Pas de cinquième acte
Griois a dit dans ses Mémoires que la bataille de la Moskova aurait été décisive, comme le promettait l'ardeur d<îs troupes si de meilleures dispositions avaient été prises ou si, du moins, elles avaient été suivies avec plus de vigueur et d'ensemble. Et, quelques pages plus loin, Griois, revenant là-dessus, dit encore presque dans les mêmes termes, et avec une insistance qui nous frappe, que « si l'on eût profité de l'ardeur des troupes, si l'on eût manœuvré à propos, si l'on eût mis de l'ensemble dans les attaques, la journée eût été décisive et l'armée russe détruite. »
Gouvion-Saint-Cyr dit de môme qu'il n*v eut pas dans les attaques la précision et surtout l'ensemble que la coopération active du chef pouvait seule imprimer.
Mais voici un mot de l'Empereur lui-même, un jugement curieux de Napoléon sur Napoléon. La veille de la bataille, il s'entretenait avec Narbonne, son aide de camp (et c'est sans doute Narbonne qui conta l'anecdote à Barante)^
— « Vous n'avez jamais vu une bataille? dit Napoléon à Narbonne.
— Sire, je n'ai pas eu cet honneur.
— C'est une grande affaire, c'est une terrible tragédie ! »