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L. D A VOLT

Le Ministre de la guerre au Premier Consul (Bulletin analytique),

26 ventôse an xii (17 mars 1804).

Le colonel Vallongue m'annonça, par une dépèche en date du 2 ventôse, qu'outre les bateaux qui se construisent ou s'arment à Dunkerque, il s'y trouvait, le 20, 3 divisions venues d'Ostende et qu'une autre division partie depuis deux jours pour Calais, était entrée à Gravelines.

Il m'annonce aussi que, le 21, une quinzaine de bateaux de pèche, venant de Flessingue, conduits par l'amiral Verhuell, sont arrivés à Ostende et ont bravé pendant plusieurs heures le feu lointain de deux corvettes et d'un brick à qui la nouvelle batterie du musoir, où se trouvent des pièces de 36, a paru en imposer.

Ces bateaux avaient eu, le matin, un vif engagement avec le brick qui était mouillé à Blankenberghe, ils filaient entre lui et une corvette; le bateau de tète ayant aperçu le brick, s'est détourné, mais les deux suivants, par une manœuvre mal entendue, ont engagé leur beaupré à portée de pistolet du brick qui, surpris par un feu très vif de mousqueterie, a coupé ses câbles, et, profitant de l'embarras des trois premiers bateaux, leur a lâché quelques coups de mitraille qui ont mis 16 hommes du 21* régiment hors de combat et a gagné le large.

Le colonel Vallongue m'annonce que l'amiral Verhuell s'est acquis une haute estime dans cette circonstance, que les soldats étaient désespérés de n'avoir pu tenter l'abordage, et qu'au milieu des douleurs de l'anfputation, les blessés ne laissaient échapper aucune plainte et se consolaient en disant : a Nous avons fait notre devoir ».

Le camp de Bruges présente le plus bel aspect, le soldat est joyeux et bien tenu et les travaux du camp nombreux et bien entendus.

Le contre^amîrml Verhuellf commandant en chef la Hottille batave et Commissaire de la marine auprès du Premier Consul, à l'amiral Decrès, Ministre de là marine et des colonies de la République française,

Otttnde, lo 24 renlAse (15 mars 1804).

J'ai l^honneur de tous annoncer, Monsîear TAmiraly que j'ai emmené encore 13 chaloupes canonnières dans le port d'Osteade»

J'étais parti avec elles le 20 (1 1 mars) de ce moU» à minuit; à 3 h. i/2 du matin, nous rencontrâmes, à la hauteur de Heyst, troU bâtiments ennemis aTec lesquels trois chaloupes ont été engagées pendant trois quarts d'heure ; une fausse manœuvre du capitaine qui commandait le brick loi cause que ces trois canonnières s'accrochèrent Tune à l'autre, de manière qu*elle8 ne purent faire un feu aussi nourri qu'il était nécessaire; néanmoins l'ennemi nous a laissé passer librement et, à la pointe du jour, nous reconnûmes que nous avions eu affaire à deux frégates et à un brick bombarde, et que le brick aTÛt été tellement endommagé par le feu des chaloupes, qu'il fut une heure avant de pouvoir suivre les autres bâtiments ; nous fûmes escortés par eux jusque devant Ostende où ils recommencèrent une canonnade qui dura plus d'une heure, sans faire le moindre effet.

Le vent était sud-est, de sorte qu'il leur laissait la liberté de se retirer et non pas de revenir.

La force batave qui se trouve actuellement ici, consiste en 17 chaloupes canonnières et 16 bateaux canonniers ; demain ou après-demain j'aurai encore 56 bateaux canonniers qui passent par l'intérieur.

J'espère que je serai bientôt en état de rassembler la seconde partie dans le

port d'Ostende.

Yeruuell.

Exaspérés par ce succès, les Anglais essayèrent de détruire les canonnières bataves au mouillage.

Le général de division Mounet» commandant supérieur de la place de Flessingue et de nie de Walcheren, au Ministre de la guerre.

Au quartier général de Flessingue, le 4 germinal an xu

(25 mars 1804).

