‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 121 sur 139 · Macdonalcl à Berthier · texte numérisé non relu

Macdonalcl à Berthier

Macdonald annonce que la population de Konigsberg, exaspérée, a insulté, menacé, provoqué, maltraité les Français avant leur départ, qu'elle a délivré des officiers russes prisonniers et désarmé leur escorte. Il assure que le soldat et l'habitani sont « montés » contre nous. Avec raison, il jug^e que Pillau ne devrait pas être défendu et que sa garnison est sacrifiée à l'avance.

Brandenbourg, 5 janvier 1813.

Monseigneur, j'ai reçu hier à 10 heures du soir à Kallgen la lettre que V. A. m'a fait l'honneur Je m'écrire le 4. Je suis charmé d'apprendre que nous trouverons un meilleur esprit à Elbing qu'à Kônigsberg.

L'exaspération des habitants de cette ville a failli faire explosion générale hier. Il a fallu beaucoup de prudence et de fermeté pour la prévenir. Il y a eu des insultes, provocations, menaces, voies de fait. Un magasin de souliers a été pillé, et la garde désarmée. Vingt et un officiers russes ont été délivrés de leur escorte et celle-ci désarmée.

A Labiau, les habitants ont pillé dans les rues de malheureux blessés.

Hier soir, trois soldats ont été assassinés en deçà du faubourg de Brandenbourg, deux canonniers ont <'té empoisonnés dans la ville, etc., etc.

J'ai pu remarquer moi-même combien le militaire prussien et l'habitant sont montés contre nous.

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J'avais fait dire aux inagislrats de contenir n'ont pas daigné répondre.

J'ai rendu compte au Roi et à V. A. des motifs de nos mouvements et qu'a nécessité celui du retour de la division Heudelet (sic). L'ennemi avait jeté 300 chevaux sur la rive gauche de la Pregel; il entrait hier matin par la porte de Friedland au moment où je faisais déboucher une tête de colonne pour garder ce point; on les a repliés jusqu'au delà de Jérusalem.

J'apprends que les Cosaques sont entrés à Kônigsberg avant que notre arrière-garde en soit sortie; mais sans résultat.

V. A. me recommande trop tard la garnison et les approvisionnements de Pillau. Le général Lagrange s'en est occupé. C'est un sacrifice que cette garnison. Il valait mieux avoir l'air de confier cette place aux Prussiens que de ristjuer de perdre des garnisons l'une après l'autre.

P. -S. — Je pense pouvoir aller aujourd'hui jusqu'à Heiligenbeil; la division Grandjean a un extrême besoin de repos pour s'armer, s'habiller et se reposer.

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