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RÉSUMÉ DES BATIMENTS A DESTINER POUR BOULOGNE OU PORTS ADJACENTS

65 écuries, dont 55 d'Ostende et iO de Dunkerque. 9 écuries plus petites non encore installées à Ostende.] 24 transports de Calais.

98 bâtiments.

98 d'autre part.

28 bateaux de moyenne pèche d*Ostende.

86 bateaux de petite pèche, dont 75 d'Ostende et il de Dunkerque.

31 bateaux de Blankenberghe, à Ostende.

BATIMENTS NON SUSCEPTIBLES d'ALLER A BOULOGNE.

15 écuries, dont 10 d'Ostende et 5 de Dunkerque* 82 corvettes de pèche, dont 53 d'Ostende et 29 de Dunkerque. 7 transports de Dunkerque.

104 bâtiments.

Le Premier Consul sait que les bâtiments qui sont à Testacade de Dunkerque ont des garnisons qui montent à 618 hommes, auxquels on distribue la ration tous les jours.

Que 53 corvettes, qui sont à Ostende, ont aussi des garnisons qui doivent monter à plus de 1000 hommes et auxquels on distribue aussi des rations.

Ces bâtiments sortent peu ou point. Et, d'après leur installation, ils ne peuvent se servir de leurs canons, qui sont, à coulisses convergentes, que lorsqu'ils sont au mouillage, et encore la manœuvre en est-elle extrêmement difficile.

La suppression des coulisses offrirait de grandes difficultés, car la tonture de plusieurs de ces bâtiments est telle, que, pour mettre les canons sur une plate-forme horizontale, on a été obligé d'élever cette plate-forme de l'arrière d'un pied au moins et sur plusieurs bâtiments de 22 pouces.

Le général Magon, à qui j'ai recommandé de faire sortir ces bâtiments, m'a dit l'avoir fait plusieurs fois, mais qu'à chaque sortie il avait été, au moindre roulis, impossible de tirer le canon.

L'insuffisance marquée de Torganisation de la base de con* centration vint donc, une fois de plus, exercer sa tyrannique influence sur les projets du Premier Consul.

Au général Soult (1).

Paris, 6 playiose tn xii (27 janyier 1804).

Citoyen Général Soult,

J'ai lu avec attention les états du citoyen Gombis, que tous m'avez envoyés. Le Ministre de la marine lui transmettra les nouvelles mesures que j'ai prises pour rendre plus simple son travail. J'ai décidé qu'on ne fera plus de distinction de grande, petite et moyenne pêche : que tous les bâtiments qui sont audessus de 30 tonneaux seraient convertis en écuries. Que de tout ce qui serait de moins de 30 et plus deiO tonneaux, 200 seraient destinés, savoir : 50 bâtiments à rembarquement de la grosse artillerie et .150, de 25 à 10 tonneaux, aux bataillons, aux généraux, commissaires, etc., selon la destination qui lui sera donnée au moment de l'embarquement.

Il résulte de ces nouvelles dispositions que le directeur de la flottille de transport peut donc remettre au. général Faultrier, pour être installés en écuries :

i^ Les 18 bâtiments portés dans la première feuille de Tétat que vous m'avez envoyé comme bâtiments de grande pèche ;

2** 8 bâtiments qui ont plus de 30 tonneaux, faisant partie des 24 bâtiments portés dans la deuxième feuille de l'état comme bâtiments de moyenne pèche ;

3® Les 3 bâtiments portés pour le service de l'état-major comme bâtiments de moyenne pêche ;

4^ 12 bâtiments portés parmi les 14 destinés pour les administrations, etc., du port de plus de 30 tonneaux;

5* 4 bâtiments de ceux portés pour le service de l'artillerie, qui passent 30 tonneaux ;

Enfin, 8 bâtiments parmi ceux non classés. Total : 53 bâtiments qui, avec les 7 écuries pour la cavalerie et les 43 bâtiments déjà installés comme écuries, forment un total de 103, qu'il classera et numérotera comme écuries.

