CHAPITRE III
Quelles que fussent, au début de novembre, les véritables intentions de Bonaparte, les ordres qu'il donna relativement aux troupes sont combinés de manière à avoir terminé, ou à peu près, la concentration pour le 15 janvier 1804, en ce qui concerne les mouvements par voie de terre.
Pour le corps de Soult, formé de 4 divisions, la 1'® et la 2® étaient complètes à Boulogne, la 3* avait ses cinq régiments à Ambleteuse, son artillerie, son train et sa compagnie de sapeurs à Boulogne (1). Quant à la 4®, elle avait deux régiments à Wimereux (17® et 88*), mais les deux autres étaient Tun (40«) sur les flottilles de Nantes et de Brest, Tautre (64«) sur celle de Dieppe, et ne devaient pas rejoindre de Tannée 1803 (2). La brigade de cavalerie (H« chasseurs et 8« hussards) était au camp, mais son artillerie (3 canons de 4 et 1 obusier de 24) était sur la côte, vers Dieppe.
De ce côté, il y avait donc peu à faire.
Il n'en était pas de même du corps Ney, dénommé « camp de Montreuil », à partir du 6 décembre. Il n'avait encore qu'une brigade de 3 régiments à Étaples. Toutefois, ce fut le 26 novembre seulement que Tordre fut donné de lui envoyer de Suisse la 27® demi-brigade, puis, de Luxembourg, la 59®. Comme on maintint provisoirement à Paris les 96® et 18® demibrigades, que l'artillerie du corps d'armée resta toute à Calais et à Boulogne et le 3® hussards sur les côtes entre Somme et
(l) Sitaatioii da 23 décembre. (Archives de la Guerre, — Registre.) (t) On adjoignit à cette division la 85* demi-brigade qui Tint à Wimereux.
Seine, le camp resta longtemps composé de trois régiments d'infanterie et un de cavalerie (10^ chasseurs). Les autres éléments devaient rejoindre par le moyen de la flottille. Mais embarqués très loin de Boul<^ne, ils avaient à faire un trajet considérable que certains ne terminèrent jamais (1).
En somme, sur 12 régiments on en avait 3, on en avait appelé 2 par voie de terre, on en attendait par mer 4 ; 3 autres restaient et devaient rester longtemps dans leurs garnisons (2).
En ce qui concerne le corps Davout, la l'* diviàcKi avait trois régiments (30®, 51*, 61*) au camp de Bruges; un (17*), destiné à la flottille batave, était à Flessingue ; un autre (13® légère) dans Tlle de Cadzand, où il était décimé par les fièvres (3). La 2® division était au complet (21® légère, 33®, 108®, 111®) ; la 48®, qui en faisait partie, était détachée à la flottille batave et occupait l'île de Walcheren. Il en était de même à la 3® division, dont un régiment (21®) était sur les bateaux, trois autres au camp (12®, 25®, 85®). L'artillerie était en partie à Boulogne; la brigade de cavalerie, 1®' chasseurs et 7® hussards, sur la côte vers Calais et Ostende.
A ces forces, il faut ajouter celles de Hollande, sur lesquelles on reviendra plus loin.
C'est à partir de décembre que l'organisation et le rassemblement des troupes en vue des expéditions résolues sont arrêtés par Bonaparte. Les arrangements avec l'Espagne rendant libres les troupes du camp de Bayonne, il est formé deux cantonnements sur l'Océan : un à Brest et un à Saintes, menaçant l'Irlande ; un troisième à Toulon pour un but encore mystérieux, enfin la constitution de la Grande Armée est précisée et la création de deux éléments qui s'illustreront plus tard : les Grenadiers Réunis et la Réserve de cavalerie vont compléter son aspect historique. Les ordres du 4 et du 12 décembre se tiennent trop intimement pour ne pas les présenter ensemble. Tout, il faut le rappeler encore une fois, doit être prêt avant le 15 janvier (4).
(1) Tel fat le cas des 32% 39% 44* et 63*. (t) 18* et 06* à Paris, 6* légère à Moulins.
(3) Correspondance de Napoléon inédite. Ordre dn 29 novembre.
(4) Un ordre dn 3 novembre avait prescrit la formation d'une compagnie de goides interprètes. (Correspondance de Napoléon, 7387.)
Ordre pour le Ministre de /a guerre.
14 frimaire an xii (4 décembre 1803).
Cavalerie de réserve des armées des côtes de t Océan.
Il sera formé un corps de cavalerie qui portera la dénomination de division de cavalerie de la réserve; elle recevra directement des ordres du Ministre de la guerre.
Ce corps sera commandé par le général de division Bourcier, qui aura sousses ordres :
Trois généraux de brigade.
