L*ARM£E EXPÉDITIONNAIRE
P. S. — Si le général Dumas pouvait me remettre ce projet pour mardis il me ferait plaisir.
En même temps, le général Carra-Saînt-Cyr étudie l'emplacement d'un camp près de Bayonne, afin d'avoir des troupes à proximité de la frontière espagnole (1).
Le général Carra-Saint-Cyr, commandant /es troupes réuniea à Bayonne,
au Ministre de la guerre,
Btyonne, le 17 prairial an xi (6 Juin 1803). Citoyen Ministre,
J'ai reconnu remplacement d*un camp à deux lieues de Bayonne, sur la route d*Espagne, dans une position très militaire, au-dessus du village de Bidari ; la droite serait appuyée à la mer et la gauche serait couverte par un ravin considérable ; trois bataillons seraient placés à la droite de la grande route et trois à la gauche. En arrière se trouve une position qui a été occupée par le général Servant, où Ton pourrait placer, en seconde ligne, un nombre de troupes encore plus considérable, si celui que je commande devait être augmenté; Tair y est pur et les eaux bonnes. L'instruction des corps, la discipline et la santé du soldat ne pourraient qu'y gagner; il en résulterait aussi un grand soulagement pour l'habitant; les chefs le désirent, et moi, je tous le demande, Citoyen Ministre, si vous n'y trouvex point d'inconvénient. Le terrain qu'occuperait le camp, n'exigerait que de très faibles indemnités.
Je n'ai pas besoin de vous observer. Citoyen Ministre, que cette disposition de campement entraînerait nécessairement un ordre de vous pour accorder aux troupes les vivres de campagne, car les corps n'auraient plus la facilité de se procurer la viande, le bois, etc. D'ailleurs, je pense qu'au camp il y aurait les plus grands inconvénients à ce que les distributions ne fussent point générales et effectuées par une administration àd hoc. Voilà, Citoyen Ministre, les observations que j'ai cru devoir vous soumettre ; il ne m'appartient point de deviner la pensée du gouvernement, mais bien ce qui pourrait, en toutes circonstances, remplir le mieux ses vues et être le plus avantageux à la troupe, et enfin pour le dégrèvement d'un pays dont les habitants ont encore le souvenir pénible du séjour et de la discipline des armées précédentes.
J'attends demain les deux compagnies et demie d'artillerie ; toutes les pièces, obusiers, caissons qui me sont destinés sont dans le meilleur état. On ne peut donner trop d'éloges au directeur Coindet pour la manière dont il active tous les travaux de l'arsenal. Je vous prierai. Citoyen Ministre, de vouloir bien Tautoriser à échanger les fusils et sabres des troupes à mes ordres qui ne se trouveraient pas de calibre ou qui ne seraient plus en état de faire la guerre, lorsqu'il sera constaté que cela ne provient point de la faute ou négligence des
(1) Voir ci-dessQS.
iH PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE IX.
corps, parce que n'ayant pas encore tu celles de la 20* légère et de la 79*, je ne puis saToir dans quel état elles se troÛTent.
La 77* derai-brigade est arrivée ici le 13 et le 24* de chasseurs ici hier.
Je TOUS prie, Citoyen Ministre, de donner des ordres au chef de la 83* demibrigade de mettre au complet son second bataillon comme aussi de presser de préférence la confection et réparation de son habillement et de son armement.
Carra-Saint-Cyr.
L'ordre d'ensemble du 14 juin 1803 va être l'origine de la Grande Armée d'impérissable mémoire.
Au général Berthier, Ministre de la guerre.
Saint-CloQd, 25 prairial an xi (U juin 1803).
Je TOUS renyoie. Citoyen Ministre, les projets que tous aviez rédigés pour le camp de Saint-Omer. Voici définitivement les bases auxquelles je me suis arrêté :
Six camps seront formés, lesquels, destinés à ne composer qu'une seule armée, seront commandés par six lieutenants généraux commandant en chef. Ils auront chacun un parc d'artillerie commandé par un général d'artillerie et par un colonel directeur du parc. Les six parcs seront tous soumis à un général commandant en chef Tartillerie et à un général de brigade directeur général des parcs des six camps. Chacun de ces camps aura un ordonnateiur, lequel correspondra avec un ordonnateur en chef des six camps.
