‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 23 sur 180 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

pour lui les conséquences. Au Puy, l'abbé Mermet eut un défenseur : c'était un sieur Gineis (p. 390) ; il ne semble pas que cette même commission en ait accordé au marquis de Surville, qui se défendit lui-même. A Quimper, Loménie de Brienne, ou le Jeune homme qui prit ce nom, eut sinon pour défenseur, du moins pour conseil, un étudiant en droit, nommé Laniare. Il faut citer tous ces noms, il faut en garder mémoire : il y avait du courage alors à prendre en main la cause des proscrits.

Si Proudhon, le célèbre jurisconsulte, alors professeur de législation à l'école centrale de Besançon, n'eut pas à défendre tel prévenu déterminé devant la commission militaire, il ne montra pas moins de sagacité juridique que de courage civique en dénonçant la confusion qui assimilait aux émigrés les prêtres déportés. Je n'ai pas reproduit son mémoire, la place me manquait; d'ailleurs, il existe imprime; je me suis borné à donner presque intégralement sa propre apologie. En effet, après avoir défendu les autres, Proudhon avait dû se défendre lui-même ; on l'accusa d'incivisme, on lit procéder chez lui à une visite domiciHaire, on voulut l'impliquer dans un complot contre-révolutionnaire, et ce ne fut qu'en mai 1799 que l'administration du Doubs, mieux inspirée, se décida à rendre hommage à la pureté de ses principes. Cependant, malgré l'adhésion que le Directoire et le ministre de la police affectèrent de donner officiellement à la doctrine soutenue par Proudhon, il est difficile de prétendre qu'elle ait eu une influence positive et durable. Même à Besançon, si, sous l'impression immédiate de ce mémoire, la commission fut changée, et si la nouvelle admit (p. 285) que Mailley n'avait été inscrit sur la liste des émigrés que comme déporté, des condamnations ultérieures semblent prouver que le triomphe de cette doctrine eut ses intermittences. Le lecteur pourra se rendre compte par lui-même {Appendices, III) que, postérieurement au mois de février 1798 où parut- le mémoire de Proudhon, nombre de condamnations à mort furent encore prononcées en diverses villes contre des prêtres réellement

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