Citoyen Ministre,

J'ai l'honneur de vous prévenir que l'ennemi est venu attaquer, avee 7 péniches, dans la nuit du 2 au 3 germinal, une canonnière hollandaise qui était en station à Colyns-P lacet. Ile de Nord-Bévéland, en face de l'Ue de Schouwen. Ces péniches avaient essuyé, avant, le feu des batteries de West- Cappell, du fort de Haack et des patrouilles de la côte. La canonnière s'est

(I) Archives de la Marine, BB>^ idh

parfaitement bien défendue, Tennemi est Tenu k Tabordage et, après deux heures de combat très Tif, Téquipage, après avoir perdu une partie de son monde, entre autres le capitaine et le lieutenant, a été obligé de se rendre.

Le commandant anglais a commis un acte d'atrocité sans exemple, en faisant jeter à la mer le capitaine de la corvette encore vivant, quoique blessé dangereusement. Mais Tennemi n'a pas joui longtemps de son triomphe : le commandant de Zeirikzée, qui avait entendu ce combat, était sous les armes et à ses batteries; il Ta canonné vivement lorsqu'il a voulu emmener la canonnière, il a mis des troupes à bord du stationnaire devant Zeirikzée, auquel il a donné Tordre d'aller combattre l'ennemi. Un nouveau combat s'est engagé et l'ennemi a lâché prise ; il a été si maltraité qu'il s'est enfui et eut deux de ses péniches si criblées qu'elles ont coulé.

Le résultat de cette affaire fait beaucoup d'honneur à la marine batave et au chef de bataillon Cartier, qui a déployé dans cette circonstance beaucoup d'énergie et d'activité.

Je dois vous exposer. Citoyen Ministre, que le chef de bataillon Cartier est un officier réformé, qui était venu à Flessingue à la suite du général Poinsot, et à qui j'ai donné le commandement de l'Ile de Schouwen, pour utiliser son zèle et ses talents, et de la conduite duquel j'ai été satisfait depuis trois mois qu'il a ce commandement important. Je demande donc pour lui. Citoyen Ministre, que vous le remettiez en activité pour qu'il puisse toucher son traitement, vu qu'il ne reçoit que son traitement de réforme, et que c'est moi qui l'ai soutenu dans ce poste jusqu'à ce moment.

J'ose espérer. Citoyen Ministre, que vous voudrez bien adhérer à cette juste demande.

J'ai l'honneur de vous saluer. Mounet.

Rentré à Flessingue, Verhuell reçut Tordre (1) de partir le plus tôt possible pour Ostende avec la 2® division qui, prête depuis le 23 février, au nombre de 53 bateaux et 8 chaloupes, n'avait été retardée que par le manque d'équipages (2).

C'est avec une grosse masse de 68 bâtiments de guerre, dont 2 prames françaises, que l'amiral hollandais montra réellement, par le brillant combat du IS mai, que la force militaire d'une flottille n'était nullement négligeable.

(1) Correspondance de Napoléon du 17 avril.* {Archives de la Guerre,) (t) Lettre de Verhuell (Archives nationales y AF", ItOl).

Le 13 mai, ily a :

ir* dlTifiion : IS chaloupes et 36 bateaux à Ostende, moins le n* 16 ; t* division : 18 chaloupes^en rade de Rannekens, et 36 bateaux à Ostende; 3* division : 13 chaloupes à Flessingue, en partie sans garnisons, et 36 bateaux en rade de Rannekens ; 4* division : 26 bateaux en rade de Rannekens, dont t sans garnisons. >

Le contre^Amiral Verhuell, commandant en chef de flottille batave et commissaire de la marine auprès du Premier Consul, k l'amiral Decrès, ministre de la marine et des colonies à Paris (i).

Ostende, le 26 floréal (16 mai 1804).

