X SP! K A T 1 0 S ROYALISTE
Luxembourg , de Meudon , de Vjnçenijes , du Temple, pour servir de quartier-général , de Montmartre pour y établir une batterie; — mettre à prix les têtes des Directeurs ; — consigner les Conseils ; — arrêter les principaux Jacobins; — rétablir les cours prévôtales et la potence;— saisir les presses ; — préparer des grenades pour les jeter au milieu des attroupements; — faire illuminer pendant deux nuits; — . envoyer dans les provinces des Préfets royaux. »
La proclamation de Louis XVIII porte :
« La Providence a permis , pour Y instruction des Rois et la punition des Peuples, que le royaume fût bouleversé par des factieux. .. (Alors comment peut-on crier contre ce qu'a permis la Providence ?) Mais cette même Providence a daigné jeter un regard de commisération sur l'Empire... Les Français sont revenus aux sentiments d'amour pour leur légitime Souverain... *
Que de niaiseries, après sept ans de résolution !
Les instructions de Louis XVIII, datées de Vérone le 25 février 1 700, indiquent trois moyens principaux d'accroître l'influence du parti royal :
• Écarter des administrations les chefs régicides et Jacobins; — travailler a assurer le succès des nouvelles élections ; — gagner les Députés du Ventre. »
On indique, pour le Gouvernement provisoii e, les Ministres Benezech et Cochon, les Députés Simian, Portalis, etc.
Les accusés avouent qu'ils ont conspiré : mais il prétendent qu'ils n'ont conspiré que contre les anarchistes et les Orléanistes, pour le cas, probable et prochain, où ceux-ci auraient d'abord renversé le Gouvernement actuel. — Duverne de Presle révèle même toute la conspiration au Directoire, lui fait connaître tous les secrets des Royalistes, et lui apprend que 184 Députés ont traité avec Louis XVIII, en nommant seulement Lemereret Marsan. Il dénonce aussi le comte d'Entraigues à Venise comme étant le correspondant des conjurés.
Cependant , tandis que Ramel déclare que les conspirateurs le pressaient vivementde se rendre chez l'Ambassadeur d'Espagne ou chez Tallien, tous les Royalistes, dans les Conseils et hors des Conseils, s'intéressent aux accusés, et soutient. iv. 22
nent qu'ils sont victimes d'une provocation de police; et quand ils sont traduits, au nombre de 22 (16 hommes et 6 femmes), devant une Commission militaire, comme coupables d'em bauchage, les défenseurs soutiennent que c'est la police qui a joué le rôle d'embaucheur,et que la Commission militaire est incompétente. D'accord avec les Royalistes les plus influents, ils adressent des pétitions aux Conseils et au Tribunal de cassation, qui ordonne l'apporta son greffe du jugegement par lequel la Commission militaire s'est déclarée compétente.— C'est en vain que le Directoire suspend l'exécution du jugement du Tribunal de cassation; les Députés royalistes attaquent vivement cet acte arbitraire. C'est en vain que les Républicains reprochent aux Royalistes d'avoir, dans les Actes des Apôtres, comparé Bonaparte, triomphant alors en Italie, à Sanson, l'exécuteur des hautes-œuvres de la justice ; les Royalistes reprochent aux Républicains la conspiration de Babeuf et une nouvelle tentative d'émeute à Toulouse. C'est en vain que Jean Debry fait, sur la conspiration royaliste, un long rappoit dans lequel il affirme que la conspiration est payée par l'Étranger, que le duc d'Orléans a un parti, et que Louis XVIII veut un million de rtctimes ; la Commission militaire, si sanguinaire contre les in surgés démocrates, ne condamne ( 18 germinal ou 7 avril) que les quatre principaux conspirateurs, et commue leur peine de mort en une simple détention. — On devine combien cette impunité rendra les Royalistes audacieux dans les élections qui vont se faire pendant ce mois de germinal !
J 12. — Élections royalistes de l'an 5.
L'influence royaliste a tellement grandi parla protection des Thermidoriens que, quand le Directoire demande une loi qui oblige les électeurs a prêter le serment de fidélité à la Constitution, cette loi ne lui est accordée qu'à une faible majorité et après de violentes attaques contre la Révolution.
