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EusTACHE Esse, supposé être Pierre-Louis-Guillaume

Lambert

Extrait des registres des délibérations du Directoire

exécutif.

8 frimaire an vu.

Le Directoire exécutif, Après avoir entendu le rapport du ministre de la police générale,

Considérant qu'il en résulte que l'individu jugé le 26 fructidor dernier et acquitté sous le nom d'Eustache Esse, paraît, d'après de nouveaux renseignements, être le nommé Pierre- Louis-Guillaume Lambert, ex-garde du dernier tyran, et porté sur le premier supplément de la liste générale des émigrés ; que ces nouvelles circonstances le rendent susceptible de subir un autre jugement, et qu'il se trouve dans le cas prévu par la seconde disposition de l'article 254 de la Constitution i, Ordonne qu'il soit décerné contre lui un mandat d'arrêt.

lY. — Gilles Louvet, ancien auditeur à la Chambre des

comptes de Paris.

Il échappa par la mort à la commission militaire. C'est ce qui résulte de la lettre suivante que j'ai rencontrée aux Archives nationales.

Paris, le 2 nivôse an vu de la République française une et indivisible.

Bureau central du canton de Paris au ministre de la police

généimle.

Citoyen ministre, Nous vous prévenons que Gilles Louvet, âgé de soixante-

I. « Le tribunal de cassation prononce .... 2° sur les demandes en renvoi d'un tribunal à un autre, pour cause de suspicion légitime ou de sûreté publique. »

seize ans, prévenu d'émigration et détenn à la Force depuis le 21 fructidor an iv, est décédé, le 27 du mois dernier, à l'hospice d'Hwnaiiité, où nous l'avions lait transporter le 22 vendémiaire précédent, attendu qu'il était tombé en démence.

Salut et respect.

Les administrateurs,

Lasalle, Lessore.

\. — Parmi les détenus du Temple dont P. Fr. de Rémusat donne la liste, je relève les noms de :

i*^ Charles de Rohan-Rochefort, père du jeune Henri de Rohan-Rochefort, fusillé à Grenoble en novembre 1799 {supra, p. 319).

2° Simoneau de la Morlière, âgé de trente ans ; il s'évada, sur les conseils et avec l'aide du capitaine Métra, jadis soldat dans une compagnie de Chouans, où Simoneau était lieutenant. Métra fut condamné par un conseil de guerre à quatre années de fers. {Mémoire Rémusat, p. 270-273.)

3° Joseph du Roy d'Hauterive, ancien page du comte d'Artois, né le 10 juin 1777. Il était sorti de France en septembre 1790, c'est-à-dire à l'âge de treize ans, et avait passé six années à Erlangen pour ses études. En 1796, il rentra en France, et, du 4 thermidor an iv au 23 nivôse an v, il fut employé à la vérification des comptes de l'administration des fourrages, à l'armée des Alpes et à celle des Pyrénées. On l'arrêta comme émigré ; on l'emprisonna au Temple : Rémusat l'y connut. A l'époque de son arrestation, il habitait avec sa mère, qui était veuve, la terre de Fontenailles, près Beaugency (Loiret) : on suppose que le château avait excité l'envie d'un jacobin du voisinage. Un arrêté du Directoire, de pluviôse an vu, ordonna l'inscription du jeune du Roy sur la liste des émigrés. Cependant, il ne fut pas traduit devant la commission militaire ; mais son élargissement n'eut lieu qu'en prairial an ix, sur la pressante intervention de Cambacérès. Son père, Pierre du Roy, était mort à Liège le i4 novembre 1792. (A. N. F7 5200, 6149 et 6365.)

4° Rémusat signale encore {op. cit., p. 291) l'évasion de l'Abbaye d'un sieur Rippert, né à Mazan, près Carpentras,

âgé de vingt-huil ans. 11 devait comparaître le 23 prairial an VII devant la connuission militaire. 11 réussit à s'évader dans la nuit du 22 au 23.

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