VENDÉE ET BRETAGNE
de places prises, Venloo, Maastricht, etc., nous arrivons au Rhin avec Jourdan et Pichegru, vers le milieu d'octobre.
Les Autrichiens etlesPrussiens,qui setrouventplushaut, du côté des Vosges, sont aussi forcés de repasser la frontière -r et la Coalition ne possède plus sur la rive gauche du fleuve que Luxembourg et Mayence, qui sont aussitôt bloqués.
Sur la frontière des Alpes, le 9 thermidor a suspendu Inexécution d'un plan d'invasion en Italie, que Bonaparte avait remis à Robespierre jeune, et que le Comité de Salut public avait adopté.
« Bonaparte est même accusé, dit M. Thiers, d'être complice des Robespierre à cause de la confiance que ses talents et ses projets ont inspirée au plus jeune des deux frères. »
Cependant les Autrichiens elles Piémontais sont repoussés avec perte par Bonaparte, lorsqu'ils veulent reprendre Gênes.
Quant aux Pyrénées, les Espagnols sont toujours repoussés ; l'Espagne est même envahie.
Et tous ces succès militaires sont incontestablement le résultat des principes et des systèmes adoptés par Robespierre, Saint- Just, et l'ancien Comité de Salut public.
§23. — Vendée et Bretagne.
Nous avons vu Robespierre et le Comité de Salut public étouffer la dangereuse guerre de la Vendée. Mais le 9 thermidor ne peut manquer de ranimer l'espérance des Vendéens et des Chouans... Aussi la guerre civile continue sousr. les ordres de Charette, Stofflet, Sapineau , qui, réunis à Ja lais, se confirment réciproquement leurs commandements,, et reconnaissent l'autorité et la direction d'un Conseil supérieur. Mais ce n'est plus qu'une guerre de dévastation locale, les coloncs républicaines, retranchées dans 14 camps,, se bornant à brûler les bois et les villages, et les Vendéen* se bornant à égorger tous les Républicains qu'ils peuvent surprendre et enlever.
En Bretagne, M. de Scépeaux commande une petite armée sur la rive droite de la Loire.... Mais les Chouans , répandus partout par bandes de 30 à 50 , commettent toutes sortes de brigandages, d'incendies, de vols et.d'assassinats, qui terrifient et désespèrent les habitants républicains. — M. dePuysaie, que nous avons vu commander l'avant-garde de l'insurrection Girondine à Caen (T. III, p. 425), commande tous ces Chouans, se concerte avec les Prêtres et les Seigneurs, organise un Comité central, qu'il préside en qualité de Général en chef, prépare une insurrection générale qui formera quatre grandes Divisions, et se dispose à appeler les Anglais et l'un des Princes français.
§ 24. — Reprise des Conspirations des Bourbons.
Monsieur, àevenu Régent, a sa Cour à Vérone, en Italie. Le Prince de Condè commande, vis-à-vis Strasbourg, tous les Émigrés qui veulent se battre. Le Comte d'Artois est revenu à Arnheim, en Hollande, au quartier-général anglais du duc d'York, après avoir parcouru l'Europe.
L'Impératrice de Russie lui a fait une magnifique réception à Saint-Pétersbourg, lui a donné une épce, une frégate, un million et le Comte de Vauban , en lui promettant d'autres secours s'il descendait en Vendée : mais il n'a pas voulu tenter la descente.
L'Autriche, la Prusse et l'Angleterre, ayant refusé de reconnaître le Régent , les Bourbons sont bien convaincus maintenant que la Coalition ne travaille pas pour eux, mais pour elle., qu'elle veut démembrer la France si elle est victorieuse, et reconnaître la République si elle est vaincue. — Mécontents des Coalisés et surtout de Pitt, qu'ils appellent le perfide Anglais , divisés entre eux , sans accord et sans discipline , les trois Princes français et les Émigrés n'ont plus d'espoir que dan s la guerre civile et la contre-révolution : mais le 9 thermidor ranime leurs espérances ; et leurs correspondances, leurs intrigues et leurs conspirations, suspen-