Le général Fauconnet, Le général Treillard,
Le général N
Un adjudant commandant chef d'état-major,
Le citoyen Duprat,
Un commissaire des guerres,
Le citoyen
Un sous-inspecteur aux revues, Le citoyen
La cavalerie de la réserve sera composée ainsi qu'il suit :
Du 9^ régiment de hussards, qui partira de Schlestadt le 18 frimaire, pour se rendre à Saint-Omer, oii il arrivera le 14 nivAse;
Du 10* régiment de hussards, qui partira d'Agen le 19 frimaire pour se rendre à Saint-Omer, où il arrivera le 24 nivAse.
Du 2* régiment de chasseurs, qui partira de DAle le 19 frimaire, pour se rendre à Tournay , où il arrivera le i 0 nivôse ;
Du 12" régiment de chasseurs, qui partira de Belfort le 19 frimaire pour se rendre à Ath, où il arrivera le 12 nivôse ;
Du 13" régiment de chasseurs, qui partira de Gray le 27 frimaire pour se rendre à Bruxelles, où il arrivera le 17 nivôse ;
Du 21* régiment de chasseurs, qui partira de Lyon le 18 frimaire pour se rendre à Arras, où il arrivera le 13 nivôse.
Ces six régiments, aussitôt leur arrivée dans les garnisons ci-dessus, formeront leurs trois premiers escadrons à 450 hommes, officiers non compris, et seulement à 300 chevaux, chevaux d'officiers non compris, de manière qu'il y aura 150 hommes à pied par régiment et que le corps de cavalerie de la réserve sera composé de 18 escadrons formant un total de 2,700 hommes dont 1800 montés.
Il sera attaché à la division de cavalerie une compagnie d'artillerie à cheval avec 8 pièces, composée ainsi qu'il suit : 6 pièces de 8, 2 obusiers de 24 avec un approvisionnement complet, forges, chariots et rechanges nécessaires ;
Une compagnie du 5« régiment d'artillerie à cheval qui est à Saint-Omer ;
Une compagnie du train d'artillerie.
Aussitôt que les escadrons de guerre seront formés, la division de cayalerie de la réserve recevra des ordres pour se réunir à Saint-Omer et environs, ce qui pourra s'effectuer le 25 nivôse.
Le Ministre de la guerre fera les dispositions nécessaires pour que tous les chasseurs ou hussards aient des baïonnettes à leurs mousquetons ou carabines, etc. Si tous ne pouvaient point en avoir, il faut absolument que les 450 hommes qui sont à pied par régiment en soient pourvus.
Les dispositions seront faites pour que les 150 selles, brides, portemanteaux vides des 150 hommes à pied soient encaissés, ainsi que leurs pistolets, de la manière que le général Bourcier le jugera le plus convenable pour être facilement transportés et embarqués.
Les selles encaissées seront réunies le plus tôt possible à Saint-Omer ; enfin, toutes les dispositions seront faites de façon que la division de cavalerie soit parfaitement en état, les selles encaissées, les hommes munis de baïonnettes au 1*' pluviôse.
II sera fourni à chaque homme à pied une paire de souliers, une paire de guêtres noires, un sac et une redingote qui seront confectionnés par les soins du Conseil d'administration. Les chasseurs et hussards à pied attacheront leurs bottes sur leurs sacs ; les manteaux des hommes à pied seront portés siu* des voitures et h bord serviront de couvertures aux hommes.
Cavalerie légère de Varmée attachée aux camps de Bruges, de Saint-Omer
et de Montreuil.
Les 3", 7® et 8* de hussards, les !«', 10* et 11® régiments de chasseurs, qui sont affectés aux trois camps de Bruges, Saint-Omer et Montreuil, formeront leurs trois escadrons de guerre à 450 hommes, officiers non compris, de manière qu'il y aura 150 hommes à pied par régiment et 18 escadrons, dont 6 affectés à chaque camp, formant un total de 2,700 hommes dont 1800 montés.
Il suffira de prévenir les généraux commandant en chef chacun des trois camps, des dispositions ci-dessus, car, tant que les régiments feront leur service de la côte, il est utile que tous les hommes soient montés; mais ils feront toutes les dispositions pour qu'au 20 nivôse les corps de cavalerie à leurs ordres aient la formation ci-dessus désignée; que les 150 selles, brides et portemanteaux vides des 150 hommes à pied soient encaissés ainsi que leiu^ pistolets, de la manière que les généraux commandant la cavalerie de chaque armée le jugeront le plus convenable pour être facilement embarqués.
Ils se concerteront à cet égard avec le général Bourcier.
Les selles encaissées pour les 300 hommes à pied des deux régiments du général Soult seront rendues à Montreuil à la même époque.
Les selles encaissées des 300 hommes des deux régiments du camp de Bruges seront également rendues k Dunkerque le 20 nivôse.