Tenez la main à ce que l'artillerie installe sur-le-champ ces bâtiments, et faites vous remettre par le général Gombis un travail sur ces nouvelles bases. Ce sont les moyens de transport des chevaux qui nous retarderont. Et ce n'est pas à vous qu'il faut dire que, dans une expédition où je ne puis rien hasarder après les hasards de la mer, je ne puis me passer d'un nombre compétent de chevaux. Le citoyen Faultrier, par les instructions qu'il a, sait que les bateaux canonniers doivent porter deux chevaux d'artillerie.

Si tous les bâtiments qui sont à Boulogne n'étaient pas installés pour porter ces deux chevaux d'artillerie, que le général Faultrier fournisse des moyens à la marine, car autant de bateaux sans deux chevaux autant de ressources de

(1) Correspondance de Napoléon, 7503.

moins pour l'artillerie. Le directeur de la flottille de transport doit aToir un état des mouYements de tous les bâtiments en route, des différents ports, pour Boulogne. Je désire qu*il me présente un tray^iil pour la distribution des écuries. Tout ce qui tirerait plu» de sept pieds d^eau devrait s* arrêter à Calais. Quant à ceux qui tireraient moins de sept pieds d'eau y il faut qu'il les classe selon leur tirant d*eauy parce que cela influera sur le port qu*ils devront occuper et leur ordre d'appareillage au moment de l'expédition.

Par ces nouTelles dispositions que je viens d'ordonner et par les états de la flottille de transport, je dois avoir au moins 400 bâtiments pour écuries, ce qui, j'espère, pourra me porter 7,000 chevaux. Les bateaux canonniers en porteront 800, les corvettes de pèche i80, la flottille proprement dite de transport 300 ; cela fera un total de 8,000. C'est au directeur, actuellement, à faire son travail en grand, k les numéroter et à les classer, et alors je désignerai les régiments qui doivent y embarquer, afin qu'il puisse y placer des officiers et des garnisons, tant pour surveiller les bâtiments que pour s'exercer à la manœuvre de l'embarquement et du débarquement des chevaux.

Bonaparte.

Au contre^amiral Decrès (1).

Paris, 6 pluviôse an xii (17 janvier 1804).

Vous trouverez ci-joint différents projets de classement de la flottille de transport, faits par le directeur général de cette flottille. Il affecte 404 bâtiments au service des bataillons de fétat-major et de Vartillerie, sans comprendre les écuries. J'ai pensé que Tétat de la flottille de transport, tel qu'il a été arrêté, est plus fort qu'il n'est nécessaire, qu'il faut disposer pour écuries tout ce qui peut l'être. Je désire donc que l'état de la flottille de transport qui avait été arrêté soit formé de cette manière :

150 bdtimenUt de petite pêche, du port, de moins de 25 tonneaux et de plus de 10 tonneaux, seront disposés de manière à recevoir deux chevaux. 11 en sera donné un, soit par bataillon, soit aux généraux, soit aux commissaires ordonnateurs et des guerres, selon les dispositions et les ordres qui seront donnés. Le directeur n'aura donc qu'à faire arranger ces bâtiments de manière à tenir deux chevaux, et à veiller à ce que les équipements soient en état et qu'ils aient à bord l'eau et des vivres nécessaires pour les hommes qu'ils peuvent porter, qu'ils aient leurs numéros, afin qu'au moment de l'embarquement on les affecte aux différents services.

50 bâtiments seront choisis parmi les bâtiments de la flottille de transport de moins de 30 tonneaux, pour être affectés au service de Yartillerie, ils seront remis au général Faultrier, qui y fera faire toutes les dispositions convenables.

Tous les autres bâtiments de la flottille de transport, montant à plus de 400 bâtiments, seront installés en écuries. On y placera le plus de chevaux possible.

(1) Correspondance de Napoléon, 7504.

406 DEUXièlfE PARTIE. — CHAPITRE II.

On tiendra note de ceux dans lesquels il restera le plus de place, indépendamment des écuries, pour y placer les selles et les bagages. Ainsi, le traxail du directeur devient simplifié. Plus de distinction entre petite, moyenne et grande pêche. Tout ce qui est au-dessus de 30 tonneaux doit être installé en écuries, tout ce qui a moins, jusqu'au nombre de 200, doit être, ceux de 30 à 25 tonneaux destinés à Fartillerie, et 150 de 25 à 10 tonneaux, aux bagages de Tarmée et de Tétat-major, selon Tordre qui sera donné au moment de

rembarquement.