Un coup de pistolet tiré sur Sieyès par un ancien prêtre
ÉLECTIONS ROYALISTES DE l'a* V. 330
(Poule) , qui le blesse légèrement, ne produit aucun effet nuisible aux Royalistes, quoique le Directoire prétende que l'assassin est un envoyé de Louis XV11I , tandis que les Royalistes soutiennent qu'il n'a voulu que se venger de Sieyès qui lui refusait durement l'aumône.
Les débats du procès Babeuf, qui sont alors ouverts à Vendôme, nuisent au contraire infiniment aux Démocrates, parce que tous les journaux ministériels et royalistes les exploitent tous les jours en publiant tout ce qui peut effrayer par l'idée du pillage et du massacre, et tout ce qui peut décréditer et ridiculiser les accusés et leur doctrine. Il paraît même que c'est pour achever de tuer les Démocrates dans l'opinion que le Directoire fait durer si longtemps ces débats, tandis que, d'un autre côté et dans l'intérêt de son système de prétendu juste- milieu, il fait tous ses efforts pour empêcher des élections royalistes en publiant une proclamation de Louis XV11I (qui demande la Restauration par les élections ou par les armes), en écrivant des circulaires , et même en envoyant des Commissaires.
Mais tous ces efforts sont impuissants : les Députés royalistes écrivent des adresses en sens contraire; la grande conspiration, si imprudemment ou si traîtreusement favorisée par les Thermidoriens, agit avec plus d'ardeur et d'audace que jamais ; les élections, commencées le 20 germinal ( 9 avril), sont généralement troublées et violentées par eux ; peu d'ex-Conventionnels sortants sont réélus ; le second tiers est presque entièrement composé de Députés nouveaux, la plupart royalistes, parmi lesquels on remarque Camille Jordan, Royer-Collard, et le général Pichegru qui, ayant été forcé de donner sa démission après sa trahison et ses revers, a refusé l'ambassade de Suède et a résolu de se faire élire Législateur pour conspirer et trahir plus sûrement.
La Représentation nationale sera donc composée d'un tiers d'Anciens Conventionnels et de deux tiers de nouveaux Députés, dans lesquels les Royalistes auront la majorité.
La nouvelle session s'ouvre le 1er prairial (20 mai). —
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Trois Partis se prononcent aussitôt dans les Conseils : les Royalistes; les Constitutionnels, qui veulent la Constitution Républicaine, mais qui inclinent au Royalisme ; et les Directoriaux, dévoués au Directoire par corruption ou par conviction. — Les deux premiers se réuniront contre le Directoire et formeront la majorité.
L'esprit royaliste se manifeste à l'instant par l'élection de Pichegru pour Président des 500, de Simèon, Vaublanc, Henry-Larivière, pour secrétaires, et de Barthélémy, ambassadeur en Suisse, pour Directeur, en remplacement de Letourneur, Directeur sortant, tous royalistes connus.
La Conspiration royaliste va donc marchera l'aise ; et si le Directoire ou trois de ses membres veulent favoriser la Restauration, celle-ci sera facile : mais, tandis que deux Directeurs, Carnot et Barthélémy, inclineront vers la Majorité royaliste des Conseils, les trois autres, Barras, Iteiçbell et Larévellière-Lepeuux, appuyés sur la Minorité Directoriale ou Républicaine , repousseront cette restauration. Nous allons donc voir encore des luttes et des coups d'État. — Mais auparavant, retournons en arrière pour voir les opérations militaires, et pour connaître Barras, Joséphine et Bonaparte.
^13. — Démoralisation de Barras.
« Barras, dit M. Thiers, étalait un luxe et une prodigalité que part ici pat ion aux profits des yens d'affaires pouvait seule expliquer... On ne pouvait pas l'empêcher de recevoir des fournisseurs ou des banquiers qu'il appuyait.de son influence, des parts de bénéfices assez considérables... Il avait mille autros moyens do pourvoir à ses dépenses : la France devenait l'arbitre de tant d'États, grands et petits, que beaucoup de Princes devaient rechercher sa faveur et payer de sommes considérables la promesse d'une voix au Directoire... Barras s'entourait . outre les gens d'affaires , d'intrigants de toute espèce , «le femmes dissolues et de fripons... Un cynisme honteux régnait dans ses salons. Ces liaisons clandestines qu'on prend à tache , dans une Société bien ordonnée , de couvrir d'un voile , étaient publiquement avouées. On allait à Gros-Bois se livrer à des orgies qui fournissaient aux ennemis de la République de puissants arguments contre
DËHOn \LiS VïiOX DE BARRAS. 3U
le Gouvernement. Barras ne cachait en rien sa conduite, et, suivant la coutume des débauchés, aimait à publier ses désordres... Il racontait comment il avait forcé un célèbre fournisseur de se charger d'une maîtresse qui commençait à lui être à charge ; comment il s'était vengé sur un journaliste des invectives dirigées contre sa personne; et comment, après l'avoir attiré au Luxembourg, il l'avait fait fustiger par ses domestiques... »
Nous verrons Barras accusé d'avoir reçu 600,000 fr. de T Ambassadeur de Venise pour repousser un traité défavorable à cette République. Nous le verrons accusé d'avoir conspiré avec Louis XVIll , pour le rétablir après qu'il en aurait reçu 12 millions.