Il sera fourni à chaque homme à pied, un sac et une redingote qui seront confectionnés par les soins du Conseil d'administration ; les chasseurs et hussards à pied attacheront leurs bottes sur leurs sacs ; les manteaux des hommes à pied seront portés sur des voitures au lieu de l'embarquement, et serviron de couvertiu-es aux hommes pendant la traversée.
n sera fourni une baïonnette à chaque hussard ou chasseur, mais si la totalité des hommes ne pouTait pas en être fourme, il en sera donné au moins aux j50 hommes à pied par régiment.
Les 4* escadrons resteront au dépAt où seront euToyés tous les chasseurs en sus des 300 pour être embarqués.
Comme les officiers, même les colonels, nepeuTent embarquer qu'un cheTal, ils euTerront au dépôt le surplus qu'ils auraient.
Les corps prendront les mesures nécessaires pour qu'au 20 niTÔse les 4* escadrons envoient chercher les cheTaux excédant le nombre de 300 que chaque régiment doit embarquer.
i*^ eti^ division$ de dragons des côtes de i^ Océan.
Le 3* régiment de ligne et le 34* seront attachés, savoir :
Le 3* de ligne à la division commandée par le général Baraguay dlUiers ;
Le 34* sera attaché à la division commandée par le général Klein.
Ces deux régiments ne fourniront que deux bataillons, chaque bataillon de 900 hommes, officiers compris.
Le 3* régiment de ligne partira de Bayonne le plus tôt possible pour se rendre à Meaux, d'où le 1*' et le 2* bataillons se rendront à Gompiègne.
Le 1*' bataillon du 34* régiment partira de Mayence le 20 frimaire et sera rendu à' Amiens le 13 nivôse, et le 2* bataillon partira le 21 frimaire et sera rendu le 14 nivôse.
Le dépôt, le 3* et le 4* bataillons du 34* resteront à Mayence.
Donner les ordres pour qu'au 15 nivôse, indispensablement, tous les dragons, tant de la 1^ que de la 2* division, soient à pied et que les chevaux soient rendus au dépôt où seront les deux derniers escadrons.
Les of6ciers ne sont pas exempts de cette règle, hormis le colonel et les deux chefs d'escadron qui pourront embarquer chacun un cheval. Les autres officiers marcheront à pied avec leurs compagnies.
Le Ministre de la guerre prendra les mesures pour que les chevaux des hommes embarqués soient pansés, soit en louant des hommes à raison d'un par quatre chevaux, soit de telle autre manière ; il présentera un tableau qui fera connaître le nombre d'hommes à louer dont chaque dépôt aura besoin pour panser l'excédent des chevaux dont ne pourront pas prendre soin les hommes effectifs, au dépôt et aux 3* et 4* escadrons qui ne s'embarqueront pas.
Faire les dispositions nécessaires pour que, autant qu'il sera possible, les deux premiers escadrons qui s'embarqueront soient composés de 500 hommes.
Gomme il y a quelques régiments qui, en faisant marcher tous les hommes, ne fourniraient pas les 500 demandés, et que quelques autres ont un effectif de plus de 600 hommes, le Ministre de la guerre est autorisé à prendre en plus, dans ces derniers corps, ce que les autres fourniraient en moins, de manière que la totalité des hommes qui s'embarqueront n'excède pas, au total général, la proportion de 500 hommes par régiment de dragons ; en sorte que les 20 régiments, l'un portant l'autre, fassent un total de 10,000 hommes.
Les deux régiments d'infanterie, qui fournissent chacun deux bataillons de m. 27
900 hommes, formeront, axec les deux divisions de dragons, un total de 43,600 hommes, ce qui, joint aux 4800 hommes à pied des chasseurs et hussards tant de la réserve que de la cavalerie des trois camps, forme un total de 15,i00 hommes, sans compter une compagnie d'artillerie et 8 pièces de canon attachées à chacune des divisions de dragons.
Gomme les dragons entameront la campagne à pied, puisque les premiers chevaux qui seront pris en Angleterre seront donnés aux chasseurs et hussards, les ordres seront donnés pour que les selles, les hrides, les portemanteaux vides ainsi que les pistolets soient encaissés de manière à être facilement transférés.
Au 15 nivôse, tous les objets ci-dessus seront encaissés : ceux de la l'« division à Gompiègne, ceux de la 2* à Amiens.
On fera connaître le plus tôt possible le nombre de voitures nécessaires pour transporter les selles, etc., à Boulogne.
U sera fourni à chaque dragon une paire de souliers et un sac ; il sera confectionné par les soins du Gonseil d^administration une capote pour chaque dragon et une paire de guêtres noires.
Ghaque homme portera ses bottes attachées sur son sac, les manteaux seront portés sur des voitures et serviront de couvertures aux hommes pendant la traverjsée. Arrivés en Angleterre, ces manteaux seront mis au dépôt général en attendant que les dragons soient montés.