Au général Soult (i).

Parif, 14 pluTiôse an xn (4 férrier 1804).

Citoyen Général Soult, je reçois Totre lettre du 12. J'ai lu avec attention les états que tous m'avez euToyés. Je pense, vu que tous avez à Boulogne 22 bâtiments destinés à la grosse artillerie, que tous deTez les remettre au général Faultrier, et les Tisiter ensemble pour Toir s'ils suffiront pour l'embarquer. Ce sera à lui de Toir s'il aura assez de place dans chaque bâtiment pour mettre les deux cheTaux. Si cela est possible, tous sentez qu'il faut le faire.

Vous aTez 50 bâtiments pour le serTice des bataillons, qui ne fourniront que 90 cheTaux, 5 ne portant point de cheTaux. Toute règle générale admet des exceptions, toutes les fois que les traTaux à faire pour admettre des cheTaux sur les bâtiments les affkibli raient, on fait bien de les laisser comme ils sont.

Enfin, je Tois que tous aTez de quoi embarquer 1600 cheTaux sur les écuries. Les 21 bâtiments qui exigent trop de traTail pour être couTertis en écuries peuTent être, par exception et sans regard pour leur tonnage, classés pour l'artillerie, et, par contre, on peut classer pour écurie ceux qui seraient susceptibles d'être couTertis en écuries. Voyez le général Combis, pour qu'il les classe de cette manière et fasse les exceptions nécessaires au principe général. Il fera passer ce traTail, ainsi classé, au Ministre, afin qu'il soit définitlTement arrêté.

U faut donc :

1" Que le directeur de la flottille de transport mette une partie des écuries dont il pi'a euToyé l'état à la disposition de l'artillerie, jusqu'à concurrence de 500 cheTaux. Ces écuries, portant 500 cheTaux, auront un officier pour les commander, et seront organisées, de concert aTec le général Faultrier, de manière qu'il y ait à bord de ces bâtiments cinq soldats du train en garnison, pour s'y exercer à la manœuTre de l'embarquement et du débarquement des cheTaux. Lorsque le reste des écuries sera arrivé, on complétera la diTision de la flottille des écuries destinées à l'artillerie, jusqu'au nombre de 1200 che- Taux, ce qui, aTec les 800 chevaux que l'artillerie embarque sur les bateaux canonniers, complHe le nombre que l'artillerie doit emporter ;

2* Donnez ordre qu'on mette des écuries capables de transporter 300 che- Taux à la disposition de la brigade de caTalerie attachée à Totre armée. Elle

(1) Correspondance de Napoléon^ 7525.

doit embarquer 600 cheyaux, 400 sur les deux prames. Il restera donc des écuries pour 200 cheTaux, qu'on leur donnera lorsque le nombre des écuries se complétera ;

3® Destinez des écuries pour 500 chef aux, pour l'embarquement des chevaux de la Garde.

Vous ferez mettre des détachements de chasseurs ou de hussards sur les écuries destinées à porter leurs chevaux, à raison de quatre hommes par bâtiment. On fera la même chose pour la Garde, et ordonnez que tous les jours on fasse la manœuvre de l'embarquement et du débarquement. Faites égale* ment embarquer et débarquer, tous les jours, plusieurs chevaux sur les prames, car ce n'est qu'à force d'embarquer et de débarquer que cette manœuvre se fera facilement. Il sera bon que les colonels ou chefs d'escadrons assistent à cette manœuvre pour la simplifier s'il y a lieu.

Il faut laisser à Boulogne les écuries qui s'y trouvent, quand même elles Ureraient plus de six pieds d'eau^ comme il sera bon de fixer à Calais toutes celles qui viendraient du nord et tireraient plus de sept pieds d'eau.

