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CHAPITRE III

APPROVISIONNEMENTS A RÉUNIR AU PORT DE DUNKERQUE POUR LA CONSTRUCTION DE 100 CHALOUPES CANONNIÈRES ET ÔOO BATEAUX CANONNIERS.

Art. I*'. — II sera réuni dans le port de Dunkerque, dans le courant des années xi, xii et xiii, tous les objets portés dans Tétat général joint au présent arrêté.

Art. 2. — L'étit général se divise dans les trois étits A, B, C proposés, ainsi que le premier, par le Ministre de la marine, et approuvés par le Premier Consul.

Art. 3. — La réunion des objets portés dans Tétat A devra se faire au port de Dunkerque d'ici au l^*" vendémiaire an xii.

LA PÉRIODE DE TENSION ET LA RUPTURE. iH

La réunion des objets portés dans Tétat B devra se faire dans le même port, dans tout )e cours de l'an xn.

La réunion des objets portés dans Tétat G devra se faire dans le cours de Tan XIII, au même port de Dunkerque.

De sorte qu'au 1*' rendémiaire an xiT, la réunion des objets portés dans Tétat général joint au présent arrêté se trouTera complétée et emmagasinée k Dunkerque*

Art. 4. — Au fur et à mesure que chacun des objets portés dans chacun des états arrivera au port de Dunkerque, il sera déposé dans un local ou magasin particulier, suivant sa nature. Il ne pourra en être distrait que sur Tautoris;ition du Ministre, qui, préalablement, en rendra compte au Premier Consul, en lui présentant les moyens et Tépoque présumée du remplacement des objets distraits.

Art. 5. — Le Ministre de la marine et des colonies est chargé de Texécution

du présent arrêté.

Bonaparte.

C'est seulement aussi à partir de la fin de mars que les ordres donnés par Bonaparte indiquent clairement Timminence d'une guerre. Mais il ne s'agit que d'études préliminaires à toute mesure effective, ce qui prouve l'absence de toute préparation antérieure.

Les hommes de confiance du Premier Consul, Lacuée et ses aides de camp, les colonels Lauriston et Lebrun, furent chargés de missions importantes. Le premier (1) eut, le 30 mars, Tordre d'étudier une invasion du Hanovre. Le second (2) devait se rendre au Havre, y examiner le port et spécialement les canonnières qui sont dans le bassin, visiter les défenses de Cherbourg, Saint-Malo, Granville, Morlaix, Brest, compter « le nombre de bateaux pêcheurs capables d'une traversée et plus forts que 500 tonneaux », le tout « sans inquisition et sans inquiéter d'alarme ». A Brest, Lauriston visiterait les navires et les îles du voisinage. Lebrun (3) se rendrait à Lorient, visiterait toutes les batteries de côte depuis Lorient jusqu'à la rivière de Quimper, les défenses de Belle-Isle et de 1 lie de Croix, de Noirmoutiers, Ré, Oloron, Yeu et de Rochefort (4).

(1) Lettre da^SO mars. Correspondance de Napoléon, publiée. (S) Lettre da 25 arril. Correspondance de Napoléon^ pabliéo.

(3) Lettre da 28 arril. Correspondance de Napoléon^ pablic^e.

(4) Les rapports de Laariston et Lebrun sont aux Archives Nationales, carton AFiv, 1600, Secrétairene d'Etat),

Au milieu d'avril encore, en fait de concentration de troupes, il ne s'agit que de renseignements préliminaires.

Le Ministre de la guerre à l'adjudant commandant Lomet (1).

Paris» le tS germinal an xi (18 avril 1803).

Je désire connaître quelle serait la quantité de troupes qu*il serait possible de casemer à Saint-Omer, ou de cuntonner dans un rayon de cinq lieues de cette place, et les ressources qu'il y aurait pour les faire yi\Te, tant en subsistances qu'en fourrages.

Lomet se concertera aTCc le Génie pour avoir ces renseignements et me fera un rapport.

Lettre au général Dejean pour avoir les renseignements sur les subsistances.