Le 3^ bataillon de la 8** légère, dit bataillon corse, et le bataillon expéditionnaire piémontais, qui présentent ensemble un effectif d'environ 1550 hommes, feront partie de la grande expédition.
Le bataillon expéditionnaire piémontais, qui est en ce moment à Bayonne, en partira le 18 frimaire et sera rendu à Saint-Omer le 28 nivôse.
Le 3^ bataillon de la 8* légère, dit bataillon corse, qui est actuellement en marche pour Saint-Omer, y sera rendu le 26 nivôse.
11 leur sera donné une destination ultérieure pour faire partie de la réserve de cavalerie.
Chrtnadiers de la réserve.
Il sera formé 12 bataillons de grenadiers de la réserve :
4 de grenadiers, 8 de carabiniers.
Le 1*' bataîUon sera composé de 3 compagnies de grenadiers et de 3 compagnies de chasseurs du 9** régiment de ligne, chaque compagnie à 100 hommes; ce bataillon sera commandé par un chef de bataillon et un adjudant-major de ces régiments. A cet effet, le colonel commencera à compléter les grenadiers à 100 hommes, après quoi il formera une compagnie de chasseurs par bataillon. Il choisira les officiers, les sous-officiers, les soldats et les tambours dans tout le bataillon, en prenant les hommes le plus en état de faire la guerre de chasseurs (sic) et les officiers les plus distingués.
Par la formation de cette compagnie le numéro de la 1'* compagnie de chaque bataillon se trouvera vacant, et les officiers et soldats seront répartis entre les 7 autres compagnies pour tenir place des hommes que les 7 autres compagnies auront fournis aux compagnies de chasseurs.
Ce bataillon commandé par le chef de bataillon Royer partira de Landau le i4 frimaire et sera rendu à Arras le 46 niTAse.
Le 2^ bataillon sera composé de la même manière avec le 13* régiment de ligne.
Ce bataillon, commandé par le chef de bataillon Marin, partira de Metx le 22 frimaire et sera rendu à Arras le 5 nÎTÔse.
Le 3* bataillon, composé du 56* régiment et commandé' par le chef de bataillon Hersan, partira de Genève le 20 frimaire et sera rendu à Arras le 17 niTÔse.
Le 4* bataillon, composé du 58* régiment et commandé par le chef de bataillon Ghemineau, partira de Coblentz le 23 frimaire et sera rendu à Arras le 10 niTÔse.
Le 5* bataillon, composé du 2* régiment d^infanterie légère et commandé par le chef de bataillon Geither, partira de Gherbourg le 23 frimaire et sera rendu à Arras le 12 niyAse.
Le 6* bataillon, composé du 3* régiment d'infanterie légère et commandé par le chef de bataillon Gabanner, partira de Perpignan le 21 frimaire et sera rendu à Arras le 4 pluyiôse.
Le 7* bataillon, composé du 4* régiment d'infanterie légère et commandé par le chef de bataillon Stiler, partira de Paris le . . . , . et sera rendu à Arras le
Le 8* bataillon, composé du 15* régiment d'infanterie légère et commandé
par le chef de bataillon , partira de Besançon le 25 frimaire et sera rendu
à Arras le 14 nivôse.
Le 12* bataillon, composé du 31* régiment d'infanterie légère et commandé
par le chef de bataillon , partira de Dieppe le 25 frimaire et sera rendu k
Arras le 29 frimaire.
Indépendamment du numéro de bataillon, chaque bataillon conservera le nom de son régiment.
Les 12 bataillons de la réserve formeront au total 7,200 hommes.
Ges bataillons seront commandés par un des colonels des régiments qui fournissent des compagnies d'élite :
Le colonel commandera le 1*>^ et le 2* bataillons ;
Le colonel . commandera le 3* et le 4* bataillons;
Le colonel commandera le 5* et le 6* bataillons;
Le colonel commandera le 7* et le 8* bataillons ;
Le colonel commandera le 9* et le 10* bataillons ;
Le colonel commandera le 11* et le 12* bataillons.
Ges 12 bataillons d'élite seront sous les ordres immédiats d'un général de division.
Trois généraux de brigade : Dupas, Maçon, la Hanche-Mortières.
Un adjudant-commandant : le citoyen Glément.
Un officier du génie, chef de bataillon : le citoyen • . . . •
Une demi-compagnie de sapeurs.
Il sera attaché à ce corps d'élite une division d'artillerie fournie par l'artillerie de la Garde des consuls.
Le corps d'élite sera réuni à Arras à l'époque du 20 nivôse.
420 DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE ni.
Cantonnements de Brest, de Saintes et de Toulon.
Le corps de troupes rassemblé à Brest et destiné à se porter en Irlande sera commandé par le général Augereau, qui prendra le titre de général commandant en chef le camp de Brest. Il ne portera le titre de général en chef de Tannée d'Irlande qu'au débarquement dans cette lie.