Gela ne pourra être que lorsqu'on aura des idées plus positives sur les ports d'Ambleteuse, Etaples et Wimereux, qu'on pourra décider si l'on pourra faire venir toutes les grosses écuries qu'on aurait provisoirement réunies à Galais.

Il y a 29 obusiers de 8 pouces à Dunkerque, qui y sont inutiles, faites-les venir à Boulogne. 50 obusiers de 8 pouces vont être envoyés de Paris à Boulogne, ainsi on pourra en mettre sur 50 chaloupes canonnières. Il y a à Dunkerque i06 pièces de 4 qui y sont inutiles. Je désirerais, puisqu'il y a à Etaples 18 bateaux ou péniches, qu'on s'en servit, toutes les fois que le temps le permettra, pour reconnaître le mouillage et surtout la position d'appareillage. Qu'on fasse faire la manœuvre du débarquement des pièces dès qu'il y aura des bateaux canonniers installés avec des pièces de campagne.

J'ai nommé Songis, premier inspecteur de l'artillerie, et Marmont, général en Hollande. Je remplace Songis par Mortier.

Bonaparte.

Au général Soult (4).

Paris, 11 yentôse an xu (2 mars 1804).

Citoyen Général Soult, je reçois votre lettre du 8 ventôse. Je désire que vous mettiez des écuries pour 400 chevaux à la disposition des deux régiments de la brigade de cavalerie du camp de Montreuil.

Je vous prie également de me faire connaître cornbien il y a d'écuries à Calais qui ne doivent point venir à Boulogne parce qu'elles tirent trop d'eaUy pour que j'en dispose également pour la réserve de cavalerie, afin que toute la cavalerie de Tarmée ait déjà une partie des écuries qui lui sont nécessaires. Par ce moyen, il ne restera plus, à mesure que les écuries arriveront, qu'à compléter ce que chacun doit avoir.

Par l'état que vous m'avez envoyé, il résulte que nous aurions des écuries

(l)' Correspondance de Napoléon, 7682.

pour 6,188 chevaux. II faut ajouter iOOO chevaux, qui seront embarqués sur les bateaux canonniers ou sur les corvettes armées en guerre, et iOOO chevaux que fournira la flottille batave.

Nous aurions donc 8,188 chevaux.

Nos besoins se composent :

De 2,000 pour Tartillerie;

1,600 pour la Garde, compris 300 pour Tartillerie ;

600 pour votre brigade de cavalerie ;

600 pour celle de Montrcuil ;

600 pour celle de Bruges ; 1 ,800 pour la cavalerie de réserve.

Total: 7,200 chevaux.

Il en resterait donc un millier pour l'état- major, ce qui est plus que sufûsant, et les chevaux des administrations, ambulances, etc.

J'ai donné Tordre au Ministre de la marine pour la formation d'une flottille de péniches.

Faites-moi connaître si Ton a pris des mesures pour construire Técluse de chasse, ainsi que les dégradations que la mer a faites, au 15 ventôse, soit au fort en bois dit Fort-Rouge, soit aux forts de l'Heurt et de la Crèche, et si tout se prépare pour qu'au premier beau temps on puisse reprendre et terminer ces ouvrages.

Bonaparte.

Ce ne fut que plus tard, après qu'on eut découvert la passe nord de la Canche, qu'on crut trouver à Etaples un tirant d'eau suffisant et, de fait, on put utiliser ce port pour une partie des navires à grand tirant d'eau.

Au commandant de la flottille nationale, à Boulogne (1).

Paris, le 9 germinal an xii (30 mars 1804).

L'intention du Premier Consul, Citoyen Général, est qu'il soit réuni à Calais le nombre d'écuries nécessaires pour l'embarquement de iSOO chevaux de la cavalerie de réserve commandée par le général Bourcier.

Je vous prie, en conséquence, de prévenir le directeur général de la flottille de transport qu'il doit diriger sur Calais toutes les écuries qui se trouvent à Ostende, Dunkerquc et Gravelines, pour les réunir à celles qui sont à Calais. J'ai lieu de croire que ce nombre de bâtiments sera suffisant pour l'embarquement des 1 800 chevaux dont il s'agit, mais dans le cas contraire, vous voudrez bien m'en rendre compte le plus promptement possible, en me faisant connaître le supplément qui serait nécessaire.

