‹ 1793-1805Chapitre 56 sur 112 · L. Davout · texte numérisé non relu

L. Davout

Quelques jours plus tard, cependant, la situation se serait améliorée, si Ton en juge par ce qu'en dit le Premier Consul.

A l'amiral Bruix, commandant la flottille de Boulogne,

Saint-Cloud, 7 brumaire an xn (30 octobre 1803).

Citoven Amiral Bruix,

Le général Davout m'instruit que, dans le courant du mois de brumaire, il aura 42 {sic) corvettes de pèche installées et armées ; que le surplus de ces corvettes de pèche se trouve à Dunkerque. Veuillez donner l'ordre que celles do ces corvettes de pèche qui sont armées en guerre, pour en compléter le nombre à 8d, soient sur-le-champ désignées, et qu'on procède à l'installation de l'artillerie

11 m'instruit également qu'il aura la première division, composée de 27 écuries. Faites-moi connaître si les bâtiments sont désignés pour les trois autres divisions. Faites-moi connaître aussi pourquoi les bâtiments achetés ù Malines, Anvers et autres villes de la Belgique ne sont pas encore rendus à Ostende.

Dans le premier arrondissement, il a dû être mis à l'eau, dans le courant de vendémiaire, 13 bâtiments de première espèce, 2 de seconde espèce et 40 de troisième espèce ; et, dans le courant de brumaire, il y en aura 20 de première espèce, 19 de seconde espèce et 133 de troisième espèce. Faites-moi connaître quand les bâtiments, mis à l'eau au !•' brumaire, seront armés et en partance pour Boulogne.

J'ai vu hier l'installation d'un bâtiment de première espèce à la Râpée. Il m'a paru qu'il pouvait porter beaucoup plus que ne le porte l'état de la flottille. D'abord, on pourrait très bien placer un caisson sur chaque bâtiment de première espèce ou bateau canonnier ; enfin, un plus grand nombre de cartouches et de munitions d'artillerie, de manière .à diminuer de beaucoup le nombre de transports d'artillerie que nous avons crus nécessaires.

Bonaparte.

En tous cas, il fallut avoir recours, pour renforcer la

flottille de guerre, à une ressource indiquée par Tamiral Verhuell : c'étaient des baleinières hollandaises très maniables et tenant très bien la mer. L'ordre fut immédiatement donné de les utiliser.

Au contre^amiral Decrès (i).

Paris, II frimaire an xii (3 décembre 1803).

Le contre-amiral hollandais Verhuell, Citoyen Ministre, propose d'acheter en Hollande une centaine de bateaux baleiniers, qu'il dit ôtre extrêmement légers et pouToir servir comme péniches.

Gomme nous ne saurions trop avoir de ces b&timents, je lui écris qu après

s'en être assuré lui-même, s^il les trouve propre à faire la traversée, il en

achète pour 200,000 francs. Ecrivez au citoyen Sémonville de tenir ces

200,000 francs à la disposition du contre-amiral Verhuell, sur les 800,000 francs

qu'il a reçus.

A Bruix.

Il décembre.

J'ai ordonné à cet amiral de nous acheter une centaine de chaloupes baleinières. Ce sont des chaloupes de 30 pieds de long sur 7 pieds de large, très pointues et extrêmement légères. Elles arment 24 avirons et vont très vite. L'amiral Verhuell pense que les chaloupes canonnières pourraient même les tirer à bord dans un gros temps, tant elles sont légères. Il en a, je crois, déjà acheté une vingtaine, qu'il va expédier.

Si Ton pouvait en affecter une à chaque chaloupe canonnière, les péniches seraient alors disponibles et Ton s'en servirait comme bâtiments de guerre.

Quant au transport proprement dit des non-combattants, des bagages et des chevaux, il devait être assuré par une flottille de commerce divisée en quatre parties, dont le total serait de plus de 600 bâtiments (2).

Les ressources disponibles étaient largement suffisantes (3), car on avait pu constater Texistence d'un nombre de bâtiments supérieur au double de ce chiffre.

(1) Correspondance de Napoléon, 7349.

(î) Archives de la Guerre. — Côtes. !'• partie : 264 bâtiments; f partie: 100 bâtiments; 3* partie: 100 à 150 bâtiments; 4* partie : 216 bâtiments. (3) Lettre de Bonaparte à Decrès, 19 août. 7055.

Rapport au Gouvernement de la République.

Paris, le 15 fructidor an xi (2 septembre 1803).

Citoyen Premier Consul,

SuiTant les états qui me sont parvenus des commissions d'armement, ou que le citoyen Forfait m*a communiqués, le nombre des nayires ou bateaux de grande pèche désignés pour faire partie de la flottille nationale, s'élève à 1402 :

V aiTondissement 288

Total 1402

Jusqu'ici, je ne connais que 56 navires achetés :

A Ostende 3i

A Bruges 10

A Bavonnc 12

Total 56

Les 44 navires d'Ostende et de Bruges ont été achetés 564,254 francs; ainsi, en prenant cette dernière somme pour terme moyen, le prix total des 1400 navires s'élèvera à environ 18,000,000 de francs. Je pense que ces 1400 btUiments formeront la totalité de ce que Ton trouvera dans les cinq arrondissements.

Jt n*ai pas encore reçu assez de détails pour évaluer avec justesse la quantité d'hommes que ces 1400 navires pourront embarquer, mais en supposant qu'ils puissent recevoir 60 hommes, la totalité suffirait au transport de 84,000 hommes.

Je serai ultérieurement à portée de vous présenter des comptes plus précis à c€t égard, attendu que, d'après vos ordres, j'ai prescrit aux préfets de diviser sur les états les navires achetés en trois classes :

1'« classe. Ceux pouvant porter plus de 30 hommes.

Les l^*" et 5* arrondissements, comme vous venez de le voir, sont encore les seuls qui aient commencé les prises de possession ; elles ont eu lieu dans le courant de thermidor, et ce n'est que sur les fonds de fructidor que les préfets pourront remettre des acomptes aux propriétaires.

Je ne saurai qu'en vendémiaire ce qui aura pu être payé à chacun d'eux.

Degrés.

(1) Archives de la Marine, BB*, 28.

in. 25

État n* 6.

Flottille de transport.

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