Le général de diTision Mathieu, le général de division Garra-Saint-Gyr, le général Donxelot et tout ce qui tient à Tétat-maJor du camp de Bayonue, se rendront à Brest où ils seront arrivés le 30 frimaire.
Le corps du général Augereau sera composé, savoir :
Du T" régiment d'infanterie légère qui est à Saint-Jean-de-Luz, et qui en partira le 19 frimaire pour se rendre à Saint-Malo où il arrivera le 22 nivdse ;
Du 16« régiment d'infanterie légère qui est à Lorient ;
Du 24* régiment d'infanterie de ligne qui est à Brest ;
Du 37* qui est à Quimper;
Du 65* qui est à Saint-Malo;
Du 70* qui est à Perpignan et qui en partira le 19 frimaire pour se rendre à Lorient le 25 niv6se.
Chacun de ces régiments ne fournira que 2 bataillons de 800 hommes chacun, non compris les officiers.
Les autres bataillons resteront dans la 13* division militaire pour la police.
Le 47* régiment qui est à Rennes fournira un bataillon de 800 hommes.
La cavalerie sera composée du 7* régiment de chasseurs qui est h Brest, du 16* qui est à Bayeux et du 20* qui est sur les côtes d'Ille-et-Vilaine.
Chacun de ces régiments fournira 4S0 hommes et 300 chevaux.
Les ordres seront donnés pour que les selles, les brides, les portemanteaux vides, ainsi que les pistolets, soient encaissés de manière à être facilement transférés.
Tous ces effets seront transportés à Brest, de manière que tout soit prêt à être embarqué au 15 nivôse.
Il sera fourni à chaque homme à pied une paire de souliers, une paire de guêtres noires, un sac et une capote qui seront confectionnés par les soins du Conseil d'administration.
Les chasseurs à pied attacheront leurs bottes sur leurs sacs; les manteaux des hommes à pied seront transportés sur des voitures, et à bord serviront de couvertures aux hommes.
L'artillerie du générai Augereau sera composée de 24 pièces.
Le personnel sera fourni par le 6* régiment d'artillerie à pied qui est à Rennes.
Deux compagnies de sapeurs formant 200 hommes.
Enfin, d'un bataillon irlandais; ce qui fera en tout environ 13,000 à 14,000 hommes.
L'adjudant-commandant Mac-Sheehy commandera le bataillon irlandais et se rendra à cet effet à Morlaix.
Tous les Irlandais qui sont à Paris et qui veulent concourir à l'expédition se rendront sur-le-champ à Morlaix, où ils seront placés dans le bataillon irlan-
dais ou de toute autre manière, et chacun recevra sa solde suivant remploi qui lui sera assigné.
Un second corps formé à Rochefort se réunira sous le commandement du général Augereau, ce qui lui fera une force de S4,000 à 25,000 hommes.
Gomme Texpédition d'Irlande a besoin d'embarquer un grand nombre de fusilSy il faut faire connaître ce qui peut exister tant à Brest que dans les arsenaux voisins, de ceux de calibre à réparer soit français, soit étrangers, excepté ceux du modèle de 1777 corrigés.
Il faut connaître également ceux que la marine pourrait avoir sur les lieux et qui lui seraient remplacés successivement par le Département de la guerre.
n faudrait que Ton pût embarquer de 30,000 à 40,000 fusils.
Canionnemettt de Saintes.
Il sera formé à Saintes un cantonnement commandé par un général de division, qui recevra les ordres directement du Ministre de la guerre : le général de division Junot ;
Deux généraux de brigade d'infanterie : le général Thiébault et le général La Bassée ;
Un général de brigade de cavalerie : le général Guérin-Destoguigny ;
Un adjudant-commandant, chef d'état-major : Gurto ;
Un colonel du génie ;
Un colonel d'artillerie ;
Un commissaire ordonnateur ;
Un commissaire des guerres ;
Un inspecteur aux revues.
Le cantonnement de Saintes sera composé ainsi qu'il suit :
Du 26* régiment d'infanterie, qui est à Oleron et qui en partira le 21 frimaire pour se rendre à Saintes ou aux environs, où il arrivera le 10 nivôse.
Le 3* bataillon et son dépôt se rendront à Angouléme.
Du 105®, qui est au camp de Boulogne et qui en partira également le 25 frimaire pour se rendre aux environs de Saintes où il arrivera le 10 nivôse.
Le 3® bataillon et son dépôt se rendront à Angouléme.
Le 79*, qui restera dans la li* division militaire, fournira 2 bataillons à 1600 hommes à Saintes. Ordre de marche pour les 2 bataillons : ils arriveront à Saintes le 8 nivôse.
Du 93*, qui est à Rochefort et qui y restera.
