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6. Ce fut le résultat final ; mais voici comment les choses se passèrent : Par jugement du 18 frimaire an vi, la commission de Dijon, considérant que Guillemin n'était pas émigré et qu'il ne pouvait être considéré comme inscrit sur la liste des émigrés, avait ordonné sa mise en liberté. L'administration centrale du Jura, de qui Louhans dépendait alors, dénonça ce jugement pour excès de pouvoirs (2 nivôse an vi) ; le Directoire (arrêté du 24 pluviôse) ordonna qu'il resterait sans exécution et renvoya le prévenu devant le département du Jura. A. N. F7 43;2, n» 2101.

COMMISSIONS MILITAIRES. 3o^

ANNEXES

[A propos de Maling, ou mieux Malengre, qui se cachait sous le nom de Deroussent, et de Faye, tous deux cités cidessus (2° J5), nous avons trouvé aux Archives nationales une correspondance officielle. Par lettre du 17 pluviôse an vi, le ministre de la police dénonce ces deux individus au commissaire du Directoire près l'administration municipale d'Autun ; il lui recommande de prendre des renseignements dans le plus grand secret : «Vous me rendrez compte de vos démarches et de leur résultat. Songez que vous encourriez une grave responsabilité, si vous favorisiez par négligence ou indiscrétion l'évasion de l'un de ces cruels émigrés, la honte et le fléau de leur patrie. » Le commissaire répondit les deux lettres suivantes :J

22 pluviôse an vi.

Le commissaire du Dii^ectoire pj^ès Vadm^inistration municipale d'Autun au ministre de la police.

Je n'ai pas perdu un instant pour prendre à l'égard des nommés Deroussent et Faye, hussards au 11^ régiment, les renseignements que vous m'avez chargé de prendre par votre lettre, en date du 17 pluviôse an vi. Deroussent était ici, lorsque je reçus vos ordres. Son incivisme, quelques faits particuliers, me déterminèrent à le faire arrêter sur-le-champ. Il n'y a aucun doute qu'il n'ait servi dans l'armée de Gondé. Il me l'a avoué en présence de témoins, après son arrestation. Il l'a dit aussi depuis au geôlier de la maison d'arrêt. Quant au nommé Faye, il était en résidence à cinq lieues d'Autun. Je n'ai pu acquérir la même certitude sur son émigration. J'ai interrogé un hussard de sa compagnie, qui m'a dit qu'il passait en effet pour avoir servi, ainsi que Deroussent, dans l'armée

3o8 COMMISSIONS MILITAIRES.

de Gondé. Les déclarations que Deroussent m'a faites sont si conformes à la dénonciation qui vous a été transmise que j'ai cru de mon devoir de faire arrêter aussi Faye, persuadé qu'elle ne Tétait pas moins par rapport à lui. Je les ai fait mettre tous deux au secret absolu, ainsi que vous me l'avez prescrit. J'attends vos ordres ultérieurs. Comptez sur mon zèle et sur mon activité à poursuivre les ennemis de la République.

Salut et respect.

Lacôte.

Original autographe.

2 ventôse an vi.

Du même au même.

.... Les rapports qui m'ont été faits depuis leur arrestation (Deroussent et Faye) m'ont confirmé de plus en plus que Deroussent, dont le véritable nom est Malengre, a réellement servi dans l'armée de Gondé. Il paraît royaliste bien prononcé. S'il en fallait d'autres preuves que ses propos et ses sociétés habituelles, on en trouverait une convaincante dans les chansons qui sont parmi ses papiers. Il n'existe contre Faye que des soupçons qui ne sont pas trop fondés. Il est donc urgent, citoyen ministre, de faire traduire ces deux prévenus devant une commission militaire, afin que Faye, s'il est innocent, soit promptement mis en liberté, et que l'autre subisse la peine qu'il a justement méritée pour avoir porté les armes contre sa patrie.

Salut et respect.

Lacôte.

Original autographe.

Ibid.

COMMISSIONS MILITAIRES. SoQ

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