Ney à Berthier
Trois lettres de Ney à Berthier qui ne semblent pas avoir grande importance. Mais elles sont de Ney, et elles contiennent d'utiles détails sur les trois régiments de la Vistule dont il ne reste presque plus rien.
Kônigsberg, 26 dccembi-e 1812.
Monseigneur, j'ai reçu la lettre que V. A. S. m'a fait i'iionneur de m'écrire pour me faire connaître les intentions de l'Empereur sur les 1^% 2® et 3^ régiments de la Vistule.
Le colonel Malczewski du 2*^ régiment qui commande la Légion, vient de me donner les renseignements suivants :
Le colonel Kosinowski du 1^^" régiment a été grièvement blessé; on ignore ce qu'il est devenu.
Le colonel Fondzielski du 3® régiment est ici dangereusement malade d'une flèvre nerveuse.
Il ne se trouve à Kunigsberg, appartenant à ces trois régiments, que 22 officiers et environ 80 sousofficiers et soldats; le reste s'est dirigé sur Tborn.
11 existe cependant à Pillau un détachement de 200 hommes, commandé par le lieutenant Niewodowski, qui y a été envoyé de Kônigsberg à son arrivée d'Espagne.
Le dépôt de la Légion est à Sedan sous les ordres du capitaine d'habillement Jajiski; il est composé d'environ 50 hommes.
Le colonel Malczewski qui me paraîtavoir beaucoup de zèle et crintelligence observe que les deux tiers des officiers sont blessés ou ont les pieds et les mains gelés; que la presque totalité de sergents-majors et des fourriers qu'il avait fallu prendre dans les troupes françaises à cause de la comptabilité ont été tués ou sont morts de fatigue, et qu'il est en conséquence impossible d'envoyer àPosen des cadres suffisants pour y recevoir les conscrits que le prince Poniatowski est chargé de fournir à ces régiments. Dans cet état de choses, le colonel pense qu'il serait nécessaire de faire revenir de Pillau le détachement de 200 hommes qui s'y trouve, d'en faire la répartition entre les trois régiments et d'envoyer ensuite ces trois corps en totalité se recruter à Posen. Il faudrait aussi que V. A. S. voulut bien ordonner au prince Poniatowski de pourvoir au remplacement des officiers qui manquent à la Légion et qu'enfin elle indiquât les corps où pourront être pris les sous-officiers français qui sont indispensables pour le service.
Le colonel Malczewski pense aussi que le i^ régiment que V. A. S. m'annonce devoir arriver de Varsovie à Konigsberg eût été plus utilement dirigé sur Posen, parce que ce régiment eût pu servir de noyau pour la réorganisation de la Légion.
Je vous soumets, iHonseigneur, ces réflexions qui m'ont paru assez judicieuses et j'attendrai à cet égard les ordres de V. A. S.
Konigsberg, 26 décembre 1812.
Monseigneur, conformément à la lettre que V. A. S. m'a fait l'honneur de m'écrire aujourd'hui, les six bataillons d'infanterie de la division Heudelet que
le Roi a passés en revue ce matin partiront demain 27 pour se rendre à Waldau, et le 28 à Tapiau, oiï ils prendront poste. Toute l'artillerie de cette division, si, comme vous me l'annoncez, elle est arrivée ici aujourd'hui, suivra le mouvement de la brigade d'infanterie.
Le régiment de cavalerie provisoire aux ordres du colonel Farine marchera également avec cette brigade.
Les six autres bataillons d'infanterie dont les trois derniers arrivent demain partiront le 28 pour la même destination.
Le général Heudelet se conformera aux instructions que contient votre lettre, en éclairant la pointe qu'il est le plus important d'observer. Je lui recommande de donner le plus fréquemment possible de ses nouvelles.
Une indisposition qui exige quelques jours de soin et de repos, pour ne pas devenir plus grave, ne permet pas que je me rende immédiatement à Tapiau; mais j'y établirai mo[i quartier général le plus tôt qu'il me sera possible.