INTRODUCTION. XXXI
déportés ; il n'en fut pas autrement, même après la circulaire du ministre de la police qui, bien tardivement, se rallia au système du jurisconsulte franc-comtois (brumaire an vu — novembre 1798) i.
J'ai dit qu'en outre de Paris, les commissions militaires avaient siégé dans trente et une autres villes.
Paris marche en tète : il y a plusieurs titres. Le commandant de la 17° division militaire fut d'abord le général Lemoine. En 1796, il avait présidé aux exécutions en masse qui suivirent l'expédition de Quiberon et qui eurent lieu en vertu de jugements de commissions militaires. Plus tard, ce fut le général Moulin, qui, très mêlé aux guerres de la Vendée, n'y avait appris ni la justice ni la pitié. On pourrait croire de même que le président de la commission militaire de Paris fut aussi choisi à dessein : c'était un sieur Gathol, chef de la 20° demi-brigade d'infanterie de ligne, qui, quelques années auparavant, avait rempli à Valenciennes, après le siège de cette ville, un office analogue ; à côté d'émigrés ayant porté les armes contre la France, la commission qu'il présidait n'avait pas hésité à condamner à mort des prêtres et des religieuses. Le capitaine Vivenot, rapporteur, était un homme âpre à la tâche, violent : il exécutait avec passion une consigne. Quelques juges furent remplacés; mais Gathol et Vivenot furent maintenus dans la commission, tout le temps qu'elle siégea.
Aucun ecclésiastique ne comparut devant elle : ceux qui étaient détenus au Temple furent expédiés à. la Guyane ou à l'île de Ré 2. Au contraire, la commission de Besancon ne condamna à mort que des ecclésiastiques. Le personnel de cette
1. A Saint-Brieuc, le 21 décembre 1797, l'administration centrale des Côtes-du-Nord déclara que le prêtre André Le Pape, « quoique porté sur la liste générale des émigrés, devait être considéré comme prêtre sujet à la déportation et non comme émigré. » (Infra, p. 421). Il y a, çà et là, quelques décisions semblables.
2. Ainsi : Cardine, de Seine-et-Oise, à la Guyane; Soucley, Portalier et Mgr de Maillé de la Tour Landry, évêque de Saint-Papoul, à file de Ré. L'abbé de Malaret resta au Temple.