I.E COUP 1) KTAT
Ou rédige luic autre Proclauiatiou aux citoyens de Paris ; elle est conçue en ces termes :
Liberté, Égalité.
Le Directoire exécutif aux citoyens de Paris. (( Le royalisme, par un nouvel attentat, etc. ^ . . . .
Ces deux proclamations sont sur-le-champ envoyées à l'impression, pour être ensuite affichées partout où besoin sera.
Sur le rapport fait au Directoire que la malveillance cherche à former un point de réunion dans les administrations séantes à Paris, arrête, en vertu de l'article i()G de la Constitution, que les membres de l'administration centrale du département de la Seine et ceux des administrations municipales des douze arrondissements de Paris sont suspendus provisoirement de toutes fonctions ; qu'il leur est défendu de s'assembler jusqu'à ce que la suspension soit levée et que le Bureau Central reste seul en exercice.
Expédition de cet arrêté est adressée sur-le-champ à chacun des commissaires du Pouvoir exécutif près de ces administrations chargées de tenir la main à son exécution. Il sera imprimé et affiché 2.
Le Directoire, informé que des individus prévenus d'avoir pris part à la Conspiration royale qui a été découverte, ont été trouvés cette nuit rassemblés dans la salle des inspecteurs du Conseil, d'où ils correspondaient avec leurs complices, et que ces individus ont été saisis par la force armée ; arrête qu'ils seront sur-le-champ traduits au
1. Moniteur du 19 fructidor — 5 septembre, t. XXVIII, p. 793, avec cette mention : deux heures du matin.
'2. 18 fructidor, neuf heures du matin.
52 LE COUP d'kJAT.
Temple, où ils seront détenus jusqu'à nouvel ordre. Le ministre de la police générale est chargé de l'exécution dudit arrêté. Il concertera avec le commandant de la l'j^ division militaire les mesures nécessaires à la sûreté desdits individus et à la surveillance particulière qu'exige leur détention.
On écrit au ministre de la police générale pour le charger de prendre sur-le-champ les moyens convenables pour se rendre maître des papiers qui se trouvent dans la pièce que lesdits individus arrêtés occupaient aux Thuilleries.
On reçoit une lettre du même ministre annonçant au Directoire que le commandant de la place de Paris vient de faire fermer les barrières, et que les habitants des faubourgs, indignés de l'attentat médité contre le gouvernement, marchent pour se joindre aux soldats de la République.
Le Directoire exécutif, attendu les motifs qui empêchent momentanément les membres des deux conseils de se rendre dans les salles ordinaires de leurs séances, et vu la nécessité urgente de pourvoir à ce que les travaux du Corps législatif n'éprouvent aucune interruption; arrête que ceux qui occupent les salles de rOdéon et du Conseil de Santé ' sont tenus, sous peine de rébellion, d'en céder sur-le-champ l'usage aux Représentants du Peuple, sauf à pourvoir à leur indemnité.
Le ministre de l'intérieur se concertera avec le commandant de la 17^ division militaire pour l'exécution dudit arrêté, qui sera sur-le-champ imprimé et affiché ^.
1, C'est ainsi qu'on appelait l'Ecole de Médecine.
2. 18 fructidor, neuf heures un quart du matin, neuf heures et demie : Lettres à Thouret, directeur de l'Ecole de santé (médecine), et à Leclerc, directeur de l'Odéon; onze heures et demie, expédition de ces deux lettres au ministre de la police.
LE (,OUP 1) ETAT. Oj
On écrit au ministre de la guerre pour Tinvitcr à s'assurer sur-le-champ des moyens de subsistances suflisants pour les troupes qui sont à Paris, et celles qui pourraient y arriver. On le charge d'en rendre compte dans le jour au Directoire '.
On apporte successivement trois lettres du Ministre de la police générale : la première annonce au Directoire que quarante à cinquante membres du Conseil des Cinq- Cents viennent d'être arrêtés dans la salle des séances de ce conseil, où ils étaient à délibérer sous la présidence du C^" Siméon.
Par la seconde, le ministre fait part au Directoire de l'avis qu'il vient de recevoir que les grenadiers du Corps législatif sont réunis à leurs frères d" armes, les militaires de la garnison de Paris, et paraissent animés du même esprit.
La troisième lettre du Ministre de la police générale a pour objet de prévenir le Directoire que le corps entier des mêmes grenadiers défile en ce moment sur le quai Voltaire, et se rend à F état-major général.
Un instant après, le général de division Augereau annonce que ce même corps vient de se réunir aux grenadiers de la garde du Directoire pour faire avec eux un rempart au gouvernement, combattre le royalisme et défendre jusqu'à la mort la Liberté, la République et la Constitution de l'an m.
[Le Directoire, en témoignage de satisfaction, leur confle la garde de la salle de l'Odéon et de celle de l'École de santé où siège le Corps législatif, et reçoit les députations des grenadiers et des vétérans présentées par Chérin ; échange de discours 2.]