hommes
A sa sortie de Moscou ?
60 à 80.000 hommes qui ont été rejoints par d'autres corps cantonnés dans les environs. Le séjour de
Moscou a diminué l'armée française, les uns disent de 25.000, les autres de 40.000 hommes morts de blessures ou tués par les habitants et les paysans des alentours.
Les chevaux de cette armée?
Elle avait déjà à Smolensk perdu presque tous ses chevaux et était remontée par des chevaux du pays. Mais les Français ne savaient pas les ferrer ni leur mettre le mors à la russe; ils les bourraient indistinctement de seigle, d'avoine, de riz, de choux, etneles faisaient avancer qu'à force de coups d'épée dans les reins. A la retraite, les chevaux furent tués, comme dans les autres armées les bœufs, pour la nourriture.
Peintes éprouvées pendant l'incendie de Moscou?
Elles doivent être immenses. Pour pourvoir de simples chaises de paille les maisons brûlées, il faudrait 3.500.000 roubles; pour rebâtir les seuls édifices brûlés, il faudrait en^jloyer les revenus de tous les habitants pendant trois ans. 11 est resté 2.322 maisons intactes, de 9.000 qu'il y avait en 1810. Les édifices de la couronne et les églises ne sont pas compris dans aucun de ces comptes. Mais les richesses mobiliaires dépassaient infiniment la valeur du matériel; la maison du comte Boutourline pouvait valoir 70.000 roubles et sa bibliothèque seule dix fois autant.
Profanations commises par les Français dans les églises ?
Toutes les ég-lises ont été changées en écuries : elles ont de grandes portes en fer et des verrous, et les Français s'y croyaient plus en sûreté pour la nuit. Le 23 octobre, dans la cathédrale Tchoudov, nous trouvâmes un cheval mort. Dans une autre église, ils faisaient fondre l'or et l'argent et se servaient
<les images de nos saints en guise de bois à brûler. La cuisinière de la vieille garde couchait et faisait la cuisine derrière Tautel de la grande cathédrale où l'on sacre les empereurs de Russie. Dans l'éfflise du couvent de la Petrovka se trouvait la grande boucherie publique. Leurs chevaux étaient couverts de housses faites de vêtements sacerdotaux. A l'exception de quatre ou cinq, toutes les églises ont été souillées ; on les purifie et les rebénit maintenant.
Approvisionnements et subsistances des Finançais ?
Le départ s'est effectué avec tant de précipitation et de (hisordre que Bonaparte n'a pu emporter d'approvisionnements que pour un jour tout au plus. D'ailleurs le manque de chevaux et de voitures rendait un grand approvisionnement impossible. Les Français éprouvaient le plus grand besoin même de charrettes pour le transport des malades et des blessés. Je trouvai le 23 octobre, dans les caves du palais, au Kremlin, des approvisionnements de bouche en tout genre que l'office aurait certainement emportés si les moyens n'avaientpas manqué. D'après cela, on peut juger si le reste de Tarmée a emporté quelque chose. Le transport du butin préoccupait beaucoup plus les Français que le transport des vivres. D'ailleurs, les subsistances depuis la bataille de Borodino n'ont jamais été régulièrement et méthodiquement délivrées au soldat; chacun se pourvoyait comme il pouvait ou le voulait: l'envoi à la maraude était établi en système depuis Vitebsk.
SaJis rincendie^ cjuelles ressoin^ces Bonaparte eût-il trouvées dans Moscou?
Les ressources que présentait Moscou étaient immenses. Cette ville possédait des dépôts de tous genres; elle était approvisionnée pour six mois, et toute l'armée française aurait pu être rhabillée. Après
l'incendie, Bonaparte n'a pu se procurer que 6.000 capotes que les soldats furent obligés de coudre euxmêmes à la hâte. Les boutiques delà ville se trouvent réunies dans un seul endroit nommé Kitai-Gorod et c'est là que l'incendie commença.