‹ 18 fructidor: documents pour la plupart inéditsChapitre 96 sur 180 · BESANÇON I · texte numérisé non relu

BESANÇON I

* BuciiET FRÈRES, prêtves

[i° Jean- Antoine-Emmanuel, curé de Saulx (Haute-Saône) ; 2° Antoine-Léopold, curé de Breurey (id.) : déférés par arrêté de l'administration centrale de la Haute-Saône (i6 nivôse an vi — 5 janvier 1798) à la commission militaire.

Elle ne les condamna qu'à la déportation.

L'un, Jean-Antoine-Emmanuel, fut déporté à l'île de Ré ; l'autre, Antoine-Léopold, mourut en mer, le 27 août 1798, à bord de la Bayonnaise, qui le transportait à la Guyane.]

* ViÉNOT (Jean-François), prêtre

[Ex-curé d'Autet (Haute-Saône) ; déféré par arrêté de la Haute-Saône, du 17 nivôse an vi — 6 janvier 1798, à la commission militaire ; condamné à la déportation. Cependant on

I. La Commission militaire tenait ses séances à la maison commune. (Jugement de Perrin, infra, p. 274-) Les exécutions avaient lieu en dehors de la fortification, entre le Doubs et le rempart, du côté qui regarde Chaudanne. Les condamnés venaient par la rue du Porteau, franchissaient vine poterne pratiquée dans la muraille et fermée aujourd'hui, et, par un escalier situé en dehors du rempart, descendaient sur un emplacement où l'on voit aujourd'hui une plantation de peupliers. (Ces renseignements m'ont été obligeamment fournis par M. Jules Gauthier, archiviste du Doubs, qui les tient lui-même d'une personne de sa famille.) M. Jules Sauzay (Histoire de la persécution révolutionna ire dans le Doubs, t. IX, p. 348- 406), a donné, d'après les notices de Mgr de Chaffoy, les détails les plus touchants sur les victimes de la Commission militaire de Besançon.

ne rencontre son nom ni sur les listes de la Guyane, ni sur celles de l'île de Ré ou de l'île d'Oléron i.]

Patenaille, prêtre

19 frimaire an vi — 9 décembre 1797.

[Insermenté ; se retira à Soleure ; après thermidor, se fixa à Arc-et-Senans, canton de Liesle ; après fructidor, se réfugia dans une misérable baraque au-dessus des vignes de Foucherans ; c'est là qu'on l'allait chercher la nuit pour l'exercice de son ministère et qu'on lui portait à manger. Ces démarches trop nombreuses trahirent sa retraite; il y fut arrêté, le 7 novembre 1797, par la gendarmerie d'Ornans.

Traduit dans la maison d'arrêt de Besançon, il fut reconnu comme né à Echenoz (Haute-Saône) et ancien curé à Arlay (Jura), et, en conséquence, renvoyé à Lons-le-Saunier ; mais l'administration centrale du Jura l'ayant considéré comme émigré rentré, le réexpédia à Besancon, où il comparut devant la commission militaire.

Constatation faite de son identité et de sa prétendue émigration, il fut condamné à être fusillé, et le fut en effet le 9 décembre 1797 2.]

1. Il faut ajouter à ces trois noms celui de Chavet (Joseph), prêtre à Orgelet (Jura), qui, d'après M. J. Sauzay (t. IX, p. 35o), fut condamné à la déportation dans les mêmes conditions. Il revint de la Guyane sur V Alerte (2O octobre 1801).

2. Je n'ai retrouvé ni aux Archives nationales, ni à celles du Doubs, les pièces de la procédure suivie contre Patenaille.

Galmiche, prêtre

4 pluviôse an vi — 23 janvier 1798.

[Insermenté, ne à Villedieii-lez-Quenoche (Haute-Saône), d'abord vicaire à Calmoutier (id.), puis curé à Dampierre-lez- Montbozon (id.). Se retire en Suisse, à Eslavayer. Il rentre, est arrêté après fructidor et transféré à Vesoul. Il comparut le 24 novembre 1797 devant l'administration centrale de la Haute-Saône, qui lui fit subir un long interrogatoire que nous reproduisons intégralement.]

Extrait des minutes du département de la Haute-Saône.

L'an VI de la République française, une et indivisible, le 4 frimaire.

Par devant F administration centrale du département de la Haute-Saône et dans la salle ordinaire de ses séances, a été amené par les citoyens Duguet, maréchal des logis, et Carroz, brigadier de gendarmerie nationale stationné à Vesoul, le nommé Galmiche, prêtre déporté et arrêté ce présent jour, auquel nous avons demandé ses nom, prénoms, âge et détature (sic) ^

A répondu qu'il se nomme Claude-François Galmiche, prêtre, ex-curé de Dampierre-lez-Montbozon.

D. A lui demandé depuis quel temps il est rentré sur le territoire de la République. — A répondu qu'il y a rentré depuis deux ans et demi 2.

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