INTRODUCTION
C'est un gros dossier que celui du coup d'État du i8 fructidor, et, lorsqu'on n'a pas à sa disposition les majestueux inquarto que l'État octroie à ses éditeurs, il faut se borner et choisir. J'ai donc résolument écarté les documents que donne le Moniteur^ quelque intérêt qu'il y eût sinon à les en extraire, du moins à les annoter : tels sont les papiers de d'Antraigues, les déclarations de Duverne de Presle, les correspondances saisies dans les chariots de Klinglin, les extraits du procès Brotier-la Villeurnoy, toutes pièces que le Directoire publia lui-même à l'occasion du coup d'État. La délibération du i6 juillet 1797, d'où sortit le changement des ministres, et qui accusa non seulement la division intestine des directeurs, mais la résolution comme l'union définitive de trois d'entre eux, se trouve aux Archives nationales, dans les Registres des délibérations du Directoire (A F m*) ; je l'en eusse tirée volontiers pour en orner les premières pages de ce volume, si M. Georges Pallain ne l'eût déjà publiée ; pour la même raison, j'ai omis la circulaire de ïalleyrand aux agents de la République et sa lettre au général Bonaparte (20 fructidor) ; le ministre des relations extérieures y fait, sans doute, l'apologie du coup d'État, mais dans un style et avec une mesuré qu'on ne rencontre pas dans les documents du même genre, émanés de ses collègues du ministère i.
I. Georges Pallain. — Le ministère de Talleyrand sous le Directoire, p. 453 et i35.