L. Davout
L. Davout, général de la garde du Gouvernement, commandant en chef le camp de Bruges, au général Dumas,
chef de rétat-major général.
Au quartier général à Osteude, le 21 ventôse an xii
(12 mars 1804).
Je reçois à l'instant, mon cher Général, votre lettre du 20.
L'amiral Verhuell est arrivé ce matin avec 13 chaloupes canonnières ; il a eu une rencontre très chaude avec l'ennemi à la pointe du jour; on s'est combattu à portée de mousqueterie : nous avons perdu A hommes et eu 7 ou 8 blessés. Un brick anglais a dû beaucoup soufi'rir, car il n'a pas été en état de continuer
(1) Archives nationales, carton âFi\ 1599, guerre, armées contre l'Angleterre, expéditions de Tan vi, de Tan viii, de Tan xu.
sa route et a été obligé de mouiller. Il aurait été vraisemblablement pris» si les 3 chaloupes qui l'ont combattu, n'avaient pas engagé leurs m&ts les uns dans les autres. On a eu, par la retraite du bâtiment ennemi, tout le temps de les dégager, et il n'en est résulté aucun accident.
L'amiral se loue beaucoup de l'ardeur et du courage de nos soldats qui demandaient à toute force l'abordage ; il a mouillé avec tous ses bâtiments vers les 9 heures du matin; plusieurs corvettes anglaises et frégates sont venues les canonner, mais sans aucun succès. Les chaloupes à la marée sont entrées dans le port ; cette affaire a fait un très bon effet dans l'esprit de nos soldats.
Les S8 bateaux canoniers sont partis ce matin de Flessingue pour Anvers ; les vents n'étant pas très favorables, ils mettront bien deux jours pour y aller. Venez nous rejoindre, mon cher Général, et laissez vos dernières instructions à Combes.
L'arrestation de Georges a dû vous faire bien du plaisir.
Amitié.