D'un bataillon de la demi-brigade helvétique qui est à la Rochelle.
Ghacun de ces régiments fournira 2 bataillons de 800 hommes chacun, qui doivent avoir la capote.
(La demi-brigade helvétique ne fournira qu'un bataillon.)
La cavalerie sera composée du 4* régiment de chasseurs qui est à Fontenay et Luçon.
Du 24* régiment de chasseurs, qui est à Rochefort.
Ges deux régiments fourniront chacun 3 escadrons forts de 450 hommes. Total : 900 hommes, dont 300 à cheval et 150 à pied par régiment.
15 pièces d'artillerie du camp de Rayonne, avec une partie du personnel et
du matériel qui y était employée, se rendront au camp de Saintes pour en faire partie. Il y aura un lieutenant-colonel directeur du parc.
L*artillerie sera composée ainsi qu'il suit :
Le 10 nrvôse, les troupes composant le cantonnement de Saintes seront prêtes à s'embarquer ou à se porter partout où il sera nécessaire d'après les ordres qui seront donnés.
Cantonnement de Toulon.
U sera formé, à Toulon, un cantonnement commandé par un général de diTision :
Le général Reynier, qui se rendra sur-le-champ dans la 8* division militaire, pour y organiser et former le corps à ses ordres.
Il y aura à son état-major :
1 adjudant-commandant ;
2 capitaines adjoints ;
1 commissaire des guerres.
Le cantonnement de Toulon sera composé de 3 bataillons d'élite, dont 1 de carabiniers et 2 de grenadiers.
Le i*** bataillon de carabiniers sera composé de 3 compagnies du 14^ d'infanterie légère, qui est à Marseille ; de 3 compagnies de chasseurs du même régiment et de 2 compagnies de chasseurs du 8* d'infanterie légère, qui est à Nice.
Chaque compagnie, formée de 400 hommes, portera le bataillon à 800 hommes.
Le 1"' bataillon d'élite de ligne sera composé de 4 compagnies de grenadiers du 2<> régiment, qui est à Toulon, et de 4 compagnies de chasseurs du même régiment.
'Chaque compagnie de 100 hommes, ce qui formera 800 hommes pour le bataillon.
Le 2* bataillon de ligne sera composé de 4 compagnies de grenadiers du 23*^ régiment, qui est à Aix, et de 4 compagnies de chasseurs du même régiment, qui, à i 00 hommes par compagnie, formeront 800 hommes pour le bataillon.
Les compagnies de chasseurs qui fournissent soit les régiments d'infanterie de ligne, soit ceux d'infanterie légère, seront composées des officiers, sousofficiers et soldats les plus propres au service de chasseurs. Ces compagnies seront en moins dans les bataillons, de sorte qu'il ne restera aux drapeaux du 2« régiment d'infanterie et à ceux du 23^ que 23 compagnies, et dans les mêmes proportions pour les corps d'infanterie légère qui ne sont qu'à 3 bataillons.
Il sera attaché au cantonnement de Toulon :
Une compagnie d'artillerie du 4^ régiment, forte de 80 hommes. 1 capitaine du génie.
1 lieutenant du génie.
Le matériel de l'artillerie sera composé de 3 pièces de 4 et de 3 pièces de 8,
approTisionnées à 200 coups. H y aura 20 sapeurs, 4000 outils à pionniers et un approTisionnement de 200 cartouches par homme.
Le bataillon grec qui est à Marseille fera partie du cantonnement de Toulon.
Ainsi, le corps aux ordres du général Reynier sera de 2,600 à 2,800 hommes. Les soldats auront des capotes et toutes les troupes seront prêtes à s'embarquer au 10 niT^4
Le Ministre de /a guerre au général Dejean, ministre de l'administration
de la guerre.
Le 15 frimaire aa xn de la République (7 décembre 1803).
Je TOUS ai préTenu, Citoyen Ministre, par ma lettre du 14 de ce mois, que je donnais Tordre aux 9* et 10* régiments de hussards de se rendre à Saint- Omer, au 2* de chasseurs de se rendre à Toumay, au 12* de se rendre à Ath, au 13* de se rendre à Bruxelles et au 21* de se rendre à Arras, ces régiments étant destinés à former la diTision de caTalerie de réserve qui doit être commandée par le général Bourcier.
J'expédie en ce moment des ordres pour que chacun de ces six régiments forme ses trois premiers escadrons à 450 hommes, officiers non compris, et seulement à 300 chevaux, non compris les chevaux d'officiers, de manière qu'il y aura 150 hommes à pied par régiment, et que le corps de cavalerie de la réserve sera composé de 18 escadrons, formant un total de 2,700 hommes, dont 1800 montés.
Ces escadrons doivent être réunis à Saint-Omer vers le 25 nivOse.
