La mort de Montbrun
On accueillera, pensons-nous, avec «^ré cette page que le chirurgien Henri de Roos consacre au vaillant Montbrun, à ce Montbrun que les troupes aiment et estiment — geachtet und gelieht — et qui tombe, blessé à mort.
A trente pas de moi, à gauche, je vis le général de division Montbrun que nous connaissions depuis longtemps, que nous estimions, que nous aimions, je le vis pâlir et tomber de cheval. Si vite que j'accourus, je ne fus pas le premier à vouloir lui porter secours. Deux médecins français étaient encore plus près que moi. Nous trouvâmes qu'un morceau d'obus l'avait mortellement blessé dans la région de l'estomac. La blessure était grande et saignait peu. En peu de temps le général devint pâle et jaune; son regard, d'ordinaire si vif et si ardent, se lassa, et visiblement sa force vitale s'épuisa. Pourtant, d'une voix déjà mourante et par signes, il exprima son désir d'être porté à l'endroit oij il avait passé la dernière nuit. Ce fut là qu'il mourut le soir, à 5 heures, à l'ombre d'une maison, dans le voisinage de notre camp. L'habileté et la promptitude avec. laquelle les Français lui firent une civière, qu'ils garnirent de branches vertes de bouleau, de sorte que le blessé était à l'ombre, et ce touchant procédé, témoignage de la haute estime qu'il inspirait, nous plut, à nous et à tous ceux qui, comme nous, venaient marquer leur sincère sympatiiie au général Montbrun.