Berthler à Kleist
Yorck avait été, comme on sait, désavoué par son souverain, et le 5 janvier, Frédéric-Guillaume envoyait à Murât le lieutenant-colonel Natzmer chargé d'arrêter Yorck et de déférer le commandement du corps prussien au général Kleist qui recevrait en même temps par l'intermédiaire de Natzmer les ordres que le roi de Naples jugerait à propos de lui donner. Natzmer arriva le 9 janvier à Elbing et Berthier lui remit une lettre qui prescrivait à Kleist de rejoindre aussitôt Murât à Elbing par Eylau et Mehlsack. Or, Natzmer fut arrêté par les Russes; mais il avait une mission secrète du roi de Prusse : il devait voir le tsar et lui dire que Frédéric-Guillaume quitterait Berlin pour se rendre en Silésie dès que les Russes auraient passé la Vistule.
Elbing, 9 janvier 1813.
Monsieur le général comte de Kleist, Sa Majesté le roi de Prusse n'ayant pas approuvé la convention ou capitulation signée par M. le général d'Yorck, Sa Majesté le roi de Naples, lieutenant dé l'Empereur, commandant en ce moment sa grande armée, ainsi que le corps auxiliaire prussien qui en fait partie et dont vous allez prendre le commandement, vous ordonne de réunir votre corps, infanterie, artillerie, cavalerie, pour rejoindre par journées d'étape et le plus tôt possible son quartier général à Elbing. Je vous invite à me faire connaître l'itinéraire que vous avez déterminé. Sa Majesté désirerait que vous passassiez par Eylau et Melilsack.
Recevez, monsieur le général comte de Kleist, l'assurance de ma haute considération.
Le prince de Neuchaïei-, major général.