Eh bien ! Robespierre avait-il tort de vouloir purger la République de ce Barras et de quelques roués pareils? Est-ce pour introniser l'immoralité que le Peuple a versé son sang? Y a-t-il dans les bagnes un voleur aussi peu digne d'excuse? A quoi servirait la justice, si des infamies aussi funestes par leurs conséquences n'étaient pas éternellement flétries ! Et les Gouvernements se présentent toujours comme la sagesse et la vertu ! Et ce Barrasse dit Républicain , comme si l'on pouvait mériter ce titre sans mœurs, sans tempérance, sans respect pour ses devoirs ! Comme si une République aristocratique et dépravée où les orgies dequelques Sénateurs insulteraient à la misère du Peuple serait meilleure qu'une Monarchiedu même genre et ne serait pas pire qu'une Monarchie même despotique où le Monarque aurait quelque vertu !
14 — Joséphine.
5 on aparté
Née à la Martinique, en 1763, d'une famille noble; veuve du Général comte Alexandre de Beauharnais, l'un des Présidents de l'Assemblée constituante (T. II, p. 259), condamné pendant la Terreur, dont elle a un fils, Eugène, et une fille , Hor tense; emprisonnée elle-même comme Suspecte ; délivrée par Tallien après le 9 thermidor; célèbre par ses relatio avec la Cabarus et avec la Jeunesse dorée ( p. ici ) ; J< phine doit à ln protection de Barras la restitution deT
1)1 A fc< TOIRL. — 1797.
confisqués. Les Nobles et les Aristocrates qui se réunissent chez elle ne l'empêchent pas de fréquenter les mitrailleurs du 13 Vendémiaire et les Républicains. Rien n'est plus notoire alors que son intimité avec le Directeur, dans les salons duquel elle brille par ses grâces plus que par sa beauté... Entourée d'adorateurs , parmi lesquels se font remarquer le jeune Hoche et beaucoup de jeunes Généraux , c'est à Bonaparte qu'elle accorde sa main ; et personne n'ignore que c'est Barras qui fait le mariage et qui dote les époux en faisant nommer le mari Général en chef de l'armée d'Italie.
« Joséphine , dit la Biographie universelle , fut proposée par Barras à Bonaparte ; et les rares qualités de cette femme lui parurent un prix digne du mérite de son jeune ami. »
Bientôt Joséphine remplacera Marie-Antoinette aux Tuileries; et, plus élevée que la Cabarus qui ne sera que Princesse (p. 163), plus que Reine, elle verra l'Aristocratie et la Bourgeoisie prosternées devant sa couronne d'Impératrice.
Quant à Bonaparte, né en Corse, à Ajaccio, en août 1769, d'un pauvre Juge chargé d'une nombreuse famille et compris dans les derniers rangs de la petite Noblesse de l'île, ce n'est que par la protection du gouverneur, M. de Marbeuf, que sa mère, devenue veuve, est parvenue à le faire admettre parmi les enfants des 400 familles nobles qui devaient être élevés aux frais de la France dans ses écoles militaires. Élevé pendant 10 ans à l'école militaire de Brienne, puis à Paris, il a reçu une éducation soignée qui lui a donné en sortant , en 1787, le grade de Sous-lieutenant d'artillerie; car ce n'est que plus tard, quand il sera Général en chef, que ses soldats s'amuseront à lui décerner successivement tous les grades après chacune de ses nombreuses victoires et se plairont à l'appeler le petit Caporal»
En garnison à Auxonne, après sa garnison de Grenoble et Valence, il dévorait, dans la bibliothèque d'un procureur, les livres de législation et de jurisprudence. — Là, il a refusé d'émigrer avec les officiers de son régiment , disant : « Que