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c'est à Paris même que vous pourrés le savoir, de manière à ne pas vous tromper sm" les secom^s, effets, habits, recommandations, qu'il faudra m'y faire parvenir.
[Il prie sa femme de lui envoyer du linge, de l'argent, en s'entendant avec la femme de Laffon-Ladcbat, de prendre des renseignements auprès de l'Escalier i.]
Vous pourrés prendre un peu plus de tems pour m'envoyer par les routiers et par le port le plus commode une malle où vous mettrés du linge et des effets de Saint-Domingue que vous trouvères dans les tiroirs de ma commode à Paris ; des draps, habits de toile, bas de fil, etc.... Faites tout pour le mieux, mon amie; je m'en rapporte entièrement à vous. Vous m'écrirés régulièrement.
Adieu, ma chère Élise ; depuis treize ans, vous avés partagé les peines de ma vie et vous en avés fait le bonheur. Vos nouvelles et celles de notre enfant vont faire mon unique consolation. Appliqués vous à m'en donner de fréquentes et adressés toutes vos lettres à mon coilègne Pécheur.
Le G. [citoyen] Lescalier vous dira à qui il faut adresser vos lettres à Rochefort. Je ne le sais pas moi-même. Je parle de celles que vous m'écrirés avant mon départ.
Je mets cette lettre-ci sous l'enveloppe de la citoyenne Lavoisier, et, si vous n'étiez pas arrivée à Paris, je la prie de faire, pour les deux effets de 809 livres tournois chacun, ce dont je vous chargeais.
Adieu, mon amie, adieu aussi à notre petite Sophie
I. Daniel Lescalier, dont parle ici Barbé-Marbois, avait été, avant 1-89, ordonnateur général de la Guyane ; il avait publié, en irgi, tine brochure : Exposé des moyens de mettre en ^mleur et d\idministrer la Guyane. — Une nouvelle édition, dédiée au Directoire, parut en Tan vi (1798).
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dont les billets et les dessins me faisaient tant de plaisir. Je serai encore heureux quand je verrai de votre écriture et de la sienne.
Barbé-Marbois,
Au port de Rochefort.
Le citoyen l'Escalier vous dira quels ports de France correspondent ordinairement avec Gayenne.
Paris, route de Rochefort, le 23 fructidor an v, R. F. Aux citoyens Risteau père et fils et Q^, Bordeaux.
Citoyens,
On nous conduit à Rochefort et Ton dit que c'est pour aller de là à Gayenne. Ma santé est bien faible et je vous prie de me recommander à llochefort à un de vos correspondants qui puisse me secourir en cas de maladie.
Je ne doute pas que je n'éprouve de la part de nos commerçants des marques de leur intérêt; ils m'ont prouvé souvent qu'ils gardaient le souvenir de mon zèle pour la prospérité du commerce.
Je vous salue de tout mon cœur.
Barbé-Marbois.
Mandez-moi quels ports de France correspondent ordinairement avec Gayenne.
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23 fructidor.
Au citoyen Ferrand-Lazé et C'"^ à L'Orient.
[Il demande des lettres de crédit et des recommandations. Le texte de cette lettre est presque identique à celui de la précédente.]
Orléans, le 24 fructidor.
A la citoyenne Lavoisier i.
Que vous dire, ma chère Elise, dans l'incertitude où je suis de ma destination et même du lieu où mes lettres peuvent vous trouver ? J'ignore si, sur la nouvelle de notre arrestation, vous et notre enfant avés quitté Metz pour venir me joindre à Paris Quoi qu'il en soit, agisses pour le mieux. Si nous sommes destinés à quitter la France, il faut sans délai me procurer un crédit de 5 à 6,000 livres à Rochefort pour que je ne sois pas, dans le lieu où nous serons envoyés, réduit à un dénùment incompatible avec mon âge et mes infirmités. Mais il n'y a point de temps à perdre à cet égard. Je ne sais si je suis privé pour jamais du bonheur de vous voir, de revoir notre Sophie : veillés à tout ce qui pourra rendre sa vie heureuse. Evitez avec soin un mariage de famille qui me déplaît à tous égards. Heureusement, il ne peut être question d'établissement avant trois ou quatre ans 2. En atten-
1. Cette lettre, destinée à M'"" Barl)é-Marbois, porte, comme la précédente, l'adresse de M""^ Lavoisier.
2. Sopliie Barbé-Marbois épousa plus tard le g^énéral Lebrun, duc de Plaisance, fils de l'architrt-sorier, traducteur du Tasse et d'Homère.
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dant, ne négligés rien pour donner dos talents utiles à notre enfant; procurés-lui même tous ceux qui peuvent contribuer à embellir sa vie. Dans la situation où je suis, la seule pensée consolante que je puisse avoir, c'est qu'elle sera heureuse et que vous, qui ne pouvés plus l'être, jouisses au moins d'un avantage et d'un bien qui était le plus cher pour moi.
Je vous autorise, ma chère Elise, à disposer de nos biens pour tout ce cjue vous croirez nécessaire de vendre pour me libérer. Je voudrais avoir payé tout ce que je dois à votre frère Moore ; faites à cet égard tout ce que vous voudrés. Envoyés-lui le produit de ce que vous aurés vendu. Différés, si vous voulés, à m'acquitter ; en aucun cas, soyés sûre que je ne désapprouverai rien de ce que vous aurés fait, quand même l'issue n'en serait pas heureuse.
Si le c. [itoyen] Lescalier pense que vous pouvés encore me faire parvenir une petite malle par la diligence, n'y perdes pas de tems. Je ne puis vous dire tout ce qui, parmi les effets que j'ai laissés à Paris, me sera nécessaire. Ce sont mes habits, mon linge, tous les mouchoirs neufs que j'ai fait faire, mes lunetes, une plume d'or qui est dans le tiroir de mon pupitre ; quelques bons livres anglais, comme les deux volumes de Stuart, grand in-4°, mon plumoir. Si je dois passer l'hyver à Rochefort; toutes mes cravattes, une pièce de ruban noir, etc., etc. En un mot, tout ce qui est dans mes tiroirs et que vous jugerez devoir m'être utile.
Adieu, mon Elise, que votre courage n'est-il égal au mien! Ma santé n'est pas aussi bonne que je la voudrais; mais il est impossible que cela soit autrement. Adieu, j'embrasse tendrement la mère et la fille.
Barbé-Marbois.
Je continue à adresser mes lettres à une de vos amies, et dans la circonstance présente, je ne lui demande même pas pardon d'en user avec autant de liberté.
Je prie la c"® Lavoisier d'agréer mon sincère respect.
Blois, 2^ fructidor an v.
Au citoyen Lamardelle, ancien procureur général au conseil de Saint-Domingue, à Launoi près de Tours.