Je vous invite à ordonner les mesures nécessaires pour que les selles, brides, portemanteaux vides et pistolets des 150 hommes à pied par régiment soient encaissés de la manière que le général Bourcier le jugera le plus convenable, pour être facilement transportés et embarqués. Tous ces objets encaissés doivent être réunis le plus promptement possible à Saint-Omer, et toutes les dispositions doivent être faites pour que la division de cavalerie soit parfaitement en état, les selles encaissées, avant le 1*' pluviêse.
Je vous invite aussi. Citoyen Ministre, à donner des ordres pour que les conseils d'administration fassent confectionner et fournir à chaque homme à pied une paire de souliers, une paire de guêtres noires, un sac et une redingote. Les chasseurs et hussards à pied attachent leurs bottes sur leur sac ; les manteaux des hommes à pied seront portés sur des voitures et, à bord, serviront de couvertures.
J'ai l'honneur de vous saluer. M. Berthier.
Organisation de la grande expédition (1).
Paris, 20 frimaire an xn (12 décembre 1803).
Il y aura un état-major général composé du Ministre' de la guerre faisant les fonctions de major général .
(1) Correspondance de Napoléon, 7375.
De 2 géaéraux de brigade.
De 4 adjudants-commandants.
. De 16 adjoints à Tétat-major de différents grades.
Du premier inspecteur général de Tartillerie.
Du premier inspecteur général du génie.
Du commissaire général Petiet pour Tadministration.
D^un directeur général pour chaque administration.
Du nombre de commissaires des guerres et adjoints qui sera jugé nécessaire.
Il n'y aura point de commandant général de la caTalerie.
U est donc nécessaire que tous les indiTidus qui doiyent composer Tétatmajor général soient désignés a^ec le titre qu'ils doiTent porter et le nombre de cheyaux et domestiques qu'ils doiyent embarquer.
Un général de division embarquera 4 cheyaux.
Un général de brigade en emlmrquera 2.
Un adjudant-commandant en embarquera 1 .
Un aide de camp et un ac^oint à Tétat-major en embarqueront chacun 1 .
Un colonel de corps en embarquera i .
Un major en embarquera i .
Le général de division embarquera A palefreniers sur le même bâtiment qui portera ses cheyaux et 2 domestiques sur le bâtiment qui le portera.
Un général de brigade embarquera 4 domestiques.
Un aide de camp et un adjoint en embarqueront chacun i .
Un adjudant-commandant en embarquera 2.
Un colonel en embarquera 2.
Un major en embarquera 1 .
Un capitaine en embarquera 1.
Les lieutenants et sous-lieutenants en embarqueront i par 4.
Ceux qui voudront embarquer un plus grand nombre de domestiques et de cheyaux devront en faire la demande, afin qu'on puisse leur indiquer les lieux où ils doivent les tenir pour passer après l'armée.
L'armée se divise en quatre grands corps :
Le camp de Saint-Omer.
Le camp de Bruges.
Le camp de Montreuil.
La réserve.
Le camp de Saint-Omer doit avoir un état-major et des adjoints :
i général d'artillerie.
i officier supérieur du génie.
1 commissaire ordonnateur.
1 chef pour chaque administration.
I inspecteur du service de santé.
II est nécessaire de connaître et de spécifier les noms et les titres de tous ces individus.
Le camp de Saint-Omer sera composé de quatre divisions, d'une division de cavalerie et d'un parc de réserve d'artillerie.
Chaque division aura : 1 payeur, i commissaire des guerres et 1 adjoint en chef pour chaque administration ;
Les brigades de boulangers qui seront nécessaires pour faire le pain pour la nourriture de la dirision ;
Des escouades de maçons, propres à construire des fours en peu de temps. Il est également nécessaire de déterminer le nombre de tous ces individus. Un adjudant-commandant sera cbef de Tétat-major, indépendamment des adjoints et aides de camp qui y seront attachés.
Chaque division aura :
i colonel ou i lieutenant-colonel d*artillerie. 1 capitaine en second, en résidence.
i conducteur d'artillene.
1 capitaine du génie.
1 lieutenant.
50 sapeurs.
n y aura, pour chaque division, 8 pièces d'artillerie.
La division de cavalerie aura 4 pièces d*artillerie légère.
Il y aura, à la réserve, R pièces d'artillerie avec les approvisionnements d'infanterie, etc.
Ce qui fera, pour ce corps d*armée. Al pièces d'artillerie.
Les camps de Bruges et de Montreuil seront composés chacun de trois divisions. Ils seront organisés comme le camp de Saint-Omer. Leur train d'artillerie ne sera que de 36 pièces de canon pour chaque camp. La réserve sera composée de deux divisions de dragons, d'une division italienne, d'une division de cavalerie de la réserve et d'une division d'élite.