Je vous prie de prévenir, en outre, le général Combis qu'il doit diriger sur

(1) Archives de la Marine, BB», 91. — Bureau des ports, ûottille. An xn.

E tapies les écuries destinées i porter les chevaux de la division de cavalerie du camp de Montreuil, et, sur Ostende, des écuries pour 1000 cheiraux, ainsi que des bâtiments de transport pour les bataillons. Il deTra se concerter avec le général Davout sur le nombre de ces derniers bâtiments à réunir à Ostehde.

L'intention du Premier Consul est que Ton réunisse encore à Etaples une division de chaloupés c^monnières qui sera la 5*, elle se composera des quatre bateaux de première espèce construits et en armement dans ce port, et de 14 autres chaloupes canonnières prises parmi celles qui arriveront successivement à Boulogne, lorsque cependant les quatre premières divisions de ce port seront complètes, c'est-à-dire lorsqu'il y aura dans ce port 7i chaloupes canonnières.

La 4* division de bateaux canonniers qui est destinée pour Wimereux, n'étant encore composée que de 29 bateaux d'ancienne construction, le Premier Consul désire qu'elle soit complétée avec des bateaux d'ancienne construction également et, h défaut, avec de nouveaux bâtiments.

Par une fausse interprétation de ma dépêche du 24 pluviôse, relativement aux corvettes de pêche, le chef militaire avait envoyé à Calais une section de 9 des corvettes qui se trouvaient à Dunkerque.

Vous savez, Citoyen Général, que conformément aux ordres du Premier Consul, les 81 corvettes de pèche doivent être réunies à Dunkerque, où sont passées celles qui étaient à Ostende, et je vous prie de donner des ordres pour que les 9 corvettes qui sont à Calais soient expédiées le plus promptement possible pour- Dunkerque.

Il résulte de ces dispositions. Citoyen Général :

i« Que des écuries pour iOCO chevaux et des bâtiments de transport pour les bataillons doivent être rassemblés à Ostende^ où se réuniront également les !'• et 2* parties de la flottille batave;

2® Qu'il faut réunir à Calais des écuries pouriSOO chevaux ;

3* Que les corvettes de pêche doivent toutes être envoyées à Dunkerque ;

4® Les écuries pour Tartillerie de la Garde et la division de cavalerie du camp de Boulogne, seront réunies à Ambleteusey Wimereux et Boulogne;

50 Qu'Étaples est destiné à recevoir outre la division de bateaux canonniers qui s'y trouve, une division de chaloupes canonnières qui sera la 5*, et les écuries nécessaires à l'embarquement de la cavalerie du camp d'Étaples. Le Premier Consul a remarqué que la division de bateaux canonniers qui est dans ce port n'est encore que de 29 bateaux et il désire qu'elle soit portée le plus promptement possible au complet de 36.

Du reste, son intention est que vous ne fassiez, sans un ordre spécial, aucun autre mouvement sur Wimereux, Etaples et Ambleteuse.

J'ai l'honneur de vous saluer. Degrés.

L'amiral Bruix au Ministre de la marine.

13 germinal (3 avril).

J'ai l'honneur de vous accuser réception (1 ) de votre lettre du 9 de ce mois,

(1) Archives de la Marine, BBiv, 168. — Situations de la flottille.

