PF
La Pologne n'est plus à vous...
Les Français chez vous droit iront...
Dans votre pays de glaçons.
On va vous réchauffer Tesprit...
Partout vous serez poursuivi...
Nous irons à Saint-Pétersbourg Pour vous voir, Alexandre, Avec nos flûtes et nos tambours ; Vous pouvez nous attendre...
Ensuite à Moscou nous irons Pour voir la Moscovie aussi.
Les airs russes contrastent avec les airs français. Ceux-ci ont un accent sentimental et la cadence alerte, la phrase éclatante. Ceux-là ont des notes tristes et qui se prolongent. La langue des chansons russes est d'ailleurs fort simple. Elles déplorent la ruine de Moscou, la petite mère, la ville nourricière, la ville aux coupoles d'or, et Tune d'elles dit :
Elle est en ruines, ma route chérie,
La route qui va de Mojaïsk à Moscou.
L'ennemi a suivi cette route,
Ma route chérie est imbibée de sang.
Hélas! elle est imbibée de sang-.
L'ennemi est allée jusqu'à Moscou.
Elle est en ruines, la ville aux murs blancs,
Elle a été consumée par le feu.
Les chansons regardent les Russes comme les auteurs de rincendie^ et il y en a une qui, sousJa forme d'une prière, s'adresse ainsi aux soldats morts pour Ja patrie :
Nous ne vous avons allumé qu'un cierge,
Mais ce fut un cierge brillant.
Nous avons allumé pour vous, nos enfants chéris.
Nous avons allumé un cierge : notre mère Moscou.
Il y a, enfin, des chansons russes qui plaisantent^ sans goût et sans esprit, Napoléon et son armée, comme les nôtres plaisantent Alexandre et les « Rus siens*. »
4. Cf. Feuilles d'histoire. 1911. I, p. 464-466 (article de Roger Lévy)et Journal des Débats, 6 janvier 1912 (article de G. Welter).
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T. A GUKRRE DE RUSSIE 361