J'ai rhonneur de tous rapporter. Monsieur l'Amiral, que, dans la soirée du 24 floréal (14 mai), le vent se mit à Test. A 3 heures après minuit, je me rendis k bord de ma canonnière ; à 4 heures, je fis faire le signal d'appareillage, et i 5 heures du matin, nous mimes à la Toile avec 2 prames, 19 chaloMpei canonnières et 47 bateaux, avec une jolie brise du sud-est ; mais nous ne fûmes pas encore arrivés à hauteur de la passe de TÉcluse que le Tent passa avec tant de rapidité d'abord au sud et ensuite au sud-ouest, qu'il nous força de mouiller et d'attendre une occasion plus favorable ; heureusement qu'il ne ventait que petit frais ; par ce moyen, nous pûmes rester dans cette position. Je formai la ligne d'embossage et fis tout préparer en cas d'attaque des escadres ennemies. Hier (i5 mai), au matin, le vent s'étant remis au sud-est, nous appareillâmes à la pointe du jour et fîmes route jusqu'à hauteur de Heyst. Le vent, ainsi que la veille, se remit dans la partie du sud-ouest et m'obligea à rebrousser chemin ; je Tirai pour regagner File de Cadzand, afin d'avoir un mouillage ; je ne faisais point de voiles pour donner le temps aux bateaux canonniers de se rallier ; je formai la ligne, de bataille. Sur ces entrefaites, 2 voiles ennemies firent chasse sur nos bâtiments de Carrière et virèrent de bord pour couper de la ligne 2 bateaux canonniers de tarrière-garde, qui se trouvaient sous la c6te ; voyant qu'ils gagnaient sur ceux-ci, je fis également le signal de revirer de bord, afin de couvrir ces deux embarcations, mais, avant de pouvoir les atteindre, j'eus le déplaisir de voir qu'un des bateaux manoeuvra de manière à faire croire qu'il avait t intention de tomber au pouvoir de Vennemi : il baissa le pavillon et serra ses voiles sans avoir tiré un seul coup, et ce qu'il y a de plus étonnant, c'est que ce bateau avait sa garnison à bord. Pris d'indignation, je fis force de Toiles et, ma chaloupe étant doublée en cuivre, par conséquent assez bonne marcheuse, je sortis de la ligne et m'avançai sur le brick et la frégate et, leur tirant plusieurs coups de mes pièces de chasse, je commençai l'engagement ; les autres bâtiments avancèrent et nous le continuâmes pendant quelque temps ; le vent se remit au sud et sud-est et les deux voiles ennemies reprirent le large. Je considérai donc, malgré le cha^ grin que j'éprouvai de devoir laisser une proie à l'audacieux Anglais, que mon principal but devait être de conduire cette seconde partie de la flottille à Ostende, car si j'aTais touIu suivre mon penchant et courir sur l'ennemi pour reprendre le bateau, j'étais forcé d'abandonner la côte; le vent étant à retourner, je devais craindre de ne pouvoir la regagner et risquais de me jeter sur toute la force anglaise, car déjà nous avions reconnu 4 bâtiments au travers de nous, qui forcèrent de voiles pour nous atteindre ; et, ne voulant point leur faire croire que ce fussent eux qui nous le faisaient faire, je pris la résolution

(1) Archives de la Matnne, BB', 191.

de faire route sur Ostende, arrivé sur la hauteur de Heyst, à peu près h 2 heures après midi, laissant, avec la marée montante, la facilité à Tennemi de nous approcher, s^il en avait le désir. La frégate et le brick reprirent voiles sur nous ; la canonnade recommença ; elle fut continuée avec vivacité de part et d'autre. A ces 2 bâtiments anglais se joignirent encore 2 frégates, 2 cutters et le vaisseau de ligne C «l Antilope », monté par le commandant Sydney Smith» Alors Faction commença avec toute la chaleur possible ; ces bateaux nous lâchèrent tour à tour leur bordée. J'avais la satisfaction de voir que l'artillerie légère, qui nous avait suivis et soutenus vivement, faisait un feu nourri sur Tescadre anglaise ; le brick, qui se battait avec acharnement, fut trois fois obligé de quitter la ligne pour réparer les avaries qu'il recevait ; son mât de perroquet fut cassé et ses voiles percées de toutes parts. Une des frégates souffrit beaucoup par le fôu de la prame, la Ville-d* Anvers, commandée par le lieutenant de vaisseau Dutaillis, qui était à la queue de la ligne et couvrait 2 bateaux canonniers qui étaient un peu en arrière ; cet officier s'est conduit avec toute la bravoure possible et n'a cessé son feu qu'après avoir consommé toutes ses munitions ; alors il fut obligé de se porter sur la côte. Plusieurs chaloupes ont été assez considérablement endommagées ; quelques-unes ont quelques avaries à leur gouvernail, par le recul de la pièce de l'arrière, de sorte qu'on n'était pas en état de gouverner les bâtiments, ce qui fut cause qu'arrivé à hauteur de Wendume, étant près de la côte, ils touchèrent le sable, et la marée descendante empêcha de les mettre à flot.