dans laquelle tous presciÎTez, entre autres dispositions, de rassembler à Calais un nombre suffisant de transports pour rembarquement de 1800 chenaux de la réserve conunandée par le général Bourcier, et de faire Tenir à cet effet, dans ce port, toutes les écuries qui se trouvent à Dunkerque, Gravelines et Ostende; tous prescrivez aussi de réunir à Ostende des écuries, en nombre suffisant pour rembarquement de 1000 cbevaux. J'ai transmis ces ordres au directeur général des transports, en lui obserrant qu'ils semblaient impliquer contradiction, mais que je présumais qu'il trouTerait dans ses instructions particulières les renseignements nécessaires pour lever cette difficulté. Dans sa réponse datée du i 2, le général Gombis me rend compte qu'il n'y a plus dans tout le Nord d'écuries installées que pour 1605 chcTaux, de sorte qu'en les réunissant toutes à Calais, il nous manquerait encore 195 chevaux; que nos ressources pour les compléter sont bien faibles; car il ne reste plus dans toute cette partie que 1 1 bâtiments de 30 à 50 tonneaux, primitivement destinés pour le transport de l'artillerie, mais qu'on pourra installer en écuries, que, par conséquent, il est à peine probable que nous puissions compléter les 1800 chevaux demandés pour Calais ; qu'il y a d'autant plus lieu de penser que l'ordre de réunir à Ostende des écuries pour 1000 chevaux est une erreur de bureau ; que le Ministre a sous les yeux des états de situation du 5 germinal, qui prouvent l'impossibilité de son exécution. Que, dans tous les cas, il pense que le meilleur moyen de remplir vos intentions, est de suspendre toute expédition des bâtiments du nord pour Boulogne ; d'envoyer toutes les écuries à Calais, et de laisser tous les autres bâtiments dans les ports où ils se trouvent, jusqu'à ce que le Ministre ait déterminé d'une manière plus précise leur destination ultérieiu'e.

Eu m'empressant, Citoyen Ministre, de vous transmettre ces difficultés, j'adopterai provisoirement les mesures proposées par le général Combis, et je vais donner des ordres en conséquence.

Votre lettre du 9 germinal contenait plusieurs autres dispositions relatives à la distribution de nos forces dans les ports de Boulogne, d'Etaples, d'Ambleteuse, de Wimereux et Dunkerque, j'ordonnerai leur exécution à mesure qu'elle deviendra possible. Les écuries destinées à la cavalerie du camp de Montreuil seront envoyées à Etaples dans trois ou quatre jours, comme vous me le prescrivez. Avant ce temps, la marée ne' rapportera pas assez pour faire flotter ces bâtiments.

Bruix.

Si Ton recherche les résultats pratiques obtenus aux différentes époques, tels qu'ils résultent des situations de la flottille, on trouve les chiffres suivants :

Au 25 février, on dispose d'un total de 535 bâtiments de commerce, ainsi répartis (1) :

(1) Archives nationales, carton AF»», 1191.

A Ostende 136

A Calais 38

A Dunkerque 38

Au Havre 51

A Gravelines 9

A Nieuport 3

A Boulogne 260

Total 535

Le tout pourrait porter 6,004 chevaux, mais 170 bâtiments seulement étant destinés à ce service et s'y prêtant, on dispose eflFectivement des moyens de transport pour 2,677 animaux.

Au 21 mai, 3,302 chevaux pourront trouver place sur 220 bâtiments et, au 19 juillet, 283 écuries, réparties entre Boulogne, Étaples et Calais, permettront d'embarquer 4,802 chevaux. On se trouve donc avoir à peu près comblé le déficit résultant de l'abandon de la construction des prames et réalisé au moins théoriquement le desideratum d'assurer le passage d'environ 7,000 chevaux.

A cela viennent s'ajouter les bâtiments de transport bataves au nombre de 73 et qui doivent porter non seulement 2,528 chevaux, mais encore 22,852 hommes de l'armée du général Marmont.

Ce ne sont plus seulement des bateaux de pêche, mais pour une forte part de grands navires de commerce pouvant porter jusqu'à 960 hommes, comme la Marie- Wiihelmine^ et dont 25 environ peuvent contenir 600 soldats avec 50 chevaux.

Par sa constitution même, cette flotte ne peut être rassemblée ailleurs que dans les bouches de TEscaut, et son objectif ne peut être celui de la flottille du Pas de Calais, dont le débarquement doit se faire par échouage. La flottille de guerre batave ayant été appelée à Ostende, il ne reste plus pour escorter cette masse de bâtiments marchands que les 8 vaisseaux hollandais : Brutna, Doggersbank^ Neptune^ Jeande-Witt^ Restaurateur^ Aiax^ Cheval-Marin et /m, ces trois derniers réduits à 100 ou 180 hommes d'équipage, car de gros prélèvements ont été faits pour la flottille de Verhuell.

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