Ces six camps seront : un en Hollande, un à Gand, un à Saint-Omer, un à Compiègne, un à Saint-Malo et un à Bayonne,
Le camp de Hollande sera composé de 30,000 hommes, dont 18,000 de troupes fhinçaises et 12,000 de troupes bataves. Les 54*, 84*, 45*, 17*, 109*, 11*, 71*, 35* et 4i* demi-brigades seront d'abord destinées à faire partie de ce camp; avant un mois, d'autres troupes seront désignées pour compléter le nombre de 18,000 hommes; 6* de hussards et 1*' régiment de chasseurs, qui seront désignés, trois compagnies d'artillerie à pied, une compagnie d'artillerie à cheval, une compagnie d'ouvriers.
Pour le camp de Gand : les 6* et 13* légères, 12*, 33*, 51*, 108*, 14*, 36*, 61*, 85* de ligne; le 2* régiment de chasseurs; le 7* de hussards; les 4*, 14*, 16* et 17* de dragons.
Pour le camp de Saint-Omer : la 10* légère, 25*, 28*, 55*, 57* de ligne; 26* légère, 22*, 43*, 4(i* et 75* de ligne; 8* et H* régiments de chasseurs; 2% 5*, 10* et 21 • de dragons.
Pour le camp de Compiègne : les 9* et 24* légères; les 18*, 44*, 63*, 64*, 4*, 32*, 96* et Itl* de ligne; le 3* régiment de hussards; le 10* de chasseurs; les i*', 3*, 8* et 9* de dragons.
Chacune des demi-brigades ci-dessus ne fournira que ses 1*' et 2* bataillons, lesquels seront complétés à 1000 hommes. Il est donc nécessaire que ces corps
l'armée EXPÉpmONNAIRB. 185
soient prévenus sur-le-champ que leurs deux premiers bataillons doifent marcher vers \b, fin de Ntéy afin qu'ils activent l'instruction, Thabillement, etc.
On se réserve de désigner postérieurement les corps de grosse cavalerie qui devront faire partie de ces trois camps.
Le personnel de rartillerie sera composé : i® de compagnies fournies, au nombre de six, par chacun des quatre régiments ci-après, savoir : les 1*', 5*, 7* et 3® régiments ; lesquelles six compagnies seront complétées au pied de guerre; 2® de 2 escadrons de chacun des 2<*, 5* et 6* régiments d*artillerie à cheval, complétés au pied de guerre ; ce qui fera 24 compagnies d'artillerie à pied et 12 compagnies d'artillerie à cheval; 3^ un demi-bataillon de pontonniers.
Le premier inspecteur du génie désignera deux compagnies de mineurs et un bataillon de sapeurs mis sur le pied de guerre.
Le premier inspecteur de Tartillerie désignera le nombre de compagnies nécessaires aux six parcs.
Le total comprend, pour Tinfanterie seule, 78 bataillons.
Cette fois, il n'est plus question de date fixe pour la réunion des troupes. Celles-ci « doivent se tenir prêtes à marcher à la fin de Tété ». Mais c'est au l*' vendémiaire (24 septembre) (1) que tous les approvisionnements, les armes, etc., doivent être préparés. Cette date coïncide avec celle de r achèvement présumé des constructions. En l'attendant, un arrêté du 22 juin désigne les chefs d'état-major :
Andréossy à Saint-Omer, Dumas à Gand, Donzelot & Corn* piègne. Ce seront les seuls camps dont s'occupera provisoirement le conseiller Petiet, nommé administrateur général; c'est d'eux seuls également que s'occupera le Premier Consul lorsque, dès le 28 juin, il organise leur artillerie à 30 (2) compagnies à pied dont 8 (3) doivent se rendre immédiatement à Douai avec 6 compagnies du train, 4 de pontonniers et 2 d'ouvriers.
