‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 18 sur 139 · Napoléon à la Mosko^m · texte numérisé non relu

Napoléon à la Mosko^m

Il y a toujours profit à écouter Pasquier, et voici, en substance, ce qu'il dit sur la bataille de la Moskova. Evidemment, il n'exprime pas seulement son opinion; il reproduit ce que lui ont rapporté des témoins autorisés.

Tout d'abord, il assure que la nouvelle de la victoire a consterné les plus fermes amis de Napoléon €t produit, dans le public, une sorte de stupeur parce que les pertes étaient immenses et que jamais, en aucune journée, tant de généraux et d'officiers de marque n'avaient été tués ou blessés.

Napoléon a dit plus tard que la bataille de la Moskova était une bataille superbe, d'autant plus belle qu'elle était livrée à une si grande distance de la France; qu'il aurait pu tourner la droite des Russes, mais qu^il aima mieux attaquer de front leurs positions parce qu'il voulait avoir bataille, parce qu'il avait besoin d'une bataille^

Mais, remarque Pasquier, tout le monde déclare que l'Empereur a mal engagé la bataille et qu'il n'avait pas examiné lui-même le terrain. Certes, il n'était pas aussi affaibli que le prétend Ségur, mais il souffrait d'un très violent rliume de cerveau, accompagné de fièvre. Il laissa donc ses marécliaux faire les reconnaissances et il suivit leur avis : tous proposaient d'attaquer de vive force les positions de l'ennemi. Seul, Davout avait soutenu qu'il fallait les tourner par la droite. « Qu'en pensez-vous? » dit

Page 1