‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 108 sur 139 · Macdonald à Berthier · texte numérisé non relu

Macdonald à Berthier

La précédente lettre est datée de Mehlaukeii; celle-ci^ du même jour, est datée de Labiau. Comme dans ses Mémoires, Macdonald y rapporte que le prince Repnin a voulu, lui aussi, gagner du temps, et il annonce qu'il a fait heureusement et sans être inquiété celte marche que Repnin essayait de retarder. Il demande en même temps ses instructions : la défection de Yorck entraîne un changement dans les dispositions prescrites par le roi de Naples et on doit, sans nul retard, arrêter un plan d'opérations.

Labiau, 1" janvier 1813.

Mon aide de camp Craiiiayel m'a remis, en anivant ici, la lettre que V. A. m'a t'ait l'honneur de m^écrire hier.

L'infâme trahison des Prussiens va sans doute apporter des changements aux dispositions dontV. A. m'entretient .

J'ai informé le roi, cematinjque je devais attendre le prince Repnin jusqu'à 8 heures à Mehlauken. L'avis, à ce qu'il prétend, ne lui étant pas parvenu à temps, il m'a fait demander de prolonger mon séjour à Mehlauken. Je n'ai pas jugé à propos d'y accéder. Mon but venait d'être rempli en gagnant une marche sur son avant-garde qui était à 6 heures du matin à Schillupikschen.

Les généraux Koutouzov, Vlastov, Diebitsch et Lewis, ont passé le Niémen hier et tous sont en marche. Witlgenstein suit avec son corps.

Les Prussiens repassent ce fleuve et vont cantonner à Ragnit et environs.

Votre Altesse sait sans doute que Tempereur Alexandre est à Vilna.

Le prince Koutouzovs'est porté avec l'amiral Tcliitchagov dans le g-rand-duché.

Notre marche d'hier et de cette nuit n'a pas été autrement inquiétée que par des partis de Cosaques. On en a tué et sabré plusieurs.

Je dépêche un officier à V. A. pour prendre ses ordres : dans les circonstances actuelles, il ne peut y avoir un instant à perdre pour arrêter des opérations dont l'importance se fait sentir d'heure en heure.

La tête de la division Grandjean est ici aujourd'imi. La queue, restée à Mehlauken, y viendra demain.

J'ai informé le général Heudelet de mon arrivée ici et des causes qui y ont donné lieu. Je l'informe en même temps de la position que je fais prendre à la 7^ division, afin qu'il règle les siennes en conséquence.

Page 1