Alex. Berthier.

Le Ministre de la guerre au général Dejean, ministre directeur

de l'Administration de la guerre.

Paris, le t8 germinal an xi (18 ayril 1803).

Je TOUS invite, Citoyen Ministre, à me faire connaître, le plus promptement qu'il vous sera possible, si vous pensez qu'il puisse y avoir à Saint-Omer, ou dans un rayon de cinq lieues de cette place, des ressources sufGsantes, tant en subsistances qu'en fourrages, pour 30,000 à 40,000 hommes et 6,000 à 7,000 chevaux.

Alex. Berthier.

Si vous pensez qu'il se trouve des ressources en subsistances aU delî\ de ce nombre, je vous serai obligé de me dire jusqu'à quel nombre d'hommes et de chevaux on pourrait fournir les subsistances pendant la campagne.

Alex. Berthier.

Même constatation en ce qui touche les flottilles. Mais, cette fois, nous sommes en présence d'un plan éventuel.

Au contre-amiral Decrès, ministre de la marine et des colonies.

Paris, 10 germinal an xi (31 mars 1803).

JI parait, Citoyen Ministre, que nos besoins les plus pressants et les plus difficiles à satisfaire sont des avirons et des mAts pour notre flottille. On m'assure que la forêt de pins de Rouvray, près Rouen, pourrait nous en

(1) Archives de la Guerre.

fournir. On l'exploite en ce moment. U faudrait prendre des mesures pour se procurer ces bois avant qu'on sût le besoin qu*on pourrait en avoir.

Il parait que des étuves et machines à plier les bois d'orme seraient nécessaires pour la construction des chaloupes êi bateaux canonniers. On m'assure que le citoyen Danet, d'Anvers, pourrait en procurer cinq ou six, pour envoyer dans les ports de la Manche, et par la suite dans nos grands ports.

V Je désire que vous fassiez faire, avec le moins de frais possible, Parmement des dogres, heux, spricks, bélandres de la Belgique, que mon intention est de réunir sur TEsc^iut.

On pourrait prendre des renseignements sur le nombre que la Batavie pourrait fournir.

2® U faudrait voir quel est le nombre de corvettes de pèche de Dunkerque, et autres bateaux du même genre, qu'on pourrait réunir dans ce port; ce qui formerait un second rassemblement.

3^ Le nombre de chaloupes canonnières, de bateaux canonniers, de petits bateaux de pèche et de cutters qu'on pourrait se procurer pour réunir à Boulogne.

À^ Le nombre de bateaux destinés à la pèche de Granville, Saint-Malo et autres ports de la Manche qu'on pourrait réunir k Cherbourg.

5** Le nombre de gros bateaux de tous les ports qu'on pourrait se procurer à Brest, capables de naviguer avec nos vaisseaux.

6^ Le nombre de bâtiments qu'on pourrait se procurer à Bordeaux, pour Rochefort, et capables de naviguer avec nos vaisseaux.

Ces six expéditions seraient destinées à concourir au même but.

Le rassemblement qui serait fait dans l'Escaut pourrait être protégé par une escadre hollandaise qu'on pourrait réunir dans l'Escaut.

Les rassemblements qui seraient faits à Boulogne et à Cherbourg pourraient être protégés par une escadre de trois ou quatre vaisseaux de ligne français.

Je vous prie de me faire un rapport sur ces projets. Vous. pouvez consulter le citoyen Forfait, qui a déjà fait un travail sur cet objet. Présentez- moi également la nomination des officiers qui pourraient être chargés de ces six armements.

Ximagine que vous avez déjà donné des ordres pour réparer les flottilles à Dunkerque, au Havre, et dans les ports oà il y a de ces chaloupes (1).

Bonaparte.

Tant s'en fallait, et Ton va voir ce que la fausse sécurité où Ton était resté longtemps vis-à-vis de TAngleterre et Tincurie de Tadministration maritime avaient fait des ressources accumulées pendant la guerre précédente.

(1) Archives de V Empire.

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