Même observation
2. « Du fond de notre prison, écrit Barbc-Marbois, nous écrivîmes au capitaine pour le prier d'envoyer à terre faire ces achats; mais, l'instant d'après, un officier rapporta l'argent et la lettre, en nous disant : Vous avez violé la consigne, malheureux que vous êtes ! Vous ne savez pas à quoi vous vous exposez ! Et il disparut. » Journal d'un déporté non jugé, t. I, ch. IV. — C'est au vice-amiral, comme on le voit, que la lettre était adressée et le départ précipité de la corvette empêcha qu'on n'y donnât suite.
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nos aliments ne peuvent nous soutenir. Du pain, des gourgannes et du vin ne peuvent être digérés par des estomacs débiles. Nous demandons à acheter des subsistances d'une digestion plus facile. Nous mangeons dans la soute, où nous sommes enfermés tout le jour à une heure près. Un air méphitique empoisonne déjà notre demeure. Les soins du commandant n'y peuvent rien, car tels sont ses ordres ; changez-les, si vous voulez conserver seize de vos concitoyens.
Signé : Barbé-Marbois, à la demande de ses compagnons.
Pour copie :
Le vice-amiral commandant des armes,
Martin.
De sa main :
La demande des déportés n'a pas pu être remplie. Lorsque j'ai reçu leur lettre, la Vaillante était sous voiles.
Copie. N» 137,
Rochefort, le 5 vendémiaire an v — 26 septembre 179;.
Le commandant des armes au ministre de la marine et des colonies.
Conformément à votre lettre du 10 fructidor dernier, par laquelle vous ordonnez de statuer par procès-verbal la remise qui me serait faite par les agents chargés de conduire à Rochefort les individus condamnés à la déportation par le décret du 19 fructidor dernier, l'adjudant Guillet, chargé de cette mission, est parti de Rochefort le 3 vendémiaire sans être muni de cette pièce, mais seule-
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ment d'une attestation de l'adjudant de la marine La Goste, chargé de les recevoir à leur descente des chariots, qui les a conduits jusqu'au bord de la rivière. Gomme cette pièce pourrait être importante pour le citoyen Guillet, je vous l'adresse ci-incluse, pour en faire l'usage que vous croirez convenable.
La corvette la Vaillante avait mis sous voiles le 3 vendémiaire ; elle a relâché le même jour dans la rade des Basques, forcée par un violent coup de vent de sud-ouest. Gette relâche m'a procuré les moyens de faire parvenir aux déportés embarqués sur cette corvette des vêtements qui leur ont été envoyés après avoir été visités. Plusieurs d'entre eux n'avaient que ce qu'ils avaient sur le corps. Les instructions que vous m'avez adressées au sujet de ces déportés portaient qu'ils étaient autorisés à embarquer leur or, argent et effets.
De la main du vice-amiral :
P. -S. Le lougre le Bi^illant, qui avait mis sous voiles avec la Vaillante, vient de me rendre compte que cette corvette avait mis à la voile le 4 vendémiaire, et qu'il l'avait laissée à six lieues dans l'ouest de Ghassiron avec bon frais de vent du nord.
Martin.
Original. N" i4o.
Paris, II vendémiaire an vi — 2 octobre 1797. Le ministi^e au coimnandant des armes.
POUR vous SEUL
J'ai reçu, citoyen général, vos lettres des 25 et 27 fruc-
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tidor, et 3 vendémiaire derniers i, toutes relatives à l'expédition de la corvette la Vaillante.
J'ai vu que vous n'avez rien négligé, conformément aux intentions du Directoire exécutif, pour accélérer le départ de ce bâtiment, et que vous avez également pris toutes les précautions nécessaires pour assurer la tranquillité publique, au moment de l'arrivée et de l'embarquement des individus condamnés à la déportation par la loi du 19 fructidor. C'est avec plaisir que je vous en témoigne ma satisfaction.
Cependant, à la lecture de la consigne que vous avez donnée au capitaine de la Vaillante, j'ai remarqué avec peine que vous n'aviez accordé qu'une heure le matin et une heure le soir aux déportés pour prendre l'air. Des hommes renfermés dans l'entrepont d'un bâtiment, presque tous habitués aux douceurs et aux commodités de la vie, auront bien de la peine à supporter pendant aussi longtemps la privation de l'air libre, et il serait à craindre que leur santé ne fut promptement altérée. L'intention du Directoire n'a jamais été d'aggraver la position de ces individus, quelque coupables qu'ils fussent, et il a voulu au contraire donner à leur égard une preuve authentique de sa modération et de sa générosité. J'espère, au surplus, que le capitaine aura trouvé dans les instructions que je lui ai expédiées des motifs suffisants pour modifier la rigueur de cet article.
Je dois aussi vous observer que l'article 8 de la consigne ne remplit pas mes intentions. Il convenait que le citoyen Hurtault {sic) fût exclusivement chargé de la garde des déportés et qu'il n'eût à remplir aucune autre fonction. Je ne puis donc approuver que vous lui ayez attri-