ARTS ARISTOCRATIQUES ENCOURAGÉS
litique doit avoir beaucoup de part a cette guerre. Employons tour à tour V humanité, la vertu, la probité, la force, la ruse, et toujours la ' dignité qm convient à des Républicains. »
Ces principes sont admirables, assurément : mais nous ne doutons pas que Robespierre les aurait appliqués , et avec plus de succès que pesonne, dès que le moment serait arrivé pour la Bretagne et la Vendée.
§10. — Encouragements pour les arts aristocratiques.
Tranquille maintenant sur son existence, la Convention thermidorienne s'occupe des arts et des sciences. Mais, tandis que les Jacobins voulaient favoriser les arts populaires qui servent aux plaisirs et à l'utilité du Peuple entier, les Thermidoriens, les Girondins et les Royalistes, veulent favoriser surtout les arts de luxe qui ne servent qu'aux plaisirs de l'Aristocratie.
Le Musée s'enrichit des tableaux de l'école flamande conquis ou enlevés ou volés en Belgique Le Lycée , fermé
pendant la Terreur, lorsqu'il s'agissait uniquement de faire la guerre, est rouvert à la Jeunesse dorée, à qui les Thermidoriens distribuent des cartes aux frais du Trésor ; etLaHarpe, qui, précédemment, y préconisait la Philosophie et la Liberté, coiffé du bonnet rouge, y vient déblatérer maintenant contre l'anarchie, la Terreur, le Philosophisme et l'avilissement de la langue. — La Convention accorde des pensions à tous les gens de lettres, à tous les savants, et surtout aux adversaires de la Révolution. — Enfin, on décrète des Écoles primaires pour le Peuple, des Écoles centrales pour la Bourgeoisie, des Écoles spéciales de médecine, d'art vétérinaire et de droit, indépendamment de Y École normale pour former des professeurs. Mais ce nouveau système d'instruction publique est loin d'être aussi populaire et aussi démocratique que les systèmes précédents de Condorcet,de Lepelletier, de Robespierre et des Jacobins.
Les Thermidoriens pensent aussi à créer des manufactures , une surtout pour l'horlogerie , des banques et des ca-
naux. — Les spectacles sont rouverts ; mais c'est la Jeunesse dorée qui remplit le parterre ; ce sont les femmes et les maîtresses des Thermidoriens enrichis, la Cabarus et ses jolies compagnes , qui remplissent les loges ; ce sont des pièces thermidoriennes qu'on y joue pour faire applaudir toutes les allusions contre Robespierre, les Jacobins et la Terreur ; c'est le Réveil du Peuple qu'on y chante avec fureur, en proscrivant la Marseillaise.-— Les bals publics sont rouverts aussi ; mais ce sont les beaux bals aristocratiques, les bals à la victime, où tous les danseurs portent un crêpe au bras, donnant ainsi le scandale de danser pendant le deuil de leurs familles.
$11. — Plaisirs de l'Aristocratie .
Nous avons déjà parlé de la corruption thermidorienne (p. 162) ; nous venons de parler des spectacles, des concerts et des bals. Maintenant que l'hiver est arrivé , le plaisir est une véritable fureur pour les Thermidoriens, leurs femmes, leurs maîtresses, les filles, toute la jeunesse aristocrate et bourgeoise.
Plus de 3 milliards, a dit Saint-Just (T. 111, p. 50i) ont étâ dilapidés depuis la Révolution ; l'agiotage, les fournitures, les spéculations sur les assignats et sur les biens nationaux, les concussions etles pillagesdans les réquisitions, dansles biens d'émigrés , dans l'argenterie des églises , ont créé des fortunes nouvelles et colossales ; Ouvrard, l'un des adorateurs de la Cabarus, a déjà des millions et se trouve acquéreur du Raincy.
Tous ces enrichis, tous ces parvenus, tous ces agioteurs, ces fournisseurs, ces concussionnaires, ces pillards et ces voleurs , se réunissent chez la Cabarus ou Madame Ta 1 lien , et consomment une partie de leurs richesses en plaisirs , en orgies, en débauches, en concerts, en bals, en spectacles, en festins, en fêtes au Raincy, où l'on étale de nouveau tout ce que le luxe de l'ancienne Cour pouvait imaginer d'indécent et ' de corrupteur!—- C'est ccque les Thermidoriens appellent ra-