C'était le secrétaire de Barthélémy
LA DÉPORTATION. l8l
suivre dans ce désagréable voyage, m'a donné une grande preuve d'attachement que je sens vivement.
Marbois, l'un de mes compagnons de voyage que vous connoissez, a une bien mauvaise santé qui lui permettra difficilement d'en soutenir la fatigue.
Toutes les personnes qui sont chargées de nous conduire nous témoignent beaucoup d'intérêt.
Adieu, je vous embrasse tendrement.
Barthélémy.
Arpajon, le 24 fructidor an v«
Le Tellier au citoyen Barthélémy, rue Grange Batelliere,
à Paris.
Citoyen,
Nous arrivâmes hier ici à midi. Nous en partons aujourd'hui à quatre heures. Le citoyen Barthélémy est toujours souffrant de ses hémorrhoïdes. La voiture l'incommode beaucoup. Il a cependant dormi un peu cette nuit. Tous les prisonniers sont traités avec tous les égards possibles. Ils ne manquent de rien.
[Suivent des détails d'ordre purement domestique qu'il nous semble inutile de reproduire.]
Même date.
Au citoyen Monet, portier au palais du Luxembourg, pour remettre, s. l. p., à Ducrot.
[Même observation que pour la précédente lettre i.]
I. Le Tellier fut aussi des évadés de Sinnamary ; mais il mourut à bord du navire qui le ramenait avec son maître en Angleterre.
iSa LA DÉPORTATION.
A Tours, ce 28 fructidor an v.
A la citoyenne d'Ossonville, rue des Fossés MontmartrCy n° 12, même maison du Juge de paix.
Voilà le sixième jour que nous sommes en route vers Rochefort : il me tarde bien, chère amie, d'y arriver pour y savoir comment et dans quel état est ta santé car c'est absolument la seule chose qui m'occupe. Quand à la mienne, elle est toujours excellante. Nous couchons aujourd'hui ici : demain nous irons coucher à Saint-Mort, nous comptons arriver à Rochefort le 4^ jour complémentaire. Je ne sais sy notre séjour à Rochefort sera long pour attendre notre ambarquement ; l'éqinoxe poura bien nous y retenir quelque temps. Alors, je ten ferais par et te prierai de me faire parvenir différentes choses qui me deviendront utiles.
Je désire bien que mon fils m'écrive ce sera un gage de son amour fdial que je conserverai sur moi jusqu'au tombeau. Je le prie de ne se la point faire dicter. Je lui demande au contraire qu'il m'exprime s'est sentiments tels qu'il les sent pour moi.
Quand à moi, il lui sont connus ; il sais que je l'aime et que je ferais des veux pour lui former un cœur tendre et sensible. Je Tangage à se resouvenir de ce que je lui ai souvent répété afin de ne pas tomber dans les écarts que la mauvaise compagnie pourai lui faire prendre. Je l'exorte à suivre en touts les conseils de sa maman et à avoir soins d'elle, si elle venait à avoir besoin d'assistance dans sa vieillesse.
Adieu, ma tendre amie, je vous embrasse tous trois avec l'amitié que tu me connais pour toi.
Ton mari, d'Ossonville.
LA DÉPORTATION. l83
J'adresserai désormais mes lettres sous ton nom de fille, c'est-adire au nom de Dubois. Préviens-en la citoyenne Hulard i. Je te prie de leur dire mille choses de ma par ainsi qu'a tous nos amis.
Tu feras également mes adieu à mes sœurs, que je les embrasse et leurs souhaites une bonne santé.
(Paraphe.)
Ne m'oublie pas auprès des citoyennes Groisettes et la citoyenne Juquelle, ta bonne amie. Jespère quelles tacisteront de leurs soins dans tes couches ^.
Au citoyen Lhéritier, Boulevard italien [des Italiens]^ au coin de la rue Favart, à Paris.
En tête : Vos réponses ou à Tours d'abord, ensuite à Rochefort, poste restante.
Je vous prie de recevoir la procuration cy-j ointe mon ami et de vouloir bien me rendre les services que je vous y demande. Si vovis voulez m'écrire, adressés vos lettres soit a Tours soit a Rochefort, poste restante. Je joins aussi une lettre pour Ghabert chez lequel vous envoyerai mes onze bêtes espagnoles par mon berger. Pardon des peines que tout cela va vous donner mais je sais avec douleur que je ne puis plus m'adresser qu'à vous. Mon troupeau de bêtes communes vendu, vous voudrés bien remettre au citoyen Forest employé à la trésorerie rue de Louvois 2,400 livres et la moitié du prix des laines qui sont au