructions qui ne se seraient jamais finies et qui coûteraient fort cher^ pendant qu'elles peuvent être faites si rapidement et si bien dans les ports,
Bonaparte.
L'argent fut payé, mais ne servit pas a des constructions nouvelles (2).
Si, en un temps aussi court, Bonaparte avait pu donner aux projets de construction une ampleur si rapidement croissante, c'est qu'il s'était vite rendu compte de l'aide précieuse que la
(1) Correspondance de Napoléon, (i) Voir d-dessoas.
LA FLOTTILLE : PROGRAMBIES DE CONSTRUCTION. Ht
richesse publique, accrue pendant la paix, et Tenthousiasme de la nation pouvaient apporter à ses desseins.
Dès le 29 mai (1), les banquiers avaient facilement trouvé les 20 millions jugés immédiatement nécessaires pour Tachât de munitions navales. Le 12 juin, le département de la Seine- Inférieure ouvrait la série des oflfres patriotiques en proposant de se charger de la construction d'un vaisseau de 74 (2). Le 23 juin, celui du Nord en promettait un de 30. A partir du 30 juin, cet exemple est suivi par les municipalités et les conseils généraux, qui s'imposent dans des proportions considérables.
Le département de Seine-et-Oise donne 1,200^000 francs pour la construction de navires de guerre. L'adresse qui accompagne ce don fait ouvertement allusion à un projet de descente. « Nos légions, y est-il dit, ont franchi les Alpes, un détroit ne peut les arrêter pour vaincre Albion. Un jour suffit pour les porter sur ses rivages consternés. »
Puis c'est le tour du département de l'Ourthe qui offre 300,000 francs pour 10 bateaux plats ; de l'Eure qui offre 150,000 francs pour 1 navire de guerre et 3 bateaux plats de 1'® classe ; des villes de Pont-Audemer, 1 bateau ; de Louviers,
1 bateau ; d'Evreux, 1 bateau d'une valeur de 6,000 francs; de Verneuil, 1 bateau ; de Bernay, 1 bateau ; de Beauvais,
2 bateaux de 8,000 à 9,000 francs ; du département de Seineet-Marne, 1 vaisseau à trois ponts.
Le 12 juillet viennent les offres de la Vendée pour 1 vaisseau; des Deux-Sèvres, 300,000 francs pour 1 frégate; de la Sarre, 5 centimes par franc pour des bateaux plats ; de l'Oise, pour 300,000 francs; de la Meuse, pour 176,660 francs; de la Meurthe, pour 240,000 francs; de la Haute- Marne, pour 3 bateaux plats de l'« classe ; du Lot-et-Garonne, pour 5 centimes par franc; de la Mayenne, pour 250,000 francs ; du Loir-et-Cher, pour 1 chaloupe canonnière 30,000 francs, 1 bateau canonnier 20,000 francs, 1 péniche 12,000 francs : du Mans, pour 5 centimes par franc ; de la Creuse, pour 5 centimes par franc ; du Cher, pour 10 centimes par
(1) Correspondance de Napoléon, 6773 (Î9 mai) à Barbé-Marbois. (l) MoniUur,
m PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE VI.
franc ; du Calvados, pour 900,000 francs; des Ardennes, pour 200,000 francs; de TAisne, pour 311,732 francs; de TAin, pour 1 chaloupe et 4 bateaux; d'Ostende, pour 15 centimes par franc; de Bruges, pour 20,000 francs pour 1 bateau canonnier ; d'Avranches, pour 1 bateau plat de 3^ classe ; de Montauban, pour 3 centimes par franc ; de la Loire-Inférieure, pour 15 centimes par franc.
Il en est de même les 17, 21, 25, 27, 28 et 29 juillet. Des arrêtés déterminent l'acceptation de ces dons patriotiques dont l'importance peut être évaluée en gros à plus de 12 millions, chiffre qui est plus que doublé par les contributions sous forme de centimes additionnels (1) et les prestations en nature (2). Les ressources de ce chef atteignent si elles ne dépassent pas 30 millions.
D'autres dons patriotiques d'importance pécuniaire beaucoup moindre, mais intéressants comme symptôme de l'état des esprits, sont faits par les corps de troupe.
Les corps de la garde font construire à leurs frais une chaloupe de 20,000 francs (3) ; les officiers de la légion piémontaise offrent un bateau de 3® espèce, des régiments, en très grand nombre, abandonnent une journée de solde (4) ; certains en donnent deux. A eux seuls, les généraux et les étatsmajors de la H® division réunissent une somme de 5,037 fr.
(1) Voir les arrêtés des 8, 16, 19, 30 messidor, 7, 14, 10, 19 thermidor, 8 fructidor (Moniteur).
(2) Il y eut certains mécomptes de ce c6t6, ainsi qu'en témoigne le rapport ci-dessous de Decrès.
21 yecdémiaire an xii.
Les seuls départements qui ont commencé réellement la construction des bateaux qu'ils avaient notés, sont :
Onrthre 9 (1^ espèce). »(2» espèce). »(3«espèce>.
Bas-Rhin 4 — 6 — 6 —
Haut-Rhin 10 — •» — » —
Dylo » — * — 8 —
Sambre-et-Meuse . . . j» — » — 10 —
Escaut 3 — w — m —
Ville de Louviers ■ — m — i —
Ville de Bruges » — 1 — » —
Totaux 26 (1" espèce), 7 (2* espèce). 25 (3* espèce).
AFiv, 1191.
(3) Moniteur du 31 août.
(4) Moniteur des 20 août et 9 septembre.
Grâce à ces ressources, grflce à Tenthousiasme général, Tactivité des préparatifs arrive très vite à Textrême.
Des ateliers se forment à Paris, aux Invalides et au quai de la Râpée (1), à Saint -Germain, à Compiègne, & Meaux. 30 élèves de l'Ecole Polytechnique sont désignés pour suivre les constructions et, après un mois de stage, envoyés dans les départements pour diriger les travaux qui sont entrepris sur tous les fleuves.
Quant aux travaux sur les côtes, les rapports des présidents des commissions, ceux de Forfait (2) permettent de suivre constamment les résultats réels obtenus. Ce que Ton doit retenir dès maintenant, c'est que jusqu'au H octobre, des ordres de mise en chantier ont été donnés. C'est cette date qui importera surtout lorsque nous chercherons à déterminer quelles furent les vraies intentions du Premier Consul.
(1) Correspondance de Napoléon, 6819, an Ministre de la marine (15 juin).
(2) Archives de la Marine, série BB*.
lU.