J'ai donc l'honneur de vous rapporter, Monsieur le Ministre, que 1 prame, ii chaloupes canonnières et 43 bateaux canonniers sont entrés dans le port ; que l'autre prame, 7 chaloupes canonnières et 3 bateaux canonniers se sont ensablés un peu en deçà de Blankenberghe ; le vent étant actuellement à l'ouest, il ne leur sera pas possible d'arriver ici ; je leur ai envoyé l'ordre de se rendre à l'Écluse ou bien de retourner à Flessingue.

J'ai lieu d'être également content de la conduite des troupes françaises, des commandants des prames et des équipages bataves dans cette traversée. Cependant, deux des officiers commandants de chaloupes canonnières n'ont point fait honneur au caractère dont ils étaient revêtus.

Verhuell.

Rapport du conire^&miral Verhuell, commandant en chef de la flottille batave et commissaire de là marine, au Premier Consul de la République française (1).

Flessingue, le 17 germinal an xii (27 avril 1801),

Dans l'après-midi du 20 ventôse, vers le soir, je reçus les pilotes de TEscaut pour emmener les bateaux canonniers par l'intérieur ; cela me décida à partir cette même nuit avec la division des chaloupes canonnières. J'avais observé au couchant du soleil que l'ennemi avait pris sa position dans les Wielingue avec

(1) Archives nationales, carton AF>^ 1201, rapports des Ministres, marine et colonies, flottilles, correspondance et états de situation, an viu, an xu.

i Taisseau de ligne, 2 frégates et 1 cutter, un peu au nord, et que plusieurs autres bâtiments étaient devant Schouwen ; de manière que je pouTais passer par rinner-Wielingue, en n*exposant la division qu'à un feu de file, qui ne pouvait être d*une conséquence majeure, certain que Tennemi ne serait pas en état de me couper le passage ; je m^étais assuré de cela par les calculs de la marée. Je donnai iur-le-champ aux commandants Tordre de marche, dont j'ai Fhonneur de vous adresser ci-joint une copie ; je me rendis à minuit à bord d*un des chasseurs, bon Toiiier ; à 1 heure, je fis faire le signal d'appareillage ; à 2 heures, j'avais rallié toute la ligne et nous entrâmes dans le passage des Wielingue ; je me plaçai à côté du premier bâtiment de la ligne. A 3 h. i/2, le conducteur de la ligne, le capitaine de frégate Heyneman, se mit en travers, le cap au nord et héla qu*il découvrait des vaisseaux ennemis en avant. Je lui répondis à Tinstant de remettre le cap à l'ouest pour gagner la terre de plus près, ce qui me mettrait en état de porter à l'ennemi la bordée de toute la ligne en faisant route ; cet ordre fut exécuté pendant un instant, et déjà nous recommencions à serrer la côte de plus près lorsque, tout d'un coup, le conducteur déjà nommé se remit encore une fois de travers, le cap au nord, ce. qui était encore une direction contraire à la seconde canonnière ainsi qu'à celle que je montais. Je lui réitérai aussitôt Tordre de virer vers la terre, mais il était trop tard et, étant très près les uns des autres, il devint inévitable de s'accrocher, ce qui arriva l'instant d'après, d'une manière assex rude, parce que les bâtiments étaient dans une direction contraire contre un courant extrêmement rapide. Pendant que ce malheureux désastre nous survenait, le reste de la ligne ayant entendu mes ordres, nous passa sous le Tent; la position baroque des trois canonnières Tempécha de voir l'ennemi et elle serra la côte. Les canonnières accrochées n'obéissaient plus au gouTernail; l'obscurité de la nuit rendit cet événement encore plus fâcheux, et le superbe coup, de faire éprouver à Tennemi le feu de toute la ligne, manqua dans cette situation, par la position des trois bâtiments, presque sans défense dans ce moment ; il ne me resta d'autre ressource, pour ne point compromettre l'honneur de mon pavillon dans un moment aussi critique, que de me jeter, suivi de mon brave secrétaire et de mon adjudant, dans une chaloupe pour gagner une autre canonnière, afin de ramener toute la ligne au secours des trois chaloupes et de les tirer de leur cruelle position ; j'étais entre elles et les bâtiments ennemis. Le feu devint assez vif ; mais la position des premières canonnières ne leur permit de se servir de leur artillerie que lorsque les trois bâtiments tombèrent presque vent arrière ; alors les grenadiers du H* qui étaient à bord du chasseur, purent faire un feu de mousqueterie et servir les caronades de 6 ; la seconde canonnière fit aussi usage de sa pièce de 12. Ce mouvement, occasionné par la force du courant et la coupure de quelques cordages, contribua bientôt à débarrasser les canonnières et alors Tennemi essuya un feu assez vif. J'avais gagné, non sans beaucoup de peine, une autre canonnière et j'avais fait ramener les voiles quand les canonnières étaient libres ; la petite pointe du jour nous permit de distinguer que Tennemi restait en arrière, sans même avoir Tair d'avoir envie de nous suivre.

