Le château de Loubnia
bois, est fort joli dans l'intérieur, et il forme comme une petite ville, la cour qui est immense, étant environnée d'une quantité de jolies petites maisonnettes, pour les gens de la suite du seigneur, et des bâtiments nécessaires pour Texploitation des terres. Audessus du château est une tour en bois formant une espèce de belvédère; c'est là que nous passâmes une bonne partie de la journée à voir le combat, c'est-àdire la fumée du combat de Smolensk, car, à la distance où nous étions, on ne peut guère distinguer autre chose.
Je suis établi à Smolensk dans une grande maison, à côté de celle oii loge l'Empereur. Mais je n'ai dans ma chambre qu'un mauvais banc; j'ai trouvé une quantité de nattes d'écorce de tilleul et je m'en suis composé un lit un peu dur, mais pourtant assez bon pour que j'y reste depuis 10 heures du soir jusqu'à 9 heures du matin.
Zas/covo {21 août). Nous nous sommes lancés sur la grande route de Moscou et nous avons rejoint la Maison hier matin à 4 heures dans une petite ville appelée Dorogobouje, à vingt-deux lieues de Smolensk. Nous avons mis vingt-quatre heures pour faire ces vingt-deux lieues. Il faisait une chaleur et une poussière à périr. J'ai éprouvé peu de journées aussi fatigantes. En revanche, la nuit fut très froide, comme il est ordinaire dans ce pays.
Je m'étais fort bien arrangé pour passer la nuit d'hier sur de la paille et des nattes; mais il a fallu se remettre en route à minuit.
A 9 heures du matin, nous avons atteint ce gîte qui est une petite maison ou château de ce pays, auprès de la première poste après Dorogobouje. Il y a une belle grange bien remplie de paille, où se reposent pêle-mêle les Excellences et les moindres personnages de la Maison comme nous. C'est une chose
précieuse et qu'on ne trouve pas tous les jours que de Ja paille pour s'étendre à son gré!
Mojaisk (10 septembre). Nous nous sommes mis <}n route dans la journée du 4^
Nous vînmes coucher à sept lieues de Ghiatsk, dans un petit village appelé Ghridnevo. Je passai la nuit dans la voiture et je dormis assez malgré le froid qui a commencé ce jour-là et qui s'est soutenu avec le vent le plus perçant et le plus désagréable jusqu'à présent.
Le lendemain, nous ne fîmes que trois lieues, et, les troupes ayant pris position, nous revînmes coucher auprès d'une abbaye avec tous les gros bagages. Il va sans dire que nous passâmes la nuit dans nos voitures, l'abbaye étant occupée par une ambulance.
Le 6, nous rejoignîmes le bivouac de l'Empereur.
Le 7, a eu lieu la grande bataille.
Le 8, nous quittâmes le bivouac sur les 2 heures €t nous sommes venus passer la nuit dans un petit château de bois, à trois lieues de cette ville- où nous sonjmes enfin entrés hier au soir.
C'est une ville de bois avec un millier d^habitants, quand il y en a, car dans le moment on n'y voit pas un chat. Nous n'avons qu'une petite chambre pour cinq personnes; mais cette chambre est chauffée par un grand poêle, elle est bien garnie de paille et j'y ai dormi de manière à me dédommager de tous ces ^^ilains bivouacs.
Moscou (lo septembre). Le 12, à une heure après midi, nous avons joyeusement quitté notre paille de Mojaïsk, et, comme on avait disposé des relais, nous avons parcouru rapidement treize ou quatorze lieues' pour venir coucher sur une nouvelle paille, dans un