‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 135 sur 139 · Chansons allemandes sur la faite de Napoléon · texte numérisé non relu

Chansons allemandes sur la faite de Napoléon

Ces cinq chansons sur la fuite de Napoléon [Napoléons Fliicht ans Russlaiid) se trouvent dans le premier tome du recueil de Ditfurth. Leur valeur littéraire est mince; elles offrent nombre de vers qui ne sont là que pour la rime, et leurs plaisanteries manquent de sel. La meilleure et la plus originale est sans doute la troisième avec ses antithèses cherchées et parfois spirituelles. Toutes expriment cette idée que Napoléon, le moderne Pharaon, a été perdu par l'orgueil et frappé, puni par Dieu : il était le fils du diable, il était l'ennemi de Dieu et il se tenait pour Légal de Dieu. Elles se plaisent à montrer qu'il a dû se sauver en traîneau, im Schlillen^ , et que son armée a été engloutie par la Russie. Il n'est pas question de LAllemagne ni des contingents allemands dans ces chansons. Mais la quatrième contient une strophe curieuse : que l'Angleterre et l'Espagne chantent victoire et qu'on n'aura de paix que si la France est démembrée, zerrissen.

1 . Napoléon vint en Russie Poussé par l'orgueil ; A Moscou il prit des quartiers; 11 n'y vécut pas longtemps :

La llamme a détruit Entièrement la ville.

Il fuit, il tourne dos, Et vite rentre chez lui.

1. Ce trait a frappé toutes les imaginations. Pasquier ne dit-il pas que Napoléon s'éloigna, « porté sur un misérable traîneau » {Mém. H, p. 42)? Rist n'écrit-il pas (cf. notre tome \, p. 302) : « Nous apprîmes sa fuite sur un traîneau de paysan? »

362 LA GUrniRE DE RUSSIE

Page 1