Bientôt après, toute la ligne fut ralliée et longea la côte dans le meilleur ordre ; 2 frégates, 1 brick et 1 cutter anglais nous suivirent et recommencèrent le feu, qui fut répondu par les nôtres jusqu'à Ostende, mais ils se

tinrent à trop grande distance pour s'endommager de part et d*autre. Je fis mouiller la division en ligne de Imtaille ; alors Tennemi fit différentes bordées, de l'autre côté du banc le Strom, faisant une canonnade très suivie, à laquelle nous répondîmes avec les pièces en chasse, ayant fait faire le signal pour présenter le devant en embossage.

Le feu des différentes canonnières était très bien réglé, de manière que les bâtiments ennemis ont été plusieurs fois forcés de gagner le large ; plusieurs de leurs obus nous dépassèrent, ce qui me fit regretter de ne pouvoir pas faire de même. A midi, la canonnade cessa et la division entra dans le port.

L'affaire de la nuit coûta au chasseur 2 mort& et 4 blessés, et 4 morts et 8 blessés à bord du conducteur.

Je n'ai pas pu m'empécher de désapprouver hautement la conduite du capitaine Heyneman, tant par rapport à la fausse manœuvre qu'il fit la nuit, que parce qu'il entra avec trop de précipitation dans le port en face de l'ennemi, de manière qu'il reçut beaucoup d'avaries, n'ayant pas pris assez de précautions ; je lui ai témoigné mon mécontentement et demandé au conseil de la marine de le placer ailleurs, afin de lui apprendre h être plus prudent dans ses manœuvres et d'agir, i l'avenir, ayec plus de sang-froid dans les circonstances où l'officier doit inspirer, par sa tranquillité, la confiance à son équipage.

Verhiell.

La version anglaise de ce combat très remarquable mérite d'être citée :

Copie d'une lettre du trèa honorable lord Keith, amiral de la division bleue, etc., à Guillaume Maraden, Secrétaire de l'Amirauté (I).

Mercredi 23 mai.

Monsieur,

Par la présente, je tous transmets pour être communiquée à leurs seigneuries une lettre reçue aujourd'hui du commandant le cheTalier Sidney Smith, par laquelle il m'informe que la flottille de Flessingue était sortie de ce port le 16 de ce mois pour opérer la réunion avec celle d'Ostende et que la majeure partie avait réussi à atteindre leur destination malgré les mesures rigoureuses employées par le commandant pour s'opposer à ce projet. Cet événement ne peut être attribué qu'au peu de profondeur et au désavantage qu'eurent les vaisseaux de Sa Majesté d'être exposées aux2effets de l'artillerie ennemie, car il parait que le commandant n*a négligé aucun effet praticable pour déjouer les ennemis et qu'il a été secondé brayement par tous les officiers sous son commandement.

Signé : Keith.

(1) Archives de la Marine, BB<, 191.

Rapport de Sir Sydney Smith (i).

