‹ 17941830Chapitre 28 sur 118 · FAITS DIVERS · texte numérisé non relu

FAITS DIVERS

frères el sœurs ne succèdent pas... — 11 n'y aura point de domesticité : celui qui travaille pour un citoyen est de sa famille et mange avec lui.... — Dans toute révolution, il faut un Dictateur pour sauver l'État par la force, ou des Censeurs pour le sauver par la vertu. »

$ 52. — Faits divers.

Pour ne pas ralentir ou compliquer le récit du 9 thermidor, nousavons écarté quelques faits intéressants, que nous allons reprendre rapidement.

La coalition en général, et spécialement le Gouvernement Anglais, désiraient et provoquaient si vivement l'assassinat de Robespierre comme seul moyen de perdre la République, que, dans des bals masqués à Londres, on permettait de présenter publiquement deux masques , dont l'un représentait Robespierre et l'autre Charlotte Corday le poursuivant avec un poignard... Et les journaux Anglais publièrent cette provocation à l'assassinat.

On se rappelle sans doute l'Armoire de fer et le serrurier Gamin, qui donnait des leçons de serrurerie à Louis XVI. qui a fait et dénoncé cette armoire : le 7 floréal an 2 (27 avril 1794) il adressa à la Convention une pétition dans laquelle il exposait que :

- Le 22 mai 1792 , Louis XVI l'appela de Versailles pour lui faire faire cette armoire. Aussitôt l'ouvrage fini, le Roi (d'autres disent que c'est la Reine) lui apporta lui-même un grand verre de vin... Quelques heures après (retournant à Versailles), il fut pris d'une colique violente... Quelques cuillerées d'élixir ( données par un pharmacien) lui firent rendre tout ce qu'il avait bu et mangé... Mais une maladie terrible, qui a duré U mois, l'a mis hors d'état de travailler pour soutenir sa famille. »

Après un rapport foudroyant contre Louis XVI, la Convention rendit le décret suivant :

« F. Gamin , empoisonné par Louis Capet , jouira d'une pension de . ■1,200 francs, à compter du jour de V empoisonnement. »>

Nous ne dirons rien de la fête de la Fédération ou du 14 juillet,qui n'a consisté qu'en chants de victoire et en mu-

siqucdans le Jardin National (des Tuileries); ni d'une fête en l'honneur de Châtier, Maire populaire de Lyon , que les Girondins et les Royalistes ont condamné pendant l'insurrection Girondine, dont la tête n'a été tranchée qu'au quatrième coup, et qui, au 3me , a demandé qu'on lui attachât une cocarde tricolore; ni des fêtes pour conduire au Panthéon les jeunes Barra et Viala , le Représentant du Peuple Fabre de l'Hérault , tué à l'armée des Pyrénées , et le pavillon du Vengeur (p. 21).

Mais nous ne pouvons passer sous silence les repas civiques ou fraternels, commencés en juillet, pendant le redoublement des exécutions : les tables étaient dressées dans les rues, devant les maisons ; et les domestiques s'y asseyaient avec leurs maîtres, sur le pied de l'égalité... On soupçonna bientôt que c'était une invention et un piège de l'Étranger et de l'Aristocratie, qui croyait trouver là un moyen facile de se populariser en affectant les principes de fraternité . . . Aussi , la Commune et le Comité de Salut public blâmèrent cet usage et fient remarquer que les Aristocrates n'en étaient pas moins Aristocrates, puisqu'ils conservaient leurs domestiques , et les traitaient toujours en maîtres dans l'intérieur de la maison .

Néanmoins, le sentiment de fraternité que pouvaient exciter ces repas civiques était aussi sincère dans le peuple qu'hypocrite chez les Aristocrates ; les principes de morale , de probité, de dévouement patriotique, proclamés dans les (liscours de Robespierre, de Saint-Just, de Barrère et de Billaud , avaientrapidementintroduitdans la population , chezles femmes comme chez les hommes, les mœurs et les vertus républicaines. La disette ne cessant pas, on s'imposait un carême civique; les montagnards Basques envoyaient leurs jambons à leurs frères les Parisiens ; les Jacobins portaient des sabots pour envoyer leurs souliers à leurs frères des armées.

% Ces Jacobins, qui donnaient l'impulsion pour toutes les pratiques de morale et de probité, on les calomniera désormais comme Robespierre : on dira que huv devise liberté,

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