‹ 1812, la guerre de Russie, notes et documents (volume 2)Chapitre 36 sur 139 · Lj'Ticker à Schôn · texte numérisé non relu

Lj'Ticker à Schôn

M. de Lyncker, « Landrat )> ou conseiller provincial à Tilsit, mande à Sochn des nouvelles de l'expédition, et il ne faut pas le croire sur parole. Il rapporte ce qu'on lui a dit, et il reproduit assez inexactement la lettre de Maret. Mais on voit par sa lettre l'impression que produit l'incendie de Moscou ; les Français accusent de « cruauté » Rostopclîine et avouent qu'ils ont perdu des ressources immenses.

Tilse', 5 octobre 1812.

Un commissaire des guerres de l'armée française qui se rend à l'armée me raconta qu'il avait entendu lire chez Tordonnateur à Konigsberg- une lettre du duc de Bassano dont le contenu essentiel est le suivant :

« Nous sommes entrés dans Moscou avec 120 canons et 70.000 fusils. Cette ville, aussi grande que Paris, aurait pu nous offrir d'immenses ressources. Mais la cruauté du gouverneur russe nous en a dépouillés. Avant de partir, il envoya tous les marchands et tous les habitants notables derrière l'armée, détruisit les fabriques et répartit dans les faubourgs 5.000 malfaiteurs armés pour la suprême défense. Lorsque l'armée russe se retira, ils mirent le feu en cent endroits. Ils avaient roulé dans les maisons des bombes chargées, pour éteindre la tlam.me. L'incendie continue encore à faire rage. »

l. Le vieux nom de Tilsit, usité encore aujourd'hui et employé, par exemple, dans les lettres de Murât.

Une lettre du général commandant en chef l'artillerie*, envoyée de Moscou au lieutenant-colonel. Lalombardière qui est ici ne dit pas, en revanclie, un mot de tout cela ; il dit seulement qu'on a perdu dans la dernière bataille un très grand nombre d'officiers •d'artillerie^.

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