‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 156 sur 180 · I. — Comte de Venetz · texte numérisé non relu

I. — Comte de Venetz

On lit dans le Républicain du Nord du 12 messidor an vi :

« Paris, le 7 messidor. — Le ci-devant comte de Venetz,

émigré français, l'un des principaux auteurs de l'insurrection

du Haut-Valais, a été arrêté en Suisse et traduit devant la

commission militaire. »

Nous n'avons trouvé trace de jugement ni aux Archives nationales ni ailleurs. Est-ce bien, d'ailleurs, devant la commission militaire de Paris qu'il fut traduit ?

IL — Jacques Marqueï, baron de Montbreton de Norvins

Il s'agit d'un des premiers et des plus populaires historiens de Napoléon. Il avait émigré en 1792 pour prendre du service dans le régiment d'Erlach ; puis il s'était retiré en Suisse, où il était resté cinq ans. Deux mois avant fructidor, il rentra en France. Voici ce que M"^^ de Staël raconte à son sujet :

« Deux jours après le supplice de M. d'Ambert i, je vis entrer dans ma chambre, à dix heures du matin, le frère de M. de Norvins de Monbreton, que j'avais connu en Suisse pendant son émigration. Il me dit, avec une grande émotion, que l'on avait arrêté son frère, et que la commission militaire était rassemblée pour le juger à mort; il me demanda si je pouvais trouver un moyen quelconque de le sauver. Comment se flatter de rien obtenir du Directoire, quand les prières du général Bernadotte avaient été infructueuses -....? Je me rappelai tout à coup que j'avais vu chez Barras un général Lemoine, celui que j'ai cité à l'occasion de l'expédition de Quiberon, et qu'il m'avait paru causer volontiers avec moi. Ce général commandait la division de Paris, et il avait le droit de suspendre les jugements de la commission militaire établie dans cette ville. Je remerciai Dieu de cette idée et je partis à l'instant même avec le frère du malheureux Norvins ; nous entrâmes tous les deux dans la chambre du général, qui fut bien étonné de me voir.... Je me hâtai de lui dire le sujet de ma venue, et d'abord, il me refusa nettement.... Je recommençai mes sollicitations, en me recueillant pour rassembler toutes mes forces.... Deux fois, le général prit la plume pour signer le sursis, et deux fois, la crainte de se compromettre l'arrêta; enlin, il ne put nous refuser, et grâces lui soient encore rendues ! il donna le papier sauveur, et M. de Monbreton courut au tribunal, où il apprit que son frère avait déjà tout avoué ; mais le sursis rompit la séance, et l'homme innocent a vécu. »

Considérations sur Les principaux événements de la Révolution française, ouvrage posthume de M^^ la baronne de Staël, 3^ édition, iSao, t. II, p. 189-190.

Page 1