Des renseignements nombreux et l*état de préparation de Fennemi à Helyoëtf Flessingue et Ostende, annonçant un mouTement général, j'ai renforcé de i nalire le capitaine Manby deTant Hehoët et envoyé le capitaine Handcok, du Cmixer, combiner ses opérations nouvelles a^ec celles du Rattler et des bateaux canonniers devant Ostende. V Antilope, la Pénélope et V Aimable occupaient une position centrale en Tue de Flessingue et d'Ostende, attendant impatiemment de Toir apparaître Tennemi. Hier à 5 h. 1/i du matin, j'appris du capitaine Handcok que la flottille ennemie sortait du port d*Ostende avec Si bateaux à un màt et 1 sbooner. A 7 b. i/i, je ris la flottille de Flessingue, forte de 59 Toiles, 2 prames, 12 shooners et 38 bateaux canonniers, longeant la côte Ters Ostende dans des conditions qui me permettaient d'espérer agir. Je signalai au Cruizer et au Rattler que Tennemi était à Test sud-est. L'escadre appareilla avec le flot et s'attacha aux navires lourds, les suivant sur les

bancs Les capitaines Handco)^ et Mason attaquèrent la formidable ligne

ennemie axec la plus grande énergie, s'attachant particulièrement aux 2 prames, toutes deux plus fortes qu'eux, sans parler du feu croisé des chaloupes et des bateaux; j'envoyai V Aimable à leur secours. La Pénélope, grâce à un excellent pilote, se dirigea sur le centre ennemi aussi loin que la profondeur de l'eau le permit, tandis que V Antilope contourna le Stroom Sand pour couper l'avant-garde d'Ostende.

Malheureusement, nos canonnières n'étaient pas en Tue, ayant été occupées à empêcher la division d'Ostende d'intervenir. L'ennemi tenta de retourner à Flessingue (?), mais, harcelé par le Cruizer et le Rattler et le Tent venant de l'est, il fut obligé de risquer le tout pour le tout, en serrant la cûte sous la protection des batteries. L'Antilope ayant pu passer en dedans du Stroom Sand, put attaquer la tète des bâtiments ennemis avant leur arrivée à Ostende. Le bateau de tête amena de suite et fut abandonné par son équipage, mais fut sauvé par les suivants. L'artillerie de la Tille et du camp, les bateaux qui sortaient à la rame du port commencèrent un feu nourri et bien dirigé pour Tenir en aide à la flottille, mais nos boulets tombant à terre sur l'artillerie à cheval firent cesser son feu un moment. Ce fut néanmoins de la cOte que nous fûmes le plus incommodés, car les canonnières et les bateaux canonniers qui serraient la côte, ne pouvaient diriger leur avant vers nous sans interrompre leur course et ne l'osèrent pas ; leurs canons de flanc, quoique nombreux et bien servis étaient de faible calibre.

De cette façon, la Pénélope et V Antilope combattirent de 2 à 8 heures le long de la ligne, tandis que V Aimable, le Cruizer et le Rattler pressaient l'arrière-garde.

A 2 heures, une prame amena son pavillon et se jeta à la côte, mais les artilleurs de terre vinrent à bord et recommencèrent le feu contre V Aimable

avec la précision d'une batterie de terre, causant ainsi de graves avaries

Plusieurs bateaux mis à la côte furent sauvés par les troupes de terre. A

(1) Annual Register,

8 heures, la marée baissant et nous laissant à peine assez d*eau, nous fûmes obligés, aTec regret, de gagner des fonds plus Considérables, de sorte que ceux des nayires ennemis qui n'étaient pas échoués ou trop maltraités purent gagner Ostende {i)

Les pertes sont : sur V Antilope » — 2 blessés.

Pénélope 3 tués À —

Aimable 7 — 14 —

Cruiter i — 4 —

Total : 2 sous-officiers, 11 hommes tués.

1 lieutenant, 1 payeur, 4 sous-officiers, 26 hommes blessés.

(1) Ostende, le 28 floréal an xii (18 mai 1804).

État des bâtiments de la flottille balave, arrivés à Ostende le 26 floréal an xii.

Cbàloupbs canomkibrbs.

2* division. — V section : capitaine Gerbrands. Naméros. Noms dei bâtiments. Grade des eommandanu. Noms des. commandants.

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