Chacune de ces divisions aura 8 pièces de canon, ce qui fera 40 pièces de canon ; il y en aura 8 pour le parc ; total, 48 pièces de canon.
La réserve aura un état-major en tout pareil à celui des autres camps.
U est donc nécessaire que tous les ordres convenables soient donnés pour qu'au 1*' nivôse on puisse avoir l'état de l'armée ainsi organisée, partagée en divisions, avec le nombre de domestiques et de chevaux que chacune doit embarquer.
La force des corps, les noms des officiers d'état-major et des administrateurs attachés à chaque division, le lieu où ils se trouvent, le temps où l'on suppose qu'ils joindront les lieux où se trouvent les 3^ bataillons et les dépôts, et enfin les lieux où chaque corps se recrute.
Le Ministre de la guerre me présentera en même temps un autre état de situation du matériel, soit des vivres, soit des charrois, soit de l'artillerie, de ce qui a été demandé, du lieu où chaque objet se trouve, enfin de ce qui manque pour arriver au complet des demandes faites par le résumé de la flottille qui a été remis au Ministre de la guerre il y a trois mois.
Bonaparte.
Ces mouvements s'exécutèrent à peu près comme il avait été prescrit, mais avec quelque retard. Au 17 janvier, la force des trois camps de Bruges, Saint-Omer et Montreuil n'atteint pas 70,000 hommes. U y a d'ailleurs déjà plus de 3,000 malades.
DEUXlàlfE PARTIE. — CHAPITRE III.
Au 22 janvier, îl manque encore au corps Ney (1) les 27« et 59® demi-brigades, venant de Suisse et du Luxembourg; les deux régiments qui étaient à Paris y sont toujours et personne n'est arrivé par la flottille.
Les douze superbes bataillons de grenadiers sont à Arras au complet de 600 hommes. La division italienne du général Pino est encore en route. Les deux divisions de dragons sont à Amiens et Gompiègne. Quant à la division de cavalerie légère, elle n'a encore que deux régiments à Saint- Omer (9® et 10* hussards, ce dernier commandé par LasaUe).
L'InBpôoteur en chef aux revues des campe au général Berthier, ministre de la. guerre, chef d*état^major général de l'armée.
Général^
An quartier gftnénl de Boulogne, le 26 nirôse an xii
(17JanTierl804).
J'ai rhonneur de tous rendre compte que je fais passer par ce courrier au Comité central des remes, les états de situation au i 5 de ce mois, tant en hommes qu'en cheyaux, de Tétat-major général de Tarmée, du parc et de la réserre d'artillerie à Douai, des camps de Saint-Omer, Montreuil et Bruges, des deux diyisions de cairalerie réunies à Amiens et Gompiègne, ainsi que des réserves d'infanterie à Arras et de cavalerie à Saint-Omer, savoir :
DÉSIGNATION des
tTATt-MAJORS KT DU CAMP».
darde
des consuls.
État-major général de l'armée.
Oamp de St-Omer.
Marins
Camp de Bmges. . État-mi^or génér^.
Troupes
Étai-miOorgénir^.
Troupes
État-mi^or génér**.
Troupes
Artillerie à Douai
Camp de 8t- Orner.
Camp Montreuil
de ( luil h
POaca DK CSAQUI tTAT-MAJOa
•t des eamps.
Hommes.
Officiers.
S.«offic.
et soldats.
CheTftiui
d'offi.
eiers.
de troapes,
MAMQOB
sa complet.
Officiers.
S.-offic.
et soldsts.
!js|S
§ss
e^m eu
(1) Situation du 22 Janvier.
DÉSIGNATION des
tTATtHCAiORt KT DM CAMPS.
camp de | *tat4najor génér^.
Bruges. \ Troupes
Divisions l**'*^*^'»*''*'^-
de l !»• division
cavalerie, (j.^^^^
Réserve d'infuiterie à Arras. .
Réserve de cavaler. à St-Omer.
Total de la force
PORCS Dl CHAQOB tTAT-MAJOR
•t des etmpi.
Hommef.
Officiers.
S.-offie.
et soldats.
ChereQX
d'officiers.
de troupes.
MAMQOI
an complet.
orfi.
eiers.
S.*of6e.
et soldats.
B «s ^ s B « Sio
Un mois plus tard (1), la 3® division du corps Ney a reçu les 27* et 59* demi-brigades, dont la première est placée à Ambleteuse. La division italienne est à Paris, Cambrai, Yalenciennes et la Fère (2). Le total monte à 100,000 hommes, mais il faut défalquer 5,000 malades^ et tout ce qui est sur la flottille. A partir de ce moment, Farmée pour être constituée n'a guère plus à attendre que les éléments embarqués, de sorte que son existence dépend de la concentration de ses moyens de transport.
Le tableau ci-dessous permet d'embrasser l'ensemble de l'organisation à la fin de l'hivel* :