‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 34 sur 139 · Le capitaine Klinger · texte numérisé non relu

Le capitaine Klinger

Fnkléric-Maximilien Klinger est un nom, et n'est plus qu'un nom, dans l'histoire des lettres allemandes. Son drame Sturm und Ûrang^ confus, désordonné, injouable, a donné son nom à une période de la littérature, à cette période où paraissent le Werther de Gœtlie et les Brigands de Schiller. Mais la vie de Klinger est plus intéressante que ses écrits, que ses drames et ses romans. D'abord lecteur du grand-duc Paul, et, sous le règne de Paul, général-major et directeur du corps des cadets, sous le règne d'Alexandre lieutenant-général et curateur de l'Université de Dorpat, marié à une fille naturelle de Catherine II, Klinger devint un des plus hauts fonctionnaires de la Russie. La mort de son fils assombrit le reste de son existence. Ce fils, capitaine dans l'armée russe et aide de camp de Barclay de ToUy, fut grièvement blessé à la bataille de la Moskova et mourut de ses blessures. Il était resté dans les mains des Français à Moscou et, à cette occasion, Barclay de ToUy écrivit le 26 septembre 1812, au major général Berthier, la lettre suivante :

(( Dans la bataille de Borodino, Klinger, mon aide de camp, capitaine en second aux gardes, a été si gravement blessé qu'il était obligé de rester à Moscou. Ce jeune officier distingué, fils unique d'un militaire respectable, compose la consolation de ses parents. Cette considération me porte particulièrement à m'adresser à V. A., pour La prier de l'honorer de sa bienveillance et de lui accorder tous les soins

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nécessaires à son état de souffrance. Je prends en même temps la liberté d'envoyer ci-joint à V. A. une lettre avec l'incluse de cent ducats à M. de Klinger que je La prie de vouloir bien lui faire parvenir. »

Mais le jeune Klinger était mort, et Napoléon annota ainsi la lettre de Barclay :

« Le major général renverra cela au général Barclay de ToUy.

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