Paris, le 9 messidor an xi (t8 join 1803).
L'artillerie des trois corps d*armée de Bruges, Saint-Omer et Compiègne est définitiYement composée ainsi qu'il suit :
Les troupes d'artillerie destinées aux camps de Saint-Omer, Gand et Gompiègne seront donc composées de iO compagnies du 1*' régiment à pied, de iO du 5« et de !0 du 7«.
(1) CotTespondance de Napoléon à Berthier, n« 6815.
(2) 10 compagnies da 1* 10 da 6% 10 da 7*. (Ordre du 18 juin, Archives de la Guerre.)
(3) 4 compagnies^ du 7% 4 du 5*. (Ordre du t8 juin. Archives de la Guerre.)
Parmi le nombre des compagnies ci-dessus, 4 du 5* régiment et 4 du 7* seront sur-le-champ complétées au pied de paix et se rendront le plus tôt possible à Douai. Il sera dirigé le plus tôt possible sur Douai deux compagnies de chacun des bataillons du train, destinés aux camps de Saint-Omer, Gand et Compiègne ; ces deux compagnies mèneront avec elles les chevaux du bataillon.
II sera dirigé sans délai sur Douai quatre compagnies de pontonniers, ainsi que la t" et la ?• compagnie d'ouvriers.
Quant \ la 4* compagnie qui est h Auxonne, et la 15® qui est à Grenoble, elles recevront Tordre de se rendre à Douai aussitôt que ce mouvement pourra s^exécuter sans inconvénient En conséquence, il sera pris des mesures pour que les travaux de ces arsenaux soient continués, malgré le départ de ces compagnies.
Vous me soumettrez tous les mouvements à faire pour Tartillerie de siège. Vous me ferez autant de rapports qu'il y aura de places dont vous proposerez d'en tirer, afin de faire connaître quel est l'armement de la place, et s'il restera complet, indépendamment des pièces qu'on en tirera. Je présenterai au gouvernement ces dispositions, pour être autorisé à ordonner les déplacements.
Vous observerez qu'aucun directeur des parcs des six camps ne sera choisi parmi les colonels des régiments d'artillerie qui doivent rester à leur corps pour commander les batteries.
Je donne des ordres pour le dédoublement des 8 bataillons du train.
J'ordonne la reprise de 6,000 chevaux d'artillerie pris parmi ceux qui avaient été placés chez les cultivateurs. Dans ce nombre sont compris les chevaux d'artillerie levés pour la garde des consuls.
J'ordonne la confection de 3,000 harnais et 3,250 selles pour les bataillons du train.
Le gouvernement ordonne qu'il soit fondu 100 pièces de 24 : les fonderies de Douai, Metz et Strasbourg seront, à cet effet, mises en activité.
Il sera, de plus, fondu 200 pièces de 24 longues avec les matières provenant des pièces de différents calibres inutiles, qui se trouvent à Toulon et que le département de la marine met à ma disposition. Il sera fait des fourneaux à la fonderie de Toulon pour pouvoir fondre les pièces de ce calibre.
Vous donnerez tous les ordres pour le mouvement du matériel du parc, excepté pour ce qui regarde le déplacement des pièces de siège, qui ne doit se faire que par une décision particulière.
Les ordres que vous donnerez pour le mouvement du matériel ne peuvent s'étendre que pour ce qui concerne les dispositions ci-dessus.
Vous me soumettrez successivement tous les ordres pour les travaux à faire dans les arsenaux de Douai et de la Fère.
Pour donner les moyens d'activer d'autant plus les travaux à faire dans les arsenaux de Douai et de la Fère, pour le parc des camps, j'ai décidé que ces deux arsenaux seraient sous la division du général Foui trier.
J'ai fait verser 400,000 francs dans les caisses des arsenaux de Douai et de la Fère.
Je m'en rapporte \ votre zèle et à vos talents pour l'exécution des dispositions ci-dessus; pour celles de détail, j'attendrai votre retour.